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encore arrivés. Là je ne pus apprendre où était M. de Pilles ni ses forces : bien me disaient les bonnes gens qu'il était delà le Lot, vers Saint- Vensa etEymet, et vers Marmande et Tonneins; on me disait qu'ils étaient tous gens de cheval. Et comme j'eus demeuré sur le chemin environ deux heures, m'arrivèrent MM. de Fontenilles, de Madaillan et le jeune Montluc mon fils; et là je leur dis que M. de Madaillan se mît devant avec ma compagnie, et que M. de Fontenilles et le capitaine Montluc le soutiendraient, et que je les soutiendrais eux avec la noblesse, et qu'ils marchassent ainsi jusques à une demi-lieue près Miremont, où ils prissent langue, savoir où étaient les ennemis, et que si il y en avait à Miremont, qu'ils m'avertissent à cinq cents pas les uns les autres, car incontinent je m'acheminerais au trot pour être près d'eux; ce qu'ils firent. Je faisais marcher nos gens de pied sans sonner tambourin, pour n'être découverts, lesquels arrivèrent à Monbahus. Et comme le chevalier ne m'y trouva, il marcha après moi, et M. de Madaillan étant à demi-lieue de Miremont, il prit langue, et lui fut dit que les ennemis étaient tout delà le Drot, et qu'il n'y avait personne à Miremont; il en donna avis à M. de Fontenilles, lui mandant qu'il m'en avertît, pour voir ce que je voulais qu'il fît. M. de Fontenilles me dépêcha un archer, et comme je vis qu'il n'y avait personne deçà le Drot, je leur mandai que M. de Madaillan s'avançât encore jusques à Mire-
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mont, pour être plus certain du lieu où les ennemis étaient, afin que le lendemain matin, étant unis ensemble, MM. de Terride, de Bellegarde et moi, les pussions aller attaquer, et que cependant je me reculais à Monbahus, où nous avions laissé notre bagage, pour repaître : ce que je fis, après avoir mis le chevalier et ses compagnies en cinq ou six maisons qu'il y avait auprès de là où je me retirai; et en donnai avis à M. de Fontenilles, afin que si quelque charge leur venait, qu'ils sussent là où étaient nos gens de pied. Et comme je fus descendu, avant que d'entrer dans le logis, je dépêchai vers MM. de Terride et de Bellegarde, les priant d'être à la minuit avec la cavalerie à Monbahus, et que M. de Pilles n'avait que des gens de cheval, parmi lesquels il n'y en avait pas trois cents de bon; le reste, jusques à quinze ou seize cents , étaient montés sur de méchantes rosses qui ne valaient rien. Le messager y arriva, ne pouvant être plus d'une heure et demie de nuit; car il n'y avait que deux lieues de Monbahus à Villeneuve. Ils me rendirent réponse , et m'assuraient qu'ils seraient au point du jour avec moi. Mais il faut retourner à MM. de Fontenilles, de Madaillan, et au capitaine Montluc, et il faut que j'écrive ici premièrement l'entreprise de M. de Pilles. Incontinent que je fus arrivé àMonflaaquin, qui pouvait être deux heures après midi, les huguenots de Monflanquin avertirent M. de Pilles, qui avait tourné visage de Cahors en hâte, et que