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COMBAT DE MIREMONT

étaient à Saint- Vensa et Eymet, où il n'y a qu'une lieue et demie, et qu'ils se retiraient devers moi pour n'être assez forts pour soutenir les forces de l'ennemi, si elles revenaient pour revenger leurs compagnons. Voilà à la vérité comme toutes choses passèrent en ce combat, et m'apportèrent deux cornettes ; toutefois en fuyant ils avaient arraché le taffetas.

Que si nous pouvions ainsi tenir des espions parmi eux comme ils font parmi nous, de ceux auxquels le roi a donné permission de demeurer en leurs maisons, nos affaires s'en porteraient mieux; j'eusse été averti des nôtres, comme ils sont des leurs, de la retraite que fit M. de Pilles; je l'eusse défait fort facilement, car M. de Saincthorent se fût rallié avec moi, qui était en campagne me cherchant du côté même que les ennemis s'enfuyaient; et comme il vit approcher la nuit, il se retira à Monsegur pour attendre nouvelles de moi. Et en les chassant la nuit, j'avais moyen d'envoyer un homme ou dçux vers lui pour l'avertir du tout. Nous demeurâmes alertes, craignant que ledit Pilles vînt prendre la revanche ; mais ce fut bien au contraire, car il s'en alla toute la nuit tant qu'il put droit à Sainte-Foy, et y fut, comme l'on nous dit, au point du jour, combien qu'il y aie plus mauvais chemin qu'on saurait trouver; car ce pays est gras à merveille, et la nuit était si obscure qu'on n'eût su se connaître à un pas l'un de l'autre. Et voilà comme bien souvent les affaires de la guerre

vont diversement par faute d'être bien avertis ; car la réponse de M. de Saincthorent ne m'arriva jusque au lendemain, ni celle de M. de Lauzun; et ceuxlà qu'ils m'avaient dépêchés pour m'avertir, faillirent donner à travers les ennemis, et eurent si grande peur, qu'ils se cachèrent tant que la nuit dura. Le matin, au soleil levant, MM. de Terride et Bellegarde arrivèrent; et comme ils entendirent le combat, ils se pensèrent désespérer, et maudissaient les gens de pied, et quand jamais ils étaient partis des environs de Toulouse; car facilement ils pouvaient arriver aussi tôt à Monbahus que moi sans les gens de pied ; et que pour les attendre et ne faire point d'erreur à nous trouver au combat que nous ne fussions tous ensemble, cela leur avait gardé de ne laisser point en arrière les gens de pied. Et ouïs là dire un mot notable à M. de Bellegarde, qu'il croyait à cette heure qu'il n'était pas toujours bon d'aller trop sagement à la guerre : il disait vrai, car qui veut toujours se tenir dans les règles ordinaires de la guerre, il perd souvent plus qu'il ne gagne.

Nous marchâmes droit à Miremont, et par les chemins nous trouvâmes l'un des gens de M. de Madaillan, qui nous venait porter nouvelles du désordre des gens de M* de Pilles, et que la fuite de leurs gens était arrivée à eux, que même M. de Pilles et ses gens avaient pris le chemin droit à Sainte-Foy, et que douze soldats que M. de Madaillan tenait en sa maison près La Sauvetat, en

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