SUITES DU COMBAT
avaient tué vingt-deux à la porte de ladite maison, étant montés sur de méchantes rosses, et que les gens de La Sauvetat étaient sortis sur eux, et en avaient tué soixante ou quatre-vingts, et gagné leurs chevaux. Et si M. de Saincthorent eût demeuré seulement un quart d'heure en un lieu jusque-là où il était venu, la plupart lui passaient devant : ce qu'il ne sut jusqu'au lendemain, non plus que moi, et prit sa part de déplaisir aussi bien que nous autres. Mais Ton ne peut pas deviner les choses : voilà pourquoi l'Italien dit : *Fa me indevino, ti daro danari K
Nous fûmes contraints de loger à La Sauvetat, à Saint-Vensa et à Eymet, de là où ils étaient partis, parce qu'il n'y avait aucun logis que La Sauvetat jusqu'à Sainte-Foy ; et laissâmes à Miremont M. de Savignac avec ses dix enseignes, parce qu'il n'y avait point de logis plus avant, car la cavalerie tenait tout; et audit Miremont ils trouvèrent plus de vingt hommes cachés dans les maisons, lesquels ils tuèrent, et y gagnèrent quinze ou seize chevaux, car personne de nous n'était descendu de cheval, mais passâmes outre. Le lendemain de bon matin nous marchâmes droit à Sainte-Foy. J'oserais dire que je n'ai vu depuis longtemps une telle cavalerie que celle que nous nous trouvâmes là, pour le nombre des compagnies que nous avions. Et comme nous fûmes à la vue oe Sainte-Foy,