‹ CommentairesChapitre 21 sur 126 · ORDRES POUR SECOURIR TOULOUSE · texte numérisé non relu

ORDRES POUR SECOURIR TOULOUSE

gence les capitaines sus nommés qu'ils s'allassent jeter dans Toulouse, et que j'allais faire marcher la compagnie de M. le maréchal de Termes, qui était à Pessan près d'Auch, afin qu'elle se rendît au point du jour à Toulouse, et qu'ils eussent courage seulement, car je serais bientôt à eux. Et baillai quatre ou cinq blancs seings à mon secrétaire, pour écrire lettres à M. de Gondrin et autres, afin de les faire partir et acheminer devers Toulouse. Puis m'en allai courant à Auch, après avoir aussi mandé à ma compagnie qu'elle s'en retournât en diligence à La Sauvetat. Et étant arrivé tout à jeun à une heure après midi à Auch, j'écrivis en dînant deux lettres, l'une à M. de Bellegarde, n'y ayant que deux lieues jusqu'à sa maison, et l'autre au capitaine Masses, qui en était à demi-lieue ; mandant à M. de Bellegarde qu'il partît incontinent en poste, et qu'il s'allât jeter dans Toulouse pour commander aux armes, faisant aller après lui jour et nuit ses armes et grands chevaux. M. du Masses partit dès qu'il eut parlé à moi, et n'arrêta qu'il ne fût dans Toulouse, le lendemain matin au point du jour : et M. de Bellegarde y était arrivé deux heures après minuit; le baron de Glermont entra le même matin. Et à l'instant que les soldats entraient, ils allaient au combat, qui était depuis la place Saint- George jusqu'aux deux portes de la ville qui tirent vers Montauban, lesquelles portes les ennemis tenaient. Le capitaine Arne entra environ deux heures après-midi, comme fit aussi en même temps

15 ni — 4

le capitaine Bazordan. Et, comme j'eus pacifié Auch, il me souvint des lettres de M. de Terride, et pensai que ces enseignes qui étaient arrivées à Montauban, n'étaient là, sinon pour secourir leurs gens qui combattaient à Toulouse; sur quoi je dépêchai soudain un soldat sur un bon cheval, lui commandant qu'il prît le chemin droit à Caudecoste, et qu'il passât la rivière à Las Peyres. J'écrivis au capitaine Charry qu'incontinent ma lettre reçue, il s'acheminât jour et nuit droit à Toulouse, et qu'il fît halte à Fronton. De même j'en dépêchai un autre devers M. de Terride, pour faire passer sa compagnie à Borret, lui mandant aussi qu'elle gagnât Fronton, et qu'ils demeurassent nuit et jour à cheval, et, en attendant le capitaine Charry, qu'ils gardassent que ceux qui viendraient de Montauban ne pussent gagner Toulouse. Une heure après ces deux dépêches? il me prit une opinion que, si le soldat ne pouvait passer à Las Peyres, ou qu'il fût pris, le capitaine Charry ne pourrait être averti, et la ville demeurerait en danger d'être perdue; qui fut cause qu'incontinent j'en dépêchai un autre qui prit le chemin vers La Magistère ; et était le lendemain midi avant qu'il y pût arriver, car le premier avait été chassé plus de trois lieues. Le capitaine Charry partit incontinent, se faisant porter pain et vin, comme je lui avais écrit et comme il avait appris sous moi, afin que les soldats n'entrassent en aucune maison. Il enteudait aussi bien qu'homme de France comme

Page 1