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TENTATIVE SUR MONTAUBAN

me les autres, et arrivâmes au bourg ; et là demeurâmes sept ou huit jours, ayant fait tirer quelques coups de canon à la tour du pont. Nous tenions le bourg jusqu'aux maisons qui étaient tout auprès du pont, là où il y avait une église qu'ils avaient fortifiée. Bref, je ne sais par quel bout commencer à écrire cette belle entreprise, car je n'en saurais faire un bon potage; il vaut mieux, sans tirer plus outre, que je la laisse là. Il fut arrêté que nous nous retirerions à Montech.

A notre arrivée à Moissac, je fus averti que ceux qui étaient dans Lectoure étaient sortis en campagne, faisant une infinité de ravages sur les gentilshommes et partout là où ils en pouvaient prendre, et qu'ils attendaient des forces de Béarn que le capitaine Mesmes amenait, qui étaient en nombre de cinq cents hommes. Leur dessein était de faire un camp volant, ce qui fut cause que j'y renvoyai le capitaine Montluc avec quelques-uns de ma compagnie. Le comte de Gandale, les sieurs de Cancon, de Montferrand, Guttinières et autres, voulurent aller avec lui, et amenèrent le capitaine Parron , la compagnie du baron de Pourdeac, que le capitaine La Rocque-Dordan commandait, car le baron de Pourdeac avait été blessé quelques jours auparavant devant Lectoure, à une escarmouche que le capitaine Montluc avait faite. Or, comme ils furent arrivés à Florence, ils entendirent que les Begolles, neveux de M. d'Aussun, étaient chefs de ceux qui étaient sortis de Lectoure, et qu'ils avaient pris le

chemin droit au Sampoy pour aller au-devant dudit de Mesmes, qui se devait rendre ce matin à Aiguë tinte. M. de Baretnau, qui faisait une compagnie de gens de pied , s'y trouvant, alla se mettre entre Terraube et Lectoure, parce qu'ils les voulaient là combattre. Les ennemis, qui furent avertis de sonpartementde Fleurance, voulurent retourner à Lectoure, parce qu'ils furent avertis que le capitaine Mesmes ne pouvait arriver de ce jour-là à Aiguetinte. Et comme ils eurent passé Terraube pour retourner à Lectoure, ils virent qu'il fallait combattre le capitaine Montluc, qui s'était mis audevant, et aimèrent mieux retourner à Terraube. Il y eut de l'escarmouche à l'entrée, car s'ils eussent été encore cinq cents pas en arrière, le capitaine Montluc les défaisait avant que d'entrer. Lors il dépêcha vers Auch, Fleurance, La Sauvetat, Le Sampoy et jusqu'à Condom, afin qu'on le vînt secourir pour les tenir assiégés : ce que tout le monde fit; et y arriva plus de deux mille personnes. Il me dépêcha en poste un courrier, m'avertissant que si je voulais venir là avec l'artillerie, nous prendrions Lectoure, car tous les bons hommes qui étaient dedans, il les tenait enfermés dans Terraube, qui étaient en nombre de quatre cents ; et tous les deux Begolles, neveux de M. d'Aussun, y étaient. Je montrai la lettre à M. de Burie; il y eut un peu de dispute, parce qu'il ne voulait pas que je prisse des capitaines de gens de pied : à la fin il m'accorda le baron de Glermont, mon neveu, auquel j'avais

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