‹ CommentairesChapitre 86 sur 126 · RENFORT ENVOYÉ AU ROI · texte numérisé non relu

RENFORT ENVOYÉ AU ROI

et le zèle et affection que vous portez à votre roi et naturel seigneur. »

Tous me remercièrent, et me donnèrent assurance qu'ils ne séjourneraient que pour repaître, qu'ils ne fussent auprès du roi. M. de Terride me remercia de l'honneur que je lui faisais. Il fut disputé du chemin, et chacun en opina ; car en matière de conseils j'ai toujours eu cette coutume de faire opiner tout le monde, et m'en suis bien trouvé. Et après plusieurs disputes il fut résolu qu'on prendrait le chemin droit à Moulins. M. de Monsallez me pensa un peu mettre en colère, car il voulait s'en aller devant, comme s'il eût eu plus de désir et affection que les autres : je lui dis que cela n'était pas bon d'abandonner la troupe ; il connut bien qu'il m'avait fâché. Je lui donnai la charge de conduire l'avant-garde, et à M. de Saincthorent les gens de pied. Avant notre départ de Limoges je les vis tous partir. Je ne veux rien écrire de cette entreprise de Saint-Michel * ; elle est trop vilaine et indigne d'un Français, pire que celle d'Amboise ; je vis bien que c'était des effets de la ligue ou contre-ligue dont j'avais senti le vent à Mont-de-Marsan, Je ne sais comme l'on s'aida du secours que j'envoyai ; mais j'oserais bien dire que jamais lieutenant du roi ne tira hors du pays tant de noblesse ni gens de pied tout à coup, comme je

1. A cette époque, le prince de Condé et l'amiral de Coligny tentèrent de s'emparer de la personne du roi.

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fis, ni si grande quantité d'hommes signalés. J'avais telle opinion d'icelle, que si j'eusse rencontré M. le prince de Condé sans les reîtres, je n'eusse pas quitté notre victoire pour la sienne : et encore en m'en retournant je rencontrai plusieurs troupes qui venaient pour être de la partie. Je ne veux point me mêler d'écrire comme ce secours se porta aux affaires qui se présentèrent, car Monsieur y était, et tous les princes et grands capitaines de France, qui se rendirent bientôt auprès de mondit seigneur.

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