‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 10 sur 130 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le gcmvenimr le hlle de contùmer ton Toyage.

Lb gouTemeur, êjêcêA entendu les rapports des chrétiens dont mms venons de parler, pensa que, pour porter i^us promplemenl des seooors aux Espagnols qui résidaient k r Assomption et à Buenos-Ayres , il devait prendre la route de terre et envoyer les vais-

seaux jusqu'à Buenos-Ayres. En conséquence, malgré Topinion du contador Philippe de Caceres et du pilote Alonzo Lopez, qui étaient d avis de se rendre au port de Buenos-Ayres avec toute l'armée , il fit partir de Sainte-Catherine le facteur Pedro Dorantes pour chercher un chemin par la terre ferme et pour explorer le pays ; car, lors de la découverte de cette contrée , les naturels avaient tué au roi de Portugal une quantité de monde. Pedro Dorantes partit donc avec un certain nombre de chrétiens et dlndiens qui devaient servir de guides dans cette expédition. Trois mois après son départ il retourna à File Sainte- Catherine, où le gouverneur l'attendait ; voici, entre autres choses , ce qui résulta de sa relation : après avoir ' traversé plusieurs chaînes de montagnes , des collines et des contrées désertes , il était parvenu à un . endroit nommé e/d/npo (la Plaine), où commence le . pays habité : suivant les naturels de File , la route qu'il avait prise était la moins dan-

DE CABEÇA DE YACA. 4^

gereuse pour y arriver. Il avait suivi une rivière nommée JTtabucuen langue du pays , et qui est en face de la pointe de Tile, à dix-huit ou vingt lieues du port. Al var , d'après ce rapport , envoya de suite reconnaître la contrée arrosée par cette rivière , et par où il voulait se diriger. Dés que cela fut fait , il se détermina à entrer par-là dans l'intention d'explorer en même temps ce pays, qui jusqu'à présent ne Vavait pas encore été , et de porter secours plus promptement aux Espagnols de la province de la Plata. Les deux religieux , frère Bernard d'Armenta et frère Alonzo Lebron , son compagnon , à qui Alvar avait dit de rester dans l'ile de Sainte-Catherine pour convertir les naturels , et pour diriger et raffermir dans la foi ceux qu'ils avaient baptisés , ayant appris sa détermination , refusèrent de le (aire, prétextant qu'ils désiraient suivre le gouverneur pour n'établir à l'Assomption, où étaient les Elspagnols qu'on allait secourir.

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