CHAPITRE. VI
Le goaTcniaiir 0I let troapet savancent dam l'iniMBor dn
payi.
AiTAH-Nmiu» bien instruit de l'endroit par où il devait pénétrer pour explorer le pays et porter secours aux Espagnols ^ se pourvut des choses nécessaires à son voyage , et ordonna le 8 octobre de débarquer les troupes et les vingt « sept chevaux destinés
^8 COMMEBTAimSS
pour la découverte. Il commanda de passer la rivière de Ytabucu , et d*en prendre possession au nom de sa majesté comme pays nouvellement découvert. H avait laissé à Sainte- Catherine cent quarante personnes qui devaient aller par eau au Rio de la Plata où est le port de Buenos-Ayres. II ordonna à Pedro Estopinan Cabeca de Yaca, qui restait en qualité de capitaine de ces troupes , de se munir de vivres , et d'en chaîner le vaisseau tant pour le monde qu'il emmenait que pour les Espagnols de Buenos-Ajrres. Avant de se mettre en marche, il fit aux Indiens du pays beaucoup de présents pour gagner leur amitié. Un certain nombre d'entre eux s'ofiFrirent de bonne volonté ^ suivre le gouverneur et ses gens pour leur montrer le chemin et pour leur être utiles sous d autres rapports, en quoi leurs secours furent assez profitables.
Le 2 novembre de la même année, Cabeca de Yaca commanda, qu'en outre des vivres
De GABBÇA BE VACA. 49
dont les Indiens étaient chargés, chacun en prit autant qu'il pourrait en porter. Le même jour il se mit en marche avec deux cent cinquante hommes , les meilleurs soldats , arquebusiers ou arbalétriers, les vingt-six chevaux, les deux moines franciscains et des Indiens de l'île. 11^ renvoya le bâtiment à Sainte-Catherine , pour que Pedro d'£stopiiian Cabeça de Vaca pût se rendre avec ses gens à [Buenos- Ayres.
Le gouverneur s'avança dans l'intérieur du pays où il éprouva de grandes fatigues. En dix— neuf jours, les gens qu'il conduisait, passèrent des montagnes élevées. On faisait dans les forêts et sur les hauteurs boisées des abatis d'arbres et des percées considérables ; on ouvrait des chemins pour le passage des hommes et des chevaux , car le pays était inhabité. Au bout de ce temps , au moment où les vivres que Ton avait emportés étaient consommés , il plut à Dieu que , sans perdre
un seul homme de l'armée, on découvrit les 6. 4
5o coMiiBirrAiiiEs
premières peuplades, nommées d'e/ Campo et quelques villages indiens : le cacique s*appelait i#&'/tW. A une journée de cet endroit, il y avait un autre établissement dont le chef se nommait Gpcjyay, et au delà de cette ville un troisième, qui appartenait à un chef nommé Tocanguumçu^ Dès que les Indiens eurent appris l'arrivée du gouverneur et de ses troupes, ils vinrent au^evant de lui, chaînés d'une quantité de vivres , et se montrant charmés de sa venue. Celui «ci les reçut avec beaucoup d'afiabilité : non-seuleraent il leur paya les provisions, mais il leur fit pré^ sent de beaucoup de chemises et d'autres ob» .jets.
Cette nation se nomme Guarani, ce sont des laboureurs qui, deux fois par an, se* ment du mais. Ils cultivent aussi des caçabi ( du manioc ) : ils élèvent des poules et des oies à la manière de l'Espagne. Ils ont dans leurs habitations beaucoup de perroquets. Us occupent une grande étendue de
DE CAbEÇA DB VACA. 5l
pays , et tous forment une alliance. Ils mangent de la chair humaine , aussi bien celle des Indiens leurs ennemis que celle des chrétiens : ils se dévorent même les uns les autres. Très'vindicatifs et très- belliqueux, ils font continuellement la guerre ou ils la recherchent. Le gouverneur prit possession de ces villages au nom de sa majesté , comme pays nouvellement découvert , et il leur donna le nom de province de Vera(i), ainsi qu'il appert par les actes de possession passés par devant Juan de Araoz , notaire royal. Cette for^ mali té ayant été remplie, le gouverneur partit de Tocanguançu. Après deux jours de marche, le premier de décembre, il arriva à une rivière nommée par les Indiens Yguaçu, qui veut dire grande eau : les pilotes y prirent la hauteur.
(i) On a TU dans la préface, qu'Aivar-Nunez portait le nom de famille de sa mère , et que son père se nommait de Vera-