‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 18 sur 130 · VACA · texte numérisé non relu

VACA

ëe depuis la côte du nom dTTguaçu dans Je l'est à Fouest ; les (1 trouva que la latidegrés et demi. Dés te rivière, on apprit était dans le Parana , la Plata, et que sur cours d eau des natu- ^ortugais envoyés par •sa , pour découvrir le issaillirent et les massai ils traversaient la ris. Quelques habitants [ui avaient tué les Forgouverneur que ceux de très - mauvaises tendaient au passage attaquer et nous masî, Alvar après avoir pour s'assurer de la descendre TYguaçu

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son arrivée. Il faisait de nombreux présents aux chefs des villages : jusqu'aux vieilles femmes et aux enfants, tous arrivaient à la ren* contre des Espagnols chargés de mais et de patates. II en fut de même dans les autres villages de ce pays, qui étaient à une journée de marche ou deux les uns des autres. Tous les habitants arrivaient en portant des vivres , et , bien avant de parvenir aux villages par où Ton devait passer , ils enseignaient le chemin , dansaient, et se réjouissaient de nous voir. Ce qui surtout augmentait leur joie , c*est lorsque les femmes âgées se montraient contentes ; car ils se conduisaient d'après elles , leur témoignaient une grande déférence , et leur obéissaient bien mieux qu'aux vieillards.

Le dernier jour de janvier, en pénétrant toujours dans Fintéri^ur éie la province , les Espagnols parvinrent k^ la rivière d'Yguaçu ; mais avant d'y arriver ils parcoururent ufi désert pendant huit jours çofiséciitifs sans trouver aucun village* Cettç rivière est la pre-

DE GABEÇA DE YACA. 6l

miére que l'on avait passée depuis la côte du Brésil. Elle porte aussi le nom dTguaçu dans cette contrée ; elle coule de Test à Touest ; les bords en sont déserts. On trouva que la latitude était à vingt-cinq degrés et demi. Dés que Von fut près de cette rivière , on apprit des Indiens qu elle se jetait dans le Parana , nommé aussi Rio de la Plata, et que sur les bords de ces deux cours d'eau des naturels avaient tué les Portugais envoyés par Martin Alonzo de Sosa , pour découvrir le pays. Les Indiens les assaillirent et les massacrèrent au moment où ils traversaient la rivière dans des canots. Quelques habitants des bords du Parana , qui avaient tué les Portugais, avertirent le gouverneur que ceux du Rîo-Pequiri étaient de très - mauvaises gens, et qu'ils nous attendaient au passage de la rivière pour nous attaquer et nous massacrer. En conséquence, Alvar après avoir tenu conseil, résolut, pour s'assurer de la

possession de rive, de descendre l'Yguaçu 6. 6

d'un côte avec une partie de ses gens , tandis que le reste de la troupe descendrait delautre, et d'entrer dans le Rio-Parana. Les cavaliers devaient aller par terre , en ayant le soin de marcher de front sur les deux rives afin d'effrayer les naturels. Tous les piétons reçurent Tordre de passer dans des canots. Le gouverneur monta avec quatre-vingts hommes dans des embarcations qu'il acheta aux Indiens du pays : les fantassins descendirent sur la rivière. Les chevaux allèrent par terre, et tous devaient se rejoindre dans le Rio-Parana. Le fleuve était si rapide que les canots furent emportés avec furie.

Loin de l'endroit où Ton s'était embarqué le courant forme une chute par-dessus des rochers fort élevés. L'eau , en tombant , produit un si grand fracas qu'on lentend de plusieurs lieues, et l'écume chassée avec violence s'élève à la hauteur de deux lances et plus. Il fut donc nécessaire de sortir des canots , de les tirer de l'eau et de les transporter

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par terre jusqu'au delà de la cataracte. On les porta à force de bras pendant plus d'une demi-lieue (i)t ee qui occasionna des peines extraordinaires. Ce mauvais pas ayant été franchi , on remit à flot les embarcations , on continua le voyage, et l'on descendit la rivière jusqu'au Rio-Parana. Dieu daigna permettre que la troupe qui avait voyagé par terre et les canots qui portaient le gouverneur et ses gens arrivassent en même temps. On trouva sur la rive un grand nombre d'Indiens guaranis tous couverts de plumes de perroquets, bigarres et peints de toutes sortes de façons et de couleurs. Ils portaient à la main leurs arcs et leurs flèches, et se rangèrent en bataille, ce qui fut un très-beau spectacle. L'arrivée du gouverneur et de ses gens les remplit de terreur, et la confusion se mit dans leurs rangs. Nous commençâmes à leur parler par l'entremise d'un interprète et à distribuer aux chefs des présents de grande valeur,

(i) Le fommaire du chapitre dit une liene.

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et comme ils étaient tfès-avides et fort amis des nouveautés, ils s'apaisèrent et s'approchèrent de Gabeca de Yaca et de ses troupes. Un grand nombre aidèrent même à effectuer le passage de la rivière. Aussitôt que Ton fut de l'autre côté , le gouverneur ordonna de foire des espèces de radeaux ( balsas) avec les canots en les unissant deux à deux. Ce travail terminé , le reste des gens passa en deux heures sur le bord opposé. Le Rio-Parana avait une grande portée d'arbalète de large à l'endrcMt où on le franchit ; il était très-profond et fort rapide. Dans ce passage un canot chargé de chrétiens chavira; un homme entraîné par le courant se noya et il ne reparut plus. La profondeur du fleuve et la rapidité du courant occasionnent de grands tourbillons.

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