‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 19 sur 130 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

L'on construit des radeaux pour le transport des malades»

Quand le gouverneur eut franchi le Rio-Parana, il fut très-peiné d'apprendre que les deux brigautins qu'il avait envoyé demander aux capitaines qui résidaient à FAscension n'avaient pas paru , quoique dans une lettre

écrite des son arrivée au Rio-Parana , il leur

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eût reconmiaDdé de les expédier. Cette mesure était nécessaire pour prot^er la marche des troupes contre les naturels , et pour transporter les malades et les honmies fatigués de cette longue route. Alvar en fut d^autant pluscontrarié quel on savaitqu'il arrivait, que les malades étaient fort nombreux , ne pouvaient marcher et qu'il n'était pas prudent de faire halte au milieu de tant d'ennemis : c'eût été leur fournir l'occasion de machiner quel • ques-unes de leurs trahisons habituelles. Il se décida donc à envoyer les malades, par la voie du fleuve , dans les balsas , les confiant à un chef indien, nommé Yguaron , à qui il fit des présents. Cet homme s'était offert de les accompagner jusqu'au village d'un certain Francisco, qui avait été au service de Gonzalo d'Acosta f persuadé que , pendant la route, les malades rencontreraient les brigantins , qui les recueilleraient, et qu'en attendant llndieii, nommé Francisco , qui habitait le Rio-Parana, à quatre journées en descendant le fleuve, les

protégerait. Gabeça de Vaca commanda donc k* trente malades de monter dans les balsas aree cinquante arquebusiers et arbalétriers pour leur servir d'escorte. Dès qu'il les eut embarqués , il partit avec les autres troupes pour l'Assomption, en suivant la route de terre. D'après les assurances des habitants des bords du Rio-Parana , il y avait neuf jours de marche. Il fut pris possession de cette rivière au nom de sa majesté , et les pilotes trouvèrent que la hauteur était à vingt-quatre degrés. Le gouverneur s'avança avec ses gens à travers le pays, passant dans les villages des- Guaranis, qui le reçurent très-bien; ils venaient au-devant lui , suivant leur habitude , tous chaînés de vivres. Dans cette marche , on traversa plusieurs marais très-étendus , des rivières et d'autres mauvais pas , où l'on éprouva beaucoup de fatigues pour construire des ponts afin de faciliter le passage des gens et des chevaux. U|ie fois au delà du Rio-Parana, tous les habitants de ces peuplades

accompagnèi'ent les Espagnols d'un village à l'autre, et témoignèrent beaucoup .d'amitié et de bonne volonté. Ils les servaient et leur rendaient de bons offices , soit en les conduisant , soit en fournissant des vivres , choses que le gouverneur récompensait et payait généreusement. Pendant la route , un Espagnol, qui était parti de T Assomption, vintau<lcvant du gouverneur pour s'informer de sa venue, et en rendre compte aux chrétiens et aux autres habitants de cette ville; car Textrème besoin et le vif désir de le voir arriver à leur secours, lui et ses troupes, les empêchaient de cix)ire quils allaient en recevoir un tel bienfait, et ils voulaient le voir de leurs propres yeux , bien qu'ils eussent reçu sa lettre. Ce chrétien informa Cabeca de Yaca de la situation diffi*

cile où se trouvait la colonie , et des décès qui avaient eu lieu , tant des compagnons de Juan d'Ayolasque des autres chrétiens tués pai* les naturels; ce qui consternait tous les colons, surtout depuis la dépopulation de Buenos-

Ayres. Ces gens avaient d'abord attendu d'Espagne des secours , des vaisseaux et des troupes; mais l'abandon de ce port leur avait fait perdre tout espoir. Il raconta aussi bien d*auti^'es malheurs qu'ils avaient éprouvés.

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