‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 44 sur 130 · DB CABBÇA DB VACA. !III · texte numérisé non relu

DB CABBÇA DB VACA. !III

quante Espagnols qui connaissaient le pays , les Indiens les avaient attaques à l'aube du jour, avaient mis le feu à leur camp et tué cinq ou six Espagnols , et malgré la vive résistance des troupes et des navires , • les nôtres avaient couru un grand danger. On croit donc que certainement les Indiens auraient tué tous les gens du vaisseau si ce renfort n'était arrivé pour les sauver. On mit toute la promptitude possible à fonder et à rétablir le port et la ville de Bu^Dios-Ayres sur le Rio- Parana, au confluent du fleuve Saint- Jean; mais on ne put y parvenir parce que c'était pendant la saison d'hiver, et que le temps était très • mauvais. A mesure que Ton élevait les murs de torchis les pluies les renversaient. On fut donc contraint d'en abandonner la coustruc« tien ; et l'on décida de ramener tout le monde à l'Assomption en remontant le fleuve.

La veille, ou le jour de la Toussaint, il ar* rivait toujours un malheur au capitaine Gonzalo de Mendoce : précisément ce jour-là un

a 13 COMMEUTAIR»

bâtiment chargé dt vrrres fit naufnige à Ven^ trée du fleuve, et beftuooup de monde se Ddyèreot. Pendant la navigation , un évëne*^ ment fort étrange avait eu lieii ; la vieille de la Toussaint , tandis que les navires étaient à l'ancre sur le bord du fleuve , près de rivages élevés, la galère montée par Gonzalo de Men^ dooe étant anmrréeà un arbre» la terre trem- Ma et s'approcha en roulant comme un floé jusqu'aux roôhers du rivage. Les arbres tombèrent dans le fleuve > et les roebers se détachèrent et se précipitèrent sur les brigaatiuSi L'arbre où la galère était amarrée ^ fut jaté avec tant de violence sur le bâtiment » qu'il lenleva de bas en haut^ et il Tentraina pen^^ dant plus d'une demi-lieue, le mât tourné en bas et la quille en l'air. Quatorze personnes , hommes ou femmes, tant de la galère que des autres bâtiments, périrent dans cette tourmente. Au dire des gens qui étaient présents, ce fut l'événement le plus épouvantable qui jamais ait eu lieu. Après ce malheur, ils

DK GABEÇA DE VACA. 21 3

se rendirent à l'Assomption, OÙ ils furent bien logés et pourvus de tout ce qui leur était nécessaire. Le gouverneur et tous les habitants rendirent grâces à Dieu de les avoir fait échapper à de si grands dangers.

Page 1