‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 46 sur 130 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

Arrivée de Domingo d'irala.

Li i5 de février, Domingo dlrala arriva à TAssomption avec les trois brigantins qu'il avait conduits k la découverte du Rio del Paraguay. Il débarqua, et vint rendre compte au gouverneur de son voyage. Il dit que , depuis le 30 octobre qu'il était parti de oe port

jusqu'au jour des Rois, le 6 de janvier, il avait remonté le Rio - Paraguay, en communiquant avec les naturels des rives et en prenant auprès d'eux des informations. Ce jour-là il était arrivé dans une ville appartenant à une peuplade dlndiens qui cultivent la terre, qui élèvent des poules et des oies. Ils nourrissent ces derniers pour se garantir des importunitéset du dommage que leur causent les grillons , car ces insectes rongent toutes leurs couvertures , et se logent dans la paille qui couvre le toit des maisons. Pour conserver leurs effets, ces Indiens ont des cuves de terre dans lesquelles ils serrent leurs étoffes et leurs pelleteries, puis ils les bouchent avec des tampons de terre à potier -. c'est ainsi qu'ils mettent leurs vêtements en sûreté. Lorsque du toit des maisons les grillons se laissent tomber en foule et vont chercher de quoi se nourrir, les oies se précipitent avec tant de dextérité sur ces insectes» qu'elles les dévpfent tous. Cela a lieu deux ou trois fois par Jour,

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lorsque les grillona sortent pour manger; cette chasse mérite d'être vue.

Ces Indiens ont kurs habitations dans des marais enviroonës de lacs; on les nomme Cacods Chanès* Ils ayaient dit à Do^ mingo dirais qu'il existait un ehemiii par terre pour se rendre aux villages de Tintérieur; cet officier y avait marché pendant trois jours; le pays lui avait semblé très-bon; les naturels lui avaient donné des notions sur l'intérieur. Plus avant il trouva, dans des villages indiens, une grande abondance de vivres qui pouvaient être très-utiles pour pé^ nétrer dans le pays et en faire la conquête. Il avait vu dans les mains des habitants des échantillons d'or et d'argent ; ils avaient ofifert de lui servir de guides. Pendant tout son voyage de découverte sur les bords du fleuve, il n'avait pas vu un pays plus convenable pour entrer dans l'intérieur, comm^ il en avait le projet , et il n'avait pas entendu dire qu'il y en eût d'autre. En conséquence de cette opi-*

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nion , il s'était avancé dans cette direction , et, comme c'était le jour des Rois qu'il était arrivé dans ce port, il l'avait nommé Puerto de los Beyes ( le Port des Rois). D avait laissé les naturels très -désireux de voir les Espagnols et le gouverneur.

Aussitôt que Domingo d'Irala eut rendu compte de ce qu'il avait vu ou appris, le gouverneur fit convoquer les religieux, les prêtres , les officiers de sa majesté et les capitaines. Quand ils furent réunis, il leur fit lire la relation de Domingo d'Irala, et il les^pria de prendre une résolution sur ce sujet , et de lui donner leur opinion sur ce qu'il fellait faire pour découvrir ce pays, ainsi qu'il convenait %u service de Dieu et de sa majesté. En effet , c'était une démarche avantageuse pour le roi , puisque l'on avait découvert une route sûre et la meilleure que l'on eût trouvée jusqu'alors. Tous étant réunis en conseil, et d'un commun accord , dirent qu'il était très - convenable au service de sa majesté que l'on pé-

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nétràt dans l'intérieur par le Port des Rois, avec toute la promptitude possible. Voici quel fut leur avis, signé de leurs noms : « Il faut sans plus tarder entreprendre l'expédition , puisque cette contrée a des vivres et tout ce qui est nécessaire pour faire la découverte. » Dés que le gouverneur eut connaissance des opinions des religieux , du clergé et des capi« taines, persuadé lui-* même que cela était avantageux à sa majesté , il fit armer et préparer les dix brigantins qu'il avait fait construire à cet efiTet ; puis il ordonna aux Guaranis de lui vendre des vivres pour Tapprovisionnement des brigantins et des canots qui étaient prêts pour la découverte ; car F incendie que Ton avait sou£Pert avait détruit toutes les provisions du gouverneur. Il fut forcé d'acbeter de ses propres deniers celles des Indiens , et il leur donna en écbange beaucoup d'objets lui appartenant. Afin de bâter Fapprovisionnement sans que les Indiens fussent obligés de transporter ces vivres, le

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gouverneur ordônoa au capitaine Goniak) de Mendoce de deaeaidré le Ptt*aguay aree trois bâtifloents et de se reûdre dans lea villages des Indiens y alliés et sujets de sa majesté pour chercher ces prorisions. Il donna l'ordre de bien traiter les naturels, et de les payer avec dea objets d'édbange dont cet offîeier emportait une grande quantité. Il prescrivit aussi aux interprètes de payer les Indiens , et de ne leur faire aucune violence sous peine de châtiment.

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