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Dès que sa très-haute majesté voulut m'eni-* ployer à continuer ses merveilleux mrploUs, elle demanda à Tempereur , votre aïeul , que ^je fusse envoyé en 1 54o au Pio del Faraua , uommé par Solis , Rio 4e laPlatai pour porter secours à nos compatriotes , et continuer les découvertes de don Pcdre de Mendoee , dit 4? Cadix. Pendant cette expédition je coiirus de grands dangers y comme votre altesse pourra le voir plus particulièrement dans cesCqmpientaires, rédigés avec beaucoup de soins, de vérité, et d'après mes ordres, par Pero Hemandez, secrétaire du gouvernement (a&A mitamiento ). Us sont joints au récit da mes premières expéditions , pgui* que la variété^ des faits traités dans Tune et dans Fautre partie , et le récit de mes aventures , procurent à votre altesse q[uelque plaisir; car, certes, rien n'est plqs agréable au lecteur que la diversité des sujets et des époquçSy et les
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vicissitudes même de la fortune , si pénibles quand on les éprouve , deviennent agréables alors que nous nous les rappelons, ou que nous en lisons l'histoire. J'ai pensé que notre Seigneur ayant bien voulu répandre sur moi sa miséricorde et ses bienfaits, ce serait de même chose très-juste et bien due que j'en répandisse le Souvenir pour servir d'exemple ainsi que je l'ai dit.
J'ai dédié ma première Relation à sa majesté, j'ofiFre celle-ci à votre altesse, à qui Dieu promet l'empire de si vastes contrées et de nations si nombreuses, parmi lesquelles il publie déjà l'enseignement de sa religion. Je le fais , afin qu'en ouvrant les yeux de votre jeune entendement , votre altesse voie avec quelle libéralité Dieu a versé sa miséricorde sur tous les hommes. Puisque dans cette nouvelle régénération , ces peuples commencent à revivre dans votre altesse, elle doit
accueillir avec clémeDce , ai«ec amour , avec
àes mœurs chrétiennes, des lois saintes et douces , tant de nations que Dieu a ramenées
à la lumière de TEvangile de Jésus-Christ» ne permettant pas qu'elles soient plus long* temps dans les ténèbres , l'aveuglement et la tyrannie du démon. Cette dédicace est due surtout à votre altesse , non*seulement parce que la découverte des contrées dont nous nous sommes occupés , a été faite d après les ordres de l'empereur^ son aieul ; expédition digne des rois, dont les forces seules peuvent mettre à fin de telles entreprises, Dieu les leur accordant pour cela tout entières ; mais aussi parce que cet ouvrage , comme les écrits et les cEuvres de tous , doit être offert au génie élevé et à l'habileté que votre altessea montrés au inonde, qui, tout émerveillé et attentif, espère recueillir dans les années futures de votre jeunesse , de votre virilité et de votre
vieillesse , les fruits qu'il doit attendre du règne d'un prinoe pariait : années que Dieu vous accordera toutes , puisqu'il vous a donné au monde comme un roi nécessaire. Personne ne doute que cela n( s*accomplisse, pas même ceux qui sont étrangers à la famille royale. Les gens qui tous les jours voient votre altesse , la servent ou l'approchent , ont déjà commencé à goûter ces fruits. Ils ne cessent de se réjquir en voyant votre excellent esprit, si fiicile, si affable et si bien disposé que la nature seule eût fait de votre altesse un homme accompli , confié à des talents aussi rares que don Antonio de Rojas , votre gouverneur et majordome major, et à Honorato Juan , votre précepteur. Tous deux ont été choisis pour remplir ces emplois par l'empereur et le roi nos maîtres, parmi tous les savants et les gentilshommes de leurs royaumes, avec tout le soin , l'attention
et le temps, que leurs majestés deyaient employer en choisissant des personnes de qui on avait droit de tant attendre : et cela de- Tait être , puisqu'il fallait leur ponfier votre personne royale, rdduoation et renseignement du plus grand héritier de la terre. L'ancienne et illustre naissance de don Antonio de Rojas y Velasco, qualitiâ si bviUante pour eeux qui approchent les rois , sa grande piété, sa prudence , sa modestie , son e^pér rienee dans les afikires des maisons et des personnes royales , toutes les autres vertus et qualités nécessaires i un gentilhomme à qui une charge d'une telle importance était confiée, la profonde expérience que leurs majestés avaient de sa personne et de ses mœurs , expérience apquise peifct^nt taqt d'années de service dans t|Qp oharge imper-* tante près du roi votre père» et le lion compte que ce gentilhomme a rendi) de tpute
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VOYAGES
ORIGINAUX
POUR SBRVIR à L*ai9TOIRB OB LA DÉGOUVBRTB
DE L'AMÉRIQUE
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l8 ATANT-PHOPOS.
servant pour cela des clefs de l'obéissance du saint père ? Qui n'est pas en droit d'attendre ce résultat de la profonde soumission que votre altesse professe , pour Dieu d'abord , et ensuite pour leurs majestés , de l'attachement et du respect que vous avez pour votre gouverneur et votre précepteur , et de votre admirable esprit, dont nous voyons les fruits à cette époque si tendre et si peu avancée de votre vie, où, comme les champs au printemps, les esprits des autres ne portent que des fleurs; fruits aussi parfaits et aussi mûrs
que ceux produits dans les années fertiles et à la saison propice par un petit nombre d'esprits les plus éclairés et les plus élevés. Soit qu'on le voie , soit qu'on l'entende rapporter » chacun s'en réjouit vivement, et, grâce au bel avenir de votre altesse, déjà on commence à voir ces royaumes aussi riches en toutes sortes de vertus et de doctrines, que Dieu les
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ft rendus supérieurs entre tous les autres de ce monde, en religion , en grands hommes » en toutes sortes de richesses et de biens tem*' pcrels. Déjà Ton prévoit la paix et la tranquil* lité dont jouira la république, l'agrandisse* ment qu'elle prendra sous votre régqe, la crainte et l'épouvante que Içs infidèles ressentiront en entendant parler de votre altesse , et que bientôt ils auront de ses ceuvres. En effet , de si nobles et de si grands commencements. Ton ne peut espérer que de tels résultats et de tels biens.
Les œuvres des rois et des princes ne doi* vent pas se limiter dans des bornes étroites; elles doivent s'étendre partout, pour le profit et l'avantage de tous. Voilà principalement ce qu'enseignent et conseillent à votre majesté son gouverneur et son précepteur , se conforaiant ainsi avej exactitude à la piété et à la vertu, et à l'attadiefiient qu'ils n'ont cessé
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d'avoir pour votre altesse, lorsqu'ils l'ont élevée et instruite dans les préceptes de la religion chrétienne , de la chevalerie et la philosophie; parce qu'ils savent que les souverains qui administrent leurs royaumes par ces moyens si forts » si sûrs et si durable , de très-petits les rendront trés-^rands, de suspects les rendront sûrs, de très-changeants et très-variables les rendront très-stables, trèsforts, et qu'enfin , de rois mortels, ils se rendront eux-mêmes immortels. Ceux au contraire qui ont essayé de régner par d'autres moyens , même avec de grandes richesses et des armées puissantes, n'ont pu empêcher leurs adversaires d'avoir beaucoup d'influence dans leurs états , d'y porter la dévastation , d'en resserrer les limites, et quelquefois de les boule verser de fond en comble, en y introduisant nombre d'abominations et d'infamies.
Votre altesse verra dans Thistoire de fréquents
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exemples de ces deux manières de gouverner ; elle verra que rien en ce monde n'est invariablement perpétuel , si ce n*est ce qui est af-
fermi par les liens de la religion chrétienne , de la sagesse, de la vérité, de la force, de la prudence, et surtout de l'humanité et de la libéralité si nécessaires aux rois, et qui les rendent semblables à Dieu , de qui seul on doit espérer l'abondance et la stabilité de toute chose.