‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 55 sur 130 · CHAPITRE XtiX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XtiX

tkmiiilent Joan de Ayolas fiai tua «fec tes oonlpegiioiii apiéi

«Toir dëbârqulié dâùs eè port.

Lis 1 3 ociobré , on Arriva àU port de la Candelaria (de la Chandeleur), qui fait partie «dû territoire dés Pàyaguàâ. Le capitaine Juân de Ayolas avait fait son entrée par ce port ^ suivi des Espagnols qu^il commandait il y laissa pour l'attendre jusqu'à son retour,

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Domingo d'Irala, avec les brigantins qu'il avait emmenés; mais quand il revint il ne les retrouva plue : il les attendit pendant plus de quatre mois ; dans cet iptervalle > il souffrit beaucoup de la famine. Les Payaguas ayant connaissance de son extrême faiblesse et de son manque d'armes, commencèrent à le traiter avec amitié ; puis ils lui dirent qu'en bons alliés, ils désiraient mençr tes Espagnols dans leurs maisons pour les y nourrir. Cependant en traversant de hautes herbes (/Kybnales ) , chaque chrétien fut saisi par deux Indiens , et un grand nombre d'autres naturels armés de bâtons, leur assénèrent tant de coups sur la tète , que le capitaine Juan de Ayolas et quatre-vingts hommes furent tués , c'était le reste des cent cinquante qu'il avait emmenés quand il pénétra dans l'intérieur du pays. Celui qui garclait les , brigaiitins. fut cause de la mort de ces Espt^UQls , car il avait quitté le port et il s'était Amarré plus bas.

t)£ GABPÇA PÈ VAGA. 3<^ |

Si Juan de Ayolaa ayait trouvé ses brigantins où il les aviUt lainA^^ « il s0 «émit em^ barque avec les autres. Éspc^ols, «t bs Indiens De l'auraient pas |u^; mais Pomingo dTralà agit ainsi méchamip^nt* et pourvue les naturels massacrassent les Bspagq^Is ainsi que cela est arrivé , son intention ^ij^ de soulever le pays comme il est évident qu'il le fit, contre son I>ieu et (tontre spn ix>i. Aujourd'hui encore il est en insurrection » il a ravagé toute la contrée , et depuis deux ans Us y exerce sa tyrannie.

Dans cet endroit « les pilotes prirent I4 hauteur; ils virent que le port était k vingt€t«un degrés moins un tiersi On; se concerta afin de chercher un moyen pour communiquer avec les Payaguas « et pour apprendre de ces natu^ relsoù étaient leurs villages, t^e lendemain, k huit heures du matin^ sept Payaguas parurent sur les bords du fleuve; le gouverneur or^ donna qu'un pareil nombre d'Espagnols irait leur parler avec les interprètes qu'il

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avait amenés. Cette cHspositioR était tfè»" convenable. Ils s'avancèrent donc vers ces In^ diens à une distance convenable pour pouvoit* s'entendre. L'interprète leur dit qu'il était nécessaire qu'un plus grand nombre se pré-^ sentasserit pour traiter, parce qu'on Voulait ^'entretenir avec eux et stipuler des condi-^ tions de paix ; que le commandant de la flotte n'était pas venu dans une autre intention^ Quand on se fut ainsi abouché avec ces gens^ ils demandèrent si les chrétiens nou-^ vellement arrivés dans les brigantins étaient de la même nation que ceux qui avaient autrefois habité la contrée* Comme les Es-^ pagnols avaient été avisés , ils dirent que ce n'étaient pas les mêmes chrétiens qui étaient déjà passés dans le pays^ et qu'ils n'étaient ar^ rivés que depuis peu. Quand les Payaguas l'eurent appris ^ un d'eux s'approcha des nô-^ très ; on le conduisit devant le gouverneur^ CeluiH^i lui demanda qui lui avait ordonné devenir en cet endroit: il répondit que son

DE CABEÇA DE VACA. 2^'i

chef ayant appris l'arrivée des Espagnols , Favait envoyé avec ses camarades pour savoir si c'étaient les mêmes qui sëtaient déjà présentés. Il dit de la part de son maître qu'il désirait être Tami du gouverneur , que les Payaguas tenaient en leurs mains tout ce qu'ils avaient pris à Juan d'Âyolas, qu'ils voulaient le remettre au commandant des chrétiens, afin d'obtenir la paix, et qu'on lui pardonnât la mort de Juan d'Âyolas et d'autres Espagnols; cet officier et les siens ayant été tués pendant la guerre. Le gouverneur lui demanda par l'entremise de son interprète , quelle pouvait être la quantité d'or et d'argent cpie l'on avait prise à Juan d'Ayolas et aux chrétiens. Il répondit qu'il devait y en avoir soixante-six charges que portaient les Indiens Chanès : que toute cette quantité était en plaques , en bracelets , en couronnes, en haches d'armes , et en petits vases d'or et d'argent. Cabeça de Vaca fit dire à l'Indien de

prévenir son chef, que sa majesté lui avait 6. 18

^•y^ GOUMCNTAIRES

ordonné de se rendre dans ce pays pour contracter la paix avec eux et les autres nations qui seraient disposées à l'accepter, qu'on leur pardonnerait les anciennes guerres , et que si son maître désirait être ami , et rendre ce qu'il avait pris aux Espagnols^ il n'avait qua venir voir le gouverneur et lui parler; car celui-ci avait grande envie de le connaître et de le bien traiter : il ajouta qu'il ferait la paix et le recevrait comme sujet de sa majesté. En signe d'amitié il lui envoya de nombreux présents. Il fit aussi beaucoup de cadeaux à l'Indien , et il lui demanda quand il croyait revenir avec son maître.

Quoique ce chef ne soit qu'un pécheur, il gouverne cette méchante nation , qui vit de pèche. Sa tournure est imposante ; il est re* douté de ses gens, qui professent pour lui un grand respect; et si quelqu'un des siens lui déplaît trop f il prend un arc et lui lance deux ou trois flèches : s'il le tue, il envoie chercher sa femme, lui donne un collier (a^ia quenta),

et dissipe ainsi le chagrin qu'elle peut avoir de cette mort; s'il n'a pas de collier, il lui donne deux plumes. Quand il veut ci^cher, rindien le plus proche de lui tend les deux mains pour qu'il crache dedans; il a plusieurs coutumes sauvages de ce genre. II n'existe pas sur le bord de ce fleuve de chef plus riche que lui. L'interprète répondit que son maître se présenterait le lendemain matin, et il laissa le gouverneur dans cette attente.

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