‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 57 sur 130 · CHAPITRE LI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LI

GommeDi lesGuAXarapM (parlèrent «u gourtmenr.

Le lendemain matin les Indiens qui étaient venus la veille auprès de Cabeça de Vaca , re# tournèrent dans deux canots : ils donnèrent aux troupes du poisson et de la viande. Après qu ils eurent parlé au gouverneur, celui-ci leur fit livrer des objets d'échange , puis il les

congédia en leur disant qu*il les regaitlerait toujours comme ses amis , et leur serait aussi utile qu'il le pourrait II les pria de bien traiter les troupes qu'il laissait en arrière avec d'autres brigaotios , beaucoup de canots et des Indiens Guaranis ses amis ; leur assurant que s'ils se conformaient à ses désirs , les chrétiens ne leur causeraient aucun dommage. Us promirent de le faire, cependant ils ne tinrent pas leur parole : il est vrai qu'un chrétien en fut cause ; mais il en porta la peine comme je le dirai plus loin.

On quitta ces Indiens, et on remonta la rivière pendant toute la journée par un bon vent. Au coucher du soleil on arriva à quelques villages de la même nation , situés au bord de l'eau; mais pour ne pas pcfrdre de temps , car le vent était favorable , on les dépassa sans s'y arrêter. Les habitants sont des laboureurs qui cultivent le mais et d'autres graines : ils s'occupent beaucoup de pêche et de chasse dont il y a profusion. Ils vont tous

nus , eux et leurs femmes , excepté quelquesunes d'elles y qui cachent leurs nudités. Ils se tatouent le visage avec des pointes de bois , et se percent les lèvres et les oreilles. Ils vont sur la rivière dans des canots qui ne peuvent contenir plus de deux ou trois personnes. Ces Indiens sont si agiles , si adroits, si bons rameurs pour remonter et pour descendre, qu'ils semblent voler , et un brigantin, même construit en cèdre y soit à la rame , soit à la voile , quelque bon marcheur qu'il soit , quelque bon temps qu'il fasse , ne peut atteindre leurs canots, bien qu'ils n'aient que deux rames et que les brigantins en aient douze. Ils font la guerre sur la rivière dans ces embarcations, ils la font aussi sur terre : ils commercent entre eux. Les Guaxarapos leur fournissent des canots, les Payaguas leur en donnent aussi contre les arcs et les flèches dont ils ont besoin , et contre tous les autres objets qu'ils ont à échanger. Tantôt ils sont

amis, tantôt ils combattent.

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