‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 67 sur 130 · CHAPITRE LXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXI

Le gooTemeiir m dëtennine à pénétrer dam rintërieiir.

Le gouverneur^ ayant obtenu la relation précédente et recueilli les avis des officiers de sa majesté, du clergé et des capitaines, se dé* termina à pénétrer dans l'intérieur pour faire la découverte des populations : il choisit pour cela trois cents hommes , arquebusiers et ar-

35o COMMENTAIRES

balétriers. Comme la contrée que Ton devait traverser était dépeuplée , il ordonna que Ton se pourvût de vivres pour vingt jours , ce qui devait suffire jusqu'à l'endroit habité. Il fit rester cent chrétiens dans le port pour garder les brigantins , avec environ deux cents Guaranis. Il leur donna pour capitaine Juan Romero , qui connaissait le pays. Nous partîmes du port des Rois le 26 de novembre i543. Pendant toute la journée, jusqu'à quatre heures du soir , nous marchâmes dans des bois au milieu d'une contrée fraîche et bien ombragée ; nous suivions un chemin peu battu, par où notre guide nous conduisait. Cette nuit-là nous nous reposâmes auprès de certaines sources. Le lendemain , nous nous remimes en Bftarebe uoe heure avant le jouir, l^ guide allait en avant avec environ vingt haanneft qu^ ouvraient lech^in ; car, à meaitre qttiç B^ua avancions , jqous le treurioii^ df) pipa c» plm fourf ë d'aii>res et d'herJMfati^tiHhautea ftt tvèit épaisses , o€ qui qtail: Mmoi^u'onr ne pénétcuii

n CAB6ÇA DB VAGA. 3b I

dans rintërîeur qq'aveç bef^ucoup de peine. Dans la journée , à cinq heures 4u ^ir , nous parvînmes à un grand lac, où |es Ifidieps ^t les chrétiens prirent du poisson à la main. Mous nous y reposâmes cette nuitrlfi* A ipgsure que nous avancions, on ordonnait au guide d? monter sur les arbrea et \w hauteurs ponf découvrir la route et s'assqrer qu'il nq $e troiq* pait pas , et que \p chemin conduisait bien aif pays habité.

Les Guaranis, que le gouverneur cQimen^it avec lui , se nourrissaient des vivres doiit ils s'étaient munis, de miel qu'ils recueillai^nl; sur les arbres , des sangliers , des tapirs et des cerfs qu'ils tuaient. Le gibier paraissait trèscommun dans cette contrée ; cependant,comme la troupe était nombreuse , et que Ton faisait beaucoup de bruit, les animaux se sauvaient^ aussi en tuait-on fort peu. Les Indiens et les Espagnols mangeaient également des fruits sauvages que l'on trouvait en abondance. Aucun de ceux dont ils se nourrirent ne leur fit

35a GOMIIENTÂIRES DE GABBÇA DE YACk,

mal, excepté celui d'un arbre dont la nature était semblable à celle des myrtes, et le fruit, aux myrtes d'Espagne, que Von nomme murta (jnyrte ou oUi^e) , excepté qu'il était un peu plus gros et d'excellent goût. Tous ceux qui en mangèrent eurent des vomissements ou la diarrhée. Ces incommodités durèrent peu et ne firent pas grand mal. On se nourrissait aussi du fruit des palmiers, qui sont très-communs ; l'on ne mangeait que le noyau des dattes : il est rond et semblable à une amande douce y les Indiens en font de la farine excellente : le fruit du palmier est aussi très-bon.

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