CHAPITRE LXVl
ijêê Indiens renient maMacrer ceux qni étaient restés au port
det Rois.
QuAjf D le gouverneur fut de retour au port des Rois, le capitaine Juan Romero, qu'il y avait laissé comme son lieutenant, lui rap« porta que peu de temps après son départ les Indiens du port et ceux d'une Ile éloignée d'une lieue de là avaient résolu de jMissaarer
tous les chrétiens qui y étaient restés , et de s'emparer des brigantins. Us avaient rassemblé, dans cette intention , tous les naturels de la contrée. Ils s'étaient ligués avec les Guaxarapos , nos ennemis , et avec beaucoup d'autres nations, et ils avaient décidé d'attaquer les Espagnols pendant la nuit. Sous prétexte de faire des échanges, ils étaient venus espionner. Ils n'apportaient plus de vivres , conmie ils en avaient l'habitude y et même ils avaient dit clairement qu'ils viendraient tuer les chrétiens. Le gouverneur en ayant connaissance , fit appeler les chefs et leur fit enjoindre , au nom de sa majesté, de renoncer aux hostilités, de maintenir les conventions de la paix, puisque lui et tous les chrétiens les avaient traités comme -des amis, et né leur avaient occasionné aucun mal ni tort. Il leur rappela que lui-même il leur avait donné de nombreux présents , qu'il les prot^erait contre leurs ennemis; qrtes'ils'^en agissaient autrement, i\ les regarderait comme en état d'hos-
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tilité , et qu'il leur ferait la guerre. II fit cet menaces en présence du clei^ë et des officiers ; puis il leur distribua 4es bounets rouges et d'autres objets. Us promirent de nouveau d'être amis des chrétiens et de chasser de chez eux les Indiens qui étaient ve^us contre nous : c'étaient les Guaxarapos et d'autres nations.
Deux jours après son arrivée au port des Bois, un grand nombre d'Espagnols et de naturels se trouvant réunis, le gouverneur craignit que cette multitude soufirit bientôt de la famine ^ car il fallait les nourrir, et il n'y avait dans tout le pays d'autres vivres que ceux qui étaient à bord des brigantins amarrés dans le port. Ces provisions étaient même bien diminuées » il n'en restait guère que pour dix ou douze jours , pour toute la troupe qui, tant que chrétiens ou Indiens , s'élevait à plus trois mille hommes. Se voyant réduit à cette extrémité, et tous ces gens en danger de mourir de faim , Cabeça de Yaca fit rassembler
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tous led interprètes et leur ordonna d^aller dâDS les villages voisins pour chercher des vivres et donner en échange des marchandise.^, qu'il leur livra en quantité considérable. Ces gens partirent , mais ils né trouvèrent pas de .provisions. Le gouverneur Tayaut appris, fit appeler les princtpaujï Indiens du pays et leur demanda où il pourrait se pi^dcurer des vivres contre des objets d'échange. Ceuxci répondirent qu'à neuf lieues de là il y avait sur le bord d'un grand lac, des naturels liom* mes Jnanicosls, qui àvaieiit une grande abondance de vivres et quils fourniraient ce dont on avait besoin .
CHâPITRB lxvh.
Le gouTem^nr earoîe le capitaine Mendooe poar chercher dès
Tivret.
I^s que le gouverneur eut pris ces informations , il conroquft les officiers , le clergé , les capitaines et d'autres personnes expëririmentées, pour se concerter avec elles sur ce qu'il y avait à faire ; car tout le monde demandait des vivres , et il n'en avait pas à don-
ner. La troupe était sur le point de se débander et de courir le pays pour se procurer des provisions. Les officiers et les prêtres étant réunis . il leur dit que le danger de la famine dont tout le monde souffrait était si ui^ent^ qu'il fallait sans retard y apporter remède si l'on ne voulait succomber, qu'il savait que les Indiens Arianicosis avaient des vivres, de donner leur avis sur ce qu'il y avait à faire. Tous répondirent unanimement qu'il devait envoyer aux villages des Indiens la plus grande partie de sa troupe^ pour qu'elle y vécût, et pour acheter des provisions que l'on expédierait sans délai aux gens qui resteraient au port avec lui. Que si ces Indiens refusaient d'en fournir en les payant, il fallait les prendre de force , et s'ils s'y opposaient, commencer les hostilités afin de s'en emparer, attendu qu'autrement tous allaient mourir de la famine , et que sur Fautd même il est permis de prendre de quoi se nourrir : tel fut Fa vis qu'ils donnèrent et signerait de leurs
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noms. II fut donc résolu que Ton enverrait ce capitaine chargé des instructions suivantes:
«Capitaine Gonzalo de Nendoce, voici ce que vous avez à fiiire dans les villages où vous allez chercher des vivres pour nos troupes afin qu'dies ne meurent pas de faim. Vous paye^ rez ces provisions, pour que les Socorinos, les Sococis et les autres peuplades qui demeurent dans les environs , soient satisfaits. Vous leur direz en mon nom , que je suis étonné qu'ils ne soient pas venus me voir comme les autres nations du pays; qu'on m'a rapporté que c'étaient de braves gens, qu'en conséquence je désire les voir et devenir leur amî. Vous leur donnerez de mes marchandises ; vous ajouterez qu'ils viennent faire acte de soumission à sa majesté , ainsi que l'ont fait tous les autres Indiens. S'ils se conforment à ces ordres , je ne cesserai de les protéger contre ceux qui voudraient leur fidre du tort. Vous devez apporter la plus
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grande attention pour qu'en traversant les villages des Indiens nos amis , peraonne de la troupe que vous emmenez ne s'introduise dans leurs habitations , et qu'il ne leur soit pas fait de violence. Tout oe qne vous achètatez , tout ce qu'ils vous livreront , doit être payé à leur satisftiction , afin qu'ils n'aient pas sujet de se plaindre. Lorsque vous arriverez aux villages , vous demanderez des vivres aux Indiens , et vous les emploierez à nourrir votre troupe. Vous offrirez avec des paroles amicales de les payer : s'ils ne veu« lent pas vous en livrer, vous les en sommerez une, deux , trois fois et plus , enân autant que vous le devez légalement* Vous oflErirez préalablement la valeur de ces provisions; s'ils se refusaient à vous en donner, vous les prendrez de force, et s'ils s'y opposaient à main armée, faites-leur la guerre î car la fiip mioe que nous soufiî'ons nous y oblige* Dans tout ce qui peut en insulter, vous vous
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conduirez avec autant de modération qu*il est convenable au service de Dieu et de sa majesté, qui compte sur vous, comme elle doit compter sur un de ses serviteurs.