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tëger, qu'ils devaient s'appliquer à la connaissance de Dieu, s'instruire, se faire chi^étiens par le moyen des prêtres, qui étaient venus pour eux comme des envoyés de Dieu , et se soumettre à ^a majesté; qu'en agissant ainsi ,
ils seraient .mieux traités et protégés plus efficacement que jamais ils ne l'avaient été.
Il leur défendit de manger de la chair humaine, leur disant que c'était un grand crime^ et une grave offense qu'ils faisaient à Dieu. Les religieux et le clergé leur parlèrent aussi, les instruisirent; et, afin dç lés satisfaire, on leur distribua de nombreux présents , des chemises , des vêtements , des bonnets et autres objets , qu'ils reçurent avec un plaisir extrême.
Les Giioif^nis parlent une langue comprise de toutes les autres nations de la province. Lorsqu'ils sont en guerre, ils inangent la chair des Indien^ leurs ennemis ; alors ils conduisent les prisonniers à leur village, se diver- ' tissent avec eux ; ils dansent, chantent et ce-
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lèbrent des fêtes jusqu'à ce que le captif soit bien en chair; car, dès qu'ils se sont emparés de lui, ils l'engraissent et lui fournissent autant d'aliments qu'il en désire. Ils lui livrent leurs femmes et leurs filles , afin qu'il prenne ses ébats avec elles. Ce sont ces Indiennes el-^ les-mémes qui ont soin de le nourrir. Celles^ qui sont le plus en considération le font coucher avec elles, et le parent de diverses ma* nières, suivant leur usage. Elles lui mettent beaucoup de plumes et des colliers blancs, faits avec des os et des pierres qu^ils recherchent extrêmement. Quand le prisonnier a pris de l'embonpoint, les plaisirs, lés danses et les chants redoublent. Alors les hommes arrivent; ils arrangent et parent trois petits garçons de six à sept ans, et leur mettent dans la main une, petite hache de cuivre. Le plus brave de la peuplade saisit une épée de bois , nommée macana , puis on conduit le captif sur une place, où on le fait danser pendant unç heure ; l'Indien s'avance , et
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lui assène des deux mains un coup de son ëpée dans les reins , et un autre dans les
jambes pour le terrasser. Il arrive quelquefois que six coups appliqués sur la tête ne peuvent le tuer* La dureté de leur crâne est surprenante, car Tépéc avec laquelle on le frappe à deux mains est d'un bois noir dur et pesant , et le bourreau serait de foifce à abattre un taureau d'un seul coup. Cependant il en faut un grand nombre pour les tuer. Aussitôt qu'il est terrassé , les enfants arrivent avec leurs petites haches; le plus grand d'entre eux, ou le fils du chef du village , frappe sur la tête du captif, puis les autres l'imitent à coups redoublés jusqu'à ce que le sang jaillisse , pendant que les Indiens les exhortent à être braves, à s'exercer, à avoir le courage de tuer leurs ennemis et à faire la guerre. Ils leur disent de se venger et de se souvenir que ce prisonnier a tué leurs amis. Après sa mort, celui qui lui a donné le premier coup prend son nom , qu'il porte par la suite comme un
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tëiqoignage de sa vaillance. Alors les vieilles femmes dépècent le cadavre , font cuir les chairs , les partagent, et on les mange. Us regardent cette nourriture comme un aliment excellent. Ensuite ils recommencent leurs danses et leurs jeux, qui durent plusieurs Jours. Ils disent que leur ennemi, le meurtrielr de leur parent, est mort par leurs mains ; que maintenant oeux-ci reposeront en paix , et se réjouiront de cette vengeance.