‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 32 sur 91 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Le gouTemenr enroie dei espions à la recherche des Giuj-

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Le samedi le gouverneur recueillit les avis des capitaines et des religieux. Il fut convenu qu'avant de pénétrer dans l'intérieur, des éclaireurs iraient à la découverte , afin d'apprendre où les Indiens Guaycurus avaient établi leurs villages , et dans quelle situation ils se

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trouvaient, pour pouvoir les expulser du territoire des Guaranis. A quatre heures du matin ces gens furent de retour, et dirent que les Indiens avaient marché toute la journée , que leurs femmes et leurs enfants les précédaient ; mais ils n'avaient pu apprendre où l'ennemi se fixerait. On résolut à Finstant de s'avancer à sa recherche le plus secrètement possible. L'on ne devait pas faire de feu pendant le jour, dans la crainte d'être découvert, et il fut défendu à nos Indiens de se séparer pour chasser ou pour d'autres xeiotifs. Ces dispositions ayant été prises, on partit en bon ordre le dimanche matin. On traversa des plaines et des forêts. Afin de marcher sans être aperçu, on envoyait toujours des Indiens en avant pour reconnaître le pays : c'étaient des gens très-agiles et très-bons coureurs qu'on avait choisis pour cet emploi. Ils venaient continuellement donner des informations ; outre ceux-là , des espions avançaient toujours avec beaucoup de précautions , en suivant l'en

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Les troupes se reposèrent alors dans une grande forêt : se rafraîchirent , puis accompagnées des Indiens elles se mirent en marche par des sentiers qui Suivaient le pied des montagnes et la lisière des bois. Les naturels qui

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connaissaient le pays les conduisaient par des chemins où l'on trouvait , ainsi que dans les plaines , une si grande quantité de cerfs et d'autruches, que c'était une chose surprenante. Cependant , dans la crainte d'être découvert , on ne chassait pas et l'on marchait en bon ordre. Les Guaranis formaient l'avantgar^e, comme je l'ai dit, tous réunis en un seul corps en bon ordre , et qui se composait bien de dix mille hommes. Les naturels étaient peints de terre rouge et d'autres couleurs ; ils avaient le col couvei^t de colliers blancs et de plumes, et portaient de nombreuses plaques de cuivre qui , lorsque le soleil frappait dessus , réfléchissaient une si vive lumière, que. cela produisait un coup d'oeil merveilleux. Ils étaient pourvus d'arcs et d'une grande quantité de flèches.

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