‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 39 sur 91 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Le gouremeur fait mettra en liberté un des prisonnierf gttaycnraft, et enroie appeler les autr^ Indiens de cette nation. *

Après avoir procédé contre les Agazes comme nous venons de le raconter, le gou-* verneur fit appeler les chefs des Guaranis qui avaient marché contre les Guaycurus , et

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traitent avec eux : le coiûmerce est fort actif, et les Guaycurus sont trés-inoffensifs envers les Guaranis. Ceux-ci leur donnent en échange du mais , du manioc et des mandubies : ces derniers sont des fruits semblables aux noisettes ou châtaignes de terre ( ai^ellanos à chufas ) , et viennent en terre ; ils leur fournissent aussi des arcs et des flèches. Deux cents canots réunis et chargés des objets que nous avons détaillés , passent la rivière pour ces échanges. La célérité avec laquelle ces Indiens naviguent est la chose du monde la plus belle à voir. Pour aller commercer ils se peignent et se parent de plumes , et tous ces gens emplumésy emportés par le courant , font tous leurs efforts pour arriver les premiers. Quelquefois ils s'entrechoquent, de sorte que toute la marchandise coule à fond. Les gens à qui cela arrive , et ceux qui sont à terre à les attendre , se prennent à rire de si bon cœur x[ue pendant deux jours ils ne cessent d'en

DE GABEÇA DE VACA. l8l

faire un sujet de plaisanteries. En commerçant ils font tant de bruit qu'ils ne s'entendent pas les uns les autres : tous sont fort gais.

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