‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 4 sur 91 · V AYANT'PROPOS · texte numérisé non relu

V AYANT'PROPOS

Gastillo-Maldonado et moi , qui sommes restés seuls de trois cents hommes , qui allèrent dans cette contrée , avec Pamphilo de Narvaez. Pendant dix ans, nous avons échappé aux

nombreux dangers qui nous ont assaillis dans

un pays si éloigné et au milieu de populations si barbares : ce qui prouve aux autres hommes cette vérité, dont ils doivent être fermement persuadés ; à savoir, que la puissante main de Dieu, qui tout embrasse, les aidera et les protégera dans quelque partie de Funi vers que ce soit. Dans une brève narration qui accompagne ces Commentaires , j'ai exposé jau roi les dangers qui m'ont menacé , afin que la mémoire en soit rendue publique ^ avec le très-grand et très-invincible nom de sa majesté, répandu, craint et obéi dans la plus grande partie du monde , et que ce soit un exemple des récompenses que. Dieu a réservées à son serviteur.

AVANT'*'PROPO$. 7

Dès que sa très4iaute majesté voulut m*em- .ployer à continuer ses merveilleux exploits, elle demanda à Tempereur, votre aieul, que je fusse envoyé en 1 54o au Rio del Parana , nommé par Solis , Rio de laPlata, pour porter secours à nos compatriotes , et continuer le» découvertes de don Pèdre de Mendoce , dit de Cadix. Pendant cette expédition je courus de grands dangers , comme votre altesse pourra le yoir plus particulièrement dans ces Com* mentairés, rédigés eCvec beaucoup de soins, de vérité , et d'après mes ordres , par Pera Hernandez, secrétaire du gouvernement («rfe^ antamiento ). Ils sont joints au récit de mes premières expéditions , pour que la variété des faits traités dans Tune et dans l'autre partie , et le récit de mes aventures , procurent à votre altesse quelque plaisir ; car,

certes, rien n'est plus agréable au lecteur que la diversité des sujets et des époques ; et .les^

s AVANT-PROPOS.

vicissitudes même de la fortune , si pénibles quand on les éprouve, deviennent agréables alors que nous nous les rappelons, ou que nous en lisons l'histoire. J ai pensé que notre Seigneur ayant bien voulu répandre sur moi sa miséricorde et ses bienfaits, ce serait de même chose très-juste et bien due que j*en répandisse le souvenir pour servir d'exemple ainsi que je l'ai dit.

J'ai dédié ma première Relation à sa majesté, j'ofFre celle-ci à votre altesse, à qui Dieu promet l'empire de si vastes contrées et de nations si nombreuses, parmi lesquelles il publie déjà l'enseignement de sa religion. Je le fais , afin qu'en ouvrant les yeux de votre jeune entendement , votre altesse voie avec quelle libéralité Dieu a versé sa miséricorde sur tous les homipes. Puisque dans cette nouvelle régénération , ces peuples commencent à revivre dans votre altesse , elle doit

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