‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 42 sur 91 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

Le gouTerneur envoie des secours à Buenos-Ayres.

Comme tout était en paix, le gouverneur expédia des renforts aux gens qui étaient à Buenos-Ayres , et au capitaine Juan Romero qu'il avait envoyé avec deux brigantins et des troupes pour secourir cette place. Le capitaine Gonzalo de Mendoce reçut le com- 6. ' i3

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mandement de cette expédition. Il partit avec deux autres brigantins chargés de vivres , et montés par cent hommes. Après son départ Alvar donna Tordre de convoquer les religieux, les prêtres et les officiers de sa majesté. Il leur dit que puisque rien n'émpéchait que Ton ne découvrît Fintérieur de cette province , il fallait recueillir des instructions pour savoir par où on pourrait y "pénétrer sans danger et avec moins de perte , où il y avait des villages , et où Ton pourrait se procurer des vivres une fois que l'on serait entré dans les déserts très-nombreux dans cette contrée. Le gouverneur les pria et leur ordonna au nom de sa majesté de dire ce qu'il y avait de mieux à faire suivant eux. Voici les noms des religieux et des prêtres : le ço^mis^ire^ frère

£|^ri^iirdc^ d'Armenta, frèr^ Alpp^ Lebr^iit

de Vwdre dç notre s^igpwf Sai«t-Frwçpifi, frçre ^mn dflSaIàz«r, 4^ l'wdre 4e Ift MeTPy, frère Luys de Hwrez^çlot* de l'wdre dfs $^intr Jél^6jQ9<^, Fr»nciae0 d'Andwde, le bachelier

DE GABeÇ4 DIS VaGA. 1^5

Martin d'Armenza, le bachelier Martinez, Juan Gabriel de Lescânb , prêtres et chapelains de ta ville de l'Assomptioh. Il prit aussi tes avis des officiers de sa majesté et des capi^ taines , et ayant discuté cette question avec eux, tous dirent d'un commùnî accord, que leur opiiiion était qu'il fallait aller avec toute 1^ proiaptitude possible ireconnaitre la contrée peuplée par où Ton pouvait pénétrer, et faire les découvertes pour les raisons que le gouverneur avait exposées. Cest ainsi que ce jour^là Taffiiirè resta arrêtée. ^ . Pour ftiire le voyage plus promptement et le mieux possible , le gouverneur convoqua les principaux Indiens du pays et les plus âgés des Guaranis, et il leur dit qu'il désirait all^ à la découverte des peuplades de la con<^ trée dont souvent ils lui avaient parlé , et qu'avant de mettre son projet à exécution , il voulait envoyer plusieurà chrétiens pour reconnaître la route, et comme eux-mêmes étaient chrétiens et sujets de sa majesté , H

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les pria de lui donner; des gens de leur nation qui, connussent le chemin pour servir de guides, afin que l'on pût recueillir des notions positives et servir sa majesté , ce qui leur serait aussi très-avantageux puisqu'on les récompenserait. Les chefs indiens lui répondirent qu'ils iraient, et qu'ils rassembleraient le monde nécessaire quand on le leur demanderait. Beaucoup s'offrirent pour accom* pagner les chrétiens : le premier fut un chef des bords supérieurs du fleuve , on le nommait Aracare : plus loin on parlera de autres. Quand on eut reconnu la bonne volonté des naturels ^ trois interprètes chrétiens partirent avec eux* C'étaient des hommes qui connaissaient bien le pays. Des Guaranis, qui plusieurs fois s'étaient offerts, les accompagnèrent avec d'autres naturels qui avaient demandé qu'on leur confiât l'entreprise de la découverte* On leur recommanda d'explorer la route avec toute l'exactitude possible , leur disant qu'ils rendraient à Dieu et à sa ma-

jesté un service signalé. Pendant que ces chrétiens et les Indiens étaient à la recherche du chemin , le gouverneur fit préparer trois brigantins et rassembler des vivres et d'autres choses nécessaires. Il ordonna au capitaine Domingo dlrala Biscayen et à quatrevingt-dix hc»nmes qui devaient lui obéir, de remonter le Rio-Paraguay tant qu'il pourrait avancer, d'aller à la découverte pendant trois mois et demi , et de voir si sur les rives du fleuve il existait des peuplades indiennes^ desquelles on pût recueillir des notions sur les établissements et les naturels du pays. Ces trois bâtiments partirent le 20 du mois de novembre 1 542 , ils étaient montés par trois Espagnols et les Indiens qui allaient découvrir l'intérieur. L'endroit où ils devaient commencer leurs explorations était un port dit le port de las Piedras ( des Pierres ) , à soixante-dix lieues de l'Assomption en remontant le fleuve.

Huit jours après le départ des bâtiments ,

le capitaine Yergara écrivit UDe. lettre qui apprenait que les trqi^ Ejspagnols et plus de huit cents Indien^s s'éfcaiient mi^ en route pour le port des Pierres , sitijé à 244!^ës au-dessous du trqpique : qu'ils devaient poursuivre leurs voyages de décQuyeTte , et que les Indiens marchaient trè^-gaiement et très-désireux d'enseigner le çheipîn aux Espagnols. Après avoir recoi^iinandé avec instance ses compatriotes aux Indiens , Vergara était reparti pour remonter le fleuve et faire ses découvertes (i).

(i)Nou0 isnorojis sur ^el document D. Gregorio Fîmes s'est appuyé pour avancer que Gabeça de Vaca était à la iâte de oe premÎOT voyage de reconnaissance : il est évident d'après ce passage que Domingo d'Irala avait le commandement de Texpédition , et Ton verra , chapitre XLIV , que le gouverneur ne partit que longtemps après , en - 1543. Voyez Ënsayd de' la Historia civil del Paraguay , Buenos- Ayres y Tncuman. Buenos-Ayres, i8i6, tom. i*', pag, 83,

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