CHAPITRE XXXV
Lff troif Eipagnql^ et les Indiens qui étaient allés à la 4é«0H-
verte reviennent sur leurs pas.
Vingt jours après que les trois Espagnols eurent quitté l'Assomption pour reconnaître la route que les naturels avaient proposé de leur enseigner, les premiers revinrent dans cette ville; et, dirent qu'ayant pour guide principal , Aracare , un des chefs du pays, iU
étaient débarqués au port des Pierres en compagnie de huit cents Indiens : qu'après quatre jours de marche à travers le pays où les guidait Aracare, qui se faisait redouter des naturels , et que ces derniers paraissaient respecter particulièrement, ce chef avait ordonné de mettre le feu à toutes les campagnes par où l'on devait passer , ce qui devait être pour les naturels, nos ennemis, un signal très -visible qui les avertissait d'attaquer les nôtres et de les tuer. Cette mesure était tout à fait opposée à l'usage et à la marche ordinaire que suivent ceux qui vont à la découverte dans ces contrées-là, et même elle était contraire à l'habitude des naturels. En outre Aracare disait publiquement auxlndiens de retourner, et de ne pas enseigner aux Espagnols où résidaient les peuplades du pays, parce que les chrétiens étaient des hommes méchants. Il tenait d'autres mauvais discours qui firent soulever les Indiens , et malgré les vives instances des Espagnols pour engager
les naturels à poursuivre leur route et à cesser de brûler les campagnes y ils ne purent les persuader. Quatre jours après , les naturels revinrent sur leurs pas en abandonnant les Espagnols sans secours , égarés au milieu du pays et dans un très-grand danger. Tous les Indienset tous les guides s'étantenAiis, les nôtres avaient donc été forcés de retourner.