‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de VacaChapitre 55 sur 91 · CHAPITRE XLVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVL

Le gouTerneur s*arréte pour traiter avec les naturels du port

d'Ytaqui.

Le 1 2 du même mois. Cabeca de Yaca arriva à un autre port, nommé Ytaquiiil y fit jeter l'ancre et amarrer les brigan tin s, pour parler aux habitants , qui sont Guaranis et sujets du roi. Le même jour, un grand nombre dlndiens vinrent porter des vivres pour la

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troupe; ils avaient avec eux leurs chefs, à qui le gouverneur fit des présents comme aux premiers. Il leur dit comment il allait reconnaître le pays, fet que jusqu'à son retour il les priait et leur ordonnait de rester constamment en bonne amitié avec les Espagnols qui étaient à TAssomption. Non-seulement il leur donna la valeur des provièions qu'ils avaient apportées, mais encore il partagea, entre la plupart des chefs et leurs parents, beaucoup de jolis présents; de sorte qu'ils furent bien payéSy ce qui> les contenta beaucoup: H' séjourna deux jours avec eux dans cet endroit, et il repartit. Le même jour il arriva dans un autre port, nommé Ytaqui; il le dépassa, et il alla jeter l'ancre dans celui de Guaçani , le mém0 ehe(Vqui s'étaifrsoulevéayec Tàbere pour nouç firii^ lat guei*^ c dont j'ai pavié: Ces' fndieiïs, vivaient paisiblement. Dèsqn'iïs apprirent que lé gmiv^erneur était arrivé, ÏU vînrenMe^ voir^ajiirec un grand' nombre d'autres natut^s , leurs alliés: AI Var lés recUt avec

beaucoup d'amitié, parœ qu'ils se confor^

maîent au traité de paix qui avait eu lieu.

Xqus l^s gens qui lea ai^cpinpagnaiént étaient

tpés^gai^ et sam^ crainte > car c» deux, âhefe

étaient nos alliéS); eux.seuIspQSâédaienL toute

la contrée , aii^si. étaU*elle tranquille, et sûre..

Le lendemain, ces deux Indiens revinrent « et

Ip gojiyernqur l^ur. fit encore un excellent ac-i-

cueil et leur donna de nombreux, présents ,

à eux, à leurs parents et à lejurs ami&» sans

compter qu'il paya les. vivrez à tous ceux qui

en apportaient, de sorte qu'ils restèrent: sa*-

tisfaits. Comme ce spntles principaux chefs'

de; cette contrée. , Iç gpijver.neur les traita le

plus amicalement qu'il put; il les prifii, et

leur recpjnmapda de s'pntendre pom\ fiiii^e^

observer la. pa^x. daqs tout, le pays, de. se*

rendre utiles au:^ ^^spagnols, qu'il avaitJaissés:

à l'Assomption, daller Iqs visitçr et. d'obéir:

continuellement aux ordres qii'îl leur don->

nait au nom de sa majesté. Ils répondirent^

qu'ayant fait la paix et juré de nouveau.

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obéissance à sa, majesté , ils étaient déterminés à maintenir leur promesse, ainsi qu'il le verrait. Tabere, pour que l'on crût davantage ce qu'il disait, demanda à partir avec le gouverneur, comme étant plus aguerri , tandis qu'il était convenable que Guaçani restât pour garder le pays, et pour maintenir la concorde. Le gouverneur accepta cette proposition qu'il trouvait avantageuse , pensant que c'était une bonne garantie pour leur faire tenir leur promesse , et que le pays serait plus tranquille et plus en sûreté si Tabere venait avec lui. Il en fut donc trèscontent , et consentit à ce qu'il vînt. Il lui fit des présents plus ri^îhes qu'à tout autre chef des bords du fleuve; car il était certain qu'en satisfaisant cet homme, tout le pay3 resterait en paix , et personne n'oserait se soulever tant il inspirait de crainte. Il recommanda vivement les chrétiens à Guacani : celui-ci promit de le satisfaire. Le gouverneur resta quatre jours dans cet endroit. Pendant

ttfi CAkBÇA DE YACA^ 2^'^

te témps^là il traitait avec eux , cherchant a leur plaire ^ et leur donnait des présents qu'il avait apportés, ce qui les satisfaisait beaucoup.

Le facteur Pedro Dorantes , en se rendant à ce port avait perdu son cheval : il dit au gouverneur qu'il n'était pas disposé à l'accom*pagner sans monture , qu'en conséquence il voulait retourner à l'Assomption^ et qu'il laissait en son lieu et place son fils Pedro Dorantes. Le gouverneur et le contador qui l'accompa^ gnait reçurent Pedro dans cette qualité , et l'admirent au grade de facteur^ pour qu'il fût de la conquête à la place de son père.

Tabere partit en compagnie du gouverneur avec trois canots montés par trente na« turels , ses parents et ses serviteurs ; et l'on mit à la voile du port de Guacani , on re^ monta le Rio^Paraguay , et le vendredi , 24 du mois de septembre, on arriva à un port nommé Ipaneme y où Al var ordonna de jeter l'ancre pour traiter avec les naturels du pays

qui sont sujets de sa majesté; car on lui avait 6. 17

appris qu'il y avait chez eux un Indien delà nation des Guaranis qui avait été longtem|i« prih sonnier filles les Paya^uaa. Gel bomme connaissait la lasgue^ le pays tt k situation des rillages de ces derniers^ le gou^rerneup vovlait l'emmener avee lus pour aemir d'int^rpirète chez les Payaguas/ qui avaieirt tué Juan de Ayolas et d'autres chrétiens^ Son intention était d'obtenir d'eux par la douce!»* For et l'argent' qu'ils lui avaiiént enlevés.

Aussitôt qu'on avait atteint le port^ les naturels étaient arrivés avec beaucoup de bonne volonté^ et chargés d'une grande <|uan<tité de vivres. Le gouverneur ieiqr fit bon accueil; il ordonna de payer tout ce qu'ils avaient apporté , pub il fit de nombreux pré* sents aux efaefo ; et, s'étant concerté a^ee euxv il leur communiqua le désir qiu'il avait d'en^ mener riBdien> qui avait été ^isonniep chesi les Payaguas, afin qu'il servit d'inteppréte auprès de ces derniers , pour fkire la paix avec eux, et conduiiv l'année où étaient

leurs villages. Les naturels envoyèrent aussitôt dans certains établissements de Tintée rieur pour chercher cet homme^

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