‹ Commentaires de Charles-QuintChapitre 3 sur 6 · PHILIPPE, PRINCE D ESPAGNE · texte numérisé non relu

PHILIPPE, PRINCE D ESPAGNE

Cette histoire est celle que je composai en français, quand nous voyageâmes sur le Rhin , et que j'achevai à Augsbourg.

Elle n est pas telle que je le voulais, mais Dieu sait que je ne Tai pas faite par vanité, et s'il s'en est trouvé offensé, mon offense doit être attribuée plutôt à l'ignorance qu'à la malice. Des choses semblables ont souvent provoqué son courroux : je ne voudrais pas que celle-ci le portât à s'irriter contre moil En ces circonstances, comme dans d'autres, les raisons ne lui manqueront pas. Puisse-t-il modérer sa colère et me délivrer de la peine dans laquelle je me vois!

J'ai été au moment de jeter tout au feu; mais comme j'espère, si Dieu me donne vie, arranger cette histoire de manière qu'il ne s'en trouvera pas desservi, et pour qu'elle ne soit pas ici en péril de se perdre,

je vous l'envoie afin que vous la fassiez

garder là-bas et qu'elle ne soit pas ouverte jusqu'à (1)

Moi le roi.

A Inspruck, 1552.

(i) Esta historia es la que yo hize en romance, quando venimos por el Rin, y la acabé en Augusta. Ella no esta hecha como queria, y Dios sabe que no la hize con vanidad, y si délia él se tuvo por ofendîdo, mi ofensa fué mas por ignorancîa que por malicia. Por cosas semejantes, él se solia mucho enojar : no querrîa que por esta lo uviesse hecho agora conmigo. Ansi por esta como por otras ocasîones, no le faltaràn causas. Plega à él de templar su yra, y sacarme del trabajo en que me veo. Yo estuve por quemarlo todo; mas porque, si Dios me da vida, confio ponerla de manera que él no se deservirà délia, para que por acâ no ande en pelîgro de perderse, os la embio para que agays que alla sea guardada, y no abierta hasta...

En Inspruck, 1552.

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