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on engagea une escarmouche, telle que toute leur armée se rangea en bataille, et se mit en marche pour combattre et soutenir la lutte (1). Après quelques discussions sur ce qu'il fallait faire, l'empereur ordonna à toute la cavalerie de s'arrêter au lieu où elle se trouvait, en vue des ennemis; et comme il était déjà tard, il retourna immédiatement à son camp pour faire avancer l'infanterie et l'artillerie, car son intention était d'établir, cette nuit même, toute l'armée si près des ennemis qu'elle pût les charger au point du jour. L'infanterie et l'artillerie se mirent aussitôt en marche à la suite de Sa Majesté qui servait de guide (2), et elles arrivèrent, une heure après minuit, là où se trouvait arrêtée et établie la plus forte partie des troupes, et où elles se reposèrent, selon le temps et le lieu, chacun le mieux qu'il put, sans quitter son escadron le reste de la nuit.
L'empereur s'était porté en avant pour re-
(1) E comecou a caminhar para (er mâo, e soslentar a escaramuça.
(2) Seguindo a Saa Mageslade que servia de guia.
joindre son général, plus près des ennemis, mais quand parut le jour où il pensait poursuivre et accomplir ses desseins, une neige épaisse succéda au grand froid de la nuit précédente, et Tempe-
reur, voyant que ses soldats, n'ayant avec eux que leurs armes, n'avaient rien qui pût les défendre ni de la faim, ni du froid (1), se détermina à rentrer au camp, d'où il était parti la veille ; et ce ne fut pas à tort, parce que les protestants étaient établis de sorte que, eût-il fait le meilleur temps du monde, on ne pouvait rien tenter contre eux, avec quelque avantage.
L'empereur, étant revenu au camp, s'y arrêta peu, car il se mit aussitôt en route pour aller au devant des protestants et pour les empêcher de gagner quelque position commode et favorable (2); car, en ce moment, ils cherchaient un appui dans la force et dans la situation des lieux, et se trouvaient au milieu des montagnes et dans des terrains
(1) Vendo que os soldados nâo linham oulro reparo conlra a fomes e o frio que suas armas.
(2) Que nâo lornassem para a terra boa e grossa.
âpres et difficiles. C'est ce qui porta les habitants de Nordiingen et d'autres villes et châteaux, où ils avaient laissé du monde, et qui se voyaient abandonnés et sans espérance de secours, à se soumettre à Sa Majesté. L'empereur , dont l'intention était plutôt de rompre et de désunir les protestants que de prendre vengeance desdits lieux (1), les reçut à composition et se mit en roule du côté de Nordiingen.
Comme il a été dit, l'hiver était déjà fort rigoureux. Les soldats se trouvaient fatigués et épuisés, et la plupart ou presque tous étaient d'avis qu'il serait bon que l'empereur se contentât des résultats obtenus, mit ses troupes en garnison aux frontières et laissât reposer son armée. L'empereur l'eût fait volontiers, tant pour ménager les troupes, que pour ne pas suivre presque seul son opinion (2); mais il comprit quel inconvénient en pouvait résulter, et que l'on perdrait ainsi le fruit
(1] Guja lençâô sendo mais accabar de romper e dividir a os protestantes, que tomar vingança dos dillos lugares. [% Gomo por Dâo seguir quasi 60o sua opiniàô.
de tous les succès déjà obtenus, car les protestants étaient convenus entre eux qu'ils iraient avec toute leur armée prendre leurs quartiers dans la Franconie, où ils auraient pu se refaire d'argent, d'hommes et d'approvisionnements, afin de recommencer la lutte et avec plus d'obstination. Il se détermina donc bien contre son gré à suivre son opinion (1). Il faut ajouter à cela cette considération importante qu'il avait quelque motif d'espérer que, les deux armées continuant la roule qu'elles suivaient, l'une toujours à la suite de l'autre, à une distance de quatre, cinq ou six lieues, il pouvait se présenter quelque occasion, en se rapprochant le plus possible des ennemis et en marchant toute une nuit, les nuits étant longues, de les attaquer au point du jour. Ainsi Sa Majesté se mit en route, en suivant la ligne droite (2), et par un bon pays, dans la direction de Dingelspuhel. Celte ville était aussi entrée dans la ligue, et
(1) Se delerminou bem conlra sua vontade de seguir sua opiniâô.
(2) Gomo quem vai pela corda.
quoiqu'elle y eût librement persisté longtemps avant de rentrer dans le devoir, elle se soumit toutefois. L'empereur se dirigea ensuite sur Rotenburg, qui n'avait pas fait partie de la ligue, et qui envoya également des députés au devant de Sa Majesté. Les protestants marchaient à travers un pays de montagnes, faisant des détours et revenant sur leurs pas, de sorte qu'ils souffraient beaucoup plus de mal, de peine et d'embarras, que l'armée impériale. Pour montrer qu'ils faisaient quelque chose , ils attaquèrent en passant et prirent Gemundt, ville impériale qui était toujours restée fidèle et qui s'était maintenue dans l'ancienne religion : aussi plus tard l'empereur fit-il bien réparer le dommage qu'elle avait éprouvé, par ceuxlà mêmes qui en avaient été la cause.
Les protestants reconnurent que, par la route qu'avait prise l'empereur, ils se trouvaient trompés dans leurs desseins et obligés de se dissoudre ou de se séparer (1), puisque dans cette route l'armée de
(1) Ficavam fruslrados de seus intentos e conslrangidos a se romperou dividir.
l'empereur ne s'écartait pas de la direction indiquée plus haut. Ils commencèrent à se disperser de jour en jour, de sorte qu'ils laissèrent en arrière une partie de leur artillerie et de leurs bagages et qu'en peu de temps toute leur armée se rompit et se défit. Il ne leur resta que peu de troupes avec Jean-Frédéric de Saxe, qui parvint par des pays boisés et montagneux à passer le Mein et se réfugia k Gotha , château-fort de ses États. Cependant l'empereur, pour mieux s'assurer de ce qui se passait, expédia de Rotenburg le comte de Buren avec le reste des gens qu'il avait amenés, et celui-ci ne rencontra plus les mêmes obstacles qu'à son arrivée. Déjà la cité impériale de Francfort avait annoncé qu'elle se soumettait à l'empereur, et après avoir reçu garnison, elle lui envoya des députés pour faire acte d'obéissance.
Cela ayant eu lieu, l'empereur voyant qu'il ne rencontrait plus de résistance, et qu'au contraire plusieurs des villes, qui lui avaient été hostiles, commençaient à traiter de leur soumission, s'arrêta quelques jours à Rotenburg, où il logea les sol-
dats à couvert et où il les laissa prendre quelque repos. Il y fut atteint de la goutte; mais dès qu'il se trouva un peu mieux, et que l'armée se fut refaite et reposée, il marcha vers la ville de Halle, en Souabe (qui était entrée dans la ligue, mais qui reconnut sa faute) ; il y eut une nouvelle attaque de goutte. Là l'Électeur vint le saluer, désolé de ne pas avoir fait mieux (1). Ceux d'Ulm revinrent aussi à l'obéissance en avouant leur faute, et on leur imposa une garnison.
L'empereur, étant un peu rétabli de la goutte, se mit en route pour Heilbron, ville qui avait aussi été de la ligue et qui avait agi comme la plupart des autres, et il envoya en avant son général dans l'État de Wurtemberg. Dès que celui-ci y fut entré, on vit en peu de jours presque toutes les places qui se trouvaient en pleine campagne se rendre à lui. Le duc de cet État chargea des députés d'entamer des négociations, et après un échange de propositions et de répliques, un arrangement fut conclu, et le
(1) Eleclor veo alli fazer a reverencia, bem pezaroso de o Dâo 1er fcito melhor.
duc fut reçu par l'empereur à qui il prêta obéissance. La goutte vint de nouveau tourmenter l'empereur à Heilbron ; et elle dura si longtemps, que, même lorsqu'il partit pour aller à Ulm, où il arriva au commencement de Tannée 1547, il n'était pas encore bien portant. Comme, depuis l'attaque qu'il en avait ressentie à la Saint-François, il n'avait fait que retomber d'un accès dans un autre, ce qui peut compter pour sa treizième atteinte de goutte, il résolut, afln de s'en délivrer, de se mettre en traitement et à la diète. Sur ces entrefaites, les habitants d'Augsbourg, reconnaissant aussi leur faute, se présentèrent à Sa Majesté, et lui rendirent obéissance. On leur imposa également une garnison. Autant en firent ensuite ceux de Strasbourg. Dans le même temps parvint aussi à Sa Majesté la nouvelle de la mort du roi d'Angleterre. 1547 Tandis que l'empereur était, comme il a été dit, à Ulm, où il attendait la saison convenable pour se mettre au régime et assurer sa guérison (1), chaque
(I) Esperando sazâô accomodada para se por em regimenlo, e se curar para o effeito e fim.
jour lui arrivaient nouvelles sur nouvelles que Jean- Frédéric de Saxe (qui, comme on Fa dit, n'avait conservé avec lui, de la grande armée des protestants, que peu de troupes, avec lesquelles il s'était retiré à Gotha), se renforçait et augmentait constamment le nombre de ses soldats. Non-seulement il voulait essayer de reconquérir ce que le roi des Romains et le duc Maurice lui avaient enlevé, mais de plus il travaillait et préparait tout pour s'emparer de leurs possessions, exciter et agiter leurs sujets, et enfin leur faire le plus de mal qu'il pourrait (1). Le roi des Romains et le duc Maurice en avertissaient tous les jours Sa Majesté, et il fut convenu qu'on enverrait de ce côté une partie de l'armée qui était restée à l'empereur, armée qui, par suite des fatigues qu'elle avait supportées, se trouvait considérablement diminuée; et ce qui contribua encore à l'affaiblir, c'est qu'il arriva précisément dans le même temps que le pape Paul (outre tous les mauvais offices qu'il avait déjà
(1) Trabalbava e procura va de lomar o seu délies, e concilar e allerar seus subdilos e eni fim de llies fazer o peor que podesse.
rendus, comme on l'a raconté plus haut en partie, et qu'il rendit ensuite, en écrivant aux Suisses certaine chose qu'il pensait devoir être d'un grand préjudice à l'empereur) (1), chargea son nonce de prévenir Sa Majesté qu'il rappelait tous les soldats italiens, que jusqu'alors il avait payés. Quelles que fussent les instances de l'empereur pour qu'il ne le fit point et pour qu'il s'associât à l'honneur de la victoire (2), le pape ne voulut pas les écouter, et lesdits Italiens se retirèrent.
L'empereur se trouvait donc fort embarrassé (3) de voir d'un côté qu'il pouvait difficilement partager ses troupes, et de l'autre que sa santé réclamait un traitement (4), et il ne savait ce qu'il devait décider. Toutefois, voyant les succès de Jean-Frédéric et, plus tard, la défaite et la captivité du margrave
(1) Aiem de todos os officios que o Papa Paulo tinha feilos como em parle acima se contem, e despois fez escrevendo aos Suiços algûa cousa, que cuidava scr de grande prejoizo.
(2) Por mais que o Emperador inslou que fal nâo fizesse e que quisesse ter parle na lionra da vicloria.
(3) Gonfuso.
(4) Que sua saûde pedia cura.
Albert de Brandebourg, qui avait été envoyé par l'empereur, avec quelques troupes à pied et à cheval, au secours du roi son frère et du duc Maurice; ayant en même temps appris la mort de la reine des Romains, sa belle-sœur, et considérant la douleur et Taffliction que le roi son mari en ressentait, il résolut (tant pour le consoler que pour lassister) (1), d'ajourner le traitement et la dièle qu'exigeait sa convalescence. Il jugea donc qu'il fallait laisser à Augsbourg, à Ulm et à Francfort, les garnisons qu'il y avaitplacées, etpartit aussitôt avec le reste de son armée; et comme non-seulement il ne convenait pas de la partager, mais qu'au contraire il était nécessaire de l'accroître , il leva un nouveau régiment d'Allemands. Cela fait, il quitta Ulm, et, en arrivant à Nordlingen, il s'y trouva si mal de diverses indispositions qui lui survinrent, à la suite des fatigues qu'il avait éprouvées, qu'il fut contraint d'y rester plusieurs jours. Cependant, voyant l'inconvénient qui pouvait résulter
(1) Assi polo consolar em hum caso, como polo adjudar em oulro.
d'un trop long retard, il se mit en route, bien que malade, en litière et comme il le put (1), et continua jusqu'à Nuremberg, où il fut reçu comme dans une ville qui n'avait point pris part à la ligue et qui ne lui avait jamais été hostile. Là, il eut une rechute, de sorte qu'il fut forcé de s'y arrêter plus qu'il ne l'eût voulu. Néanmoins, il fit un tel effort (2), que tantôt en litière, ainsi qu'il a été dit, tantôt d'autre manière, il atteignit Egra. Pendant ce trajet, il rencontra le roi son frère et le duc Maurice, et le fils de l'électeur de Brandebourg. Celui-ci, écoulant l'affection que sa maison avait toujours montrée pour celle d'Autriche, et laissant en suspens toutes les questions d'opinions (3), était convenu avec ledit roi des Romains de lui fournir des troupes et de l'assister dans cette guerre qui, comme on l'a dit, n'était pas engagée seulement avec le duc Jean-Frédéric , mais qui avait aussi troublé à tel point les populations
(1) Eni liteira e corne pode.
(2) Contudo se esforçou e fez tanto.
(3) Segundo a affeiçàô que sua casa tivera sempre a de Austria, deixando lodas as opinioe's suspensas.
de la Bohême, qu'elles voulaient s'eu mêler plus que de raison (1).
Tandis que Leurs Majestés se trouvaient à Egra, elles reçurent la nouvelle de la mort du roi de France. Elles réglèrent leurs affaires de telle manière que, peu de jours après, elles partirent avec tous leurs gens de guerre. L'empereur avait d'abord donné au duc d'Albe, son général, et aux autres capitaines, l'ordre d'écarter certains obstacles qui pouvaient gêner la marche : ils firent si bien leur devoir qu'ils soumirent tous les lieux et places du parti contraire, qui se trouvèrent sur leur passage, et les garnisons qui les occupaient furent mises en déroute et perdirent leurs enseignes. Leurs Majestés partirent le jour suivant , de telle sorle que, après neuf jours, elles arrivèrent à une maison du duc Maurice, nommée Somhof Dès qu'elles y furent, le duc Maurice et le duc d'Albe allèrent reconnaître le bas du fleuve pour voir ce qu'il y avait lieu de faire. A leur retour, après
(1) Mas tambem elle IJnha de tel modo concilado aos de Boeniia que se quiseram nieUer mais nella do que Ihes estavu bem.
quelques rumeurs et quelques fausses alarmes, elles acquirent la certitude que le duc Jean -Frédéric avait son camp à Meissen , sur l'autre rive de TElbe, à trois grandes lieues de Fendroit dont on a parlé plus haut, où logeaient Leurs Majestés. Comme les soldats avaient marché tous ces neuf jours à peu près sans s'arrêter, il sembla bon à l'empereur qu'ils se reposassent le lendemain de leur arrivée, car la nécessité pouvait se présenter (et c'est ce qui eut lieu), d'engager quelque bonne affaire (1). Pendant ce jour de repos donné à l'armée, l'empereur, pour ne pas demeurer oisif, et afin d'avoir des nouvelles des ennemis, envoya des reconnaissances de deux côtés. Les uns allèrent droit à Meissen, où ils n'aperçurent plus le camp des ennemis, parce que, comme ils s'en assurèrent, ceux-ci avaient décampé à minuit. Cette ville se soumit, mais lesdits éclaireurs trouvèrent le pont rompu et brûlé. Les autres qui avaient remonté la rivière (2), découvrirent
(1) De fazer algum boni negocio.
(2) Os que foram contra a correnle do rio.
rarmée des ennemis qui était en marche sur lautre rive ; et vers les trois heures après-midi , ils virent Tavant-garde s'établir dans un lieu, situé aussi sur la rive gauche de TElbe, nommé Muhlberg, à trois lieues du camp de Leurs Majestés ; et ils jugèrent, d'après les bagages qu'elle conduisait avec elle, que l'arrière-garde ne pourrait prendre ses quartiers, que vers minuit. Ces divers avis arrivèrent presque à la fois, vers les cinq heures du soir, à l'empereur, et Dieu sait combien il se repentit de s'être arrêté ce jour-là, parce qu'il lui semblait que le lendemain il serait trop tard pour atteindre les ennemis; mais Dieu y pourvut par sa bonté (1).
L'empereur considéra que l'armée des protestants avait marché près de vingt-quatre heures , et qu'il leur était impossible de déloger aussitôt et de faire une longue journée ; il avait aussi été instruit, le jour même qu'il arriva à Somhof, qu'il y avait un
(1) Deus sabe se se arrependeo bem de se ter delido aquelle dia, por que Ihe parecia, que nâo baveria tempo ao oulro dia para poder alcancar aos enemigos, o que todavia Deus por sua boDlade remediou.
OU deux gués près ou vis-k-vis de Muhlberg, où Ton passait parfois le fleuve, quoiqu'il fût large et profond. Il appela donc sans retard le roi son frère et le eue Maurice, auxquels il communiqua, en même temps qu'à son général, ce qu'il pensait et voulait faire (1). Bien qu'il rencontrât de l'opposition chez quelques-uns , surtout parce que Ton croyait certain qu'il n'y avait pas de gué, son avis fut toutefois approuvé par d'autres, et il le maintint. Afin de balancer et de réparer la faute qu'il croyait avoir commise en ne se mettant pas en route ce jour-là, il voulait partir, sans hésiter, à l'heure même avec toute son armée, laissant en arrière les hommes inutiles et les bagages ; mais en cela il trouva des contradicteurs (2), parce que, l'emplacement du camp étant entouré d'un ruisseau et d'une issue fort difficile, on n'aurait pu, comme il faisait déjà nuit, éviter à la sortie du camp beaucoup de confusion et de désordre. L'empereur se conformant à cette opinion, et voyant
(1) que tinha no pensamenlo e vontade de fazer. (â) Mas foi llie islo confrariado.
qu'elle était raisonnable, résolut de remettre le départ au matin. Et afin de ne manquer de rien dont il pût avoir besoin, il ordonna à son général de tirer du camp quelques pièces d'artillerie légère, et tous les chariots chargés débarques et de ponts. En effet, si l'un des gués lui faisait faute, il voulait s'aider d'un pont de bateaux afin de faire passer promptement l'infanterie nécessaire pour soutenir et appuyer la cavalerie, qui aurait franchi l'autre gué; et si cela ne se pouvait pas, il voulait du moins essayer (en traversant la rivière ou de toute autre manière) tous les moyens de faire le plus de dommage et le plus de mal possible aux protestants. Cett^ résolution prise, et tout ce qui devait se faire cette nuit ayant été exécuté, l'empereur se coucha jusqu'à minuit. Alors il se leva, et aussitôt il fit donner le signal du boute-selle (1), afin que tout fût en ordre pour partir aux premières lueurs de l'aube. Avant qu'il fit jour , il envoya en avant le duc d'Albe, avec quelques chevau-légers, et des
(I) E logo fez dar sinal a cellare.
arquebusiers à cheval pour reconnaître la disposition et rétat des ennemis. L'empereur, après avoir entendu la messe avec le roi son frère et le duc Maurice, le suivit avec Tavant-garde, et ayant mis en mouvement toute son armée ou la plus grande partie, ainsi qu'il convenait, il s'avança dès que parut l'aurore (qui en cette saison commence à poindre à trois heures du matin), et alla, vers huit heures, s'établir avec toute son armée, vis-à-vis du camp des ennemis.
Toute cette matinée il y eut un fort brouillard qui fut un grand obstacle à la marche, et l'empereur fut vivement contrarié de voir l'embarras et l'ennui que dans ces circonstances lui donnait le brouillard. Il durait encore lorsqu'on arriva vis-àvis du camp des ennemis, de sorte qu'on ne pouvait rien découvrir. Cependant l'empereur remit le tout aux mains de Dieu, afin que, soit qu'il voulût le conserver, soit qu'il voulût l'anéantir, sa volonté fût faite (1), et Dieu daigna, dans sa miséricorde,
(1) Gonludo pondo o Emperador tudo nas mâos de Deus para que se os quisesse conservarou arriiinarf sua vontade fosse feila.
répandre tout à coup une si grande clarté que Ton vit que la supposition que Sa Majesté avait faite le jour précédent s'était réalisée, car non-seulement les ennemis n'étaient pas partis et ne faisaient pas mine de s'éloigner, mais ils ne savaient rien de l'arrivée de Leurs Majestés avec une armée; et de plus le brouillard, qui avait contrarié la marche de Leurs Majestés, leur fut favorable en empêchant les ennemis de découvrir jusqu'à ce moment l'armée impériale, qui, malgré le brouillard, avait marché en si bon ordre que chacun gardait le rang qui lui avait été assigné.
Leurs Majestés et le duc Maurice se portèrent en avant pour examiner de plus près les ressources et la disposition des lieux. Le général de l'empereur vint lui rendre compte de ce qu'il avait vu, continuant toutefois à conserver ses doutes sur l'existence d'un gué. En conséquence. Leurs Majestés se dirigèrent vers un petit village voisin, pour trouver quelqu'un qui les renseignât sur ce gué, et elles réussirent si bien qu'elles rencontrèrent un jeune campagnard sur une ânesse, qui l'avait franchi la
nuit précédente et qui s'offrit à le montrer. Leurs Majestés l'envoyèrent au général ; et tandis que Leurs Majestés et le duc Maurice mangeaient une bouchée (1), elles firent marcher en avant un bon nombre d'arquebusiers qui devaient, dès que le brouillard tomberait, commencer la fête (2).
En ce moment le brouillard se dissipa et les ennemis découvrirent ce que jusqu'alors ils n'avaient pas vu; car ils s'étaient figuré que la troupe qui était arrivée au bord du fleuve n'était pas plus nombreuse que celle qu'ils avaient aperçue la veille, et ils n'en avaient pas tenu compte. IMais dès qu'ils reconnurent ce à qu.oi ils ne s'attendaient pas, ils changèrent aussitôt d'avis, et commencèrent à plier leurs tentes et leurs pavillons, à monter à cheval et à se mettre en ordre de marche. En outre, ils firent descendre le fleuve à leurs équipages de pont, dans la direction de Toi^u et de Wittenberg, villes qui appartenaient à Jean-Frédéric de Saxe, croyant les sauver de celte manière.
(i) Temiam hum bocado.
(3) Paraque, lanto que a nevoa caisse , começassem a fes(a.
Leurs Majestés avaient déjà quitté le village où elles avaient déjeûné, afin de donner les ordres nécessaires. On commanda à quelques Hongrois et à quelques chevau-légers et arquebusiers à cheval de courir jusque vis-à-vis de Torgau, et quand ils y arrivèrent, il s'y engagea une escarmouche dans laquelle ceux de Torgau leur envoyèrent quelques volées d'artillerie. Pendant leur marche, Leurs Majestés reçurent des nouvelles de ce qui vient d'être dit, et des mesures que Ton avait prises pour sauver les barques. L'empereur manda alors à son général de faire avancer les arquebusiers mentionnés ci-dessus, que Sa Majesté rencontra : ils revinrent aussitôt vers le fleuve, et beaucoup y entrèrent et engagèrent le feu. Les ennemis, quelle que fût la résistance qu'ils leur opposassent avec leurs arquebusiers et leur artillerie, furent contraints d'abandonner leurs ponts, et quelques arquebusiers espagnols, qui s'étaient lancés à la nage portant fépée entre les dents , les ramenèrent au rivage où se trouvaient Leurs Majestés. Sur ces entrefaites, une partie de l'armée ennemie commença à s'éloigner un peu du
fleuve; et par suite le jeune homme, dont on a parlé plus haut, eut le temps de montrer le gué. L'empereur ordonna aussitôt aux Hongrois, à quelques chevau-légers et à quelques arquebusiers à cheval de tenter le passage : ce qu'ils firent bravement. Enfin, après une double décharge de part et d'autre, les ennemis trouvèrent bon de s'éloigner du fleuve , et l'on peut bien compter ( ceci est hors de doute), que ce fut leur sixième faute (1). Car à coup sûr, s'ils avaient voulu garder et défendre le fleuve, on n'aurait pu ce jour-là reconnaître le gué, ni les déloger, et ils auraient eu la nuit pour se mettre en sûreté. Ils doivent savoir ce qui les a portés à prendre ce parti (2).
Les ennemis, ayant abandonné le fleuve à l'empereur, on lui adressa de grandes instances pour qu'il fît passer la cavalerie afin de poursuivre les ennemis. Mais considérant que c'était par sa détermination et son avis que l'armée avait été conduite
(1) Esta se pode bem conlar, e sem duvida 1er pola sua sex(a falla e erro.
(2) Elles devem sabero que os moveo a fazer islo.
là, il répondit qu'il n'avait pas agi ainsi pour recevoir un affront, mais que bien mieux, avec la grâce de Dieu, il entendait obtenir Thonneur de la victoire (1). Il tint ce langage parce que les ennemis étaient aussi forts que lui en cavalerie, et que de plus ils avaient cinq à six mille fantassins avec de Fartillerie, ce que Sa Majesté ne pouvait avoir aussi promptement, parce qu'on avait besoin d'un peu de temps pour jeter le pont, qui était trop court pour un fleuve aussi large ; maïs, néanmoins, on parvint, en s'aidant des pièces de bois enlevées aux ennemis, à construire le pont; et tandis qu'on l'établissait, l'empereur envoya un des principaux personnages de l'armée (2) sur l'autre rive, avec l'ordre exprès de l'avertir dès qu'il verrait les ennemis à la distance d'une petite lieue du fleuve. Car il avait la conviction (en tenant compte de l'obstacle que les Hongrois et les chevau-légers apportaient à leur
(1) Mas considerando que por sua determinaçaô e parecer (inlia la levado o exercilo, respondeo que nâo (Izera islo para receber affronta, antes entendia corn o favor de Deus alcançar a honra da Victoria.
(^) Algûa pessoa principal.
marche), que cette dislance n'était pas si forte que, après avoir effectué le passage, on ne pût les atteindre. Si, au contraire, ils voulaient se retourner contre l'empereur, le pont était déjà tellement avancé, et Ton avait fait telle diligence, que Ton avait de l'infanterie et de Tartillerie pour soutenir le combat.
Quand l'empereur reçut l'avis qu'il attendait, il fit aussitôt marcher en avant tous les Hongrois et les chevau-légers, et de plus toute Tavant-garde, avec laquelle se trouvait le duc Maurice, et que commandait le duc d'Albe. Leurs Majestés, ayant laissé des troupes suffisantes à la garde du camp, les suivirent aussitôt avec le corps d'armée, et elles firent si bonne diligence qu'après trois lieues d'Allemagne, elles les atteignirent. Bien que plusieurs fissent difficulté d'attaquer seulement avec de la cavalerie, sans infanterie et sans artillerie, parce que les ennemis étaient bien fortifiés, et en position près d'un étang, l'empereur considéra néanmoins qu'il était déjà tard, et qu'il était impossible, d'après le chemin qu'on avait fait, que l'infanterie et l'artillerie
eussent pu suivre. [I considéra aussi qu'il importait de mettre fm à cette guerre, et que, si les ennemis échappaient cette fois, il pourrait arriver qu'elle se prolongeât plus qu'il ne convenait. Il reconnut de plus, chez les ennemis, une certaine frayeur (1), et il vit à leurs mouvements qu'ils étaient comme étonnés et stupéfaits (2) ; il résolut donc de faire ce qui était à faire avec la cavalerie qu'il avait avec lui. En conséquence, il ordonna à son général de marcher en avant et de reconnaître la disposition et l'attitude des ennemis. Celui-ci les trouva telles qu'à l'entrée d'un bois (où leurs gens de pied s'étaient arrêtés en bon ordre , avec quelque artillerie) il chargea avec le duc Maurice et l'avantgarde , leurs cavaliers qui furent rompus et portèrent le désordre dans l'infanterie , et ceux qui échappèrent prirent la fuite. Comme, à cause de l'étang. Leurs Majestés n'avaient pu, avec le corps d'armée, garder l'ordre qu'elles avaient observé en rase campagne, elles furent contraintes de suivre
(1) Cerlo pavor.
(â) Gomo altonilos e pa^mados.
Favant-garde , ce qu'elles firent pour maintenir Tordre accoutumé, et pour servir de renfort et d'appiii si cela était nécessaire. Les ennemis furent poursuivis pendant une bonne lieue d'Allemagne ; et quand Leurs Majestés s'arrêtèrent, elles apprirent que le duc Jean -Frédéric avait été fait prisonnier. Le duc d'Albe étant revenu de la poursuite (elle dura toute la nuit et une partie du lendemain) , l'empereur le chargea de chercher Jean- Frédéric, et le duc d'Albe le lui amena et le lui présenta. L'empereur le confia à la garde vigilante dudit duc, et on l'entoura d'un nombre de soldats suffisant pour l'emmener en toute sécurité. Le duc Ernest de Brunswick fut aussi conduit prisonnier à Sa Majesté, et remis à la même garde. Ces ordres ayant été donnés. Leurs Majestés, avec les troupes qu'elles purent rassembler et qui revenaient de la poursuite, se mirent en route pour rentrer au camp, qui était de l'autre côté du fleuve, et en chemin elles rencontrèrent les gens de pied et l'artillerie légère, qui les avaient suivies aussi rapidement que c'était possible. On leur confia les chariots et les bagages
qui étaient restés en route, et après avoir marché encore pendant trois fortes lieues d'Allemagne, on franchit le pont, et on arriva au camp vers minuit. Ceci se passa le 24 avril.
Leurs Majestés s'arrêtèrent dans le camp pendant deux jours. Le troisième, elles partirent pour Torgau, qui ouvrit aussitôt ses portes à l'empereur. Pendant la route, on lui présenta toutes les bannières et tous les étendards qui avaient été pris le jour de la bataille. Leurs Majestés, continuant leur marche, assirent leur camp en face de Wittenberg, où leur parvint la nouvelle de la défaite qu'avait essuyée, près de Brème, le duc Henri de Brunswick. Le siège de Wittenberg se fit comme cela a lieu d'ordinaire. L'électeur margrave de Brandebourg se rendit près de l'empereur, et l'on commença, tant de la part de Jean-Frédéric de Saxe, que de celle de sa femme et de ses enfants, qui étaient dans la ville, à négocier et à traiter d'un arrangement; et ces pourparlers continuèrent de telle sorte que la ville capitula. D'autres places lui furent aussi remises, et d'autres furent démolies, le tout suivant
IS
ce qui avait été convenu; et, d'après les mêmes conventions, ledit duc continua à rester gardé à la cour de Sa Majesté, qui donna le titre d'électeur et les places qui lui appartenaient, au duc Maurice pour les bons services qu'il lui avait rendus et pour la bonne volonté et l'affection qu'il lui portait et lui témoignait (1). L'empereur fit mettre en liberté le marquis Albert de Brandebourg et le duc Henri de Brunswick, et d'autres qui avaient été faits prisonniers précédemment.
Le roi des Romains et le duc Maurice électeur, avec les troupes qu'ils avaient amenées, quittèrent Wittenberg deux jours avant le départ de l'empereur : le roi, pour apaiser les troubles de la Bohême, et le duc, pour consolider ses affaires, suivant ce qui venait d'être résolu d'un commun accord (2).
L'empereur, considérant qu'il y avait longtemps qu'il soutenait ces deux guerres, et qu'il n'y avait enfin plus de chef important qui pût s'élever contre
(i) Polos bons serviços, que Ihe fizera e boa vontade e affeicam, que Ibe tinba e mosirava.
(2) Por segurar suas cousas conforme ao que entre todos eslava concertado.
lui (1), se détermina à licencier ses troupes, et voulut terminer ce qui lui restait à faire par la voie de douceur (2), et par une conférence générale des députés de Fempire (3). Il résolut la convocation d'une diète, et à cet effet il partit pour Halle en Saxe, qui le reçut avec une complète obéissance. Pendant ce voyage, arriva une ambassade des habitants de la Bohême, qui demanda à l'empereur, aussi bien qu'au roi son frère, les troupes et les forces nécessaires pour pacifier ce royaume : ce que le roi exécuta plus tard.
Avant le départ de l'empereur, de Wittenberg, certaines conditions, je veux dire, certaines offres de réconciliation et d'amende honorable (4), avaient été mises en avant par les électeurs de Saxe et de Brandebourg au nom du landgrave de Hesse; mais l'empereur les rejeta parce qu'elles étaient trop
(1) Que em fim nâo havia cabeça algûa principal, que se podesse levantar conira elle.
(2) Per via de brandura.
(3) Per gérai communicaçàô do Imperio.
(4) Âlgûs parlidos, digo offereeiinonlos de reeonciliaçâô e arrependimenlo.
générales, et qu elles présentaient peu d'importance et de garantie (1). On lui soumit alors un autre écrit qui, après avoir été approuvé par les mêmes électeurs et par le landgrave, fut examiné par l'eicpereur, qui l'accepta pour contenter tout le monde (2). Ces dispositions ayant été ratifiées par tous, le landgrave de Hesse vint se présenter à Sa Majesté dans la ville de Halle, où il reconnut sa faute et fit acte d'obéissance, comme il le devait. (3) L'empereur ordonna à son général de le tenir en sa garde, ce qui, d'après ledit écrit, pouvait et devait être fait (4) ; et bien qu'alors et depuis, ledit landgrave et les électeurs aient prétendu que l'empereur agit autrement, en donnant à l'écrit une interprétation conformé à ses dé-
(1)Por serem mui(o geraes, e de pouca imporlancia e seguranca.
{^) E bem vislo e considerado de Sua Mageslade polos conleniar a lodos o quis acceilar.
(3) E seguindo a disposiçdô delle sendo per (odos ratificado, diUo Lanlsgrave se veo nppresenlar na dilla cidadede Alla a Sua Mageslade, onde despois deconhecer sua culpa, e dar a oliediencia que dévia.
(i) Que couforme ao ditio pape! se dévia e podia fazer.
sirs (1), on ne peut nier toutefois que l'empereur n*ait pu faire ce qu'il fit, et que ce qu'il fit ne fût conforme à la convention (2).
Un grand nombre de princes et de villes du Nord, qui avaient adhéré à la ligue de Smalcalde et qui avaient contribué auxdites guerres, reconnaissant leur erreur, revinrent à l'obéissance de l'empereur; et les autres villes, qui n'étaient pas entrées dans la ligue et n'avaient pas contribué aux guerres, envoyèrent des députés pour faire acte de l'obéissance due et accoutumée, ainsi que de soumission (3).
Comme on le voit fréquemment chez les soldats, qui, dès qu'ils sont oisifs, sentent le besoin de faire quelque chose, il arriva que, l'empereur ne pouvant plus les occuper (4), ils se mutinèrent entre eux,ua-
(I) Inlerprelando o escrillo conforme a seus desejos. (S) Conludo nâo se pode negar que o emperador pode fazer que fez, e que o que fez foi conforme ao papel.
(3) Para Ilie fazer e dar a dévida e coslumada obediencia, e reconhecimento.
(4) Como lie cousa ordinaria enlre os soldados, que quando eslâo ociosos, buscam eui que se empregar, nâo lendo o emperador cousa em que os occupar.
lion contre nation, et il surgit des différends qui ne furent pas faciles à calmer. Néanmoins, Fempereur régla tout et établit un si bon ordre que, ayant trouvé le temps et le moyen de les séparer, il leur assigna divers logements, si bien que toutes les difficultés et toutes les causes de trouble disparurent. Cela fait, fempereur prit le chemin de Nuremberg, et, conformément à l'intention, dont il a été parlé plus haut, il convoqua une diète à Augsbourg.
Après ces deux grandes victoires que Dieu, dans son immense bonté, daigna accorder à l'empereur (1 ), il reçut de divers pays un grand nombre d'ambassades, et quelques-uns lui firent offrir des félicitations qui étaient bien à contre-cœur (2). En effet, les pratiques que l'on découvrit alors, auparavant et depuis, l'agitation qui se manifesta à Naples, fentreprise du comte de Fiesque, à Gênes, les mouvements isolés, excités peut-être par des
(1) Ëslas duas lào grandes viclorias alcançadas, que Deus foi servido |>or sua immensa bondadc de dar ao emperador.
(^) Âlgiis Ihe mandaram dar os parahems, que eslavani bem pezarosos.
instigations étrangères, qui éclatèrent à Sienne, et ^ d'autres événements dont on a déjà fait mention, donnent assez à juger le projet et la volonté que Ton avait de troubler et de contrarier Taccomplissement d'une si bonne œuvre, en même temps que la marche des affaires de l'empereur (1).
Il y eut telles personnes qui s'abstinrent de prendre une plus grande part aux événements, désespérant d'une bonne réussite , mais plus tard elles en eurent un tel regret que, en cherchant un remède, elles détruisirent ce qu'elles avaient fait et établi, et les choses changèrent à ce point qu'elles furent obligées de modifier leurs desseins et de dissimuler leurs volontés. Si ces personnes ne sont pas telles qu'elles doivent être. Dieu veuille y porter
(1) Porque pelas pratticas, que naquelle tempo, hum pouco antes e despois, se descobriram, assi da inquielaçàô que ouve em
Napoles, como da quella que o conde de Fiesco fez em Genova, I
e doutras paxoes particulares, que por ventura per iostigaçàô d*algûs se moveram enire os de Sena, et outras de que se tem feilo mençâo, se pode bem julgar a tençàô e vontade, que havia de perlurbar e impedir tâo boa obra, e as cousas do £mperador.
remède, comme il Ta fait par le passé, en réglant les choses de manière que leurs désirs ne saccomplissent pas (1).
Tout cela étant fait, l'empereur partit de Nuremberg, où il gagna la jaunisse. Il en était presque guéri quand, ayant continué sa route jusqu'à Augsbourg, il eut une rechute, et il en fut tellement accablé qu'il en souffrit encore longtemps après son arrivée. Avant d'être en parfaite convalescence, il fît sa proposition à la diète pour que l'on traitât du remède à apporter aux affaires qui y étaient indiquées et qui tendaient toutes au service de Dieu, au bien, à la tranquillité, à l'union de l'Allemagne et à sa défense contre ceux qui voudraient l'attaquer (2). La diète était commencée
(1) Taes pode ser deixaram de se melter mais nesles negocios, desconfiando do bono successo délies, dos quaes despois o arrependimenlo foi ta), que (fuerendo remediar, perderam o que liniiam feilo e posto da sua parle, e as cousas se (rocaram de maneira que elles foram forçados a mudar sens desenhos e dissimular suas vontades. Se elias nào sao quaes derem ser, Deus queira remediar, como fez o piassado, ordenando as cousas de maneira, que seus desejos nào leveram effeilo.
(2) Para que se traitasse do remedio das cousas nelia conlen-
quand y vint le roi des Romains, qui avait achevé de réduire la Bohême à son obéissance. Plus tard arriva, dans la même ville d'Augsbourg, la reine douairière de Hongrie, pour diverses affaires qu'elle devait y éclaircir. En ce temps, après la jaunisse, Tempereur eut la goutte; et bien qu'elle ne fût pas aussi générale que les précédenles,ellese fit sentir, à plusieurs reprises et en plusieurs lieux, de sorte qu'elle dura jusqu'au printemps de l'an 1848. L'empereur l'avait pour la quatorzième fois; et, au printemps, pour hâter sa convalescence, il prit de la tisane de bois de Chine.
Durant la diète impériale d'Augsbourg, il y eut quelques pratiques toutes hostiles, tendant à empêcher les bons résultats, dont on a parlé plus haut (1). Dans la même diète aussi, l'empereur fit tant que les États de l'empire se soumirent au concile qu'il avait toujours réclamé, comme on l'a
dns, as quaes todas eram encaminkadas ao serviço de Deus, bem, Iranquillidnde, e uniâô da Germania, e defensâô contra o<; que a quisessem offender.
(l)Durandoa ditia diela impérial, ouve al}^uas prallieas lodas coiUrarias e para impedir o bom effeilo do que acitna se Irallou.
VU plus haut, depuis 1529 (1). Mais au moment où ce concile, convoqué à Trente, était appelé à exercer le plus d'influence, le pape Paul, par un motu proprio, voulut le transférer à Bolc^ne et l'évoquer à lui. Dieu sait dans quelle intention (2). L'empereur, voyant les grands maux qui pouvaient en résulter, s'y opposa , et y mit sans cesse empêchement, en insistant tellement que ledit concile est resté à Trente (3).
L'empereur était guéri de la jaunisse, et un jour qu'il se trouvait à la chasse pour se fortifier, il reçut certaines nouvelles de Plaisance, qui lui apprirent que, par suite de la rigueur du duc Pierre-Louis, fils dudit pape Paul, et des mauvais traitements qu'il faisait éprouver aux habitants,
(1) Tambem o coDcilio, que , como diUo lie, desde o anno 29 emperador linha sempre procurado, e lanto feilo, que pelos eslados do Iniperio nadilladiellaseacceilou.
(2) No mesmo (empo, quando se havia de dar maior calor, o Papa Paulo de seu molu proprio lenlou de o Iransferir a Boioiiha, e avocar a si : corn que lençâô isto fosse, Dcus o sabe.
(3) Vendo o emperador o grande mal, que dislo poderia resullar, coniradissc, e impedio sempre, e de lalmodo persislio, que diUo concilie esta em Trenlo.
ceux-ci s'étaient soulevés contre lui, et ques'étant rendus maîtres de la ville, ils offraient de la remettre à celui qui leur ferait les meilleures conditions. Le gouverneur de TÉtal de Milan, en ayant été informé, accepta, au nom de Sa Majesté et avant que personne pût entrer dans le duché de Plaisance, les propositions qu'on lui adressa. L'empereur, par les motifs mentionnés, et aussi pour conserver et garder le droit de l'empire (1), ratifia et confirma ce traité.
1548 Malgré tout ceci, et en dépit des pratiques dont il a été parlé plus haut, on prit dans la diète d'Âugsbourg les mesures convenables pour atteindre le but de sa réunion ; et, en ce qui touche la religion, on adopta un règlement qui devait être observé jusqu'à ce que le concile eût prononcé à Trente (2). Dans le même temps, les soldats allemands.
(1) Polas causas dittas, e (ainbeni por conservar e guardar o direilo do Imperio.
{•2) Nâo obslanle (udo islo e as prallicas danles diUas, se Irallou n<) diilQ diella o que conviiilia para o eiïeilo e fini poio quai se ajuulara, e quanlo a religiâo, hum modu de viver alee que o concilio se célébrasse ém Trenlo.
qui composaient la garde de Fempereur, se mutinèrent. Cela produisit plus de scandale que de danger (1), car, en s'enquérant de la cause de la mutinerie, on reconnut qu'il fallait Fattribuer plutôt h rinlérêt de quelques personnes isolées qu'à la mauvaise volonté des soldats.
La diète prit donc toutes les résolutions qu'elle pouvait prendre (2), et comme elle siégeait depuis longtemps, l'empereur lui adressa, de l'avis du roi son frère et desdits États, une bonne proposition (3); puis la diète s'acheva et chacun retourna chez soi.
Avant le départ du roi, frère de l'empereur, on régla entre Leurs Majestés le mariage de la fille aînée de l'empereur avec le fils aîné du roi son frère, qui se nomme h présent le roi de Bohême; et comme l'empereur nourrissait l'intention et le désir de faire chercher le prince d'Espagne son fils, pour qu'il vît ses pays et fût connu de ses
(1) Que foi causa de maior scandalo que de perigo.
(:â) E (endo se concluido nella o quo enlâo se pode concluir.
(3) Hua boa pratlica.
vassaux (1), il pria le roi son frère et le roi son gendre de vouloir bien que soiidit gendre allât se marier en Espagne, et qu'il y demeurât au nom de lempereur, en Tabsence du prince son fils, pour gouverner ces royaumes : à quoi ils consentirent. Aussitôt ledit roi de Bohême partit d'Augsbourg et traversant Tltalie, il s'embarqua à Gênes, puis aborda à Barcelone, et se rendit par la poste à Valladolid, où les noces furent célébrées. Le roi des Romains se mit aussi en route peu après pour veiller à ses intérêts; et l'empereur demeura encore quelques jours pour achever de régler ce qui restait à faire.
Toutes ces choses étant terminées, l'empereur partit d'Augsbourg, après avoir laissé deux mille Espagnols en garnison dans trois places fortes du Wurtemberg, et après avoir retiré les troupes qui avaient été envoyées à Augsbourg. Ayant ainsi pourvu au bien et à Tordre de la chose publique (2), il prit la route d'Ulm, d'où il retira aussi
(1) Para ver aquelles terras e so.r conliecido de seus vassnilos.
(2) Deixando a repiibliea bem provida e ordenada.
la garnison, pour en emmener une partie avec lui, puis il se dirigea par Spire et par le Rhin vers Cologne. C'était la neuvième fois qu'il faisait cette route, et la huitième qu'il retournait aux Pays-Bas. L'empereur trouva la reine sa sœur à Louvain, puis il se rendit à Bruxelles, pour s'occuper de ses affaires aussi bien que de celles de ses États des Pays-Bas.