VI
On a dit que tous les systèmes ont du bon ét qu'il faut tâcher de le découvrir dans chacun d'eux en particulier , et de extraire, afin d’en composer un système mixte. Cette espèce d’éclectisme me paraît vicieuse. Nous ne devons point nous imposer l'obligation ‘de prendre quelque chose dans tous les systèmes ; ce que nous devons rechercher dans les sciences ,' c’est la vérité, et la vérité est dans les faits. L’art de constater les faits est donc Part de:rechercher la vérité, et c’est aussi le seul éelectisme qu’un esprit juste puisse adopter. À quoi servirait, par exemple, de se dire : «Je veux absolument trouver du bon dans le système des atomes et des pores, dans celui des quatre élémens, dans la métempsycose , etc. ?'» Ges systèmes , comme tous les autres , ne sont que des inductions , justes ou fausses, tirées des faits; car homme n’invente rien, quoi qu'on en dise. Eh bien ! au lieu de: perdre son temps à suivre laborieu-
sement les auteurs de ces systèmes , dans les
manières dont ils ont envisagé des faits imparfaitement connus de leur temps, il faut aller directement à ces faits; il faut les ob= server de nouveau , les vérifier, les constater. Rien nesera plus facile après cela que de s’assurer si les systèmes qu’on en a déduits sont vrais ou faux. |
C’est ce que j’ai voulu faire dans l’ouvrage dont je soumets aujourd’hui l’ensemble au jugement du monde savant. J’ai raconté fidèlement ce que j'ai vu en fait de phénomènes pathologiques , ce que j'ai fait pour y remédier , ce que j'ai remarqué dans les cadavres de ceux qui ont succombé : rien de plus facile donc aujourd’hui que de vérifier ces faits, et de voir si les inductions qu’on en tirera, car l’homme conclut toujours quelque chose de ce qu’il observe, sont conformes à celles que j’en ai moi-même tirées.
Voilà ce que j'ai cru devoir dire à mes confrères, sur la nature de cet ouvrage, au-
quel j'ai travaillé constamment pendant