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La gastro-entérite se reconnait par les
sympathies qu’elle développe; savoir 1° : les organiques , rougeur et chaleur des ouvertures des membranes muqueuses et de la peau ; altération des sécréteurs de la bile, de l'urine et surtout du mucus; 2° les relatives , qui sont les douleurs de la tête et des” membranes , l’aberration de la faculté de sentir et de juger. L'influence exercée sur le cœur est commune à plusieurs autres phlesmasies.
Si l’on ajoute à ces signes ceux qui indiquent la lésion de la fonction digestive et les différentes douleurs de l'estomac et des intestins, qui oni été indi-
uées dans les propositions ire PO on aura le tableau fidèle de ces maladies, Comme il he
s'agit point ici d’un traité didactique de pathologie, nous nentrerons pas dans ces SEE nous nous hornerons à faire remarquer que la distinction des sympathies, en organiques et en relatives, facilite singulièrement la description des maladies irritatives , et détermine, aussi bien qu’il est possible de le désirer, les indications que l’on doit remplir.
Les sympathies, ainsi distinguées, servent encore, par l'influence qu'elles reçoivent des modificateurs externes, à fortifier le praticien dans la séméiotique physiologique : par exemple, lorsqu'il voit une saignée locale dissiper le délire ,
et une tasse de bouillon le reproduire l'instant d'a: près, n'est-il pas en droit de dire, « ce délire dépendaït de lirritation de l'estomac? » Il peut faire le même raisonnement sur les douleurs contusives des membres et sur celles de la tête : car on les voit augmenter et diminuer avec la gastrite. Le praticien est donc en droit de tirer de ces faits la conclusion que l'irritation, provoquée dans l’encéphale par l'influence de l’inflammation gastrique , est réfléchie dans l'appareil locomoteur, et que, par conséquent, le sentiment de malaise général et la faiblesse musculaire n’indiquent point une maladie totius suhstantiæ , ou une fièvre essentielle, telle que les auteurs la représentent.
Les sympathies organiques ne sont pas moins significatives. Par exemple, l’altération du mucus de la langue, que l’on regarde comme l'indice d’une saburre bilieuse ou muqueuse, fait voir que cette saburre n’est qu'un effet de l’irritation de l'estomac; puisque la langue se nettoie, en quelques heures , par l'effet d'une saignée locale , et se salit de nouveau si l’on revient trop tôt à l’usage des stimulans. Les variations de l’urine , sous l'influence des mêmes modifications, prouvent manifestement que l’altération des sécréleurs n’est point l'effel d’une matière morbifique, exigeant un travail de coction d’une certaine durée; ces variations combattent donc victorieusement les théories humorales et ontolopiques. Enfin, la facilité avec laquelle on fait pälir et rougir la langue, la gorge, la conjonctive, en calmant ou en exaliant l’irritation de l’estomac, ne
( 217) permét pas de douter que cette rougeur ne soit une répétition sympathique de celle qui existe dans,la membrane interne de’ ce viscère. C’est ainsi que tous les faits sont mis à profit par un médecin véritablement physiologiste.
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Les gastro-entérites aïg rent arrivent toutes à la stupeur, au fulgo , à la lividité, à la fétidité, à la prostration, el représentent ce qu'on appelle fièvre putride, adynamique, typhus. Celles dans lesquelles lirritation du cerveau devient considérable, qu’elle s’élève ou non au degré de la phlegmasie, produisent le délire, les convulsions , etc., et prennent le nom de fièvres malignes, nerveuses ou ataxiques.
Que toutes les gastro-entérites aiguës prennent, lorsqu'elles sont arrivées à un certain degré d’exaspération, les caractères de ce qu’on nomme fièvres putrides ou adynamiques , c’estun fait des plus 1mportans dans l’histoire de la science ; parce qu'il détruit et sape jusque dans leurs fondemens toutes les théories qu'on a faites sur les fièvres depuis le siècle d'Hippocrate jusqu’à nos jours . parce qu'il réfute tous les raisonnemens sur lesquels chaque
ouës qui s'exaspè-
( 218 ) auteur cherche à étayer sa pratique ; enfin, parce qu'il ne justifie que trop l’axiome du vieillard de Cos : Experientia fallax. En effet, l'étonnement de l’homme qui réfléchit doit être au comble lorsqu'on lui prouve que les moyens par lesquels on a cru pendant si long-temps guérir ces maladies, sont précisément ceux qui les produisent et les entre- Uennent; il se demande à lui-même ce que c’est qu'une observation qui a pu égarer à ce point tant d'hommes de génie. Bichat a dit : Qu’est l’observation, si l’on ignore où siège le mal? Ce n’était pas assez demander, il faut encore savoir ce que c’est que le mal. Le siége de la dyspepsie n’a jamais été mis en doute , et cependant on a toujours fort mal traité cette affection. Le siége de la fièvre putride n’a pas été non plus entièrement méconnu: à partir de l’époque de Galien , plusieurs médecins de son école ont placé dans les intestins le foyer de putridité, qui, d'après eux, devait lui donner naissance. La féudité de l’haleine, celle des excrétions alvines, le météorisme, le sentiment d’ardeur brûlante que les malades rapportent confusément à la base du thorax et à la région épigastrique, le plaisir qu'ils témoignent à prendre des boissons fraiches et acidules , devaient naturellement suggérer cette idée aux praticiens les plus attentifs : aussi les humoristes avaient-ils fondé là-dessus tous leurs principes de traitement. C'était pour prévenir la corruption de la bile, des mucosités, des saburres , et pour empêcher. ces matières corrompues de passer dans le sang et d’y porter la dissolution putride, qu'ils prescrivaient
les émétiques au début des maladies fébriles; et plus tard, lorsque ces affections avaient entièrement revêtu le caractère putride, ils ne se proposaient autre chose que de délayer ce foyer de corruption des premières voies par des boissons aqueuses, d’en corriger la putridité par des acidules, et d'en provo= quer peu à peu l'élimination par de doux laxatifs appropriés, tels que les.tamarins et les boissons légèrement émétiques. Mais cette pratique , en exaspérant la phlegmasie, devait amener la prostration : de là, l’indication secondaire de soutenir les forces par les toniques, et, comme presque toujours on se trouvait réduit à celte cruelle extrémité, la frayeur de l’adynamie s’empara des praticiens : on oublia la putridité pour ne penser qu’à la faiblesse ; celle-ci devint bientôt la cause de la putridité, et l'indication secondaire se trouva l'indication principale. Les purgatifs considérés comme des débilitans furent remplacés par les toniques; la faiblesse fut placée dans le principe vital, c'est-à-dire dans toute l’économie ; et le véritable siége de la fièvre putride, après avoir été clairement désigné, fut insensiblement perdu de vue et définitivement méconnu.
C'est ainsi que le fruit de l’observation devient stérile, et que les sciences rétrogradent lorsqu'elles manquent d’une bonne théorie. Si l’on avait pu s’en tenir à l’idée du siége primitif assigné à la prétendue fièvre dont il s’agit, on aurait transporté la cause de l’irritation des humeurs aux organes qui les produisent, et l'inflammation de la membrane
interne du canal digestif eût été reconnue pour la maladie principale. Mais aujourd’hui que cette vérité est hautement proclamée et soutenue par les meilleurs esprits, y aurait-il de la témérité à vouloir se rendre compte de la manière dont la faiblesse, la stupeur, la fétidité, le fuligo et la Lividité sont produits dans la maladie qui nous occupe ; et n’estce pas la meilleure manière de procéder, pour s’assurer si le groupe de symptômes qui la caractérise peut être le résultat de toutes les inflammations indistinctement ?
Nous pensons que, pour bien traiter la question dont il s’agit, il faut remonter à l’état normal: on peut d’abord établir que toutes les surfaces de rapport sont des excitateurs de l’économie, parce qu’elles sont pourvues d’épanouissemens vasculonerveux qui transmettent au cerveau, qui les réfléchit parses nerfs, les stimulations produites par les corps étrangers. Ce premier fait ne saurait être révoqué en doute; il est indépendant de l'excitation résultant des molécules déjà absorbées, et ne lui porte aucun préjudice.
Si maintenant nous recherchons quelle est, parmi les surfaces de rapport, celle dont la nature se sert pour communiquer au cerveau, et, par conséquent, à toute l’économie , les sümulations les plus fortes, nous trouvons que c'est la membrane interne des voies digestives. Deux ou trois fois par jour, cette surface sollicite le principe d’innervation à des actes très compliqués , pour satisfaire au besoin de la nutrilion; et, aussitôt qu’elle est mise en rapport avec
( oui ) les excitans nutritifs , elle transmet à ce même principe un autre mode de stimulation dont l énergie’ est bien connue.
On allèguera peut-être que la surface respiratoire, chargée de satisfaire un besoin plus pressant encore , doit exercer sur le cerveau une stimulation plus considérable. Nous ne pensons pas ainsi, et voici quels sont nos motifs: le besoin de la respiration est sans doute plus urgent que celui de l'alimentation ; mais les actes qui doivent le satisfaire . sont moins compliqués ; le corps extérieur que réclame ce besoin est à la portée de l’organe : il tend sans cesse à s’y introduire, et il suffit d’un mouvement musculaire extrêmement simple pour qu'il y pénètre avec abondance. C’est donc assez que le sentiment du besoin d’air sollicite vivement l'instinct; il serait inutile qu'il influât beaucoup sur les facultés intellectuelles et sur l'appareil locomoteur : aussi n’y cause-t-il de grands désordres que lorsque l’appareil respiratoire est profondément affecté ; mais, dans ce cas-là même, la stimulation devient générale dans les viscères, et les voies gastriques, qui la partagent, concourent avec les pulmonaires à déran- ger les fonctions du cerveau. Examinons maintenant, sous les mêmes rapports, le besoin de l’alimentation.
Chez tous les animaux qui vivent au milieu de leurs matériaux nutritifs, ce besoin est aussi simple que celui de la respiration, et, comme ce dernier, il est satisfait par les seuls mouvemens instinctifs : un appareil cérébral serait inutile ; il n’existe pas;
mais aussitôt que l'animal a besoin de mouvemens étendus, compliqués et combinés pour se procurer sa nourriture, 1l est doué d’un cerveau pour les diriger, et son estomac exerce sur cet organe un empire d'autant plus grand qu'il faut plus de recherches, plus d’adresse, plus de ruse ou plus de force pour procurer à l’animal sa nourriture.
De ce mode d'organisation il doit nécessairement résulter que toutes les irritations du sens interne de la nutrition retentiront dans l'appareil encéphalique, qu’elles porteront leur influence, non seulement sur la partie instinctive , mais aussi sur l’intellectuelle; et que, plus cette dernière sera développée, plus elle sera dérangée , aussi bien que les muscles dont elle dirige et combine les mouvemens. Il doit donc résulter de là que chez l'homme, qui nous occupe présentement, la gastro-entérite occasionera plus de phénomènes nerveux que chez le reste des animaux, et c’est, à ce qu'il nous semble , une vérité dont personne ne disconviendra.
Examinons présentement la valeur des symplômes que l'on regarde comme caractéristiques de ce qu’on appelle fièvre putride ou adynamique.
Le premier, c’est la séwpeur : elle résulte d’une influence portée sur le cerveau, influence qui rend l'homme indifférent à ce qui se passe autour de lui, et le tient dans une sorte de demi-sommeil. Cetie influence vient de la membrane muqueuse de l’estomac, qui est gorgée de sang et dans une nuance
( 223 ) particulière d’irritation. Tout ce qui augmente cet état accroît la stupeur; tout ce qui le diminue produit l'effet contraire. C’est donc par l'étiologie et par la thérapeutique que l’on prouve notre assertion.
Prostration. Elle consiste dans une apathie du système musculaire, qui produit l’immobilité des membres et donne au malade la tendance à prendre la position ou l'attitude la plus propre à mettre les muscles dans le repos : cette attitude est le coucher en supination. La prostration ressemble à la fatigue normale ; elle est, en effet, précédée et préparée par un sentiment de pesanteur douloureux, que l’on appelle lassitude spontanée ou courbature; elle dépend de la même influence qui occasione la stupeur, ou, si l’on veut, la stupeur est la prostration de la pensée , qui se joint du plus au moins à celle des membres.
Lorsque la gastro-entérite qui détermine ces deux symptômes a fait de nouveaux progrès, l'irritation et l'engorgement äu cerveau en font aussi dans la même mesure ; alors la stupeur se change en somnolence, avec rêvasseries, hallucinations vagues, léger délire, et la fatigue douloureuse des membres qui produit la prostration, se complique de légers mouvemens convulsifs : tels sont le tremblement de la langue et des lèvres , les soubresauts des tendons.
Fuligo ou fuliginosité. Elle consiste en ce que la langue et les lèvres sont revêtues d'une mucosité noirâtre, souvent sanguinolente, que l’on compare à la suie : cet état est précédé d’une nuance de rouge
foncé qui se manifeste sur ces parties, et lorsque ce rouge est passé au brun, le fuliso commence à se former. La couleur noire, qui le caractérise, vient souvent d’un suintement sanguinolent, qui se mêle à la mucosité des follicules de la bouche et à la salive que lui fournissent les glandes voisines. En même temps que le rouge de la langue se change en brun , les muscles de cet organe prennent un état convulsif qui rend la langue rétrécie et pointue. Elle est d’abord sèche et râpeuse, la fuliginosilé ne se forme que lorsque la maladie a fait de grands progrès ; mais quelquefois ce changement est si prompt, qu'il est effectué dans l’espace de quelques heures. Dans d’autres cas, il faut plusieurs jours pour qu'il soit cornplet; il est toujours réuni à une teinte livide de la face et même de toute la peau, comme si l’oxigénation du sang était imparfaite. Nous pensons qu'elle l’est, en effet, à causetde l’atteinte profonde portée à tout l’appareil nerveux Céphalique et ganglionnaire des viscères, et parceque la membrane interne des bronches partage, jusqu’à un certain point, l'irritation de celle des voies gastriques. Enfin, l’on peut remarquer que ces symptômes, ainsi que les deux premiers, augmentent ou diminuent, se dissipent ou reparaïssent, suivant que la membrane interne de l’estomac et des intestins grêles est simulée ou calmée, échauffée ou rafraîchie, condamnée à l’action ou laissée dans le repos , autant quil est possible pour elle.
Fétidité. Elle n'existe, durant l’état de vie, que dans les excrétions ; mais il importe de voir quelles
sont celles où elle est prédominante. La cavité abdominale est sans contredit la région la plus fétide de l'économie; elle est même, dans l’état normal, la seule qui soit fétide , parce que, seule aussi, elle est toujours en contact avec des matières animales ou végétales en état de décomposition. En vain l’influence de la vie tend-elle à modifier cette décomposition, elle ne parvient à l'empêcher entièrement que dans la région gastrique ; mais, lorsque l’absorption a dépouillé le chyme des molécules chyleuses qu’il contenait, l’action vitale de la muqueuse des gros intestins , d’ailleurs beaucoup moins énergique que celle de l'estomac, du duodénum et. des intestins grêles , ne suffit plus pour arrêter le mouvement de décomposition, ju agit incessamment sur le résidu. Ce mouvement n’est plus ralenti que par l'absorption qui dépouille ce résidu de son huimidité; mais cela n'empêche pas qu'il ne se dégage continuellement un gaz qui imprègne de son odeur pénétrante le péritoine et tous les viscères qu'ilrecouvre.
Cependant ces viscères ne souffrent nullement de l'impression de ce gaz tant que l’état normal se soutient; mais aussitôt que cet état n'existe, plus dans la membrane interne des intestins, aussitôt que l’irritation augmente la, mucosité , J’échauffe, la suranimalise , cette humeur, LL Lee A 0 À A fétide quand elle procède d'une. membrane phlogosée, le devient bien davantage par la putréfaction à résidu de la digestion; de là, la produc= tion d’ un-gaz fétide qui s RE par, la bouche: et
qui pénètre dans, digues. des, parties du, cotpsiNal US: LAN
( 226 ) doute qu il ne soit neutralisé dans les voies de la circulation ; mais il reparaît dans l’urine et dans la transpiration cutanée.
Comment n’abonderait-1l pas dans les intestins gréles , lorsque l’inflammation accumule sur leur membrane interne une mucosité sanguinolente, de la bile et quelquefois même du sang pur, et lorsque ces matières séjournent dans un foyer d’une température aussi élevée et toujours accessible à l’air extérieur ?
Ce n’est que dans les vaisseaux et dans le tissu propre des organes que l'influence vitale peut empêcher la décomposition spontanée. Toutes les humeurs extravasées se décomposent , les unes en se partageant en deux parties , dont l’une se coagule en-s’attachant aux organes, et l’autre, moitié fluide, séjourne sous cette forme ou disparaît par la résorption; tels’ sont le sang épanché , et quelques produits de l’inflammation accumulés dans les parties séreuses : les autres , en passant à la putréfaction, comme le pus des phlegmons ; mais aussitôt que l'air atmosphérique pénètre dans les foyers qui contiennent ces humeurs, il accélère leur décomposition et leur fait contracter une excessive fétidité.
Comment donc être surpris que la putridité s’associe aux inflammations aiguës du canal digestif? Certes ces affections doivent être les maladies putrides par excellence. On ne peut leur comparer que les suppurations putrides avec résorption ; tels sont les dépôts fistuleux, provenant des grands phlegmons qui pénètrent profondément dans l’é épaisseur des pe et qui fournissent une suppuration abon-
( 227 ) dante et'fétide dontla majeure partié est résorbée : mais ici les causes sont évidérites , et l’ün ne $"avisé pas de confondre les maladies que produisent ces résorptions purulentes ; avec Îles fièvres dites putrides essentielles. doi hide: fo
Lors donc que la putridité se manifeste dans une maladie aiguë, sans que l’on puisse l’attribuer à la putréfaction d’un foyer purulént, il est déjà très probable qu’elle dépend d'une gastro-entérite ; mais quand les autres signes de cette maladie s’y trouvent réunis, il ne reste plus aucun doûte sur la cause prochaine de la fétidité des excrétions, et éette fétidité devient nécessairement un des signés carattéristiques de’la maladie qui nous occupe.
On a cité des exemples de fièvres putrides ; ÔCcasionées par des collections de pus fétide , qui n’ont été découvertes qu 'après la mort. Nous croyons bien qu'une semblable cause peut entretenit un état fébrilé , avec prostration et fétidité des excrétions ; mais ou le fuligo, la stupeuret la chaleur prédominanté de l’abdomen manquäient, et alors le groupe de symptômes ne correspondait point à la fièvre putride des auteurs ; ou ces symptômes existaient, et, dans ce tas, la gastro-entérite coinpliquait linflarhmation primitive. Or cette CŒMDHCANON n’est point une chose rare : elle peut même résultér de la simple résorption du pus fétide ; car ce pus agit ici comme un poison septique, et il est d'observation constante que tous Îles poisons absorbés développent de l’irritation dans la membrane interne du canal digestif,
Ainsi, pour nous résumer, la réunion de la stu-
ds
peur, de, la prostration, de la fuliginosité, desla lividité et de la fétidité des excrélions constitue le groupe, de symptômes auquel les auteurs ont consacré letitre de fièvre putride ou adynamique , et.ce groupe est en même temps ce qui nous donne le diagnostic d’une inflammation aiguë de la membrane muqueuse du canal Aigeslif, élevée à son plus haut degré d'intensité ; c'est ce qu’en médecine physiologique nous désignons par les mots de gasiro-entérite passée à l'adynamie.
. D’après ce que nous venons de dire, on voitque les typhus ne peuvent être que des gastro- -entérites aiguës du plus haut degré : ils réunissent en effet tous les caractères des fièrres putrides ou adynamiques sporadiques ; ; ils n’en diffèrent que Be la cause. Or cette cause est un miasme putride, c’est-à-dire un gaz provenant de la décomposition des corps organisés ; celle cause à donc les plus grands rap-
orts.avec le gaz qui se forme dans l’intérieur des intestins phlogosés, gaz qui produit aussi, comme nous venons de le voir, un véritable empoisonnement miasmatique.
Ainsi l’on peut établir que, dans un grand nombre de-cas, l’homme s’empoisonne lui - même par les foyers pulrides que l’inflammation développe dans ses organes , et que, dans d’autres , il est empoisonné par les émanations de foyers putrides, situés hors de lui. Au premier cas se rapportent , non seulement les états adynamiques, produits par la gastro- -entérite aiguë , mais aussi Ceux qui dépen- ‘dent des grandes suppuralions intérieures ,:dont le
pus, en puiréfaction;, estincessamme nt résorbé et des suppurations : extérieures , ‘égale: ment és : comme celle de la variole, ‘etc: A 5 cond casse rattachent la fièvre jaune , la peste; tou‘ s les autres’ typhus provenant des miasmes dégagés des corps! organisés qui se putréfient en plein air, les fièvres de mauvais caractère, occasionées par 4 s émanations des animaux vivans , sains ou malades »Tesserrés ;dans ‘un local trop étroit , et même cal les: qui sont provoquées par les émanations d’un se u} malade-affecté de typhus ; lorsque les émanation *S sont abondantes , très virulentes etabsorbées par Lt ee sujet éminemment prédisposé.: | Va
On va dire que nous admettons la contagior à fée brile d’un individu à l’autre, dans un moment o üla plupart des médecins physiologistes s’empress ent de la nier. Ceci mérite quelques distinctions. Ami "ès avoir posé en principe que les miasmes putride's, quelle qu'en soit la source ; peuvent produire ‘le groupe dé symplômes. auquel on: assigne le:no1 n typhus, nous affirmons, fondés sur l'expérience , que rarement un seul malade peut fournir des:mias: mes assez actifs et assez copieux pour empoisonnel® plusieurs personnes saines ; mais la même expérience : nous force de convenir qu’il est des cas où cet ernpoisonnement peut s'effectuer, sur un petit nombre de sujets, et spécialement sur ceux qui approchent de-‘près le malade , qui reçoiventiet aspirent soncha+ leine , surtout lorsque l’on néglige les: moyens dé propreté, que de malide n’est ni changé de linge, ni ventilé suffisamment , et qu’on le laisse croupir
tk;
avec lésexerétio ms; dans un local trop étroit , soustrait à l’influen ce de l’air extérieur. Nous conviendrons quescet te espèce d'infection , à laquelle on a donné de nom de contagion, est peu commune, parcequ’ün seul malade est rarement un foyer bien virulents,17 jais. nous: nous garderons bien de: nier qu'elle so possible : les-faits: déposeraient contre NOUS:;;€È4 : nous sommes esclaves des faits: Les contaglonist es n’en manquent pas plus'que leurs'adver- | Saires ;: ! 24 mille faits négatifs.ne peuvent détruire un fait affir ;:matif. Nous nous bornerons donc à dire que celle € ;spèce d'infection est très facile à prévenir, et que J& mais un seul malade, transporté dans un lieu sain, ;et soigné d'une manière convenable, ne peut êtré ‘la cause-d’une épidémie. TION
À: près avoir reconnu comment l'état adynamique Où ‘ typhique se rattache à la gastro-entérite , nous son mes conduits, par les termes de la proposition CX XXVIIL, à rechercher de quelle manière l’état nerveux, ataxique lou malin; peut en être le résultat. Se2s symptômes dits nerveux par excellence, tels que le:s convulsions bien ‘prononcées, les raideurs tétatriques ,‘un délire permanent, plus bruyant que ce- Lui de la forme typhique , exempt de tout mélange “de stupeur et de somnolence , supposent que le cerveau est excité dans un mode différent de celui qui appartient au typhus ‘ou à l’adynamie fébrile. Toutefois ce mode peut; aussi bien que le dernier, être la conséquence d’une gastro-entérile. Dans les deux, il y a transmission d'’irritation à l’encéphale; mais celle, du mode: iyphiqué est'accompagnée d’un en-
1(ra282: )
gorgement sanguin plus profond, d'une sorle de narcotisme qui n'existe pas dans la seconde. Les mouvements convulsifs et le délire du mode typhique sont ceux d’un homme assoupi; les convulsions et le délire du mode ataxique sont ceux d’un homme trop éveillé : comment donc ces deux modes peuvent-ils dépendre de la même cause, peuvent-ils être le résultat de la même influence sympathique ? On sait qu’en général, abstraction faite des causes provocatrices, l'encéphale est sujet à ces deux modes d’excitation. Il y a toujours, dans les irritations cérébrales, ou trop de veille ou trop de sommeil. La différence paraît dépendre, dans bien des cas? du mode.de l’irritation, et du retour plus ou moins facile du sang dans la circulation: Si l'irritation est sans engorgement , les malades sont éveillés ; mais si elle accumule le sang dans la substance cérébrale, la somnolence remplace l’insomnie.Cette succession peut être observée journellement dans l'affection qui nous occupe :on voit souvent des malades , après plusieurs jours de veille ; passer subitèment à l'état comateux , lorsque la congestion est formée ; et’réciproquement , on observe des cas où, la congestion qui existait dès le début ayant été détruite par les saignées, l’insomnie-prend la place de l’état sopo= TeEUX. 902.412: 48. 9 LAS
Si l'on scsi déterminer la cause prothaine des symptômes adynamiques et ataxiques d'après çes données, ‘on dirait que l'engorgement sañgtin ‘de lamembrane muqueuse des voies gastriques entraîne d'abord:celui de l'encéphäle , et produit} ainsi Ja
RTS.
stupeur et la prostration adynamiques ; que si l’irri= tation cérébrale, provoquée d'abord par celle de la muqueuse gastrique , passe au mode inflammatoire douloureux, et opère la révulsion de l’engorgement sanguin de la région épigastrique , la somnolence disparaît, pour faire place au délire, aux convulsions et à l'insomnie ; mais que si cependant cette irritation cérébrale n’est pas détruite,elle finitpar produire une congestion où un épanchement, et par ramener l’état comateux qui, dans ce second cas, est beaucoup plus redoutable et presque toujours mortel.
Cette explication paraît assez plausible’ pour les cas où le cerveau et ses membranes sont véritablement dans, l’état inflammatoire ; mais combien de sujets qui, bien qu'ayant offert l'aspect le plus ataxique , ne présentent aucune trace cadavérique d’inflammation , et ne. läissent voir dans le cerveau qu’un engorgement sanguin, une infiltration séreuse dans lapie-mère, ou un léger épanchement de même nature. dans l'arachnoïde ,: tandis que la membrane muqueuse des voies gastriques porte. les traces les plusiévidentes de phlegmasie?! 49)
Puisqu'il n’est pas. possible d’atiribuer tous les symptômes ataxiques qui surviennent, pendant le cours des gastro-entérites aiguës , à linflammationr véritable du cerveau et de ses membranes, on ne peut yvoïr autre chose qu'un effet sympathique de la phlegmäsie muqueuse de l'estomac et dest‘intestins grêles, €’est-à-dire une modification produite, par la même, cause qui détermine les phénomènes adynamiques, Dans l’étit adynamique comme dans
(255) l’ataxique, le cerveau est excité par la gastro‘entérite ; voilà-la ressemblance. Dans le premier , il l'est avec stupeur, somnolence et prostration, tandis que, dans le second, il l’est ayec convulsion, délire, veille opiniâtre, exaltation de la sensibilité; voilà la différence. Puisqu’elle ne dépend pas nécessairement de l’inflammation cérébrale, à quoi peut-elle tenir ? Vient-elle d’une nuance particulière d’inflammaton des intestins ? Pour: que cela füt ; 11 faudrait que l’ataxie ne s’associât jamais à la gastro-entérite accompagnée d’une forte chaleur de l'abdomen; car c'est celle nuance qui amène nécessairement la puiridité, si elle persiste un certain nombre de jours: Nous avons souvent remarqué: que: l’ataxie coexistait avec la gasirite pendant les premiers ‘jours’ de l’état aigu, c’est-à-dire tant que l'irritation prédominait dans la partie supérieure du canal; mais, après quelques jours; la stupeur persistait avec la feudité, et les phénomènes nerveux se trouvaient ; en gativie sorte, émoussés: par la complication adyñarmique. Cela ne viendrait-il pas de ce qued’inflammation , ‘en se prolongeant dans:les intestins;; aurait pr did un plus haut deoré d’altération ? Voilà des fait$.sur lesquels: il est hit quel’ attention La observateurs'soit appeléess:r 59 51 mixte | Nous. avons souvent.eu l’occasion: ré fév la remarque que les malades qui présentaient lapluswive ataxie, tel qu'un délire furieux, avec exaltation prodidatse dela force musculaire ,:sensibilité exagérée
des organes des sens, à la suiteldes excès de liqueurs
spirilueuses, ou par toute autre-excitation des -voies
digestives, avaient peu de chaleur fébrile, le pouls presque effacé, l'abdomen très déprimé, et ses muscles: fortement contractés : signes certains qu’il n'existait pas, dans les intestins, de phlegmasie avec congestion de fluides dans la membrane muqueuse. Lorsque ces malades ont succomhé en peu de jours à la violence de l’état nerveux, nous avons pu vérifier qu’en effet cette membrane, quoique rouge, était sèche et les intestins rétrécis : l'exploration de la ca- vité crânienne devenait alors fort intéressante ; mais lorsqu'en même temps on n’y observait autre chose qu'injection ; densité, rénitence du cerveau, sècheresse de l’arachnoïde, sans aucune exsudation , n’était-il pas évident que le cerveau avait été excité par la phlegmasie commençante du canal digestif? Sans doute; et-nous avons tout lieu de croire que si de pareils malades avaient vécu plus long-temps, l’appel des humeurs dans la muqueuse phlogosée se serait ‘effectué; l’altération de cette membrane se serait faite ; la putridité, la stupeur et la prostration auraient marché sur ses traces, et la forme adynamique aurait pris la place de l’ataxique.
Ce qui nous a confirmé dans cette manière de voir, c'est que nous avons vu également périr, durant l’état ataxique que nous dépeignons,, et les malades que l’on avait excités par les antispasmodiques, et ceux qui avaient été débilités par les fortes saignées: Les premiers ont succombé parcequ’on avait exalté l’état nerveux, en ajoutant à la surirritation des voies gastriques; les seconds ont dû leur mort à l'affaissement que produisent toujours les grandes
(235 ) | pertes de sang chez les malades épuisés par des convulsions excessives ; car il n’est jamais prudent de verser du sang, chez un malade convulsé depuis plusieurs jours, lorsque le pouls est très petit. Après avoir fait -cette remarque, nous'avons pris le parti de n’opposer à ces ataxies du début de l'état fébrile que. des bains froids ou tièdes:et-des boissons émolhentes. L'évènement a jusuifiécette pratique; car, au bout de quelques jours, nous avons vu les convulsions et le délire. diminuer, le pouls et la chaleur fébrile se développer, la soif et les autres signes de la gastro-entérite se manifester ; quelques ‘uns de nos malades entraient en convalescence; d’autres restaient avec la fièvre et le délire: c’est alors que, craïgnant également l’encéphalite et le passage à l’adynamie, nous avonsreu recours aux saïignées locales, pratiquées à la tête ou sur l'abdomen ; et ces pertes de sang, qui auraient pu être funestes dans la période du spasme , étaient alors bien supportées et procuraient une terminaison prompie et heureuse, toutes les fois que la muqueuse du canal digestif n “avait point éie désorganisée par une phlogose etre nique antérieure à l’état aigu. LAN OUR
Tout ce:que nous venons de dire sur l’ataxie consécutivé à la gastro-entérite ne porte aucun préjudice à l’ataxie primitive : l'irritation du cerveau préside à l’une aussi bien qu’à l’autre. Maïs voici l’instant d'exposer ce que les faits nous ont appris sur les signes et sur la marche de ces deux ataxies: nous allons les comparer rapidement, et compléter ainsi ce que nous nous proposons de consigner dans
cet ouvrage pour: fixer les caractères de ps nervosité fébrile. : + 2% 10 12 0 La très grande majorité des sphbnses de l’encéphale ne sont, dans leur début, ainsi que nous l'avons déjà répété, que des irritations Ppmpathiques de l’estomac phlogosé ;irritations qui, pourn ’avoir pas été combattues en temps opportun, vont abouür. au réseau vasculaire de:la pie-mère et dans! larächnoïde, où elles prennentile caractère de philegmasies; les autres sont l'effet des violences extérieures , des phlegmasies circonvoisines , et celles-ci peuvent quelquefois atiaquer la substance même du cerveau: l en est qui proviennent des affections morales ; car bien que les passions exercent beaucoup d'influence sur-les organes digestifs et sur le cœur, elles peuvent. quelquefois ne produire d’inflammation que dans le cerveau ou dans ses membranes ; ces, organes peuvent aussi recevoir l'irritation: par métasiase, d’unesautre partie, etc. rot Irrité. par l’une ou l'autre de ces causes; l’encéhale commence toujours par provoquer des désordres dans les nerfs:de relations Considérés dans le moment de leur apparition; ces désordres nettémoisnent autre chose que l'irritation du cerveau ; il faut nécessairement qu ils deviennent continus: et prédominans sur toute autre espèce:de lésion, pour que l’on soit en droit de soupçonner une véritable phlegmasie. S'ils sont seuls et fort intenses; la phlegmasie est démontrée ; mais dans les:cas où les phénomènes sont! provoqués ‘par une gastro-entérite , ils ne. peuvent être attribués à linflammation du
cerveau ou de ses membranes, chaque fois qu’on les voit se dissiper. et reparaître avec la: maladie primitive. C’est ainsi que nous voyons chaque jour les soubresauts des tendons disparaître par une application desangsues sur l’abdomen et revenir après l’ingestion d’un bouillon. Mais, quelle que soit la cause-déterminante de lPirritation encéphalique, les convulsions tétaniques persévérantes, les douleurs atroces et rebelles de. la tête, soit locales, soit nérales , la perte de quelque sens, :la paralysie de certains muscles , le sopor profond, l’état hémiplé-gique, l’apoplexie avec paralysie, l’imbécillité, la pesanteur habituelle des membres et l'impuissance de. la locomotion, sont des signes positifs d’une phlegmasie de l’encéphale: en d’autres termes, ces symptômes signifient que l'irritation de cet appareil a produit une altération dans sa texture.
Nous avons exigé, pour porter ce diagnostic, que les symptômes énumérés fussent permanens ; en voici-la raison : c’est que toute irritation un peu violente peut les produire, par le seul fait de l'appel du sang et de la congestion qui en résulte, et tant que cette congestion n'a pas compromis:la texture de l’encéphale ou de ses membranes , la maladie est curable, ou, si le malade succombe, on ne trouve aucun des désordres communément attribués à l’inflammation; ce qui revient à dire que dès qu’il y a véritable inflammation du cerveau, la guérison comsee est impossible.
Que faire donc maintenant? fibauil do à toutes les affections: du cerveau le nom de phlegma-
sie,sans attendre les signes manifestes d’une altération de la texture de ceviscère? Si l’on prend ce pari, toutes les migraines , toutes les céphalalgies, seront des inflammations, et toutes les fois qu'un malade aura souffert de la tête: ou présenté des phénomènes, soit convulsifs, soit comateux, dans une maladie aiguë, il faudra soutenir qu'il avait une encéphalite où une arachnitis, lors même que l’autopsie ne présenterait qu'une médiocre injection sanguine ou un modique épanchement séreux sur la surface de l’arachnoïde, avec une irès légère opacité dans quelques points seulement de cette vaste séreuse. ï
Faut-il attendre la permanence des symptômes ét des signes d’altération organique pour prononcer que l’inflammation est réelle ? Alors lindication des antiphlogistiqués viendra trop tard.
Fera-t-on différentes coupes dans les'symotômes cérébraux en appelant les uns nerveux, les autres inflammatoires, et-donnant à quelques autres des noms tirés, tantôt du mode de lésion éxtérieure, paralysie , apoplexie, folie, catalepsie, tantôt de l’altération trouvée dans les cadavres, ramollissement, indurations , encéphaloïdes, cancers, etc. ? Ces coupes, d’ailleurs tout arbitraires, conduiraient les praticiens à répéter ce que l’on n’a fait que trop long-temps pour le malheur de lespèce: humaine, c’est-à-dire à n’opposer que des moyens impuissans, quelquefois même directement nuisibles à la modification physiologique intérieure, qui produit les lésions apparentes, Cette méthode ontologique et
superficielle ramènerait bientôt les praticiens à n'opposer les saignées aux affections cérébrales que dans les cas de pléthore ou de fièvre très prononcée, car ce ne serait qu’alors qu’ils redouteraient l’inflammation , et à laisser à l'irritation modérée ou chronique le temps de consommer la désorganisation du plus important de tous no$s viscères : elle les: mettrait encore une fois dans le cas d’exaspérer par de prétendus spécifiques, ou par des dérivatifs mal placés, l’irritation de l’organe qui trouble sympathiquement les fonctions de l’encéphale ; eile les porterait, au grand scandale des savans qui espèrent voir la médecine prendre rang parmi les véritables sciences, à attendre l’époque de l’incurabilité pour reconnaître la maladie dont |’ encéphale est attaqué, et à tirer leurs caractères de l’agonie.
Il n'existe, selon nous, qu’un seul moyen d’échapper à tous ces écueils : c'est de prendre les faits pôur ce qu'ils sont, et de les énoncer sans préoccupation : ainsi, toutes les fois que l’encéphale fait éprouver de la souffrance, toutes les fois qu'il excite trep vivement les fonctions intellectuelles sensitives ou locomotrices, on peut dire, sans crainte de se tromper, qu'il est trop irrité ou surirrité, qu'il appelle trop de fluide et qu'il est menacé, ou d’un engorgement, ou d’une extravasation, ou d’une suppuration, ou d’un ramollissement, ou d’une induration, ou de tout autre mode de nutrition anormale, et par conséquent vicieux. Reste à chercher les indications curatives, et la physiologie nous apprend à les trouver, ou dans la stimulation primitivé de
( 240 ) l’encéphale , ou dans celle d’un organe qui réagit trop énergiquement sur lui. Dans toutes les lésions du centre de nos relations, le praticien doit voir en perspective la folie , la PA , les dégradations des organes, des sens, les épilepsies, les paralysies, les apoplexies; c'est le meilleur moyen de rencontrer | rarement ces déplorables affections , qui ne sont autre chose que le signal d’une désorganisation qui s\opère rarement sans avoir été préparée et annoncée par des signes non équivoques de la surirritation
de l’appareil encéphalique.
Toutes les fièvres essentielles des auteurs se rapportent à la gastro-entérite simple ou compliquée. Ils lont tous méconnue lorsqu'elle est sans douleur locale, et même lorsqu'il s’y trouve des douleurs, les regardant toujours comme un accident.
Cette proposition est une de celles qui ont le lus révolté les anciens médecins. Sans vouloir en approfondir le sens, ils l’ont déclarée trop exclusive. L'idée de ne voir que l’inflammation des voies gastriques dans les fièvres les a choqués; ils ont d’abord crié à l’absurdité. En y réfléchissant ensuite, ils ont bien voulu accorder, au moins les plus sensés, qu'il n y a point de fièvre sans l'affection d’un
À ( 241 orgäne: mais ils ont refusé d'admettre que celte affection se réduisit toujours à une gastro- entérite. Nous leuravons répondu en parcourant les phlegmasies aiguës de tous les organes, et les comparant avec l'état fébrile. | ; ous: leur avons-nous dit, donné un nom s aux inflammations de la peau, à Meelles du tissu cel- lulaire, à celles des muscles, à celles des articulaz tions, à celles de l’encéphale, à celles de la gorge du larynx, des poumons et de ses différens lissus, à celles du cœur, à celle du foie, du péritoine , des reins , de l'utérus, de la vessie, du colon et du rectum ; aux phlegmons du tissu célltaire des cavilés viscérales ; aux phlegmasies de l'appareil vasculaire ? La réponse ne pouvait être qu'affirmative ; il suffit de parcourir les nosologies pour en avoir la certitude ; mais les hommes qui craignaient d’être convaincus ne l'ont point faile : faisons-la donc pour eux; disons que toutes ces inflammations sont désignées, chacune, par une dénomination spéciale, qu’à côté se trouve le groupe de symptômes qui les caractérise, et que la fièvre qui les accompagne en est considérée comme l'effet. Ajoutons maintenant :
Ou vous donnez aux fièvres dépéndintes de ces phlegmasies le nom de fièvres essentielles , ou vous ne leur donnez pas ce nom. Si vous le leur accordez, vous contrevenez à vos principes, puisque vous professez que toute fièvre produite par l’inflammation d’un organe n’est pas‘essentielle ; si vous leur refusez cetitre , vos fièvres essentielles ne sont dé-
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pendantes d'aucune des phlegmasies que nous ve nons: d'énumérer, et alors il faut, pour les caractériser, d’autres symptômes que. ceux de:ces mêmes phlegmasies. Îl s’agit maintenant, avons-nous ajouté, de rechercher la valeur des symptômes qui attestent : l'existence de vos fièvres essentielles ; or je parcours ces symptiômes, el je trouve que ce sont- précisésment ceux de Pinflammation de la membrane muqueuse du canal digestif, depuis l'estomac jusqu’au colon. $)
« Mais, dites-vous, nous connaissions ces phlegt masies.,, et vous trouverez dans nos cadres nosologiques des gastrites et des entérites , comme vous y rencontrerez des pleurésies ; des péripneumonies, etc. » À cela nous leur avons répliqué : Vous décrivez des gastrites, mais vous ne nous indiquez que celles du plus haut degré, ét vous les confondez avec d’autres maladies. Vous mous parlez d’entérites ;mais dans vos descriptions nousreconnaissons d'autres maladies ; par exemple, la péritonite : de plus, vous nous donnez.de véritables gastrites pour des maladies indépendantes de linflammation de l’estomac,-sous les noms de choléra morbus, de vomissement noir, de gastralgies, de pyrosis, etc. Vous nous décriveéz, sans le savoir, de véritables entérites, sous le nom de carreau ,de fièvre entièrement nerveuse, de fièyre mésentérique. Dans tous ces cas vous n’admettez pas l'essentialité.de l’état fébrile ; mais yous vous méprenez sur la nature de l'affection de-l’organésauquel vous atiribuez cet état :fébrile. Nous en conelnons d’abord que vous ne connaissez
La
pas les inflammations de la membrane MEL
de l'estomac et des intestins grêles. L'ATREUT -#Non content de voustavôir convaincu d’i iris sur Ce premier point, nous revenons à l'évaluation des symptômes des fièvres auxquelles vous avez réz servé le ‘titre d’essentielles ; et'ce nouvel examen nous prouvé que ces symplômes appartiennent à ces mêmes inflammations du canal digestif que vous avez déjà méconnues sous d’autres formes. Prouveznous que nous Sommes dans l'erreur, que vos fièvres bilieuses, gastriques ; muqueuses, nerveuses; ataxiques, adynamiques , putrides ; vos fièvres ardentes, vos fièvres jaunes, vos typhus, vos synoques simples ou fièvres inflammatoires, ne sont pas cela. Nous nous rendrons alors de bonne grâce ; mais ne venez pas nous dire que ces fièvres peuvent dépendre de toute autre ‘inflammation que de celle des voies digestives, car nous vous rappellerions la concession que vous avez faite; nous vous dirions en effet: si
cette fièvre, que vous nommez inflammatoire, et: que vous avez crue essentielle jusqu’à l’autopsie, qui
vous fait voir une inflammation ; dépend: d'une pneumonie, d'uû catarrhe, d’une phlegmasie cérébrale, ou de celle des vaisseaux sanguins, ce n’est point une fièvre essentielle; c'ést une inflammation
que vous avez méconnue, quoique les caractères qui
la distinguent fussent, selon vous, clairement exprimés dans vos nosologies. Si cette fièvre adynamique est l'effet d’une suppuration occulte que vous dé-
couvrez après la mort, ce n’ést point une fièvre és
sentielle, mais un phlegmon dont vous n'avez pas 16,
soupçonné l'existence. Si cette fièvre muqueuse est alimentée par une combinaison de phleymasies de plusieurs viscères, ce n’est point une maladie essentielle, c’est un mélange de plusieurs phlegmasies que vous réunissez mal à propos en une maladie unique pour en faire une entité particulière.
D'autre part, que voulez-vous que nous pensions de votre jugement, lorsque vous nous parlez de maladies composées d’une fièvre essentielle, c’est-à-dire qui n’a point de cause locale, et d’un câtarrhe , d’une gastrite ou d’une dysenterie? Avezvous un moyen de nous démontrer que la fièvre, qui , selon vous , peut être produite par le catarrhe, la gastrite, la colite, n’est point ici l'effet de ces phlegmasies , et qu’elles ne sont qu’un accident ou une complication de cette fièvre?
- Enfin, comment faut-il vous qualifier quand vous nous dites que la rougeur du canal digestif et les autres traces d’inflammation que nous trouvons dans les cadavres sont l'effet de la fièvre essentielle, vous qui, encore une fois, avez avoué que les inflammaüons des organes produisaient la fièvre? Ne convenez-vous-pas que l’induration rouge et le ramollissement du poumon sont des traces d’une phlegmasie qui a produit la fièvre? ne faites-vous! pas le même aveu,pour la rougeur du péritoine, pour celle de la peau, pour celle des yeux, de la gorge, etc. ? Nous voilà donc réduits, pour nier que la gastroentérite est la cause des fièvres qui n’offrent d’autre trace d’inflammation que la rougeur du canal digestif, à soutenir que cette rougeur est la seule qui
ne Soit pas SPA on et qui n'ait pas le podtroir d'alimenter un état fébrilé! he ortle s4vrb0
Vous croyez triompher quand les Pl: vous présentent la couleur brune ou la noire àu lieu de la rouge, dans: l'estomac et les intestins ;;eh : pouvez-vous nier que cette même couleur succèdeiégalement à la rougeur dans tous:les autres nÉgates, lorsque: la phlegmasie à parcouru de Haeues pér riodes.::: .. | | PTE
Telles sont les questions que nous traisons depuis long-temps dans les différens ouvrages de la doctrine. Nous les avons réunies et:rapprochéesdans ce commentaire , pour en faciliter l'intelligence -aux personnes de bonne.foi qui ont le désir de, s’instruire. Ce.que nous’ avons dit suffit pourjustifier la proposition CXXXIX, surtout si on la rapproche des développemens qui ont été donnés sur celle qui la précède ; | | slarodisni