‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 33 sur 50 · CXL · texte numérisé non relu

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7. auteurs ont quelquefois dit. que. certaines. fièvres dépendaient d’une inflammation des organes digestifs; mais. ils :n’onit jamais dit que les fièvres prétendues essen-

tielles ne pussent avoif une autre cause ja-

mais qu elles fussent produites par le’ même mécanisme que la fièvre: des ] pneumonics. CLC.; ; jamais “énfin qu'il ny en. eût point d’e essen-

( nd ) tielles. Tout cela n’a été dit que depuis la doctrine physiologique. (

UP Su nement) dé plusieurs fois préséntés par les médecins physiologistes, et qui viennent d’être résumés, n'ont jamais été faits par les écrivains étrangers à cette doctrine. On avait dit que dans‘ plusieurs fièvres maliones, continues où rémittentes , les organes digestifs étaient souvent enflammés ; mais l'entité fièvre restait touiours comme cause dé linflammation, même dans l'épidémie ou daris le cas que l’on avait sous les’ yeux, et tendait à se rallier à d'autres entités pareilles, qui n'étaient pas’ détruites, et qui lui servaient de sauvegarde. En France, on avait essayé d'expliquer les fièvres “essentielles de la nosographie par différentes manières d'être de nos organes, mais non de les détruire pour les rapporter à l’inflammation. C'est ainsi que les uns voulaient réduire la fièvre bilieuse et gastrique à une irritation des sécréteurs de la bile ; la fièvre muqueuse à une irritation des follicules du canal digestif; la fièvre adynamique à une affection irritative dés fibres musculaires : la fièvre inflammatoiré à uné irritation des des exhalans et des follicules sébacés ; tandis que d’autrés', après avoir fait beaucoup d'attention à l'engorgement sanguin du canal digesuif, n’hésitaient pas à attribuer la fièvre adynamique à la retraite du. sang des: vaisseaux de ce même canal, et jusuifiaient ainsi le traitement incendiarre que Cullen avait conseillé, et que Brown ‘avait rendu universel.

L'un voulait que toutes les’ maladies fussent des irritations particulières des vaisseaux lymphatiques ; un autre prétendait les classer d’après les lésions des propriétés vitales, et, pour y réussir , 1l érigeait ces propriétés en autant de puissances qui démEs naient tous les organes. ré |

En Allemagne, on rapportait toutes les fièvres de mauvais câractéré à une lésion du système nerveux, et cette lésion, suivant lés uns, était la débilité, tandis que, suivant d’autfes , c'était une phlegmasie attaquant le cerveau on la moellé raichidienne. En Îtalie, on parlait d’affections diathésiques générales, de processus qui généralisarent des maladies

primitivement locales. Les médecins italiens de ébtté

époque avaient beaucoup réduit le nombre des maladies ‘asthéniques de Brown; mais ils traitaient leurs fièvres' hypersthéniques, devenues les plus nombreuses, par des purgatifs, par des ‘sels, par des narcotiques, par li digitale ; moÿens qu ils en tremélaïent avec les saignées, les boissons émolz lientes et l'application du froid, comme tendant exactement au même but, preuve certaine qu’ils n'avaient aucune idée du véritable état de la mémbrane interne des voies gastriques. D'ailleurs leurs saignées, toujours faites aux gros Vaisseaux jathiais pratiquées sur le fôyér prineïpal de l’inflammation!, prouvent assez ue ce: foyér ñe leur était point: eôuez nu. Ils attaquaient une diathèse sthénique, "qu’ils plaçaient on ne sait où, par des modificateurs qu'ils se \ représentaient comimeéspropres à la’ détruire, lorsqu'ils ne faisaient que l’augménter ; 118 les dé-

posaient dans l'estomac, et se les figuraient agissant partout ailleurs que sur l'estomac (1). |

Où donc était l’idée de l'état pathologique des organes qui correspond aux fièvres essentielles des auteurs? On ne le rencontrait ni chez les contemporains ni chez les anciens classiques : toujours des modifications imaginaires de l'organisme; toujours des entités inexplicables ; aucun rapport entre les maladies aiguës et les chroniques; l’économie était soumise à une foule de lyrans abstraits, et nulle part on ne trouvait une modification naturelle, fondée sur l'anatomie et sur l'irritabilité des organes. Tous les médecins qui ne tenaient pas exclusivement à l’humorisme étaient des browniens déguisés, qui altribuaient la même maladie tantôt à l'excès de la force générale du corps, tantôtà la faiblesse; ou bien c’étaient des ontologistes , qui prélendaient que l’en- . tité morbide ne pouvait être caractérisée que parisa marche, sa durée et sa terminaison, et qui, par là, se-mettaient dans l'alternative ou de traiter une maladie avant qu’elle füt connue, ou d’attendre sa ter minaison pour décider ce qu’il aurait fau faire pour la bien traiter. « Altendez, vous disaient ces prétendus.analystes, lors du malaise précurseur des affections aigués, attendez que la maladie soit déclarée ; voulez-vous attaquer voire ennemi avant de le connaître ? Donnez une secousse à l’économie ; faites prendré un yomilif : si vous n’avez affaire qu'à un

(a) Voyez l’observation de la maladie de la fille de Tommasini, Jour: nal universel des sciences médicales, tome XVI, page 75,

(249 ) embarras gastrique , votre malade sera guéri tout-àcoup ; mais si c’est une fièvre gastrique qui le menace, elle se démasquera, ét vous saurez à qui vous aurez affaire. » La fièvre gastrique était-elle démas= qüée; la chaleur, la soif, la céphalalgie, l’ardeur intérne élaient-elles insupportables , on vous disait: « Gardez-vous de répandre trop de sang; que savezvous de certain sur la tournure que doit.prendre cette maladie ? Vous croyez n'avoir à traiter qu’une

fièvre gastrique; peut-être que la fièvre adynamique

est cachée sous cette apparence illusoire , et qu'elle n'attend pour se montrer à découvert que l'émission

sanguine que vous vous proposez de pratiquer: Conservez donc à votre malade les forces nécessaires

pour soulenir le poids du mal, et ne vous exposez pas à la nécessité d'adminisitrer dès demain du quinquina et du vin, pour restituer les forces que vous aurez enlevées aujourd'hui. » Quelquefois même on

poussait la précaution jusqu’à donner des toniqües…

avant l'apparition de la débilité, qui, comme on le présume, ne tardait guère à se déclarer.

D’autres médecins avaient plus égard au caractère de l'épidémie ou de la constitution régnante qu'aux classifications des nosologistes, et prétendaient qu’une fièvre ne pouvait être bien connue avant qu'on en eût vu marcher plusieurs autres de la même saison. Souvent on les entendait dire que la fièvre stationnaire ou intercurrente imprimait quel“ que chose de son caractère à toutes les autres maladies qui régnaient en même lemps qu’elle, et Sydenham avait tracé des règles de diagnostic fondées

ko;

sur l'analogie, pour diriger la conduite des pratuciens lorsqu'il se présentait une nouvelle fièvre (1).

Mais pourquoi revenir aux médecins des siècles passés ? Né voyait-on pas constamment paraître des fièvres nouvelles? Les journaux ne présentaient-ils pas chaque année des histoires d’épidémie, dont les auteurs assuraient que la fièvre qu'ils avaient observée ne ressemblait à aucune de celles queil’on avait décrites jusqu'alors? Parcequ'ils avaient vu de près ces fièvres, parcequ’ils avaient tenu note de tous les symptômes, de toutes les minuties et de toutes les particularités que peuvent fournir les idiosyncrasies ; parcequ'ils avaient ainsi obtenu un tableau plus chargé, ils en méconnaissaient le fond, ils n’en découvräient point les traits caractéristiques, ils ne le trouvaient plus semblable à ceux qu’on leur avait donnés pour modèles ; et croyaient de bonne foi qu’ils venaient de découvrir une nouvelle fièvre.

Or, si l’on avait eu des idéet bien précises sur la cause principale des’ fièvres , sur leurs véritables complications et sur les particularités individuelles qui établissent, entre dés cas essentiellement identiques, des différences d'une importance secondaire, la:médecine n'aurait point eu à rougir de toutes ces imepties. Que quelqu'un s’avise aujourd’hui d’inventer une fièvre nouvelle, on verra avec quelle facilité les médecins physiologistes la réduiront à l’inflammation des viscères: si celle de quelque autre organe

(1) Schedüla monitoria de novæ febris ingréssu.

(Geb: )

que ceux de la digestion! en est la cause, cette cause sera bientôt appréciée; les symptômes qui appartiendront à cette phlegmasie seront de suite signalés; ceux qui dépendront de la muqueuse digestive lui seront rendus; les causes provocatrices antérieures seront recherchées avec soin; on saura les distinguer des irritations qu’elles auront occasionées ; on ne fera pas du tout une entité spéciale, comme cela s’est pratiqué jusqu'à l’époque de la doctrine physiologique , et la maladie, quelle qu’elle soit, ne restera pas dans les fièvres Belle On aura découvert quelque chose de nouveau sur l’activité de certains modificateurs, de certains agens d’excitation, sur l espèce d’ iffinité qui les dirige vers un organe plutôt Hiu vers tous les autres ; on aura peut: “être mieux apprécié l'influence de él où tel moyen curatif ; mais on n'aura pas découvert une fièvre nouvelles mais On n'aura pas créé une entité jusqu'alors inconnue dans les fastes de nvs maux; et l’ontn’entendra plus, comme conséquence de cette prétendue découverte, retentir, dans les ouvrages périodiques, les réclamations de tel ou tel érudit, qui aura retrouvé la découverte dans un bouquin. Si quelqu'un tient encore ce langage suränné, son livre séra mis paisiblement à l’écart et n Ethalééert point Ja bile des médecins véritablement instruits+

Les auteurs ; ignorant que la membrane

(2521 interne des intestins grêles peut s’enflammer sans douleur locale, ont tous attr:bué à leurs entérites les symptômes de la péritonite.

Il convient d'ajouter, et souvent ceux.de la colite: s’il en eût été autrement, la. gasiro-entérite aurait été connue. ; |

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