‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicales (volume 2)Chapitre 41 sur 50 · ET Ÿ OR · texte numérisé non relu

ET Ÿ OR

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(1638: ) à des fonctions plus importantes que celles dont ces organes sont chargés.

‘Après avoir réf le fait pour les viscères de second ordre, l’auteur fut naturellement conduit à rechercher s’il est également vrai par rapport aux organes extérieurs, c'est-à-dire au squelette et aux parties molles dont il est enveloppé. L'observation donna des résultats tout-à-fait semblables. Il paraît définitivement démontré que l’inflammation peut affecter deux marches opposées : développée dans les viscères de premier ordre , elle se propage souvent à ceux d’une moindre importance, ou se répète dans la peau ou dans quelques régions du squelette. ( Voyez les propositions sur les métastases. ) Née dans l’un de ces derniers tissus, l’inflammation peut, si elle a peu d'intensité, y séjourner longtemps, sans que les viscères y participent, mais il faut de toute nécessité qu’elle finisse par s’y propager, soit à raison de sa vétusté et par les progrès de l’âge, soit lorsqu'elle s'élève à un degré insolite d'activité ; alors toujours le danger est en raison directe de l’une ou l’autre de ces deux conditions.

Plus une irritation extérieure est violente, plus elle

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affecte fortement les viscères qui la reçoivent ; plus elle a persisté dans son premier siége, plus on trouve de difficulté à la forcer d'abandonner le second.

Telles sont les lois qui président à la médecine chirurgicale. Elles furent long-temps méconnues, mais enfin on fes a comprises : elles seules'ont expliqué les résorptions , les fièvres traumatiques, les

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( 529 ) prétendues humorales , regardées jusqu’ D ..

comme étrangères aux plaies de l'extérieur. Quël-… ques chirurgiens, déjà célèbres, qui ne sont pas restés avec leurs maîtres dans l'esclavage des vieilles + routines, savent désormais que l’on peut rendre purement locale l'irritation d’une plaie, et prévenir le développement de la fièvre dite traumatique. Ils ont aussi reconnu les avantages que l’on retire du traitement antiphlogistique local dans les anciennes Suppurations extérieures et les vieux ulcères, soit pour en obtenir la guérison, soit pour empêcher la formation des foyers d’inflammation chronique dans les viscères, cause commune des fièvres hectiques qui amènent le dépérissement et la mort.

CLVITE,

Les néphrites aiguës ne sont mortelles que par la complication de linflammation des principaux viscères. # Là

Nous ne répèterons pas, à l’occasion de celte | phlegmasie, ce qui vient d’être dit sur la précédente; nous ferons seulement observer que ces deux propositions ne parlent que de l’état aigu, quoique la * remarque puisse également s'appliquer à l’état chronique : c'est parcequ’on s’est proposé d'éclairer let pronostic. du premier et de fournir des données pour la thérapeutique à cette époque des phleomasiès où la conduite du médecin décide en quelques

( 530 ) instans du sort des malades. Avec l’idée que la néphrite, l'hépatite peuvent servir de mobile à une inflammation poly-splanchnique , d’où dépend tout le danger, le praticien ne se contente pas de modérer, par quelques saignées, la réaction fébrile, et ne confie pas à la nature le soin de terminer une guérison qu'il vient de préparer ; il ne s’empresse pas non plus de satisfaire un appétit renaissant et de réparer le sang qu'il a fait perdre : il sait que les stimulations des voies gastriques l’exposent au double danger, ou de renouveler la phlegmasie qui vient de céder, ou d’en provoquer le transport sur un viscère plus important ; et si déjà cette métastase s’est opérée , il n’ignore pas sur quel point doivent se diriger les nouveaux secours. Une apparence d'embarras bilieux, d’engorgement prétendu glaireux des reins , à la suite d'émissions sanguines un peu copieuses, ne lui en impose pas. Cette apparence illusoire ne saurait le résoudre à recourir à des cholagogues ou à des diurétiques actifs, sous le prétexte spécieux de donner un Coup de fouet propre à terminer le travail de la résolution, que la faiblesse du malade rendrait incomplète. Il sait que ce coup de fouet pourrait ne pas porter sur le point que l’on se propose d'atteindre; il craint qu'il ne ravive un ancien foyer de phlegmasie placé dans les voies gastriques ou pectorales, et qui ne demande qu'à prendre un nouveau degré d'intensité. Si des fautes ont été commises par un confrère peu circonspect, le médecin qui a bien médité les deux - propositions que nous commentons sait, au milieu

de la confusion des symptômes, déméler les différens points organiques où l’irritation est devenue prédominante. On ne le verra jamais , préoccupé de la première phlegmasie , fermer les yeux sur l'extension qu'elle a pu prendre , ou embrasser le vague soupçon d’une fièvre essentielle consécutive, dont il faut épier la marche pour en déduire péniblement la thérapeutique. Notre médecin physiologiste sait qu il ne peut guérir que pes le traitement antiphlo- . gistique, et qu ilne s agit, dans espèce, que d'appliquer ce traitement à une série de points inflammatoires, qui se sont successivement ajoutés au premier foyer non éteint.

Les péritonites aiguës des femmes en couche commencent ordinairement par l’inflammation de la membrane interne et de toute l’épaisseur de l’utérus.

Oui: c’est la phlegmasie consécutive au détachement des membranes et du placenta qui, vu la disposilion inflammatoire de la femme, traverse l’utérus et s'étend sur le péritoine. Ce SR de propagation est analogue à celui par lequel la phlegmasie de la muqueuse intestinale se propage à la même séreuse , et, dans les cas de métrite puerpérale aussi bien que dans ceux de gastro-entérite , 1l im-

(e) porte de ne pas l’ignorer, afin de ne rien faire qui

puisse exciter cette funeste propagation , et de savoir la prévenir en forçant l’irritation de ne pas dépasser les limites du tissu primitivement affecté.

Les anatomo-pathologistes qui ont attentivement exploré l'utérus à la suite des péritonites puerpérales auront sans doute remarqué que l’engorgement sanguin est plus considérable au point d'insertion du placenta que partout ailleurs. C’est donc là que prédomine l’inflammation consécutive à la délivrance; et si quelque rénitence ou quelque sympathie peuvent, chez la personne menacée, faire découvrir la région qu’occupe ce point, c'est là qu'il faut s’empresser de pratiquer les saignées locales. N'est-ce pas ainsi qu'une rénitence, une douleur, un météorisme, devenus saillans dans une région circonscrite de l’abdomen, pendant le cours d’une gastro-entérite aiguë , sont dissipés par des sangsues , par un cataplasme ou par un topique à la glace qui préviennent l'explosion d'une péritonite imminente ?

CEX.

Les irritations prolongées de la membrane muqueuse du vagin produisent presque toujours l’inflammation du col et des ovaires; de fà les squirrhes, les cancers, etc.

C’est un fait d'observation , que les stimulations, quelles qu’elles soient, de la muqueuse vaginale doivent irriter sympathiquement les ‘oyaires. On ne

( 333 ) doit donc pas s'étonner que l’hystérie coïncide souvent avec les excès vénériens, et qu’elle soit Ja suite des vaginites prolongées. Que celles-ci affectent le col utérin et puissent l’épaissir en intéressant ses follicules muqueux et son système lymphatique, c’est une vérité dont personne ne doute

désormais , et sur laquelle il serait superflu de nous arrêter.

CEXI.

Les squirrhes du col utérin sont souvent l'effet des violences souffertes par le col dans l'accouchement.

L'habitude où l’on était autrefois de ne voir de l'inflammation que dans les irritations. de forme phlegmoneuse n'a pas été moins funeste à l’utérus qu'aux autres organes. Tout entiers au mécanisme de la parturition, les accoucheurs paraissaient avoir négligé tout le reste. Ils parlaient des déchirures du col utérin comme d’accidens fort simples et qui devaient se guérir d'eux-mêmes dans l’espace de quelques jours. Cependant rien de plus commun que la prolongation de ces phlegmasies dans l’état chronique et leur dégénération définitive en affections cancéreuses. Depuis qu'il existe en France des médecins physiologisies, ces funestes conversions commencent à devenir moins communes. Les médecins ont senti la nécessité de soumettre les

(354 ) femmés qui viennent d'accoucher à une abstinence sévère , surtout lorsque le travail a été long, extraordinairement douloureux oùtrès violent, ainsi que dans tous les cas où l’art s’est vu réduit à la pénible ressource des instrumens ; et depuis lors les phlegmasiés chroniques du col utérin ont commencé à devenir moins communes parmi nous. Nous disons moins communes, car malheureusement il est encore bien des accoucheurs , et surtout des accoucheuses, qui n’ont qu’une idée-fort imparfaite du phénomène de l’inflammation. Ces personnes ne peuvent se figurer que celle du col, dans tous les cas où il a, beaucoup souffert, puisse devenir la cause d’une métro-péritonite dans l’état aigu, et d'une affection squirrheuse pour l’état chronique. Quelques uns conçoivent ces craintes, mais ils ne croient pas avoir besoin d’une diète extrêmement sévère pour prévenir ces suites fâcheuses. [ls ne pensent pas devoir interdire aux nouvelles accouchées, qu'un long travail où des pertes de sang ont rendues faibles, quelques tasses de bouillon et même un peu de vin, sauf à revenir sut la diète au moment de la fièvre de lait. Gette sécurité devient la source d’une foule de maux:il est rare que la femme en couche ait rigoureusement bésoin d’une pareille restauration. Qu'on l’accorde à de robustes villagcoises, dont le travail a été court et facile, ét qui doivent être les noürrices de leurs enfans , rien dé plus simple-et de mieux fondé; mais toutes les fois que la tête de l'enfant à séjourné dans l’excavation, que le col a eu beaucoup de peiné à céder, et qu'il a

souffert quelque violence extraordinaire, il est du devoir d’un médecin honnête homme, qui veut prévénir tout accident, éloigné comme prochain, de ne pérmettre à l’accouchée que des boissons aqueuses , gomrmeuses, mucoso-sucrées, jusqu'à cé que l’in= flammation des parties sexuelles soit à peu près guérié. Nous disons plus: si, malgré la sévérité du régime, l’inflammation ; au lieu de marcher vers la résolution, menace, vers le troisième jour, dé pren: dre le caractère phlegmoneux; si elle supprime les lochies, si elle dessèche la peau ; si elle empêche la türgescence des mamelles, si elle soulève l'hypo= £astré en le rendant douloureux; l’abstinence ne suffit plus : il faut des émissions sanguines, surtout locales, pour prévenir la péritonite. Quelques fem: mes, à la vérité, échappent à cette maladié sans qu'on leur fasse éprouver de nouvelles pertes de sang. Noûs répondrons qu'il ne faut pas se fier à de pareilles guérisons, qui sont toujours rares et diff ciles: Trop souvent, en effet, la phlegmasie reste locale , et ces femmes, après avoir long-:temps souffert de la raideur, de la douleur, de la tension dans la région de l’utérus et dans le vagin , fmissent, après plusieurs années, par succomber aux suites d’un squirrhe du col utérin.

Nous n’aurions pas assez dit sur cette importante ätière, si nous navertissions que les irritations chroniques du museau de tanche ne sont pas toujours un obstacle à de nouvelles imprégnations; nous avons rencontré ufi assez bon nombre:de fémmes atiaquées de métrités chroniques du &ol

( 556 ) utérin ; qui Sont devenues grosses sous nos yeux ; et qui n'ont pas laissé de porter à terme. Il en est des phlegmasies chroniques de l'utérus comme de celles de tous les autres viscères : les organes qui contractent l’inflammation dans un degré un peu intense interrompent d'abord leurs fonctions; mais sila phlegmasie n'est pas assez violente, pour les désorganiser rapidement, si, s’affaiblissant peu à peu, elle persiste dans une nuance d’une faible intensité, ces organes s’y habituent et se remettent à fonctionner comme devant, jusqu’à ce que la nutrition vicieuse qui s’est établie en eux les ait détériorés au point de les forcer encore une fois à suspendre leurs fonctions. Il peut même arriver, et il arrive très souvent, qu'un surcroît d’irritation accidentellement développée, et calmée aussitôt par la nature ou par l’art, produise à plusieurs reprises de ces suspensions qui ne sont alors que momentanées. Les viscères digestifs, les poumons, offrent à chaque instant de pareilles vicissitudes; les organes sexuels n’en sont pas exempts : telle femme, que la métrite du col avait long-temps rendue stérile après une première couche, peut devenir féconde et faire plusieurs enfans, sans que la phlegmasie du col soit entièrement dissipée. Il est même hors de doute que la gestation suspend la marche et les progrès de la maladie; ce qui, se rattache encore à la nombreuse série des faits qui attestent la révulsion pathologique. Arrive enfin l’époque de la cessation des menstrues: c’est alors que la métrite du col, jusque là palliée par des règles, des lochies etmême

par des grossesses, commence à faire des progrès d'autant plus äincurables que l’hypertrophie morbide est plus ancienne et plus étendue. C’est ainsi qu’une faute commise dans une première couche par une sage-femme imprudente ou par un médecin étranger aux notions de la physiologie pathologique, devient la cause d’une mort douloureuse et prématurée , qui ravit une mère de famille à tout ce qu'elle a de plus cher au moment où la cessation des souffrances attachées à la fécondation lui promettait encore une longue et douce carrière.

Les règles douloureuses annoncent un foyer perpétuel d’irritation dans le col utérin , et le cancer de cette partie en:est souvent Ja suite, à l’époque qu'on appelle critique, quand on n’a pas calmé Pirritation du col long-temps avant cette époque.

La douleur étantune perception doit être regardée comme un des phénomènes les plus variables de l’économie vivante. Il faut donc bien se garder de prendre celte proposition dans le sens le plus absolu. Certaines femmes , très nerveuses, ont des règles habituellement douloureuses, bien qu'elles n’aient aucune trace de phlegmasie chronique dans l'appareil utérin : chez d’autres, au contraire, la sen-

Le Paih. 28

( 358 ) sibilité est obtuse à tel point que les phlegmasies du col arrivent à l’ulcération sans s’être décelées par quelques sensations douloureuses bien caractérisées. Cela n'empêche pas, car ce sont des cas d'exceptions tenant à des idiosyncrasies toujours fort rares , cela n'empêche pas que des règles habituellement douloureuses ne doivent éveiller l'attention du praticien, et l’engager à procéder à à l exploration du col. Nous aurons encore icirecours aux comparaisons : elles sont toujours justes lorsque l’on prend pour termes les organes de la même économie.

Certains sujets ont, pendant une longue vie, des digestions douloureuses sans encourir le danger d’une altération squirrheuse ; d’autres supportent sans douleur leurs gastrites jusqu à la dégénération squirrhoso-cancéreuse ; mais tout n’empêche pas que la très Hiaide majorité de ceux qui ne peuvent digérer qu'avec de la douleur, du malaise, des sympathies plus ou moins propres, à troubler leurs fonctions intellectuelles, ne soient réellement attaqués d’une phlegmasie chronique du canal digestif, et menacés de toutes les conséquences qu’elle peut entrainer. Nous en dirons autant des personnes qui ont l'habitude de la toux, de la dyspnée , dés expeclorations surabondantes, des points de côté: ce sont tous gens qui viventavec des irritations qui travaillent plus où moins vite, plus ou moins efficacement, à la désorganisation de leurs viscères, et ces gens doivent tôt ou tard en subir les conséquences. L'utérus, long-temps irrité, n’est pas moins exposé que les autres tissus, et est

bien loin de faire exception à cette règle ; il est au nombre des organes dont on abuse le plus; les causes qui peuvent l’atteindre sont prodigieusement multipliées; toutes les fois qu'il est souffrant, le médecin doit done prendre l'éveil et déployer à propos les ressources précieuses du traitement antiphlogistique. C’est le meilleur moyen de rendre plus rares de jour en jour ces morts lentes et douloureuses si communes aujourd’hui dans nos grandes villes et surtout dans les capitales de l'Europe civilisée.

CLXIIT.

La péripaneumonie débute souvent par le catarrhe ou inflammation de la membrane muqueuse des bronches. Les lobes supérieurs du poumon sont alors le principal siège de lPinflammation; et si cette inflammation est chronique , elle développe des tubercules dans le sommet du parenchyme, et produit la phthisie.

Cette vérité est aujourd’hui de notoriété publique ; mais elle n'est pas encore adoptée par tous les médecins. Ceux qui professent la doctrine phy- ‘ siologique sont les seuls jusqu'ici qui l’aient parfaitement comprise. Les autres affectent toujours de séparer l'entité catarrhe de l'entité phthisie pulmo: naire, Entre la pneumonie aiguë du plus haut degré

et celle qui est susceptible de la plus froide chronicité, on avait établi plusieurs maladies ; il y avait la fausse péripneumonie , peripneumonia spuria , la fièvre catarrhale, le catarrhe: indépendamment de cela, on reconnaissait encore des toux nerveuses, goutteuses, rhumatismales, etc. Il est bon, ce nous semble, malgré tout ce que nous avons déjà dit sur ce sujet, d'y revenir encore, afin de faciliter l'intelligence de la proposition que nous venons de rapporter.

Le premier fait à noter, c'est que le plus grand nombre des pneumonies et beaucoup de pleurésies ont débuté par le catarrhe ou la phlegmasie des bronches. C’est donc à tort que les médecins et les nosologistes ont établi tant de différence entre ces maladies. La marche de l'irritation est des plus faciles à suivre dans une foule de cas: on la voit d’abord se développer dans les bronches sous l’influence du froid ; on lanéglige, bientôt elle se communique au parenchyme, comme l’attestent le son mat, le râle, les crachats visqueux sanguinolens et un mouvement fébrile plus prononcé. Le sommet des lobes est d’ordinaire le siége de ces pneumonies; mais le malade continue de fermer les yeux sur son état, chose qui n’est point rare parmi les gens de guerre; alors l’inflammation déborde leparenchyme, qu'elle atraversé, et vient s'épanouir sur la membrane séreuse , où elle produit une véritable pleurésie, qui occupe plutôt les régions moyenne ou inférieure que la svpérieure, el qui se trouve ainsi compliquée de bronchite et de péripneumonie. Tels sont les faits que l’auteur à voulu signaler pour l’état aigu, ce qui

(34) n'empêche pas la réalité d’autres faits également faciles à constater, les cas où l’inflammation débute de prime abord dans le parenchyme ou dans la plèvre. Portons présentement notre attention sur l’état chronique.

L'inflammation de la M ai des. bronches constitue, comme on nous l’a appris, le catarrhe pulmonaire. Tel est le point où le professeur Pinel a laissé la science : mais sa description n’est applicable. qu'aux catarrhes bronchiques qui marchent avec régularité et se terminent par une expectoration épaisse, solutive. Mais que le catarrhe soit prolongé, et s'accompagne d’un mouvement fébrile avec redoublement et sueurs, le nosographe nous abandonne, nous sommes réduits à chercher le modèle abstrait de ce nouveau groupe de symplômes dans le genre phthisie pulmonaire, où nous trouvons pour cause irremédiable les tubercules. Que si nous voulons chercher la lumière à d’autres sources, nous sommes bientôt perdus dans les entités. Les auteurs nous parleront de phthisies muqueuses, et nous citeront quelques exemples de guérison, sans songer que le mot phthisie emporte avec lui l’idée d’une consomption de tout le corps, occasionée par la désorganisalion et même la putréfaction des poumons. Quelques praticiens nous représenteront une nuance de toux avec expectoration et fièvre, comme l'entité fièvre catarrhale ; mais si ce groupe de symplômes se déforme et prend l'aspect de la phthisie, ils lui en feront aussi prendre le nom, avec l’épithète de catarrhale, et ce sera pour les uns quelque

| ( 342 ) chose différent de cé qu'on appelle phthisie mu< queusé , tandis que pour les autres ce sera la même chose:

Pour nous tirer d’embarras, nous aurons peutêtre recours aux anatomo-pathologistes. La France péut se vanter d’en posséder quelques uns qui ont acquis une cerlaine autorité dans le monde savant, Eh bien! ces écrivains nous apprendront que si le catarrhe prolongé , où la fièvre catarrhale chronique, ou la phthisie muqueuse, ou la phthisie catarrhale, se guérissent, il faudra bien se donner de garde de lui laisser sa qualification de phthisie: ce sera tout ce qu’on voudra , catarrhe par irrilation ou par relâchement, fièvre essentielle catarrhale ou phlegmasié; mais Ce ne sera pas phthisie, parce que l’essence dé la phthisie est d’avoir des tuberculés et de ne pas guérir. Que si, pourtant , après une guérison apparente, le malade retombe quelques mois plus tard dans la consomption pulmonaire, ayant toùjours conservé une légère irritation de poitrine, les mêmes anatomo-pathologistes revien dront sur leur première assertion, et déclaréront que des tubercules formés antérieurement à tout élat morbide ayant enfin amené la désorganisation du poumon, la maladie est vraiment digne du titre de phthisié pulmonaire.

C’est ainsi que le NÉE toujours floitant au milieu d’une foule d’entités diverses à l’occasion du seul catarrhe, ne saura presqüe jamais distinguer celle qui se présentera à son observation. C’est après avoir éprouvé cet embarras que l’auteur a ré-

sumé le fruit de ses propres recherches daris la proposition qu'on vient de dire: il a bien constaté que les mêmés bronchites-qui produisent la pneumonie et larpleurésie aiguës peuyent engeiidrer ces phlegmasies dans le modechronique. En effet l’expérience lui a montré que toutes lés fois que les catarrhés bronchiques se prolongent beaucoup; par le renouvellement dela cause qui les a produits, l’action du froid, l’irritation s’introduit dans: la substance spongieuse des poumons; que le plus ordinairement c’est dans la partie supérieure des lobes qu’elle prédomine; ce qui peut arriver aussi par d’autres causes que par la bronchite. dépendante de l'impression du froid:-Rarement les deux:côtés se trouvent simultanémerit affectés: la phlegmasie. ést presque fouiopes plus forte d’un côté.que de l’autre ; souvent même,une seule bronche est malade , au moins pendant Toñg-témps, et le parenchyme qui lui correspônd est déja fort avancé dans là désorganisation avant a le côté opposé ait Sos souffert. : TIME | |

En réfléchissant à celte diroke ; On he sera pas étonné que l'inflammation chronique puisse, comme aiguë ; parvenir jusqu'a la plèvre et produire des pleurésies consécutives: On ne des observe pas non plus à la parité supérieure; parcequ'en ce lieu les adhérences qu a produites là pneumonie chronique s ’opposent à la formation des fausses membranes et des collections séro-purulentes ; mais on les voit fréquemment se développer à la partie moyenne aussi bien qu’à l’inférieure, en arrière comme en

avant, et quelquefois les foyers purulens qui se sont formés dans le parenchyme venant à s’ouvrir dans celui de la phlegmasie séreuse ; il s'établit entre les bronches et la collection pleurétique une-communicalion qui, provoque de-temps en temps l'évacuation de,cette dernière. ’

Il nous reste à traiter la question: des tubercules ; mais nous renvGyons ce:sujet à la proposition qui lui est spécialement consacrée. |

La péripneumonie des lobes moyens-et inférieurs des poumons débute souvent sans avoir été précédée du catarrhe bronchique :

si elle devient chronique, les tubercules s’y développent et la phthisie survient,

On indique ici les péripneumonies qui, sans avoir été préparées par le: catarrhe , se déclarent subitement à la suite d’un frisson plus ou moins violent. Il arrive même souvent que la congestion. inflammatoire qui les constitue est précédée de douleurs vagues que l’on rapporte aux muscles locomoteurs ou aux articulations, et qui semblent abandonner ces organes pour venir tout-à-coup se fixer dans le tissu parenchymateux du poumon ou dans la plèvre. Or nous avons rarement remarqué que ces irritalions affectassent, dans leur début, la partie supérieure des

lobes qui correspondent à la région claviculaire; tandis qu’on les observe journellement à la partie moyenne aussi bien qu’à l’inférieure, soit en avant, soit en arrière. Nous avons: également remarqué que les cas où la péricardite accompagne la pleurésie ou la pneumonie sont le plus souvent du nombre de ceux où la phlegmasie a débuté de cette manière; mais nous ne voudrions pas assurer que cela fût constant, car 1l nous semble bien avoir rencontré des péricardites consécutives à la bronchite. Cependant on ne doit pas oublier que les personnes aitaquées de cette dernière phlegmasie peuvent être frappées du froid et contracter une pleurésie ou une péricardite tout-à-fait indépendantes de leur catarrhe.

Quant au cas où les pneumonies primitives ainsi formées dans les régions inférieures oumoyennes se prolongent et entraînent la phthisie püulinonaire, ces cas ne remirent pas toujours dans ceux de dégénération tuberculeuse: il peut, quoi qu'on en ait dit, se former de véritables abcès phlegmoneux dans la substance spongieuse des poumons. Tous les anciens y croyaient, quelques modernes en ont nié la possibilité : nous qui les avons observés indépendans de toute altération tuberculeuse,, de toute collection pleurétique , nous sommes bien convaincu qu'ils peuvent devenir la cause d’une étisie pulmonaire. 1] serait donc nécessaire ,; pour réparer Pomission que l’on a faite de cette cause de phthisie dans la proposition CLXIV , de lui donner la forme suivante :« La péripneumonie des lobes moyens:et inpférieurs des poumons débuie souvent sans avoir

( 546 ) » été précédée du catarrhe bronchique: si ellé dé< » vient chronique, ou il s’y forme des abcès, où des » tubercules s’y développent: La plithisie peut être » la conséquence du premier cas ; elle est le résul: » lat inévitable du second. »

La pleurésie atrophie, par la collection purulente. qu’elle produit, le poumon du côté malade ; le plus ordinairement sans l'enflammer; mais en même temps la pneu:

monié se développe quelquefois du côté 6pposé, ét si cet état devient chronique, la phthisie se forme dans ce dernier.

:. Lés faits qu’indique cette proposition ont été attentivement. observés par l’auteur lui-même, et nous pensons qu’ils peuvent être expliqués de la manière suivante : lorsque l’afflux séro-purulent se fait avec rapidité dans une cavité pleurale dont les parois sont vivement irritées, tout le sang se réfugie dans le parenchyme opposé; ce parenchyme ; assujetti à un éxeès d'action respiratoire etstimulé outre mesure parl'abord du.sang, ne résiste pas long-temps à l’inflammation imminente, à moins qu'une hémorrhagie ou une émission $anguine ne vienne l’en pré+ server: Ges espèces de pleuro-pneumonies ne sont pas moins dangereuses que les pneumonies et les

pléurésies doublés : les unes et les autres sont sous vént mortelles dans l’état aigu; mais lorsque la pneu monie ne se forme que long-temps après la pleurésie du côté opposé, et qu’elle n’est pas assez intense pour produire un état fébrile violent et amérier une con gestion rapide , elle passe à l’état chronique, si l'art ñe l’a pas détruite , ét le malade succombe à la phthisie pulmonaire.

GLX VE.

La pléurésie qui prédômine dans la plèvré pulmonaire sans collection ni atrophie du poumon qu’elle recouvre, enflamme quelquelois ce poumon, et peut, en cas de chros nicité, y développer des tubercules.

‘Onvient de voir la pleurésie occasioner la pneumonie dans le côté opposé;ici, elle la détérmine dans celui même qu’elle occupe. Îlne s’agit plus des cas cités plus haut (proposition CEXIIL ); où la pneu monie à eu l'initiative, mais de ceux où il est claif que la pléurésie est simple; par exemple ; ‘lorsque, après la cessation de la douleur du côté, l'extinction de la chaleur fébrile, le ralentissement des pulsations du cœur, on observe un son mat dans le lieu corres= pondant à l’ancienne douleur, étde l’égophonie, peñdant que Pair pénètre avec facilité dans le sommet da lobe au-dessous de la clavicule, et qu'il parcourt librement toute l'étendue du lobe opposé. En effet un

pareil état de chosessignifie positivement que les deux lobes sont sains, au moins dans leur parenchyme, et que l'un d’eux, seulement, est déprimé en partie par le produit liquide d’une pleurésie. Le malade court alors plusieurs chances. Ne parlons plus de ce qui se passe dans l’autre cavité, puisqu'il vient d’en êlre question dans la proposition précédente ; il ne s’agit que du côté où règne la pleurésie. Si l’irritation de la plèvre continue de diminuer, la collection est résorbée dans l'espace de quelques semaines, et le malade est définitivement guéri; mais si, au lieu de s'apaiser, la pleurésie s’exaspère, la plèvre pulmonaire communique au parenchyme l’inflammation, qui, dans ce cas, suit une marche inverse à celle que nous avons notée dans le commentaire de la proposition CLXIIE: il y a donc alors pleuro- pneumonie chronique du même côté, au lieu de pneumo-pleurésie, comme nous l’avons observé plus haut. La fièvre est plus ou moins forte; lexpectoration purulente peutavoir lieu, ainisi que la communication des foyers du parenchyme avec ceux de la cavité pleurale. On peut, pour'les détails, consulter l'Histoire des phlegmasies chroniques, article Pleurésie.

L'examen des cadavres nous a souvent laissé voir les traces les plus évidentes du mode de propagation de l'irritation désorganisatrice: la plèvre était rouge, épaissie ; granuleuse , tuberculeuse , et le parenchyme participait d’autant plus à ce genre d’altération qu'il se rapprochait davantage de cette membrane.

( 349 ) CEX VIT.

Les tubercules qui succèdent à l’inflammation de la membrane interne des bronches et des vésicules bronchiques sont engendrés de la même manière que ceux du mésentère dans l’entérite chronique.

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