CLX VII
Je n’ai point vu de tubercules sans une inflammation antécédente; ceux qu'apportent les enfans en naissant ne me paraissent pas indépendans de ce phénomène.
: Nous voici donc arrivés à la cause et au mode de formation des tubercules. La première de ces deux propositions en donne l’idée fondamentale. En effet, l'imagination se prête facilement à suivre chez le vivant l’inflammation le long des ramifications bronchiques jusque dans l’intérieur des vésicules, puisque, sur le cadavre, les yeux découvrent dans ces tissus les traces non équivoques de ce phénomène.La proposition ajoute qu'en ces lieux l’inflammation engendre les tubercules de la même manière qu’elle fait naître ceux du mésentère dans l’entérite chronique. Examinons donc ce qui se passe dans cette dernière maladie. L’entérite, en irritant et tuméfiant la
( 350 ) membrane muqueuse des intestins, irrite et tuméfie les ganglions du mésentère et les rend ce qu’on appelle tuberculeux. Il est donc clair que l’auteur n'entend parler dans cette proposition que des tubercules pulmonaires, qui, par leur forme, leur couleur, leur volume, ont de la ressemblance avec ceux que l'on rencontre tous les jours dans le mésentère, où ils ne sont autre chose que des masses de vaisseaux Iymphatiques plus ou moins mêlés d’autres vaisseaux, c'est-à-dire des parenchymes ganglionnaires affectés de la dégénération tuberculeuse. L'auteur a donc, par cette proposition, établi qu'il pouvait se former dans le poumon des tubercules qui ne seraient autre chose que des masses ganglionnaires dégénérées par l'influence de linflammation chronique des bronches ; et, pour avancer cela, il s’est fondé sur les autopsies, qui font voir effectivement, autour des bronches enflammées, des groupes plus ou moins nombreux, plus ou moins volumineux de ganglions lymphatiques ainsi affectés. De plus, comme il peut se former ailleurs qu'autour des bronches des productions tuberculeuses analogues à ces dernières, l’auteur a dit quelque autre part que, sans être disposés en ganglions , ou mieux, sans faire partie d’un ganglion lymphatique, les vaisseaux de ce nom peuvent , sous l'influence de l’inflammation, se développer, se tuméfier et s’altérer de manière à donner des tumeurs ressemblant à celles que fournissent les ganglions du mésentère et du poumon affectés de la dégénération tuberculeuse. Pour prouver cette nouvelle assertion, il s'est borné à en ap-
peler aux néeroseapies, qui tous les jours découvrent des tubercules tout semblables dans des régions Gu corps où l’existence des ganglions normaux n’a pas été démontrée. Enfin la proposition termine en affirmant que l'auteur n’a jamais vu de tubercules dans le poumon sans une inflammation antécédente, et elle n’en excepte pas ceux que peuvent apporter les enfans naissans. Ên se reportant toujours à la comparaïson qui a été faite des tubercules du poumon avec ceux du mésentère, on voit qu'il s’agit encore des masses ganglionnaires transformées en tubercules. Mais cela comprend-il toutes les altérations que les auteurs ont désignées par le mot de tubereules ? Nous allons bientôt rencontrer une proposition qui répondra à cette question importante.
Les tubercules se forment dans toutes les constitutions attaquées d’inflammation chronique du poumon et des intestins; mais ils.
sont plus gros chez les sujets prédisposés aux irritations du système lymphatique.
Cette proposition n’a nul besoin de commentaire ; il nous suffira de rappeler qu’elle n’a trait qu'aux tubercules dont il a été question dans les deux propositions précédentes. Elle regarde surtout les enfans , qui , dans leurs inflammations chroniques
( 352 ) gastro-pulmonaires, offrent toujours la dégénération tuberculeuse.
Les granulations cartilagineuses, osseuses, les mélanoses , les squirrhes, les encéphaloïdes, les cancers du poumon , sont des productions engendrées de la même manière que les tubercules ordinaires.
Cela signifie, auxtermes de la proposition CLX VII, pris dans la plus stricte rigueur, que ces sortes d’altérations sont produites à la manière des tubercules du mésentère, c’est-à-dire par une inflammation des membranes muqueuses les plus voisines : mais ce n’est pas là toute la pensée de l’auteur. Il professe que l'irritation préside à la formation de tous ces genres d’altérations ; mais il ne croit pas que l’inflammation d'une surface muqueuse, proprement dite, soit une condition indispensable pour la formation des tubercules ,etc. ( proposition CLXVIT), et pour ‘ celle des altérations de la proposition actuelle. Ce qui prouve clairement que telle n’était pas son opinion à l’époque de la rédaction des propositions, c’est la CLXVI°, dont nous avons donné le commentaire, et où l'on voit l’inflammation chronique de la plèvre devenir la cause des tubercules qui apparaissent dans la portion la plus voisine du parenchyme pulmonaire.
La pensée de l’auteur en 1821, etmême beaucoup
plus tôt, puisqu'il l’avait exprimée, en 1808, dans l'Histoire des phlegmasies chroniques, était doncqüe les tubercules-qui ont leur siége dans les ganglions lymphatiques, ceux qui paraissent dans les tissus où ces ganglions n'ont point été découverts, les granulations cartilagineuses, osseuses; les mélanoses, les squirrhes, les cancers du poumon etmême deitoutes. les parties du corps, sont:dus à Pirritation. Il n'a pas exigé, ‘pour la formation de ces productions morbides, que linflammation fût toujours .prononcée ;1l suffit, d’après ce que l’auteur a dit, dans l'Histoire des phlegmasies chroniques, pages: 486—48, tome ΰ°, deuxième édition, 1816; dans l’'Examen, en réfutant MM. Bayle et Laënnec, page 445 et.suivantes, première édition, 1816, et en plusieurs autres passages de ces’ deux ouvrages , que les: parties soient forcées à une action supérnormale prolongée pendant long-temps, pour que les différens genres d’altération organique qui viennent d’être mentionnés s’y, développent, si les sujets y sont déjà prédisposés. Il a toujours ajouté que, pour lui, cette prédisposilion consistait dans une irritabilité plus qu’ordinaire, c'est-à-dire supernormale, du système lymphatique ; et il a cru prouver cette assertionten s'étayant des faits nombreux qui attestent que les enfans et les constitutions qui s’en rapprochent le plus sont aussi les plus exposés. à ces espèces d’al. térations. ’ 0 où à Fès: sb
Il a été. plus loin'encore : il a soutenu que les, ir ritations, qui produisent ces. sortes d’altérations ont une, double:origine; car tantôtelles prennent nais-
1, Path. | 29
(554) sance dans une inflammation proprement dité ; dont élles paraissent êtré la terminaison, ét tantôt elles se développent sans inflammation préalable. La première origine a été dite par lui origine aiguë, et la seconde. origine chronique.
Isolant, après cela, le mouvement intestin qui produit les dégénérations tüberculeuses, squirrheuses, ‘entéphaloïdes, cartilagineuses, du mouvement inflammatoire, qui peut ne pas présider à à leur développement , et qui tantôt intervient ét tantôt n’est point aperçu durant leur progrès, il a nommé le premier subinflammation, se réservant de profiter des découvertes qui seraient faites par les anatomistes, soit pour confirmer sa manière de voir, soit pour se réfuter lui-même , si les faits prononçaïént sa condamnation. Les recherches de M. le professeur Dupuis, à l’école d’Alfort, sur les tubercules des animaux, n’avaient point ébranlé la croyance de l’auteur dés Propositions , parcequ'il regardait lés granulations vésiculaires que cet habile vétérinaire donne pour l’origine des tubércules, comme une des formes du mouvement d’irritation subinflammatoire , générateur des altérations des tissus peu sanguins.
Toutefois, sans avoir l'intention de faire des recherches minutieuses sur les différentes altérations du poumon, l’auteur des Propositions fut choqué d’entendré toujours les'médecins qualifier du nom de tubercules , ou rapporter, soit à un principe tuberculeux, soit à une matière tuberculeuse, les granulatñons' diversicolores , ‘les tachies blanches ét noires qui se rencoptrent chez une foule de phthi-
siques : il resta convaincu, par un grand nombre d'histoires d’étisies pulmonaires, que, chez beaucoup de sujets, l’inflammation chronique détruit . le poumon , ulcéré ou non ulcéré, non toujours et uniquement par des tuberctles analogues à ceux des ganglions du mésentère ou à ceux de M.' Dupuis, mais en faisant subir aux poumons des altérations multiples, subordonnées à son genre d’organisation., C’est ce que l’auteur enseignait habituellement dans ses cours, engageant chaque année les élèves à approfondir les différences que pourraient présenter les altérations qui paraissent le plus ressemblantes entre elles. L'auteur ne témoignait aucun empressement pour rendre publiques, par la voie de l'impression, des idées dont il désirait que tout le monde püût profiter; de même que maintenant encore il ne se hâte pas de confier à la presse bien d’autres points de doctrine qu'il reproduit depuis douze ans devant le public. Ce ne fut que par occasion qu'il consigna dans les Ænnales de la meédecine physiologique une partie de ce qu'il avait coutume de répéter dans ses leçons théoriques et pratiques. En rapportant ce passage, nous prouyerons à certains écrivains modernes, que l’auteur a vu dans la phthisie pulmonaire autre chose que des inflammations des vaisseaux lymphatiques.
Il s’agit d’une jeune dame qui a succombé à une gastro-entérite, avec pneumonie chronique, et dont l'observation est copsignée tome VII, page 946. Plus loin; page 562’, l’auteur s’ exprime ainsi :
« Si ; j'entre dans ces détails, c’est qu'ils donnent
» une juste idée de ce que l’on rencontre dans la » très grande majorité des phthisies pulmonaires. » Celles où les poumons offrent de grosses masses » blanches arrondies, les unes consistantes, les au- » tres ramollies, réduites en matière caséiforme , ou » détruites, et laissant à leur place une cavité; ces » phthisies, je l’affirme, sont les plus rares (parmi »nous); je les ai rencontrées en Hollande , en » Belgique ; mais lorsque notre armée eut quitté » ces pays, elles me parurent fort rares. L’induration » rouge, avec de petites granulations et des épan- » chemens lymphatiques (caséiformes ), m'a paru la » plus commune ; et je crois que c’est celle: qui ré- » sulte des inflammations pulmonaires non guéries. » Mais ces granulations, développées dans les pou- » mons hépatisés par la phleomasie, méritent-elles » le nom de tubercules? Si l’on n’a égard qu’au sens » général de ce mot, qui signifie de petites tumeurs, » des éminences, des tubérosités, des inégalités plus » consistantes que le tissu dans lequel on les ren- » contre, 1l leur sera sans doute applicable; maïs sl » est réservé pour les corps sphériques, d’abord » blanchâtres, opaques ou demi-transparens, ensuite » susceptibles de se résoudre en matière pultacée (1), » qui présente à peu près l'aspect du vieux fromage, » ce mot ne conviendra plus aux granulations qui ont » été trouvées dans les poumons de notre malade. » Que l’on se donne la peine de réfléchir sur les » faits qui se présentent en foule à notre observation,
» on verra que les organes qui contiennent beaucoup
(1) Telles, en un mot, que les décrit M. Laënnec.
» de ganglions lymphatiques, de follicules madüeux; » de grains glanduleux, ne peuvent éprouver d’in- » flammation sans que tous ces. petits corps 6e tu- » méfient. Si l’inflammation: est légère:et se ‘dissipe » promptement, ils se résolvent et‘reprennentleur » état normal; si elle est: aiguë et violente, ïls-sont » fondus par la suppurition ; mais si elle est chro- » nique, ils dégénèrent, chacun à sa manière, et le » tissu de l'organe présente une foule de granulations, » de: consistance et d'aspect plus ou moins diffé- »rens. Soit pour éxemple une membrane muqueuse » qui, comme on sait, est remplie de follicules mu- » queux; aussitôt qu'elle est enflammée, tous ces »corps se tuméfent, et la membrane paraît toute » granuleuse; linflammation se résout-elle, ils re- » prennent leur premier état; persiste-t-elle, ils for- » ment des élévations par, plaques, s'ils sont con- » fluens ; ils rendent la membrane rugueuse, s'ils » sont épars; mais si l’inflammation persévère avec » opiniâtreté , ils se détruisent, et leur destruction » entraîne celle de la membrane. Examinez le pour- »tour d’une ulcération profonde formée sur une »membrane muqueuse bien ‘déployée, telle : que » celles du gland, de la bouche, des grandes lèvres,
»de Va trachée, du canal digestif, vous verréz ce »: pourtour rempli de ces granulations , au milieu du » tissu propre de la membrane également tuméfié , » tandis que la muqueuse sera détruite en partie ou »en totalité dans le milieu de lulcération. Si quel- »ques ganglions lymphatiques se rencontrent dans » le voisinage, ils seront tuméfiés, rouges, lorsque
( 358 ) » J’inflammation $era récente, panachés ou tout-a- » fait blancs lorsqu'elle sera déjà ancienne. Faites » attention au tissu cellulaire interposé entre ces dif- » férens organes : il sera plus ou moins tuméfié, et » ses couleurs varieront selon le lieu. Dans ceux où 1l » n’est que lymphatique, il paraîtra grisâtre ; souvent » noir, et de consistance variée; dans les points où » il contient de la graisse, son aspect sera lardacé. » Je m’abstiendrai de détails plus minutieux, 1} est » facile d’y suppléer ; j'en ai dit assez pour que tout »médecin puisse se former une idée de ce qui se » passe dans un poumon attaqué de phlegmasie. Est- » elle violente et rapide, tout sera rouge-brun, ré- » duit en bouillie noirâtre, où suppuré; est-elle chro< » nique ou peu intense; les follicules müqueux de » la membrane bronchique ; qui, pour être repliée, » n'en est pas moins formée sur le plan des autres » membranes de rapport, s’endurciront, se ramol- » Jiront, et se détruiront les premiers, ainsi qu’il » leur arrive dans tous les appareils communiquant »avec l'extérieur; les tissus lymphatiques s’engor- »geront et prendront un volume proportionné au » tempérament de l'individu; —s petits culs-de-sac » des extrémités bronchiques seront remplis , dégé- » nérés ou détruits; le tissu aréolaire sera plus ou » moifs altéré, endurci; 1l se présentera comme » squirrheux, ramolli, déchiré ou dilaté; il pourra » contenir de la fibrine, du cruor, de l'albumine » plus ou moins concrète, plus ou moins décompo- »sée, puriforme, caséiforme, quelquefois même » desséchée par l'absorption, et réduite à l’état de
» concrétion cälcaire, le tout selon la ninGe de » l’inflammation ; le PTS y de. np et la con- » stitution:des:sujets. nr ci HE 00S Ie
» Tels sont les Mr élesats ay ipdilpierusns » bles des phlegmasies chroniques des poumons. H » n’est donc pas étonnant que l’on trouve tant de:va- » riétés dans les désorganisations qu’ellesproduisént; » mais il eést-évident que la forme granuleuse doit » toujours y exister , et que c'est'une jerreur extré » mement grossière que dé voir dans les granulations » larcause heat de toutes les phthisies: Pan » naires. ) it nE ttutt baroiue. hévär «
:» Mais lorsqu’au didui de ces: granulations afvéeis » colores ; on: trouve dans les poumons ‘ces: corps »blancs;, arrondis, dont-nous avons parlé; et'qui » ressemblent aux glandes mésentériques devenues » opaques ; lorsqué ces corps se présentent ramollis » dans quelques endroits ; réduits en pulpe ailleurs, » et-que l’on trouve des cavités qui résultent, soit de » lexpectoration, soit de la résorption de leur dé- »tritus; Ja désorganisation du ‘parenchyme paraît » avOIr OMneNRCE par cés mêmes corps, et la phthi- » sie mérite d'être appelée tuberculeuse. Si mainte- » nant on cherche quelles sont les circonstances qui » préparent et facilitent li formation de ces’ tubers'cules; on acquerra la certitude , 1° qu’ils sontcom- » muns dans les pays froids et humides, ‘et rares » dans les pays chauds ; mêmé chez les constitutions »qui en sont attaquées dans les régions froides. 5 C’est ce que j'ai constaté, ainsi que je l'ai divplu- » sieurs fois, pendant vingt ans de pratique militaire.
» 2° Qu'ils sont: fréquens chez. les :enfans;, rares chez » les, adultes; et que , parmi ces ‘derniers, ceux qui » ont conservé le tempérament.du premier âge y »sont;les:plus exposés ;: car;):depuis douze années » que Jesuis répandu, dans la pratique civile de Paris,
»où ls doivent.être plus.communs , je les: ai cher- » chés:en vain chez plusieurs sujets blavidèt minces , » délicats, à poitrine étroite , et tels enfin qu'était »'la malade quifait le, sujet de, observation précé- »dente. C’est dans: les autopsies de ces sortes d’in- » dividus: que! j'ai seu -lieu de noter l'erreur que:je » révèle aujourd’hui. Les petites granulations diver- ».sicolores .qui .remplissaient le parenchyime,, et.se ». trouvaient par conséquent dans les parois des ca- »vernes ; recevaient des assistans le nom de: tuber- »-cules. us M de fois ne leur ai-je pas fait faire » les-observations que madame.A... m'a donné oc- »-casion de répéter, € est-à-dire que ces granulations »h’existaient encore, qu'à peine dans les régions de » l'organe où la: phlegmasie ne faisait queccommen- » cer! combien de fois ne leur ai-je pas montré que » la éirconférence, du..foyer-offrait de, petits. abcès
»remplis d’un pus, blanc. et. crèmeux, quoiqu’elle » ne-fût pas granuleuse!,. On y voyait seulement, en »regardant de près, de pétits points noirs, entre- » mêlés'aveciles rouges; mais,ils étaient le premier » effet de la propagation de la phlogose chronique ; ».et; en examinant les environs ; on pouvait-aisément » se convaincre.que leur nombre. se serait accru..et » leurs, formés. diversifiées, si la malade eût. vécu » plus long-temps. : :: : | se: |
à CE)
:» Mais lérsqu'au lieudeces granulations'oû trouve », le ‘gros tubereules blancs dont la destruction } pro- »duit des cavernes, faut-ibattribuer ces corps à une »çause différente de linflammäation ? Les : remarques ».quejerviens de faire: sur les lieux'} ‘les âges et les’ » tempéramens qui fournissent liés exemples de ce »gènre dedésorganisation, me paraissent démontrer »qu'il: dépend ‘uniquement de la disposition des » sujets; c'est-à-dire que les poumons étant forcés » par l'iniluence. du froid à déployer une activité » CXCESSIVE:, à trop: sécréter ; à trop exhalér, à trop »absorber : la:surirritation s'est fixée dans le! tissus »exhalans, sécréteurs:, absorbans, etlés a dévelop- » pés plus ou moins; selonile) tempérament pärtieutier » à:chaque sujetiw so hurnds euoir x. à AMD
Onwoit par ce passage combien, à cetté époque ,: les idées de, lauteur-sur larcause dela forme granuleuse des poumons: enflammés étaient loin de se borner au développement des ganglions lymphatiques-morbides. [lLwoyait l'irritation chronique agis sant surtous les tissus-élémentaires et composés du poumon; et indiquait «expressément les: vésicules bronchiques. Or:ce pasañ gel est dumoiïs de ‘juin 1825,>époque où l’auteur n'a pu avoir connaissance de l'ouvrage de M: Andrai fils; qui n’a paru qu’en 1826 dans la même; ville où les Æarales sont pu< bliées. L'idée de placer lérigine des tubercules dans les: vésicules pulmonaires n’a ‘donc pu:être suggérée: à l’auteur: par l'ouvrage de M.:Andral.
On:objectera peut-être que cette idée fut mise aw jouren 1825 par l'ouvrage de M: Louis; etrapportée
à M. Andral : soit; mais J’ouvrage de M: Louis, sur la phthisie pulmonaire; quiivait éié présenté à l’académie royale de médecine,ne fut connu que par le rapport de cette société, qui parut dans la Revue médicale, en septembre ; et, à cette même époque; il y avait déjà quatre mois que l’article des Annales qui vient d’être cité, et dont la substance: était habituellement répétée dans les leçons théotiques et pratiques de l’auteur, avait été définitivement rédigé.
Si nous sommes entrés dans ces détails minutieux de dates, ce n’est pas précisément pour réclamer Ja priorité sur des particularités d'anatomie pathologique, dont nous faisons cas à la vérité, mais que nous ne regardons pas comme le fondement de la médecine , et que nous abandonnonswolontiers aux prosecteurs d’anatomié:; quisont tout le loisir nécessaire pour s’y livrer; nous avons aussi pour but de faire remarquer la légèreté du passages suivant, écrit par M. Andral long-temps après que nous avions dit, répété à nos élèves, qui n’ont pas manqué de le redire partout, ‘et mis expressémeut consigné dans les Ænnales ,iout ce qu'on vient de lire sur les formes et l’origine variée des altérations du poumon:
« Si M. Broussais , guidé par l’analogie de ce qui » se passe dans les ganglions mésentériques consécu- » Uvementàune éntérite, s'était contenté de dire que » quelquefois aussiles glandes Iymphatiques du pou- » mons’enflamment, deviennent apparentes par la tu- » méfaction qu’elles subissent , et enfin se tuberculi- » sent consécuütivement à une bronchite, il éût émis » une opinion très probable ; mais lorsque M. Brous-
» saisa voulu généralisér cette idée, lorsqu'il a établi » que les tubercules pulmonaires avaient leur siége » constant dans le système lymphatique de l’appareil » respiratoire, il a émis une idée qui nous semble » en contradiction avec ce qu’apprend l’observation » relativement à la manière dont se développent les » tubercules, soit dans les poumons, soit surtout » dans d’autres organes. » |
C’est ainsi que M. Andral se donne le plaisir de nous semoncer, sans se douter que la meilleure partie de ce qu’il dit vient de nous. En effet, même avant qu'il eût une idée de la médecine, nous avions exprimé nos doutes sur le siége primitif et unique des tubercules , comme va le prouver la citation ci< après. Îl s'empare des premières objections quenous avons faites aux théories de MM. Bayle ét Laënnec, et de ce que nous avons prouvé que leurs tubercules prétendus primitifs ne viennent que de l’inflammation du système lymphatique; il conclut que nous avons généralisé cette idée, et que sans doute nous sommes incapables de voir autre chose que l’affection des vaisseaux lymphatiques dans tous les tubercules pulmonaires. Mais il suffit de lire ce qui suit pour savoir à quoi s'en tenir à cet égard.
Examen des doctrines médicales ; première édition , p.3/2.« Quelque soin que cet auteur (M. Bayle) » ait pu mettre dans la recherche des dégénéres- » cences du poumon, il en est encore un grand » nombre qui lui sont échappées. Long-temps aussi » j'ai cherché à déterminer d’une manière précise » les différentes formes que peuvent présenter les
» aliérations: pathologiques des poumons des phthi- » Siques ;! jy ai vu des endurcissemens blancs, d’autres gris} d’autres jaunes, en masses plus ou » moins considérables, plus ou moins analogues à » ce qu’on appelle matière squirrheuse, cancéreuse; » tuberculeusé ; des: concrétions calcaires , os- » seuses , au milieu de ces masses ; chez d’autres » sujets, un mélange confus de points noirs, jaunes, » blancs, elc., ssiisut comme autant de petits glo- »-bules confus, dont les uns étaient durs, d’autres »friables : le liquide qu’on en exprimait m’a pré- ».senté les mêmes variétés ; je l’ai-trouvé de toute » couleur et de ‘toute consistance ; tantôt purulent, » tantôt sanieux, d'autres fois crémeux, rougeûtre , »aqueux,.eic.: Quelques poumons étaient traversés »-par des espèces de traïnées d’un tissu cellulaire » rempli de liquide b'mphatique: et ressemblant à la ».chair d’orañge; ou bien à des caillots privés de »:matière: colorante que lon. rencontre dans les ».CŒ@œurs anévrismatiques.
» Au milieu de cette confusion, je n’ai pu: par- ».venir à déterminer au juste la dégénérescence qui » correspond!à d’irritation de chacun des ordres de » vaisscaux dont se composele tissu du poumon, »'et: cette: distinction est d’uneextrême difficulté. » On'voit bien que l’état tuberculeux est leffet de » l'irritation dés SApRnEs an à mais cette » dégénérescence n’est pas la seule, et, pour en » convenir, 1l suffit d’avoir observé 4 sérrai de » couleur et de consistance que présentent les gan- » glions Iymphatiques -lorsqu'ils sont altérés en
» grand nombre dans le même cadavre. — I} enest » ainsi des tissus cellulaires et séreux, quoique » l’on sache parfaitement que leur érritation aiguë » fournit un pus semblable à celui du phlegmon, » et leur irritation chronique, les états graisseux, » lardiformes , sébaciformes , melliformes : on Y ».trouve tant d’autres variétés, qu’il est impossible » d'indiquer les résultats précis de leurs irritations. » En effet, dans quelques cas, leur inflammation » aiguë produit une sérosité gélatineuse ou albumi- » neuse; dans d’autres, un liquide sanguinolent ; » quelquefois une nappe fibrineuse (les membranes » séreuses ); d’autres fois du sang pur : éttantôtce » liquide remplit toute une séreusc, tandis que, » dans un autre cas, la même surface présenté dans » une région, du pus phlegmoneux, ailleurs nne » fausse membrane, autre part du sang pur ou dé- » composé , etc. Même variété dans lérritation » Chronique de ces tissus ; car, outre les endurcis- » semens et les concrétions dont je viens de parler, » on y rencontre des ganglions et de la matière » tuberculeuse, des tissus rouges et des extravasas » tions sanguines; ce qui ne doit point surprendre, » puisque les capillaires Iymphatiques et sanguins » et les vaisseaux absorbans se trouvent, dans ces » tissus ; entrelacés avec les exhälans, et peut-être » encore avec d’autres vaisseaux qui nous sont in- » CONNUS.
» Si tous ces désordres sont possibles dans le » tissu cellulaire et adipeux,'et dans les membranes » séreuses , dont la structure est des plus simples
» que nous connaissions , combien les dégénéra- » lions ne doiventselles pas offrir de différences » dans les organes chargés de plusieurs fonctions, ».et qui, pour les remplir, ont besoin de tissus » muliipliés et doués de propriétés organiques dif- » férentes !
» Associez les tissus cellulaires et lymphatiques, » qui, en effet, se rencontrent partout, avec des pa- » pilles nerveuses et des follicules glanduleux , » comme ils le sont dans les muqueuses} avec » un tissu érectile, fibreux, serré, très sanguin et » fort sensible, ainsi qu’ils se rencontrent à l’isthme » du gosier, au cardia, au pylore, à la valvule du » cæcum, à l'anus, au col de l’utérus , au vagin; » avec des sécréteurs et des excréteurs de fluides » particuliers, comme ils se présentent nécessaire- » ment dans le foie, le pancréas, les glandes mam- » maires, salivaires, le testicule, les ovaires, les » reins, combien ne seront pas plus variées les » formes de la désorganisation !
» Examinez ensuite le poumon : est-il un organe » plus compliqué ? Capillaires sanguins de diffé- » rens ordres, rameaux nerveux, Daniles neryeu- » ses, membranes muqueuses, tissus cellulaire , sé- » reux, exhalant, absorbans libres, absorbans en- » tortillés dans les ganglions , follicules muqueux,
eut-être des vaisseaux appropriés à l’exhalation » et à l'absorption des fluides gazeux : voyez tous » ces tissus, doués de la sensibilité et de l’irritabi- » lité à différens degrés, stimulés diversement par » le sang, par l'air, par l'exercice de la voix, par
» l'influence des passions : représéniéz-vous tous » ceswvaisscaux surchargés de fluides et forcés à une » action-extraordinuaire par la diminution de celle de » la peau pensez au surcroît d’action qui leur ést » imprimé sympathiquement par des alimens et des » médicamens stimulans , immédiatement par un » chyle surabondant, et vous ne serez plus étonne » de. rencontrer tant de variété à la suite des irri- » tations chroniques de cet organe. » ( L'auteur s’étend beaucoup sur ces considérations physiologicopathologiques, page 347.)
Comment M. Andral a-t-il osé dire, après cela, que M: Broussais ne voyait que des ganglions malades chez les phthisiques? Comment a-t-il pu annoncer comme une idée nouvelle que les tubercules étaient le produit d’une sécrétion morbide, d’une supérsécrétion ; d’une superexhalation ? Ces idées sont en circulation dans le monde médical: elles passent de bouche en bouche depuis doué ans... Et M. Andral vient de les avoir par inspiration!
Cependant il admet avéc nous l’origine Iymphatique, puisqu'il ajoute à ce que nous venons de rapporter : « Nous le répétons encore, l'engorge- » ment, des ganglions lymphatiques du poumon » peut être le point de départ d’un certain nombre » de tubercules pulmonaires. » Cette phrase sémblerait supposer qu'il a vu ces ganglions devenir tuberculeux; cependant il ajoute: « Mais il y a loim »d’un fait simplement possible à un fait démontré.» Que signifie un pareil langage ? Comment peut-on . dire qu’une chose est possible si son existence n’a
pas été démontrée? Le mot possible suppose ici que la chose a élé'constatée : et ce qu’il faut mettre en question, c’est de savoir sielle existe dans tel ou tel cas, si elle se remontre souvent, etc. Les conclusions de la théorie de M. APE les tubercules sont les suivantes :
1° Les tubercules pulmonaires sont - le produit d’une sécrétion morbide... Nous sommes d'accord avec lui sur ce point de doctrine, que noustavons émis en 1908, en ajoutant que l’état morbide qui produit celte sécrétion est une irritation; et:nôus avons toujours dit que les irritations fournissent les sécrétions morbides. Il prétend que les tubercules commencent par des points blancs qui ne :sont qu'une sorte de pus liquide , et que le pus augmente, s’épaissit et forme ces masses que lon a nommées tubercules crus. On croyait qu'ils commençaient par être durs ; lui soutient au contraire qu’ils sont d’abord mous et qu'ils se durcissent par l'absorption de ce que le pus qui les forme a de plus liquide, d’où résulte la concrétion de ce qui reste. Cette observation est précieuse, et vient à l'appui de l’origine inflammatoire quenous avons assignée aux tubercules; mais est-elle applicable à tous les tubercules pulmonaires? Ces granulations, si variables en consistance et en couleur, que l’on aperçoit dans un poumon en proie à l'inflammation chronique, ne peuvent être toutes du pus concret: tantôt ce sont des vésicules altérées; d’autres fois cesontdesfaisceaux de vaisseaux Jymphatiques. Ces faisceaux peuvent sans doute sécréter le pus qui se forme par petites gouttelettes;;
mais ne sont-ils susceptibles d'aucune autre espèce d’altération ?
2° Il ne semble point convenable de les désigne sous le nom de tissus: accidentels.( Ils n’offrent en effet aucun des caractères qui, pour l’anatomiste constituent un tissu; On n'y trouve ni vaisseaux, ni canaux , ni aréoles , ni fibres , ni lames , rien en un mot qui rappelle l’idée de l'organisation )... I faut établir selon nous des distinctions: Si l’on parle des granulations qui se développent par des points blancs ou jaunes, d’abord fluides, ensuite concrets, que l’auteur considère comme de la suppuration, on n’y trouvera aucune trace d’organisation; car tout cela n’est autre chose, ainsi que nous l'avons exprimé plusieurs fois, que du pus lymphatique ou de la matière albumineuse desséchée et quelquefois combinée avec du phosphate calcaire ou d’autres substances inertes ; mais si l’on entend parler des ganglions qui environnent Îles bronches et qui, chez certains sujets affectés de bronchite, se tuméfient avant d'être transformés en matière sbiihldise il faudra convenir que l’organisation s’y conserve quelque temps, aussi bien que dans les glandes mésentériques pareillement affectées , et qu’elle ne disparaît que lorsque la maladie a fait d'el grands progrès.
5° Le travail pathologique qui précède la sécrétion tuberculeuse est une congestion sanguine aC=— tive, semblable à celle qui précède tout travail sécrétoire; mais ce n’est pas nécessairement une pneumonie, dans le sens que l’on attache ordinairement à ce mot... On peut remarquer ici une rédaction des-
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tinée à détourner l'attention des lecteurs du mot irritation. Qu’est-ce en effet qu'un travail pathologique sécrétoire du poumon, qui dépend d’une corigestion sanguine active sans être une pneumonie, si ce n'est une nuänce de phlegmasie chronique, qui, selon nous ; est toujours le produit de Pirritation? Mais si ce n’est pas cela, si la congestion. active existe par elle-même; sans être provoquée par un stimulant qui force l'organe à uné action supernormale, qu’on nous donne donc un exemple d’une pareille entité: Nous avions dit tout simplement que toutes les fois que les tissus du poumon qui agissent spécialement sur la partie lymphatique où séreuse du sang, sont forcés pendant long-temps ; soit par uné phlegmasie pulmonaire quelconque, soitpar le froid, à un-surcroît d'action vitale, en un mot, toutes les fois que les fluides séreux sont continuellement attirés ou -repoussés vers le poumon ; ces tissus irrités se. tuméfient, se dissolvent, suppurent chacun à sa mañière, et produisent des désordres: tels qu’on en voit dans la phthisie tuberculeuse. Cette idée à été présentée sous différentes formes ; elle a été amplement développée dans l'Histoire "se phlegmasi ces, ensuite dans l’Examen des doctrines, puis enfin dans le commencement de ces commentaires: Nous l'avons appliquée à à tous les organes. Partout nous avons: montré lirritation agissant lentement sur les tissus blancs divers, c’est-à-dire les ganglionnaires, les folliculaires sécréteurs, muqueux et autres, les séreux, les cellulaires, les ligamenteux, les fbreux, etc.; toujours nous avons signalé pour-ré-
sultat de’ cette irritation; et par la viciation des çations sécrétoire, exhalante; absorbante où-nutritive de ces tissus ,.divers-genres d’altérations, parmi les: quelles figurent non seulement da forme dite tuber2 culeusé, mais aussi la squirrheuse , lencéphaloïde ; / la lardacée et la mélanose ; quand elle ne:dépend'pas dusang extravasé dans les tissus capillaires, été. , ete. Que veut donc dire M: Andral- quand, $e:bornant à nous attribuer la généralisation d’une affection glanduleuse pulmonaire, ilentreprend de remplir la pré: tendue lacune par nous laissée en imaginant un travail:morbide sécrétoiré , dépéndünt d’une congèstion activé, :eb qui ARE n’est sin une preu-
monie .: L 4°. Gette sécrétion put Éceléviohit avoir lieri dans aies des tissus qui entrent dans la composition du poumon. (Elle ne s'opère pas dans un tissu spécial; tous les tissus quisont susceptibles de s’enflammer.et de suppurer peuvent également sécréter la matière tuberculeuse. Cette sécrétion; quand c’est le poumon qui en est le siége ; se fait dans: de petits conduits, dans des canaux capillaires, et jusque dans les vésicules, qui semblent n’en étre We: 48 continuation, Ou ; si l'on veut, l'expansion.) Tout cela a été dit expressément dans nos ouvraz
ges ; on y litdepuis long-temps. que les mêmes tissus
qui, dans le plus haut degré de l’irritation vascu: laire, se remplissent de sanget éprouvent le phéno= mène du phlegmon, peuvent, dans des nuances moins prononcées, s’engorger, soit de lymphe d’ape parénce: ordinaire ou d'aspect caséeux, soit de
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graisse, soit de toute autre humeur qui leurest particulière, etque la dégénération qui en résulte se présente avec l’aspect tuberculeux, avec le dardacé , avec celui de la chair d'orange, en affectant tantôt les couleurs de la lymphe, tantôt celle de lhumeur sécrétée quand il s’agit d’un organe sécréteur, tel que le foie, etc... Nous avons cent fois répété que toutes ces variétés dépendent des tissus capillaires, dans lesquels est donnée la première impulsion irritative, du degré de cette impulsion, du tempérament ; des modificateurs , etc.
On voit que M: Andral ne fait que raprédeire tout cela, avec quelques variations dans les termes.
M. Andral, assez heureux sans être toujours juste; quand il se sert de sa mémoire, est loin de mériter les mêmes-éloges lorsqu'il iii être créateur. L'idée suivante en fera foi. : : | \
» La chimie a récemment découvert que plusieurs » matériaux des sécrétions, et même plusieurs élé- » mens des organes existent tout formés dans le sang » (urée , cérébrine ). D'un auire côté, quelques faits » tendraïent à faire admettre que du pus, résorbé » dans un abcès et porté dans le torrent circula- » toire, peut être , quelquefois, véritablement déposé » à la surface ou dans le parenchyme de certains or- » ganes, Sans travail inflammatoire préliminaire. Si » donc, ce qui n’est pas absurde à supposer, on par- » venait à démontrer que la matière qui constitue le » tubercule, se forme dans le sang devenu malade, » comme s'y forme, dans l’état de santé, le principe » immédiat de l’urine, on arriverait à concevoir le
» dépôt de cette matière, dans certains organes, d'une » manière toute mécanique, Sans travail de conges- » tion antécédent. On pourrait arriver jusqu’à admet- »tre que le dépôt du tubercule, ou d’autres produc- »tions accidentelles, dans un organe plutôt que » dans un autre, est lié à une modification dans la » disposition physique des vaisseaux, qui font passer » à travers une sorte de filière les divers élémens du » sang et en opèrent la dissociation. Enfin, cette » dissociation pourrait être considérée comme résul- » tant d’un état morbide du sang lui-même, sous » l'influence duquel les nombreux matériaux: qui » constituent ce liquide se sépareraient plus facile- » ment; de telle sorte qu’en passant à travers les dif- » férens organes, il y abandonneraïit un ou plusieurs » de ses élémens; là de la matière colorante, ici de la » fibrine , ailleurs de l’albumine , ailleurs des sels, »et, s’il était lui-même malade, de nouveaux pro- » duits, tels que du pus, des tubercules, etc. »
N’a-t-on pas lieu de s'étonner qu’un homme qui se montre sceptique au point de mettre en doute l'existence des tubercules lymphatiques du poumon, après avoir admis leur possibilité, soit d'assez benne composition pour ne pas trouver absurde la supposition d’une matière tuberculeuse formée dans le sang devenu malade, antérieurement à toute affection des parties solides ? Voilà sans doute ce qu’on doit appeler de l'éclectisme, dela non-exclusivité en faveur du solidisme ; c’est ainsi que l’on prouve, à qui de droit, que l’on n’a pas puisé dans la doc. trine physiologique, et qu’on éloigne tout soupçon de
(374 ) Broussaisisme ; chose de rigueur pour n'être pas écarté du nombreux cortége de l'agrégation.
Il nous semble que M. Andral aurait beaucoup mieux fait de persévérer dans son pyrrhonisme, et de demander à MM. les chimistes s'ils sont bien sûrs que certains matériaux existent: dans le sang, indépendamment du travail des organes sécréteurs ; si l’urée qu’ils ont découverte dans le sang n'a pas été sécrélée et ensuite résorbée ; s'ils ont positivement constaté combien de temps l'urée, qui est enlevée par l'absorption, peut circuler dans les humeurs après la soustraction des reins; s'ils sont bien sûrs que la cérébrine qui se rencontre dans le sang n’a pas été emportée par la circulation qui se fait continuellement à travers la substance cérébro-nervoso-rachidienne. Il nous semble qu'il y avait là matière au doute, et qu’une série d’objections bien conçues aurait fait plus d'honneur à M. Andral que le projet de faire sourire quelque wieil humoriste, par l’idée d’une phthisie pulmonaire indépendante de l’inflammation.
L'ouvrage de M: Louis n’a rien appris de nouveau sur l'origine des tubercules; cet auteur s’est borné à répéter MM. Bayle et Laënnec. Îl serait donc inutile de nous occuper de lui.
M. Baron , médecin de l'hôpital de Glocester, a publié sur les maladies tuberculeuses: deux: volumes de recherches, dont le premier a paru en 1819, et le second en 1822. Cet ouvrage, dont M. Boivin a donné la traduction en 1825 , est rempli d’observations, dont la partie thérapeutique est au-dessous
‘de la critique ; maïs dont lanatomie pathologique est bien soignée. Les conclusions de l’auteur sont bien différentes de celles de M. Andral : il ne voit dans les tubercules que des productions originairement vésiculaires qu'il nomme ‘hydatides ; mais qu'il n’attribue point à des entozoaires, et qui , en s’épaississant, compriment, irritent et enflamment les tissus’; il les regarde d’ailleurs comme tout-à-fait indépendantes de l’inflammation : ce qui ne nous a point étonné; car la lecture de son ouvrage nous a prouvé qu'il n'avait point une idée complète de l'inflammation.
Selon le docteur Baron, les tubercules du poumon,
dans le premier stage, ne sont point reconnaissables au toucher, à cause de la délicatesse et de l’élasticité de leur tissu; mais, en les examinant de près, on reconnaît que ce sont de petits corps transparens, vésiculaires, dont la surface luisante les fait assez distinguer du tissu qui les entoure. Ceux qui prennent naissance à la surface des membranes, ressemblent, pour le volume et le caractère général, à ces incrustations globuleuses qui garnissent les feuilles ei les tiges dela glaciale ; maïs. il ajoute que rarement on a eu l’occasion de les rencontrer à leur état primitif chez le sujet humain. C’est pourquoi, dans la plupart des descriptions qu’on en a faites, on les représente à une époque beaucoup plus avancée ; mais älors les vésicules ont perdu leur mollesse, leur délicatesse ; leur transparence est altérée , elles ont augmenté de volume, etc.
L'auteur dit que, pendant la marche de l'affec-
tion tuberculaire , il se fait dans le poumon des changemens, dont voici le.sommaire : Dans le premier .s{age des tubercules, les tissus environnans n’éprouvent que peu ou point d’altération ; le poumon conserve la vivacité de sa couleur, sa molle élasticité; rien n'indique que la circulation du sang, celle de l’air y aient été interceptées ; mais à mesure que les tubercules augmentent de volume et de densité, qu'ils se rapprochent les uns des autres, le trouble des fonctions se manifeste; le sang est gêné dans sa marche; la respiration, d’ordinaire, en devient plus précipitée et plus laborieuse , surtout dans le cas d’ulcération légère. Les conséquences en sont évidentes : le poumon acquiert plus de compacité, sa couleur est plus foncée; enfin il présente cette disposition que quelques uns ont considérée comme l’indice de la maladie désignée sous le nom d’hépatisation. L'auteur refuse de rechercher si cet état est, ou selon ses expressions, si cette affection est sympathique ou non; mais, dans ce cas, il la regarde comme l'effet des tubercules.:
Dans tout cela nous ne découvrons rien de nouveau. M. Dupuis avait remarqué, chez les animaux, l’origine vésiculaire des tubercules , ainsi que M. Baron en fait lui-même l’aveu; et tout ce que dit ce dernier sur la compression, la gêne du poumon, enfin l’état dit hépatisation, résultat du développement et de la multiplication des tubercules, est ce que l’on répète depuis fort long-temps dans les écoles. 6
C’est par l’histoire soignée d’un grand nombre
de phthisiques, dont la maladie remontait toujours à une cause évidente , que , dans plusieurs de nos ouvrages, et d’abord dans l’Æistoire des phlegmasies , nous avons combattu cette opinion dela compression toule mécanique du poumon, par l'effet de tubercules développés, on ne sait comment, ni pourquoi, dans le parenchyme pulmonaire : nos conclusions ont été que rien ne pouvait prouver que les tubercules se seraient formés si l’inflammation n'avait pas été accidentellement provoquée ; il fallait bien, selon nous, qu'il y eût un rapport entre ce phénomène et la production des tubercules, et ce rapport nous paraît être celui de la cause à l'effet. Mais M. Baron n’envisageant pas l’inflammation sous le même point de vue que nous, toute discussion avec cet auteur serait inutile. Il faut attendre que les idées physiologiques se soient peu à peu répandues dans son pays pour lui une semblable doctrine.
L'idée de MM. Dupuis et Baron, qu'il se forme dans les organes , soit pleins, soit poreux, soit membraneux, de petites vésicules transparentes, qui, en s’accroissant, prennent de la consistance, deviennent opaques, se remplissent d’un fluide de consistance et d'aspect différens, et constituent enfin une des formes de l’altération organique auxquelles on a donné le nom de tubercules, cette idée, nous le répétons , ne nous paraît nullement dénuée de vraisemblance, ni même de vérité ; mais cela n’empêche pas que d’autres tumeurs, qui ont également été désignées par ce nom, ne puissent se former
d'une manière toute différente. Par exemple:, au lieu de débuter par la forme vésiculaire, les tuber+ cules qui viennent dans ces tissus peuvent commencer par de petits épanchemens de matière lymphatique, qui prend aussitôt l'aspect caséeux ; pourquoi n'admettrions -nous pas ce mode d’al: tération dans les tissus lamineux transparens et dans les cylindres absorbans, puisqu'il a été observé dans le réservoir de Pecquet, dans le canal tho- .racique, que l’on a trouvés farcis et oblitérés par le pus caséiforme qui correspond à la matière tuber-
culeuse des anatomo-pathologistes modernes ?
D'autre part, nous. ne doutons nullement que les vésicules pulmonaires (que nous continuerons d'appeler vésicules bronchiques) ne puissent devenir des noyaux de iubercules, en se gonflant, se remplissant, s’agglomérant, se collant les uns aux autres , et que des liquides de consistance et d’aspects divers ne puissent s’y présenter. Indépendamment de tout cela, nous avons la certitude que les ganglions lympbhatiques, ies grains glanduleux sécréteurs, peuvent aussi, sans passer par l’état vésiculaire, se gonfler, s’endurcir et se résoudre en une matière caséiforme, qui paraît être, comme nous l'avons toujours dit, un mode particulier de suppuration chronique. En outre, nous conjecturons que dans quelques organes où. l’on n’aperçoit pas de ganglions, lymphatiques, 1l s’en développe quelquefois d’accidentels., qui, après avoir eu la forme des ganglions normaux , subissent aussi bien qu'eux la dégénération tuberculeuse. Enfin,
nous admettons qu’il peut se faire des dépôts irréguliers de pus’ dans les tissus cellulaires et aréolaires , tels que celui qui sépare les vésicules bronchiques etautres pareilsstet sur les surfaces séreuses: que cé pus ne tarde pas à s'épaissir, acquérir de la consistance , et à former ces masses caséiformes ou d'apparence plâtreuse que lon trouve dans les poumons , dans les plèvres, à la suite dés pneumonies et des pleurésie du mode le plus chronique. Si l’on n’en rencontre pas dans le péritoine, dans . l’arachnoïde , cela tient en partie à la différence de vitalité, peut-être aussi à ce que la sérosité de ces membranes est plus visqueuse que celle de la plèvre.
Mais ce que nous voyons de commun entre tous ces modes de dégénération en apparence si divers, c’est l’irritation, qui nous paraît être leur mère commune. Au surplus, notre opinion bien prononcée, et nous n'avons pas aitendu pour l'exprimer la publication des ouvrages que nous venons de citer, notre opinion est que plusieurs modes d’altérations peuvent se rencontrer dans les mêmes tissus , et que, pour les expliquer, il ne faut pas se contenter d’avoir recours à l’engorgement, à l’extravasation, aux sécrétions morbides purulentes, mais qu'il faut encore songer à des aberrations nutritives , à certaines végétations hypertrophiques, qui, non moins que les autres genres d’altérations désorganisatrices, se développent sous l’influence de l’irritation.
Telles sont nos idées fondamentales sur la cause des altérations désorganisatrices; nous les avons déjà
( 580 ) exprimées en termes à è à peu près pareils dans plusieurs de nos ouvrages ; mais nous ayons cru devoir les reproduire et les développer davantage aujourd’hui (décembre. 1826), parcequ elles sont à leur place à côté de la proposition qui traite des tubercules pulmonaires.
Nous venons de lire dans le Journal général de médecine, cahier d'août 1826, page 223, un article de M. Cruveilhier, par lequel nous apprenons qu'il a déterminé des tubercules dans le poumon des chiens, en injectant du mercure par la voie de la trachée. Ces animaux étant morts quelques semaines après cetle injection, dans un état de consomption, on a trouvé les poumons farcis de tubercules, dont chacun contenait un globule de mercure à son centre. La matière de ces tubercules paraît à M. Cruveilhier être du pus concrété ; d’où l’auteur tire les conclusions que les tubercules pulmonaires ont leur siége dans les vésicules bronchiques ; qu’ils ne peuvent point être l'effet du catarrhe; qu'il y a probablement action de certains corps étrangers, agissant sur la surface interne des bronches, dans les phthisies ordinaires. |
Ces conclusions sont bien loin d’être rigoureuses, et, malgré la haute estime que nous avons pour les talens de M. Cruveilhier, nous nous permettrons d’y faire quelques objections.
La matière purulente concrète, caséiforme , est bien ici le produit de l’irritation exercée par les petites masses de mercure sur la surface interne des vésicules bronchiques ; mais il n’en résulte pas que
( 581 ) ces vésicules ne puissent, sans la présence de corps étrangers , être irritées dans le mode qui produit cette matière. En effet, qui serait assez téméraire pour affirmer que la phlegmasie des bronches, propagée dans les vésicules, et y persistant quelque temps dans une nuance faible , ne produira jamais lamatière caséiforme tuberculeuse ? Est-il un praticien qui osât se permettre une assertion négative de cette importance, lorsqu'il voit les amygdales affectées de phlegmasie chronique produire cette même matière ; lorsqu'il la voit résulter de l'irritation chronique des ganglions tant internes qu’externes, soit dans les viscères, soit dans l’appareil locomoteur; lorsqu'il l’observe, à la suite des péritonites chroniques , dans le tissu de la membrane séreuse de l’abdomen ; lorsqu'il la rencontre autour des articulations goutteuses, dans les tuniques des artères attaquées de phlegmasies chroniques, dans les tissus cellulaires interposés entre les muscles, dans la peau déformée par les éléphantiasis, dans les os spongieux et dans les cavités du labyrinthe ; où elle remplace la substance nerveuse dans certaines otites; en un mot, dans toutes les parties du corps oùil y a des tissus blancs, pourvu que ces tissus aient été long-temps irrités à un degré peu intense? Que l’on nous prouve que toutes ces nuancés diverses de la matière blanche caséiforme ne sont pas produites par l’irritation chronique ; que l'on nous démontre qu'il ne peut s’en former dans le poumon‘ que par des corps étrangers , introduits dans les vésicules bronchiques, et qu’elle
ne peut exister que dans :les vésicules ; que l’on nous rende conyainçus qu'ilest intervenu des corps étrangers dans les. ganglions :mésentériques des phthisiques ordinaires >» pour y produire de la matière tuberculeuse, ou que cette. matière.est engendrée par un mode tout différent.de celui qui a présidé à la génération des tubercules du poumon; que l’on nous dise comment certains poumons de phthisiques présentent des épanchemens de matière tuberculeuse , c’est-à-dire caséiforme, dans les intersticés des bronchés; pourquoi:il y en ades masses libres dans la plèvre chez quelques pleurétiques; et que l’on rattache ces faits à l'introduction de certains corps étrangers dans des vésicules respiratoires ; alors nous admettrons autant: d’entités morbides spéciales qu'on nous! én;aura constaté par des preuves irréfragables.
Jusque la nous croirons que:la matière puriforme concrète, formant les tubercules de M:-Cruveilhier , n’est que le résultat de la stimulation immédiate exercée par les globules mercuriels ; et nous ajouterons que loute autre stimulation que celle-là pourra produire le même effet, quand elle agira comme elle daris un mode chronique , non seulement dans l'intérieur des bronches, mais encore. sur tous les tissus. formés. de. gélatine et d’albumine plus, ou moins combinées avec ; des sels, etc. |
Si l’on allègue que nlusiciite personnes éprouvent pendant long-temps des catarrhes pulmonaires, et parviennent même à un âge avancé, sans devenir
phthisiques, nous répondrons que cette assertion vague, généralement admise sur parole, mérité d'être approfondie par les praticiens cultivant l’a natomie pathologique. Nous: avons: sous les yeux beaucoup de ces hommes qui viciHissent avec des catarrhes : nous les voyons succomber après de nombreuses rechuies; et quand effectivement ils périssent par les suites du catarrhe converti en pneumonie , nous trouvons, danis leurs poumons des tubercules aussi bien que dans ceux des jeunes gens; seulement on remarqué que là majeure partie de ces tubercules sont noïrs où bruns, au lieu ; d’être blancs, ce qui tient uniquement à la différence de l’âge. Ces vieux phthisiques ne diffèrent des jeunes qu’en ce qu’ils ont mieux supporté la phlegmasie pulmonaire dans leur jeunesse, soit parcequ’ils ont été mieux traités ; ou qu’ils ont pris plus de précautions, soit parcequ’ils étaient plus robustes ou moins irritables , ce qui est le plus ordinaire ; ces vieux phthisiques sont aux jeunes ce que les vieux porteurs de gastro-duodéno-hépatites chroniques, où les prétendus obstrués, sont aux jeunes gens qui sSuccombent aux douleurs de la gastro-éntérité aiguë, si ridiculement qualifiée du titre de fièvre adynamique. |
Mais il est beaucoup d'hommes dans la société qui passent pour n'être affectés que de catarrhe ;et qui dans le fait sont attaqués d’hypertrophie du cœur ou d’aortite. Ces sortes de sujets sont presque tou= jours essoufflés , ils s’enrhument avec une grande facilité; ils expectorent habituellement beaucoup :
parceque la difficulté du passage du sang à travers les poumons facilite extraordinairement la sécrétion des bronches. Ceux-là, quoique ayant souffert de l'irritation du poumon, sont beaucoup moins sujets aux tubercules que ceux qui sont attaqués du catarrhe primitif. Ils y sont d'autant moins exposés que leurs poumons sont plus humides , plus séreux, et qu'il faut peu de sérosité dans les tissus blancs irrités, pour que la suppuration quis’y forme soit susceptible de ce degré de concrétion qui correspond au tubercule ; ce qui n'empêche pas que l’anévrysme du cœur et des gros vaisseaux ne puisse aussi coïncider avec le degré de concrescibilité de la lymphe pulmonaire, qui se prête à la formation des tubercules. |
Ayant injecté du mercure dans les vaisseaux des membres, M. Cruveilhier a vu aussi, dans le système capillaire de ces parties , des tubercules qui avaient à leur centre une petite masse de ce métal ; nouvelle preuve qu’il n’y avait ici, comme dans les tubercules pulmonaires produits par la même cause, autre chose qu’un effet de lirritation immédiate. Si M. Cruveilhier eût pu injecter son mercure dans les artères bronchiques ou autres vaisseaux du poumon, il aurait alors trouvé des tubercules ailleurs que dans les vésicules bronchiques, et n'aurait pas conclu qu’il fallait probablement la présence d’un corps étranger dans ces vésicules pour produire la phthisie pulmonaire tuberculeuse.
Ces injections du système vasculaire ont suggéré d’autres idées à M. le professeur Cruveilhier. Il a re-
f4ss5 )
marqué () que le mercure introduit dans les vais
seaux sanguins produisait plus d’inflammation dans
les veines que dans les artères. Rien d’étonnant dans ce fait, 1° puisque les veinules sont plus nombreuses
que La artérioles ; 2° puisque la circulation y étant moins prompte, le stimulant étranger reste plus long-temps en contact avec leurs paroïs qu'avec celles des artérioles ; 5° puisque les tuniques-des veines sont plus molles . plus dilatables et plus rétracules , plus vivantes en un mot que.celles des, artères; mais fallait-1l en conclure d’une manière générale que le siége immédiat de l’inflammation est dans le système veineux? Et non sans doute!
puisque, 1° les tuniques des artères peuvent aussi
éprouver ce phénomène, comme le démontrent, sans parler des autres faits, les expér iences de M. Cruveilhier lui-même ; 2° les vaisseaux lymphatiques ont été trouvés enflammeés ; 3° l’inflammation a été vue dans les canaux excréteurs, comme l’urèthre, le canal déférent, les cholédoques, etc. ; 4° les cellules , les aréoles des tissus cellulaires et aréolaires s’enflamment aussi bien que les membranes séreuses les plus ténues quand on y injecte un corps irritant. M. Cruveilhier dira peut être que ce sont les veines des lymphatiques , celles des artères, celles des conduits excréteurs, celles des petites lamelles transpa-
rentes du tissu aréolaire et séreux, qui éprouvent,
seules l’inflammation ; mais comment soutenir une w 7 . + . .
telle proposition sans avoir des instrumens capables
(1) Nouvelle Bibliothèque médicale, octobre e! novembre 1826, page 5—153.