‹ Commentaires des propositions de pathologie, consignées dans l'examen des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 15 sur 50 · Path · texte numérisé non relu

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doute qu'il ne soit neutralisé dans les voies de la circulation ; mais il reparaît dans l'urine et dans la transpiration cutanée.

Comment n'abonclerait-il pas dans les intestins grêles , lorsque l'inflammation accumule sur leur membrane interne une mucosité sanguinolente, de la bile et quelquefois même du sang pur, et lorsque ces matières séjournent dans un foyer d'une température aussi élevée et toujours accessible à l'air extérieur? Ce n'est que dans les vaisseaux et dans le tissu propre des organes que l'influence vitale peut empêcher la décomposition spontanée. Toutes les humeurs extravasées se décomposent , les unes en se partageant en deux parties , dont l'une se coagule en s'attaciiant aux organes , et l'autre, moitié fluide, séjourne sous cette forme ou disparaît par la résorption; tels sont le sang épanché , et quelques produits de l'inflammation accumulés dans les parties séreuses : les autres , en passant à la putréfaction , comme le pus des phlegmons ; mais aussitôt que l'air atmosphérique pénètre dans les foyers qui contiennent ces humeurs, il accélère leur décomposition et leur fait contracter une excessive fétidité.

Comment donc être surpris que la putridité s'associe aux inflammations aiguës du canal digestif? Certes ces affections doivent être les maladies putrides par excellence. On ne peut leur comparer que les suppurations putrides avec résorption ; tels sont les dépôts fistuleux, provenant des grands phlegmons qui pénètrent profondément dans l'épaisseur des parties, et qui fournissent une suppuration abon-

dante et félide dont la majeure partie est re'sorbe'e : mais ici les causes sont évidentes , et l'on ne s'avise pas de confondre les maladies que produisent ces résorptions purulentes , avec les fièvres dites putrides essentielles.

Lors donc que la putridité se manifeste dans une maladie aiguë , sans que l'on puisse l'attribuer à la putre'faction d'un foyer purulent , il est déjà très probable qu'elle dépend d'une gastro-entérite ; mais quand les autres signes de cette maladie s'y trouvent réunis , il ne reste plus aucun doute sur la cause prochaine de la fétidité' des excrétions, et cette fétidité devient nécessairement un des signes caractéristiques de la maladie qui nous occupe.

On a cité des exemples de fièvres putrides , occasionées par des collections de pus fétide , qui n'ont été découvertes qu'après la mort. Nous croyons bien qu'une semblable cause peut entretenir un état fébrile , avec prostration et fétidité des excrétions ; mais ou le fuligo, la stupeur et la chaleur prédominante de l'abdomen manquaient, et alors le groupe de symptômes ne correspondait point à la fièvre putride des auteurs ; ou ces symptômes existaient, et, dans ce cas, la gastro-entérite compliquait l'inflammation primitive. Or cette complication n'est point une chose rare : elle peut même résulter de la simple résorption du pus fétide ; car ce pus agit ici comme un poison septique, et il est d'observation constante que tous les poisons absorbés développent de l'irritation dans la membrane interne du canal digestif. Ainsi, pour nous résumer, la réunion de la stu-

peur, de la prostration, de la fuliginosité, de la lividité et de la fétidité des excrétions constitue le groupe de symptômes auquel les auteurs ont consacré le titre de fièvre putride ou ad/namique , et ce groupe est en même temps ce qui nous donne le diagnostic d'une inflammation aiguë de la membrane muqueuse du canal digestif, élevée à son plus haut degré d'intensité ; c'est ce qu'en médecine physiologique nous désignons par les mots de gastro-entérite passée à l'adynamie.

D'après ce que nous venons de dire, on voit que les typhus ne peuvent être que des gastro-entérites aiguës du plus haut degré : ils réunissent en effet tous les caractères des fièvres putrides ou adynamiques sporadiques ; ils n'en diffèrent que par la cause. Or cette cause est un miasme putride , c'est-à-dire un gaz provenant de la décomposition des corps organisés ; cette cause a donc les plus grands rapports avec le gaz qui se forme dans l'intérieur des intestins phîogosés, gaz qui produit aussi, comme nous venons de le voir, un véritable empoisonnement miasmatique.

Ainsi l'on peut établir que , dans un grand nombre de cas , l'homme s'empoisonne lui - même par les foyers putrides que l'inflammation développe dans ses organes , et que , dans d'autres , il est empoisonné par les émanations de foyers putrides , situés hors de lui. Au premier cas se rapportent , non seulement les états adynamiques , produits par la gastro-entérite aiguë , mais aussi ceux qui dépendent des grandes suppurations intérieures , dont le

( 229 ) pus, en putréfaction , est incessamment résorbé , et des suppurations extérieures , également fétides , comme celle de la variole , etc. Au second cas se rattachent la fièvre jaune, la peste , tous les autres typhus provenant des miasmes dégagés des corps organisés qui se putréfient en plein air , les fièvres de mauvais caractère , occasionées par les émanations des animaux vivans , sains ou malades, resserrés dans un local trop étroit , et même celles qui sont provoquées par les émanations d'un seul malade affecté de typhus, lorsque les émanations sont abondantes , très virulentes et absorbées par un sujet éminemment prédisposé.

On va dire que nous admettons la contagion fébrile d'un individu à l'autre, dans un moment où la plupart des médecins physiologistes s'empressent de la nier. Ceci mérite quelques distinctions. Après avoir posé en principe que les miasmes putrides, quelle qu'en soit la source , peuvent produire le groupe de symptômes auquel on assigne le nom typhus , nous affirmons , fondés sur l'expérience , que rarement un seul malade peut fournir des miasmes assez actifs et assez copieux pour empoisonner plusieurs personnes saines ; mais la même expérience nous force de convenir qu'il est des cas où cet empoisonnement peut s'effectuer sur un petit nombre de sujets, et spécialement sur ceux qui approchent de près le malade , qui reçoivent et aspirent son haleine , surtout lorsque l'on néglige les moyens de propreté, que le malade n'est ni changé de linge, ni ventilé suffisamment , et qu'on le laisse croupir

avec les excre'tions, dans un local trop étroit , soustrait à l'influence de l'air extérieur. Nous conviendrons que cette espèce d'infection , à laquelle on a donné le nom de contagion, est peu commune, parcequ'un seul malade est rarement un foyer bien virulent ; mais nous nous garderons bien de nier qu'elle soit possible : les faits déposeraient contre nous , et nous sommes esclaves des faits. Les contagionistes n'en manquent pas plus que leurs adversaires, et mille faits négatifs ne peuvent détruire un fait affirma tif. Nous nous bornerons donc à dire que cette espèce d'infection est très facile à prévenir, et que jamais un seul malade , transporté dans un lieu sain, et soigné d'une manière convenable, ne peut être la cause d'une épidémie. \ )

Après avoir reconnu comment l'état adynamique ou typhique se rattache à la gastro-entérite , nous sommes conduits , par les termes de la proposition CXXXVIH , à. rechercher de quelle manière l'état nerveux, ataxique ou malin , peut en être le résultat. Ses symptômes dits nerveux par excellence , tels que les convulsions bien prononcées, les raideurs tétaniques , un délire permanent , plus bruyant que celui de la forme typhique , exempt de tout mélange de stupeur et de somnolence , supposent que le cerveau est excité dans un mode différent de celui qui appartient au typhus ou à l'adynamie fébrile. Toutefois ce mode peut, aussi bien que le dernier, être la conséquence d'une gastro-entérite. Dans les deux, il y a transmission d'irritation à l'encéphale ; mais celle du mode typhique est accompagnée d'un en-

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gorgement sanguin plus profond , d'une sorte de narcotisme qui n'existe pas dans la seconde. Les mouvements convulsifs et le délire du mode typhique sont ceux d'un homme assoupi ; les convulsions et le délire du mode ataxique sont ceux d'un homme trop éveillé : comment donc ces deux modes peuvent-ils dépendre de la même cause, peuvent-ils être le résultat dé la même influence sympathique ? On sait qu'en général , abstraction faite des causes provocatrices, l'encéphale est sujet à ces deux modes d'excitation. Il y a toujours, dans les irritations cérébrales , ou trop de veille ou trop de sommeil. La différence paraît dépendre , dans bien des cas , du mode de l'irritation, et du retour plus ou moins facile du sang dans la circulation. Si l'irritation est sans engorgement , les malades sont éveillés ; mais si elle accumule le sang dans la substance cérébrale, la somnolence remplace l'insomnie. Cette succession peut être observée journellement dans l'affection qui nous occupe : on voit souvent des malades , après plusieurs jours de veille , passer subitement à l'état comateux , lorsque la congestion est formée ; et réciproquement, on observe des cas où, la congestion qui existait dès le début ayant été détruite par les saignées , l'insomnie prend la place de l'état soporeux.

Si Ton voulait déterminer la cause prochaine des symptômes adynamiques et ataxiques d'après ces données, on dirait que l'engorgement sanguin de la membrane muqueuse des voies gastriques entraîne d abord celui de l'encéphale , et produit ainsi la

stupeur et la prostration adynamiques ; que si l'irritation cérébrale, provoque'e d'abord par celle de la muqueuse gastrique , passe au mode inflammatoire douloureux, et opère la re'vulsion de l'engorgement sanguin de la re'gion épigastrique , la somnolence disparaît, pour faire place au délire, aux convulsions et à l'insomnie ; mais que si cependant cette irritation cérébrale n'est pas détruite, elle fmitpar produire une congestion ou un épancbement, et par ramener l'état comateux qui, dans ce second cas, est beaucoup plus redoutable et presque toujours mortel.

Cette explication paraît assez plausible pour les cas où le cerveau et ses membranes sont véritablement dans l'état inflammatoire ; mais combien de sujets qui, bien qu'ayant offert l'aspect le plus ataxique , ne présentent aucune trace cadavérique d'inflammation , et ne laissent voir dans le cerveau qu'un engorgement sanguin, une infiltration séreuse dans la pie-mère, ou un léger épancbement de même nature dans l'arachnoïde , tandis que la membrane muqueuse des voies gastriques porte les traces les plus évidentes de plilegmasie ?

Puisqu'il n'est pas possible d'attribuer tous les symptômes ataxiques qui surviennent, pendant le cours des gastro-entérites aiguës , à l'inflammation véritable du cerveau et de ses membranes , on ne peut y voir autre chose qu'un effet sympathique de la phlegmasie muqueuse de l'estomac et des intestins grêles , c'est-à-dire une modification produite par la même cause qui détermine les phénomènes adynamiques. Dans l'état adynamique comme dans

( s33 ) l'ataxiqne , le cerveau est excité par la gastro-entérite ; voilà la ressemblance. Dans le premier, il Test avec stupeur, somnolence et prostration, tandis que, dans le second , il Test avec convulsion , de'lire , veille opiniâtre, exaltation de la sensibilité' ; voilà la différence. Puisqu'elle ne de'pend pas nécessaire-

• ment de l'inflammation cérébrale, à quoi peut-elle tenir? Vient-elle d'une nuance particulière d'inflammation des intestins ? Pour que cela fut, il faudrait que l'ataxie ne s'associât jamais à la gastro-entérite accompagnée d'une forte chaleur de l'abdomen; car c'est cette nuance qui amène nécessairement la putridité , si elle persiste un certain nombre de jours.

. Nous avons souvent remarqué que l'ataxie coexistait avec la gastrite pendant les premiers jours de l'état aigu , c'est-à-dire tant que l'irritation prédominait dans la partie supérieure du canal ; mais , après quelques jours , la stupeur persistait avec la fétidité, et les phénomènes nerveux se trouvaient, en quelque sorte , émoussés par la complication adynamique. Cela ne viendrait-il pas de ce que l'inflammation , en se prolongeant dans les intestins , aurait produit un plus haut degré d'altération? Voilà des faits sur lesquels il est bon que l'attention des observateurs soit appelée.

Nous avons souvent eu l'occasion de faire la remarque que les malades qui présentaient la plus vive ataxie , tel qu'un délire furieux, avec exaltation prodigieuse de la force musculaire, sensibilité exagérée des organes des sens, à la suite des excès de liqueurs spiritueuses, ou par toute autre excitation des voies

( 234 ) digestives, avaient peu de chaleur fébrile , le pouls presque effacé, l'abdomen très déprimé, et ses muscles fortement contractés : signes certains qu'il n'existait pas, dans les intestins, de phlegmasie avec congestion de fluides dans la membrane muqueuse. Lorsque ces malades ont succombé en peu de jours à la violence de l'état nerveux, nous avons pu vérifier qu'en effet cette membrane , quoique rouge, était sèche et les intestins rétrécis : l'exploration de la cavité crânienne devenait alors fort intéressante ; mais lorsqu'en même temps on n'y observait autre chose qu'injection, densité, rénitence du cerveau, sécheresse de l'arachnoïde , sans aucune exsudation , n'était-il pas évident que le cerveau avait été excité par la phlegmasie commençante du canal digestif? Sans doute , et nous avons tout lieu de croire que si de pareils malades avaientvécu plus long-temps, l'appel des humeurs dans la muqueuse phlogosée se serait effectué; l'altération de cette membrane se serait faite ; la putriclité , la stupeur et la prostration auraient marché sur ses traces, et la forme adynamique aurait pris la place de l'ataxique.

Ce qui nous a confirmé dans cette manière de voir, c'est que nous avons vu également périr, durant l'état ataxique que nous dépeignons, et les malades que l'on avait excités par les antispasmodiques, et ceux qui avaient été débilités par les fortes saignées. Les premiers ont succombé parcequ on avait exalté l'état nerveux, en ajoutant à la surirritation des voies gastriques ; les seconds ont dû leur mort à l'affaissement que produisent toujours les grandes

( 235 ) perles de sang chez les malades e'puise's par des convulsions excessives ; car il n'est jamais prudent de verser du sang chez un malade convulsé depuis plusieurs jours, lorsque le pouls est très petit. Après avoir fait cette remarque, nous avons pris le parti de n'opposer à ces ataxies du début de l'état fébrile que des bains froids ou tièdes et des boissons éniollïentes. L'événement a justifié cette pratique; car, au bout de quelques jours, nous avons vu les convulsions et le délire diminuer, le pouls et la chaleur fébrile se développer, la soif et. les autres signes de la gastro-entérite se manifester ; quelques uns de nos malades entraient en convalescence; d'autres restaient avec la fièvre et le délire : c'est alors que, craignant également l'encéphalite et le passage à l'adynamie , nous avons eu recours aux saignées locales, pratiquées à la tête ou sur l'abdomen ; et ces pertes de sang , qui auraient pu être funestes dans la période du spasme , étaient alors bien supportées et procuraient une terminaison prompte et heureuse, toutes les fois que la muqueuse du (Canal digestif n'avait point été désorganisée par une phlogose chronique antérieure à l'état aigu.

Tout ce que nous venons de dire sur l'ataxie consécutive h la gastro-entérite ne porte aucun préjudice à l'ataxie primitive : l'irritation du cerveau préside à l'une aussi bien qu'à l'autre. Mais voici l'instant d'exposer ce que les faits nous ont. appris sur les signes et sur la marche de ces deux ataxies : nous allons les comparer rapidement, et compléter ainsi ce que nous nous proposons de comsigner dans

( 236 ) cet ouvrage pour fixer les caractères de la nervosité fébrile.

La très grande majorité' des phîegmasies de l'encépîiale ne sont, dans leur début, ainsi que nous l'avons déjà répété, que des irritations sympathiques de l'estomac phlogosé , irritations qui , pour n'avoir pas été combattues en temps opportun, vont aboutir au réseau vasculaire de la pie-mère et dans l'arachnoïde, où elles prennent le caractère de phîegmasies ; les autres sont l'effet des violences extérieures , des phîegmasies circonvoisines , et celles-ci peuvent quelquefois attaquer la substance même du cerveau. Il en est qui proviennent des affections morales ; car bien que les passions exercent beaucoup d'influence sur les organes digestifs et sur le cœur, elles peuvent quelquefois ne produire d'inflammation que dans le cerveau ou dans ses membranes ; ces organes peuvent aussi recevoir l'irritation par métastase, d'une auire partie, etc.

Irrité par l'une ou l'autre de ces causes, l'encéphale commence toujours par provoquer des désordres dans les nerfs de relation. Considérés dans le moment de leur apparition , ces désordres ne témoignent autre chose que l'irritation du cerveau ; il faut nécessairement qu'ils deviennent continus et prédominans sur toute autre espèce de lésion, pour que l'on soit en droit de soupçonner une véritable phlegmasie. S'ils sont seuls et fort intenses, la phlegmasie est démontrée ; mais dans les cas où les phé- , nomènes sont provoqués par une gastro-entérite, ils ne peuvent être attribués à l'inflammation du

cerveau ou de ses membranes, chaque fois qu'on les voit se dissiper et reparaître avec la maladie primitive. C'est ainsi que nous voyons chaque jour les soubresauts des tendons disparaître par une application de sangsues sur l'abdomen et revenir après l'ingestion d'un bouillon. Mais , quelle que soit la cause déterminante de l'irritation encéphalique , les convulsions tétaniques persévérantes, les douleurs atroces et rebelles de la tête, soit locales, soit générales, la perte de quelque sens, la paralysie de certains muscles , le sopor profond , l'état hémiplégique, l'apoplexie avec paralysie , l'imbécillité, la pesanteur habituelle des membres et l'impuissance de la locomotion, sont des signes positifs d'une phlegmasie de l'encéphale : en d'autres termes , ces symptômes signifient que l'irritation de cet appareil , a produit une altération dans sa texture.

Nous avons exigé, pour porter ce diagnostic, que les symptômes énumérés fussent permanens ; en voici la raison : c'est que toute irritation, un peu violente peut les produire , par le seul fait de l'appel du sang et de la congestion qui en résulte , et tant que cette congestion n'a pas compromis la texture de l'encéphale ou de ses membranes , la maladie est curable, ou, si le malade succombe, on ne trouve aucun des désordres communément attribués à l'inflammation ; ce qui revient à dire que dès qu'il y a véritable inflammation du cerveau , la guérison complète est impossible.

Que faire donc maintenant ? faut - il donner à toutes les affections du cerveau le nom de phlegma-

( 258 ) sie, sans attendre les signes manifestes d'une altération de la texture de ce viscère? Si Ton prend ce parti, toutes les migraines, toutes les céphalalgies, seront des inflammations, et toutes les fois qu'un malade aura souffert de la tête ou présenté des phénomènes, soit convuîsifs, soit comateux, dans une maladie aiguë , il faudra soutenir qu'il avait une encéphalite ou une arachnitis, lors même que l'autopsie ne présenterait qu'une médiocre injection sanguine ou un modique épancliement séreux sur la surface de l'arachnoïde, avec une très légère opacité dans quelques points seulement de cette vaste séreuse.

Faut-il attendre la permanence des symptômes et des signes d'altération organique pour prononcer que l'inflammation est réelle? Alors l'indication des antiphlogistiques viendra trop tard.

Fera-t-on différentes coupes dans les symptômes cérébraux en appelant les uns nerveux , les autres inflammatoires, et donnant à quelques autres des noms tirés, tantôt du mode de lésion extérieure, paralysie, apoplexie, folie, catalepsie, tantôt de l'altération trouvée dans les cadavres , ramollissement, indurations, encéphaloïdes , cancers, etc.? Ces coupes , d'ailleurs tout arbitraires, conduiraient les praticiens à répéter ce que l'on n'a fait que trop long-temps pour le malheur de l'espèce humaine , c'est-à-dire à n'opposer que des moyens impuissans, quelquefois même directement nuisibles à la modification physiologique intérieure, qui produit les lésions apparentes. Cette méthode ontologique et

C "9 ) superficielle ramènerait bientôt les praticiens à n'opposer les saignées aux affections cérébrales que dans les cas de ple'thore ou de fièvre très prononcée, car ce ne serait qu'alors qu'ils redouteraient l'inflammation , et à laisser à l'irritation modérée ou chronique le temps de consommer la désorganisation du plus important de tous nos viscères : elle les mettrait encore une fois dans le cas d'exaspérer par de prétendus spécifiques, ou par des dérivatifs mal placés , l'irritation de l'organe qui trouble sympatliiquement les fonctions de l'encéphale ; elle les porterait, au grand scandale des savans qui espèrent voir la médecine prendre rang parmi les véritables sciences, à attendre l'époque de l'incurabilité pour reconnaître la maladie dont l'encéphale est attaqué, et à tirer leurs caractères de l'agonie.

Il n'existe , selon nous, qu'un seul moyen d'échapper à tous ces écueils : c'est de prendre les faits pour ce qu'ils sont, et de les énoncer sans préoccupation : ainsi , toutes les fois que l'encéphale fait éprouver de la souffrance , toutes les fois qu'il excite trop vivement les fonctions intellectuelles sensitives ou locomotrices, on peut dire , sans crainte de se tromper, qu'il est trop irrité ou surirrité , qu'il appelle trop de fluide et qu'il est menacé, ou d'un engorgement, ou d'une extravasation, ou d'une suppuration, ou d'un ramollissement, ou d'une induration , ou de tout autre mode de nutrition anormale, et par conséquent vicieux. Reste à chercher les indications curatives , et la physiologie nous apprend a les trouver, ou dans la stimulation primitive de

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Fencéphale , ou dans celle d'un organe qui réagit trop énergiquement sur lui. Dans toutes les lésions du centre de nos relations , le praticien doit voir en perspective la folie, la stupidité, les dégradations des organes des sens, les épilepsies , les paralysies, les apoplexies ; c'est le meilleur moyen de rencontrer rarement ces déplorables affections , qui ne sont autre chose que le signal d'une désorganisation qui s'opère rarement sans avoir été préparée et annoncée par des signes non équivoques de la surirritation de l'appareil encéphalique.

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