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pendantes d'aucune des phlegmasies que nous venons d'énumérer, et alors il faut , pour les caractériser, d'autres symptômes que ceux de ces mêmes plilegrnasies.il s'agit maintenant, avons-nous ajoute', de rechercher la valeur des symptômes qui attestent l'existence de vos fièvres essentielles ; or je parcours ces symptômes, et je trouve que ce sont précisément ceux de l'inflammation de la membrane muqueuse du canal digestif, depuis l'estomac jusqu'au colon.
« Mais , dites-vous , nous connaissions ces phlegmasies , et vous trouverez dans nos cadres nosologiques des gastrites et des enle'rites , comme vous y rencontrerez des pleure'sies , des pe'ripneumonies, etc. » A cela nous leur avons répliqué: Vous décrivez des gastrites, mais vous ne nous indiquez que celles du plus haut degré', et vous les confondez avec d'autres maladies. Vous nous parlez d'entérites ; mais dans vos descriptions nous reconnaissons d'autres maladies ; par exemple , la péritonite : de plus, vous nous donnez de véritables gastrites pour des maladies indépendantes de l'inflammation de l'estomac, sous les noms de choléra morbus , de vomissement noir, de gastralgies, de pyrosis, etc. Vous nous décrivez, sans le savoir, de véritables entérites, sous le nom de carreau, de lièvre entièrement nerveuse, de fièvre mésentérique. Dans tous ces cas vous n'admettez pas Fessentialité de l'état fébrile; mais vous vous méprenez sur la nature de l'affection de l'organe auquel vous attribuez cet état fébrile. Nous en concluons d'abord que vous ne connaissez
pas les inflammations de la membrane muqueuse de l'estomac et des intestins grêles.
Non content devons avoir convaincu d'ignorance sur ce premier point , nous revenons à l'évaluation des symptômes des fièvres auxquelles vous avez réservé le titre d'essentielles ; et ce nouvel examen nous prouve que ces symptômes appartiennent à ces mêmes inflammations du canal digestif que vous avez déjà méconnues sous d'autres formes. Prouveznous que nous sommes dans l'erreur, que vos fièvres bilieuses, gastriques , muqueuses, nerveuses, ataxiques, adynamiques , putrides; vos fièvres ardentes, vos fièvres jaunes, vos typhus, vos synoques simples ou fièvres inflammatoires, ne sont pas cela. Nous nous rendrons alors de bonne grâce; mais ne venez pas nous dire que ces fièvres peuvent de'pendre de toute autre inflammation que de celle des voies digestives, car nous vous rappellerions la concession que vous avez faite; nous vous dirions en effet: si celte fièvre, que vous nommez inflammatoire, et que vous avez crue essentielle jusqu'à l'autopsie, qui vous fait voir une inflammation , de'pend d'une pneumonie, d'un catarrhe, d'une phlegmasie cérébrale, ou de celle des vaisseaux sanguins, ce n'est point une fièvre essentielle ; c'est une inflammation que vous avez me'connue, quoique les caractères qui la distinguent fussent, selon vous, clairement exprimée dans vos nosologies. Si cette lièvre adynamique est l'effet d'une suppuration occulte que vous découvrez après la mort , ce n'est point une fièvre essentielle , mais un phlegmon dont vous n'avez pas
( Hi )
soupçonné l'existence. Si cette fièvre muqueuse est alimente'e par une combinaison de phlegmasies de plusieurs viscères, ce n'est point une maladie essentielle , c'est un mélange de plusieurs phlegmasies que vous réunissez mal à propos en une maladie unique pour en faire une entité particulière.
D'autre part , que voulez-vous que nous pensions de votre jugement, lorsque vous nous parlez de maladies composées d'une fièvre essentielle , c'est-à-dire qui n'a point de cause locale , et d'un catarrhe , d'une gastrite ou d'une dysenterie ? Avezvous un moyen de nous démontrer que la fièvre , qui , selon vous , peut être produite par le catarrhe, la gastrite, la colite, n'est point ici l'effet de ces phlegmasies , et qu'elles ne sont qu'un accident ou une complication de cette fièvre?
Enfin , comment faut-il vous qualifier quand vous nous dites que la rougeur du canal digestif et les auîres traces d'inflammation que nous trouvons dans les cadavres sont l'effet de la fièvre essentielle, vous qui, encore une fois , avez avoué que les inflammations des organes produisaient la fièvre? Ne convenez-vous pas que l'induration rouge et le ramollissement du poumon sont des traces d'une phlegmasie qui a produit la fièvre? ne faites-vous pas le même aveu pour la rougeur du péritoine, pour celle de la peau, pour celle des yeux, de la gorge, etc. ?
Vous voilà donc réduits, pour nier que la gastroentérite est la cause des fièvres qui n'offrent d'autre trace d'inflammation que la rougeur du canal digestif, à soutenir que cette rougeur est la seule qui
( *45 ) ne soit pas inflammatoire, et qui n'ait pas le pouvoir d'alimenter un état fébrile !...
Vous croyez triompher quand les cadavres vous présentent la couleur brune ou la noire iu lieu de la rouée, dans l'estomac et les intestins; eh! pouvez-vous nier que cette même couleur succède également à la rougeur dans tous les autres organes , lorsque la phlegmasie a parcouru de longues périodes.
Telles sont les questions que nous traitons depuis long-temps dans les différens ouvrages de la doctrine. Nous les avons réunies et rapprochées dans ce commentaire , pour en faciliter l'intelligence aux personnes de bonne foi qui ont le désir de s'instruire. Ce que nous avons dit suffit pour justifier la proposition CXXXIX , surtout si on la rapproche des développemens qui ont été donnés sur celle qui la précède.
Les auteurs ont quelquefois dit que certaines fièvres dépendaient d'une inflammation des organes digestifs ; mais ils n'ont jamais dit que les fièvres prétendues essentielles ne pussent avoir une autre cause; jamais qu'elles fussent produites par le même mécanisme que la fièvre des pneumonies, etc. ; jamais enfin qu'il n'y en eût point d'essen-
( *46 ) tielles. Tout cela n'a été dit que depuis la doctrine physiologique.
Non , les raisormemens déjà plusieurs fois présentes par les médecins physiologistes, et qui viennent d'être résumes, n'ont jamais e'té faits par les écrivains étrangers à cette doctrine. On avait dit que dans plusieurs fièvres malignes , continues ou rémittentes , les organes digestifs étaient souvent enflammés ; mais l'entité fièvre restait toujours comme cause de l'inflammation, même dans l'épidémie ou dans le cas que l'on avait sous les yeux , et tendait à se rallier à d'autres entités pareilles, qui n'étaient pas détruites, et qui lui servaient de sauvegarde. En France , on avait essayé d'expliquer les fièvres essentielles de la nosograpliie par différentes manières dêlre de nos organes, mais non de les détruire pour les rapporter à l'inflammation. C'est ainsi que les uns voulaient réduire la fièvre bilieuse et gastrique à une irritation des sécréteurs de la bile ; la fièvre muqueuse à une irritation des follicules du canal digestif ; la fièvre adynamique à une affection irritative des fibres musculaires ; la fièvre inflammatoire à une irritation des orifices exhalans et des follicules sébacés; tandis que d'autres, après avoir fait beaucoup d'attention à l'engorgement sanguin du canal digestif, n'hésitaient pas à attribuer la fièvre adynamique à la retraite du sang des vaisseaux de ce même canal , et justifiaient ainsi le traitement incendiaire que Cullen avait conseillé, et que Brown avait rendu universel.
( s47 ) L'un voulait que toutes les maladies fussent des irritations particulières des vaisseaux lymphatiques ; un autre pre'lendait les classer d'après les lésions des propriétés vitales, et, pour y réussir, il érigeait ces propriétés en autant de puissances qui dominaient tous les organes.
En Allemagne, on rapportait toutes les fièvres de mauvais caractère à une lésion du système nerveux, et cette lésion, suivant les uns, était la débilité, tandis que , suivant d'autres , c'était une phlegmasie attaquant le cerveau ou la moelle rachidienne. En Italie , on parlait d'affections diathésiques générales, de processus qui généralisaient des maladies primitivement locales. Les médecins italiens de cette époque avaient beaucoup réduit le nombre des maladies asthéniques de Brown ; mais ils traitaient leurs fièvres liypersthéniques , devenues les plus nombreuses, par des purgatifs, par des sels, par des narcotiques, par la digitale ; moyens qu'ils entremêlaient avec les saignées , les boissons émollientes et l'application du froid , comme tendant exactement au même but, preuve certaine qu'ils n'avaient aucune idée du véritable état de la membrane interne des voies gastriques. D'ailleurs, leurs saignées, toujours faites aux gros vaisseaux, jamais pratiquées sur le foyer principal de l'inflammation, prouvent assez que ce foyer ne leur était point conni. Ils attaquaient une diathèse sthénique, qu'ils plaçaient on ne sait où, par des modificateurs qu'ils se représentaient comme propres à la détruire , lorsqu'ils ne faisaient que l'augmenter ; ils les dé-
( 248 ) posaient dans l'estomac, et se les figuraient agissant partout ailleurs que sur l'estomac (1).
Où donc était l'idée de l'état pathologique des organes qui correspond aux fièvres essentielles des auteurs? On ne le rencontrait ni chez les contemporains ni chez les anciens classiques : toujours des modifications imaginaires de l'organisme; toujours des entités inexplicables; aucun rapport entre les maladies aiguës et les chroniques; l'économie était soumise à une foule de tyrans abstraits, et, nulle part on ne trouvait une modification naturelle, fonde'e sur l'anatomie et sur l'irritabilité des organes. Tous les médecins qui ne tenaient pas exclusivement à Fhumorisme étaient des browniens déguisés, qui attribuaient la même maladie tantôt à l'excès de la force générale du corps, tantôt à la faiblesse; ou bien c'étaient des ontologistes, qui prétendaient que l'entité morbide ne pouvait être caractérisée que par sa marche, sa durée et sa terminaison, et qui, par là, se mettaient dans l'alternative ou de traiter une maladie avant qu'elle fût connue, ou d'attendre sa ter-* minaison pour décider ce qu'il aurait fallu faire pour la bien traiter. « Attendez, vous disaient ces prétendus analystes, lors du malaise précurseur des affections aiguës, attendez que la maladie soit déclarée ; voulez-vous attaquer votre ennemi avant de le connaître ? Donnez une secousse à l'économie ; faite? prendre un vomitif : si vous n'avez affaire qu'à ua
li) Voyez l'observation de la maladie de la fille de Tommasini, Journal universel des sciences médicales, tome XVI, page 70.
embarras gastrique , votre malade sera gue'ri tout-àcoup ; mais si c'est une fièvre gastrique qui le menace, elle se démasquera, et vous saurez à qui vous aurez affaire. » La fièvre gasïrique était-elle démasquée; la chaleur, la soif, la céphalalgie, l'ardeur interne e'iaienl-elles insupportables, on vous disait: « Gardez-vous de re'pandre trop de sang; que savezvous de certain sur la tournure que doit prendre cette maladie ? Vous croyez n'avoir à traiter qu'une fièvre gastrique; peut-être que la fièvre adynamique est cachée sous cette apparence illusoire, et qu'elle n'attend pour se montrer à découvert que l'émission sanguine que vous vous proposez de pratiquer. Conservez donc à votre malade les forces nécessaires pour soutenir le poids du mal ., et ne vous exposez pas à la nécessité d'administrer dès demain du quinquina et du vin , pour restituer les forces que vous aurez enlevées aujourd'hui. » Quelquefois même on poussait la précaution jusqu'à donner des toniques avant l'apparition de la débilité, qui, comme on le présume, ne tardait guère à se déclarer.
D'autres médecins avaient plus égard au caractère de l'épidémie ou de la constitution régnante qu'aux classifications des nosoîogistes, et prétendaient qu'une fièvre ne pouvait être bien connue avant qu'on en eût vu marcher plusieurs autres de la même saison. Souvent on les entendait dire que la fièvre stalionnaire ou intercurrente imprimait quelque chose de son caractère à toutes les autres maladies qui régnaient, en même temps qu'elle, et Sydenham avait tracé des règles de diagnostic fondées
sur l'analogie, pour diriger la conduite des praticiens lorsqu'il se présentait une nouvelle fièvre (1).
Mais pourquoi revenir aux médecins des siècles passés? Ne voyait-on pas constamment paraître des fièvres nouvelles? Les journaux ne présentaient-ils pas chaque année des histoires d'épidémie, dont les auteurs assuraient que la fièvre qu'ils avaient observée ne ressemblait à aucune de celles que l'on avait décrites jusqu'alors? Parcequ'ils avaient vu de près ces fièvres, parcequ'ils avaient tenu note de tous les symptômes , de toutes les minuties et de toutes les particularités que peuvent fournir les îdiosyncrasies ; parcequ'ils avaient ainsi obtenu un tableau plus chargé, ils en méconnaissaient le fond, ils n'en découvraient point les traits caractéristiques, ils ne le trouvaient plus semblable à ceux qu'on leur avait donnés pour modèles, et croyaient de bonne foi qu'ils venaient de découvrir une nouvelle fièvre.
Or, si l'on avait en des idées bien précises sur la cause principale des fièvres , sur leurs véritables complications et sur les particularités individuelles qui établissent, entre des cas essentiellement identiques, des différences d'une importance secondaire, îa médecine n'aurait point eu à rougir de toutes ces inepties. Que quelqu'un s'avise aujourd'hui d'inventer une fièvre nouvelle , on verra avec quelle facilité les médecins physiologistes la réduiront à l'inflammation des viscères : si celle de quelque autre organe
(1) Schcdula moniloria de novce febrls iiigressu*
que ceux de la digestion en est la cause, cette cause sera bientôt appréciée; les symptômes qui appartiendront à cette phlegmasie seront de suite signalés; ceux qui dépendront de la muqueuse digestive lui seront rendus; les causes provocatrices antérieures seront recherchées avec soin; on saura les distinguer des irritations qu'elles auront occasione'es ; on ne fera pas du tout une entité' spéciale, comme cela s'est pratique' jusqu'à l'époque de la doctrine physiologique , et la maladie, quelle qu'elle soit , ne restera pas dans les fièvres essentielles. On aura découvert quelque chose de nouveau sur l'activité de certains modificateurs, de certains agens d'excitation, sur l'espèce d'affinité qui les dirige vers un organe plutôt que vers tous les autres ; on aura peut-être mieux apprécié l'influence de tel ou tel moyen curatif ; mais on n'aura pas découvert une fièvre nouvelle ; mais on n'aura pas créé une entité jusqu'alors inconnue dans les fastes de nos maux; et l'on n'entendra plus, comme conséquence de cette prétendue découverte, retentir, dans les ouvrages périodiques, les réclamations de tel ou tel érudit, qui aura retrouvé la découverte dans un bouquin. Si quelqu'un tient encore ce langage suranné, son livre sera mis paisiblement à l'écart et n'échauffera point la bile des médecins véritablement instruits.
Les auteurs , ignorant que ïa membrane
interne des intestins grêles peut s'enflammer sans douleur locale , ont tous attribué à leurs
entérites les symptômes de la péritonite.
ïî convient d'ajouter, et souvent ceux de la colite: s'il en eût été autrement, la gastro-entérite aurait été connue.
C'est par une gastro-entérite aiguë , premier effet de l'agent contagieux, que débute lavariole. La phlegmasie cutanée la remplace, et la termine lorsque les pustules sont en petit nombre : mais elle la reproduit , si les pustules sont nombreuses, parl'érysipèlequi résulte de la confluence des aréoles. Telle est la fièvre secondaire de la variole, aile Jîèvre de suppuration.
Rien de plus vague et de moins satisfaisant que la théorie de la variole', telle qu'elle e'tait avant l'ère de la doctrine physiologique. On pardonne aux anciens humoristes d'avoir considéré la fièvre, précurseur de l'éruption , comme l'effet d'une fermentation des humeurs, produite par le miasme varioleux, sans affection viscérale prédominante , et les pustules comme une sorte de despumalion : mais en classant
( 255 ) cette maladie parmi les phlegmasies cutane'es, les modernes s'étaient ôté la ressource de cette explication : si tous les symptômes sont l'effet de l'inflammation de la peau , comment se peut-il faire que la fièvre la précède constamment? Telle e'tait la question que l'on ne cessait de faire. On e'tait oblige' de supposer un travail préparatoire du principe vital, qui, me'ditant une éruption pour diminuer le venin , bouleversait toute l'économie pour la produire. Mais, dans cette hypothèse , où e'tait le venin ? Les uns le supposaient dans la peau, d'où il agissait sur le système sanguin avant d'avoir affecte' la peau même : rien à répondre à celte supposition. Les autres le plaçaient dans le sang à la manière des anciens ; mais alors la variole ne restait plus dans la classe des phlegmasies cutanées : c'e'tait une maladie tout humorale , dans laquelle l'inflammation de la peau n'e'tait plus qu'un phe'nomène secondaire.
Notre doctrine a enseigné que le venin, absorbé par la peau ou par toute autre surface de rapport, était d'abord porté vers le centre viscéral et exerçait sa première action sur la membrane interne de l'estomac et des intestins grêles; qu'il y développait une véritable inflammation, à laquelle succédait, au moyen de la réaction, celle de la peau.
Par cette manière de considérer les phénomènes, on explique tout ce qui peut être expliqué, et l'on se procure des indications pour le traitement. Allons aux faits : on ne saura jamais pourquoi il existe un poison varioîique , quelle est sa source première , quels sont ses éléments chimiques, pourquoi cet
( a54 ) agent doit produire , sur la surface de la peau , des pustules d'une forme déterminée. Ce sont là des mystères tenant aux causes premières , et qui ne peuvent nous être re've'le's. Mais on pourra observer un grand nombre de faits analogues à ceux-ci , et ces faits de'monlreront l'existence d'une loi qui fait que les venins qui ne sont pas assez actifs pour produire subitement la mort, vont porter leur première atteinte sensible sur l'appareil viscéral, et principalement sur la membrane interne de l'estomac et du duodénum; que les symptômes ordinaires à l'irritation de la surface interne de ces organes se développent; qu'un mouvement fébrile est excité, et qu'ensuite l'irritation se transporte sur les organes dépurateurs, et se termine par des évacuations. En effet, si l'on injecte dans les veines des animaux de la sanie putride , elle affecte d'abord l'estomac, développe un mouvement fébrile , et finit par produire des vomissemens, des selles , des urines , de la salivation et même de la sueur : nous avons vu de l'acétate de morphine provoquer toutes les évacuations à la fois ; et chacun sait que la vapeur putride des amphithéâtres cause souvent des mouvemens fébriles avec irritation gastrique , qui se terminent par des sueurs, etc.
Ce premier ordre de faits étant connu, il restera encore à expliquer pourquoi tel venin excite une sécrétion abondante de mucosité et de bile, tandis qu'un autre provoque la sueur, un troisième des urines copieuses , plusieurs autres des éruptions cutanées , et pourquoi ces éruptions diffèrent entre elles. Mais si ces particularités ne sont pas connues, le fait
( 255 ) gênerai Test : on peut le comparer à d'autres et en tirer des lumières sur le mode de formation de plusieurs phlegmasies viscérales. Par exemple : qu'une personne soit exposée à l'action subite du froid, lorsqu'elle est en sueur par l'effet d'un exercice violent , il arrive souvent que cette personne e'prouve du malaise , de l'irritation dans l'estomac, de la soif et du dégoût, avec douleurs continues des membres et céphalalgie. Bientôt ]a fièvre se de'veioppe , et après quelques heures de dure'e , elle se termine par une sueur abondante et souvent par une éruption pustuleuse autour des lèvres. Si cette se'rie de phénomènes ne se présente qu'une fois, on lui donne le nom de fièvre éphémère ; si elle se répète d'une manière périodique, c'est une fièvre intermittente; mais la modification de l'économie est la même dans l'un et l'autre cas ; comme la cause, l'action du froid est aussi la même. A l'aspect d'un semblable fait, comparé avec les précédens, peut-on s'empêcher de croire que l'irritation est d'abord transportée de la peau sur les viscères , et que ceux-ci s'en débarrassent en la repoussant vers les sécréteurs ? Mais lorsqu'au lieu d'une terminaison semblable survient une bronchite , une pneumonie, une pleurésie, une gastrite, une péritonite, etc., n'est-on pas en droit de dire que les viscères ont conservé l'irritation qui leur avait été transmise et qu'ils n'ont pu la réfléchir sur les sécréteurs ? et cela n'explique-t-il pas pourquoi les influences extérieures qui produisent les fièvres d'accès, occasionent toujours en même temps des phlegmasies ?
Si la cause extérieure de Fétat morbide diffère , dans plusieurs des cas que nous venons de rapporter, du moins ne peut-on pas nier que la loi de re'action est toujours îa même T et qu'elle est suffisamment démontrée. On voit toujours développement d'irritation dans l'appareil visce'ral , tendance de celte irritation à réagir sur les sécréleurs, et à se dissipera mesure qu'ils agissent et qu'ils éliminent des fluides. Mais on voit également le danger manifeste, d'une part, que, devenue trop e'nergique dans les viscères, l'irritation ne s'y convertisse en phlegmasie et ne les de'sorganise , et, d'autre part, que l'action des sécréteurs ne subisse la même transformation, ne compromette d'abord la structure de l'organe dépurateur, et ensuile, par son retour vers l'intérieur, ne renouvelle l'irritation dans les viscères.
Ces faits connus, quelle qu'en soit la cause première , le rôle du praticien est toujours tracé : il doit laisser s'établir librement la réaction dont l'effort n'est pas démesuré ; mais il doit affaiblir , par les antipblogistiques, l'irritation des viscères quand elle s'élève d'abord au degré de l'inflammation, et celle de la périphérie , lorsque devenue Irop intense elle menace de détruire les organes qui en sont le siège ou de réagir vicieusement sur les viscères. De plus , il se présente des cas , et ces cas sont relatifs à la cause, où l'agent provocateur du mai doit être éliminé ou neutralisé ; mais cette indication n'est point celle de la variole qui nous occupe ici particulièrement ; quel empire avons-nous sur un venin subtil qui n'annonce sa présence que lorsqu'il a déjà dé-
(257 ) veloppé de l'inflammation dans les principaux viscères? L'indication anliphlogislique est donc ici la principale : on la remplit, dans les cas de variole bénigne et discrète, en se bornant à la soustraction des stimulons ; et dans les cas plus graves, en combattant la phlegmasie dans les régions, soit internes , soit externes, où elle devient vicieusement prédominante. Ainsi, lorsque la confluence des aréoles qui entourent les pustules de la face, menace la peau d'un érysipèle, on arrête les progrès de celui-ci par une saignée locale , par des fomentations émollienles ; et l'on prévient, la gaslro-céphaiile, les ophthalmies, les dépôts, etc. C'est dans le même but que quelques médecins ont tenté la cautérisation des pustules de la (ace ; procédé qui réussit quelquefois dans le moment de. l'éruption, et qui souvent exaspère la phleginasie que l'on veut arrêler. Certes, ils n'auraient jamais eu l'idée d'employer un tel moyen, si on ne leur avait prouvé que le danger dépend ici de la réaction de la plilegmasie cutanée sur les viscères. Sydenham avait traité la question d'une manière générale; mais la doctrine physiologique a particularisé, et en donnant les pourquoi des symptômes (\i>s différentes époques, et àas effets des moyens divers, elle a porté la démonstration dans la théorie de la variole.
L'indication révulsive peut se présenter quelquefois; par exemple, quand il est nécessaire d'appeler vers la peau l'irrilalion qui persiste à prédominer dans les viscères , à une époque où elle devrait les avoir abandonnés. Tous les moyens thé-