‹ Commentaires des propositions de pathologie, consignées dans l'examen des doctrines médicales (volume 3)Chapitre 3 sur 50 · VII · texte numérisé non relu

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ment en France et à l'étranger , qu'elle ne peut plus être suspecte à personne. Assurément elle ne gâtera l'esprit de qui que ce soit: elle ne fera de ceux qui la méditeront ni des systématiques ni des entêtés ; elle ne pourra que leur donner un surcroît de circonspection et de prudence pour le choix de leurs lectures et l'adoption d'une doctrine.

On parle beaucoup d'éclectisme aujourd'hui: le véritable éclectisme, le seul possible désormais , ainsi que je crois l'avoir démontré dans le Dictionnaire encyclopédique , c! 'est l'éclectisme des faits. La méthode physiologique est toute fondée sur cet éclectisme : elle cherche partout les faits pour les soumettre à la discussion et voir quelles inductions il est possible d'en tirer; et ce travail, elle ne le fak point d'une manière insidieuse ; elle procède sans mystère, sans préoccupation, sans réticence , de sorte que tous ceux qui aiment le merveilleux et l'illusion pourront de suite l'abandonner. ■

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On a dit que tous les systèmes ont du bon et qu'il faut tâcher de le découvrir dans chacun d'eux en particulier, et de l'extraire, afin d'en composer un système mixte. Cette espèce d'éclectisme me paraît vicieuse. Nous ne devons point nous imposer l'obligation de prendre quelque chose dans tous les systèmes ; ce que nous devons rechercher dans les sciences , c'est la vérité, et la vérité est dans les faits. L'art de constater les faits est donc l'art de rechercher la vérité, et c'est aussi le seul éclectisme qu'un esprit juste puisse adopter, À quoi servirait, par exemple, de se dire: «Je veux absolument trouver du bon dans le système des atomes et des pores , dans celui des quatre élémens , dans la métempsycose , etc. ?» Ces systèmes , comme tous les autres , ne sont que des inductions , justes ou fausses, tirées des faits; car l'homme n'invente rien , quoi qu'on en dise. Eh bien î au lieu de perdre son temps à suivre laborieusement les auteurs de ces systèmes , dans les

manières dont ils ont envisagé ck s faits imparfaitement connus de leur temps , il faut aller directement à ces faits ; il faut les observer de nouveau , les vérifier, les constater. Rien ne sera plus facile après cela que de s'assurer si les systèmes qu'on en a déduits sont vrais ou faux.

C'est ce que j'ai voulu faire dans l'ouvrage dont je soumets aujourd'hui l'ensemble au jugement du monde savant. J'ai raconté fidèlement ce que j'ai vu en fait de phénomènes pathologiques , ce que j'ai fait pour y remédier, ce que j'ai remarqué dans les cadavres de ceux qui ont succombé : rien de plus facile donc aujourd'hui que de vérifier ces faits, et de voir si les inductions qu'on en tirera, car l'homme conclut toujours quelque chose de ce qu'il observe, sont conformes à celles que j'en ai moi-même tirées.

Voilà ce que j'ai cru devoir dire à mes confrères , sur la^nature de cet ouvrage , auquel j'ai travaillé constamment pendant

( x ) quatre années consécutives , de tout mon cœur, avec toute la franchise et la bonne foi dont je suis capable , en me faisant un devoir d'y déposer journellement et sans réserve, le résultat de ma pratique et de mes méditations. Aujourd'hui je le termine avec la consolante idée que les premiers cahiers n'ont pas été inutiles à ceux de mes compatriotes qui ont écrit sur la pathologie depuis 1825.

Paris , le 28 décembre 1828.

Broussais.

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