‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicalesChapitre 10 sur 34 · GC · texte numérisé non relu

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Les hémorrhagies spontanées dépendent des mêmes causes éloignées que les inflam-

( 494 ) mations : aussi elles les compliquent, les produisent, et sont déterminées par elles dans le même lieu; elles les remplacent et sont remplacées par elles dans des parties différentes.

C'est 1c1 le complément des preuves de tout ce que nous avons mis en avant dans nos dissertations sur les hémorrhagies. La proposition ne contient que l’'énonté général des faits: mais est-1l donc nécessaire de les énumérer dans un commentaire ? Ne sait-on pas avec quelle facilité une congeslion, qui avait coutume de se résoudre par l’exhalation sanguine, peut changer ce mode de terminaison contre un autre? Îl suffit d’avoir observé les menstrues et les hémorrhoïdes pour n’en pas douter. N'est-il pas également évident que plusieurs congesüons sanguines, que l’on croyait devoir se terminer par effusion sanguine en consultant le vœu de Ja nature, trompent tous les jours noire attente en conservant le caractère inflammatoire , ou même seulement le subinflammatoire? Les phlegmasies ulérines des jeunes filles dont les règles sont diffciles à s'établir; les tumeurs hémorrhoïdales innombrables que nous observons chez les deux sexes, et qui, au lieu de remplir l'attente des personnes souffrantes , en donnant une hémorrhagie salutaire, se converbssent en affections irritatives de diverses formes, n’en fournissent-elles pas des preuves trop multipliées ?

Nous avons déjà parlé de la facilité avec laquelle le sang appelé par lirritation dans les foyers de phlegmasie chronique y fournit des hémorrhagies inattendues et désespérantes. Îl n’est point de phthisique à ulcération pulmonaire qui ne soit exposé à une hémoptysie mortelle. On connaît le danger de ce vomissement de sang noir, qui porte le nom de melæna , dans les gastrites et les gastro-entérites chroniques : il n’est même pas rare de voir les surfaces ulcérées de la périphérie donner des hémorrhagies alarmantes , et l’on remarque toujours qu’elles sont précédées d’une augmentation de chaleur locale avec quelque gonflement; les plaies ellesmêmes , produites par des corps contondans et même incisans, offrent parfois, dans leur état inflammatoire, ces sortes de congestions suivies d’effusion sanguine, et c’est d’une manière périedique avec un caractère véritablement nerveux qu’on les voit se reproduire.

Enfin la transformation du phénomène d’hémorrhagie dans le phénomène d'inflammation, et vice versé, mais en des temps plus ou moins éloignés les uns des autres, se remarque journellement dans les phlegmasies multiformes, qui succèdent à la cessation des hémorrhagies habituelles, et dans la terminaison des inflammations des noie viscères par les hémorrhagies qui se font par a peau ou par les ouvertures des membranes muqueuses.

Le résumé de tout ce que nous avons dit dans ces commentaires sur les hémorrhagiesestquelirritation des capällaires sanguins, développée sous l’influence

des mêmes causes éloignées qui produisent toutes les autres irritations, est la cause prochaine appréciable des congestions sanguines, et que celles-ci une fois produites, l’inflammation ou l’hémorrhagie peuvent avoir lieu sans que le plus ou le moins de force des sujets autorisent à partager ces maladies en deux sections, l’une active et l’autre passive (1).

(1) Je crois devoir, sans perdre de temps pour attendre l’à-propos , publier la lettre suivante, qui m'a été adressée par le vénérable Chaussier, par cet illustre professeur qui ne recule devant aucune amélioration, et qui ne croit pas perdre son temps en approfondissant les idées nouvelles,

MonsiEuR ET CONFRÈRE»,

Le commentaire que vous avez ajouté à votre proposition CLXXXI (page 454 ) m’a rappelé une expérience que M. Brenet, alors médecin à Dijon, m’a rapportée il y a environ trente-cinq ans, et qu’il a également répétée plusieurs fois à nos confrères. Comme cette expérience me parut singulière et importante, j’en pris note sur-le-champ , et j’en conserve très bien les détails. Voici le fait :

Pour s’assurer quels changemens une irritation produirait sur les organes sécréteurs, M. Brenet s’injecta dans l’urèthre de l'eau aiguisée avec une certaine quantité d’ammoniaque. Presque aussitôt-après cette injection, il eut de Ja chaleur, de la cuisson, de la douleur dans le canal, de la rougeur à l’orifice da gland, et bientôt après un écoulement d’abord séreux , puis puriforme, visqueux, jaunâtre , et tous les symptômes qui caractérisent une blenorrhagie uréthrale ; il y eut même du gonflement, une sensibilité douloureuse aux ganglions lymphatiques de l’aine; enfin, pour complèter l’expérience, il cohabita avec une jeune femme de sa connaissance parfaitement saine, et, bientôt après, celte femme éprouva du prurit, de la chaleur, de Pirritation à la vulve et un écoulement muqueux. Des bains, des boissons mucilagineuses et une attention dans le régime continués pendant plusieurs jours firent cesser tous les accidens. Ge cas, dont M. Brenet m'a certifié tous les détails, me paraît bien propre à démontrer qu’une irritation un peu vive, portée sur les surfaces sécrétoires et folliculeuses, change entièrement le mode, la nature, la quantité el la quälité des fluides qu’elles sécrétent dans l’état ordinaire.

La vérité de cette assertion se confirme chaque jour par tous les faits

Les névroses sont actives ou passives, tandis que les inflammations et les subinflammations ne peuvent être qu'actives.

Les titres d’actives et de passives sont donnés,

que l’on rencontre dans la pratique de la médecine : ainsi, dans l’état sain, la surface de l’œil est continuellement lubrifiée par un fluide doux, ténu , qui n’est ni acide ni alcalin; mais lorsqu'il survient une ation à cet organe, mème par l'introduction d’un corps étranger, comme un grain de sable , une molécule de fer, il y a bientôt tous les symptômes de l’inflammation. Alors Les larmes deviennent abondantes ; elles sont chaudes, brûlantes, d’une saveur salée, et, en coulant sur la joue , elles marquent leur trajet par une strie rouge qui indique assez qu’elles ont changé de nature , qu’elles sont devenues âcres, et ont pris un caractère alcalin, ce quel” on peut facilement reconnaître par un procédé extrêmement PR

"Ce procedé, ainsi que vous le trouverez annoncé et même décrit dans les Nouvelles de la république des lettres et des arts, n° XIX, année 17859 consiste « à prendre les pétales colorés d’une plante fraîche , à les peloton- »ner et à en étendre la partie colorante en les écrasant sur une feuille » de bon papier blanc et préparé sans alun. Ges papiers réactifs, dont » M. Chaussier a fait passer des échantillons à M. De la Blancherie, ont ef. » fectivement la propriété qu’il leur attribue. Après les avoir examinés soi- » gneusement, On a reconnu que la plupart de ces échantillons étaient si » éminemment altérables qu’ils se verdissaient par le simple contact d’une » liqueur composée de six gouttes d’alcali volatil et d’une pinte d’eau; les »acides même les plus faibles les rougissent dans la même proportion. On » peut dire cependant que quelqües uns de ces échantillons sont plus sen- »sibles anx alcalis ct spécialement à l’alcali volatil qu'aux acides; ce qui >estun avantage d’autant plus reel que, jusqu’à présent, on n’avait pas de » moyen infaillible de s'assurer de la présence des substances alcalines, » Extrait littéral de la feuille précitée.

La préparation de ces papiers réactifsest, comme on voit, extrêmement simple : il ne s’agit que de frotter la surface d’une feuille de papier avec les pétales colorés d’une fleur, de l’en imprégner également, et la couper par bandelcttes que l’on conserve dans un porte-feuille, On peut, pour cet objet, employer les pétales frais de toutes les fleurs dont la couleur

( 498 ) dans cette proposition, aux entités nerveuses des nosologistes. En comparant les névroses avec les in-

est égale et hien prononcée. Cependant, comme l’a remarqué M. de la Blancherie , tous les papiers ne sont pas égalemant susceptibles d’être altres par les acides et les alcalis. En général, on connaît très bien Pacide avec le papier de tournesol tel qu’on le trouve ordinairement dans les laboratoires; mais, pour reconnaître l’alcali, je préfère de beaucoup ceux quisont préparés avec les fleurs de mauve, de violette, de bluet, d'iris, de rose pourpre, d’œillet rouge, etc.; on peut nrême les préparer avec le suc de quelques fruits, et surtout les peaux de raisin noir à sa maturité, ete.; il importe aussi que les papiers soient préparés depuis peu de temps et bien conservés.

D’après un grand nombre de recherches et d'expériences que j’ai faites autrefois, il m'a paru 1° qu’en général, dans l’état de santé, toutes les parties molles et la plus grande partie des fluides du corps animal sont plus ou moins acides, ou , si vous aimez mieux, ont une tendance à rougir les papiers réactifs; 2° que d’autres ne paraissent ni acides ni alcalines ; 5e enfin que quelques unes (comme le sperme) sont alcalines. Mais, dans l’état de maladie ou d’uneirritation prolongée, toutes contractent une qualité alcaline qui les rend propres à verdirles papiers réactifs : ainsi Phumeur de la transpiration de la sueur, qui, dans l’état de santé, est toujours acide, prend dans quelques cas un caractère alcalin. — L’urine qui, dans l’état de santé, rougit sur-le-champ le papier de tournesol, devient évidemment alcaline, si les reins ou la vessie sont dans un état d’irritation ou d’inflammation ; elle contracte même dans quelques cas une odeur ammoniacale si forte qu’on peut la sentir de loin. Il en est de même de toutes les excrétions qui sont augmentées pat un état d’irritation quelconque. Ainsi, dans quelques cas de coryza , l'humeur qui s’écoule par les narines devient si âcre qu’élle occasione le gonflement de la lèvre supérieure, que l’on regarde généralement comme un signe de la constitution scrofuleuse. Il en est de même pour l’excrétion des matières bronchiques ou pulmonaires, qui toujours, quand l’irritation ou la maladie deviennent graves,

rennent un caractère alcalin et verdissent les papiers réactifs. L’humeur qui s'écoule des cancers ulcérés ou autres affections analogues est aussi plus ou moins alcaline : il m'a même paru que chez un sujet sain, quia une plaie suppurante et dont la suppuration est louable, le pus que fournit la plaie ne rougit point ou très faiblement les papiérs réactifs; mais, si l’on essuie plusieurs fois de suite la surface suppurante, ou si on lirrite de quelque autre manière, elle fournit bientôt une sérosité claire qui verdit alors les papiers.

En rappelant ici ces premiers essais qui datent déjà de Join, je ne me propose nide rechercher ni d'expliquer comment, dans l’état de santé, quel-

( 499 ) flammations, l’auteur a eu pour but de bien déterminer le sens de ces deux mots, c'est-à-dire de s’as-

ques humeurs sont constamment acides, et si, comme l'ont dit des chimistes, cette acidité doit être attribuée à l’acide lactique, acétique, muriatique ou carbonique, et ni comment une maladie, une irritation prolongée peut changer leur composition et leur donner en peu de temps. uv caractère alcalin, ou du moins les rendre propres à verdir les papiers réactifs ; mon seul but est de présenter aux étudians un sujet de recherches . simples et faciles que dans leurs courses botaniques ils pourront vérifier. et perfectionner. É ER À J’ajouterai encore le précis d’une observation dont j'ai lu les. détails en 1795 à l’académie de Dijon , et qui se trouve consignée dans ses registres.

M. D... avait à Fontaine-Française, bourg à six lieues de Dijon , une belle terre dans laquelle il venait chaque année passer plusieurs mois de la belle saison. Ayant remarqué un beau et fort jeune homme, âgé de vingt. six à viogt-sept ans, dont la physionom: e Jui plut, il voulut en ble un D. mestique de sa maison , l’enleva ainsi à sa mère qui demeurait dans le lieu et l’amena à Paris. Mais, quelque temps après son arrivé à Paris, ce jeune homme devint libertin et contracta une blennorrhagie violente. Le temps de la belle saison étant venu, M. de Fontaine-Française, qui ignwrait la maladie de son domestique , le fit partir en courrier; mais, soit la fatigue, soit l'effet de la saison ou l'abus du régime , l’écoutement blennorrhagique fut entièrement arrêté, et, à son arrivée, le jeune homme avait à l’œil gauche une ophthalmie violente avec gonflement de la paupière et écoulement puriforme. Le chirurgien du lieu se borna à prescrire des lotions que l’on répétait de temps en temps. La mère de ce jeune homme restait: auprès de lui pour lui donner tous les soins dont il pourrait avoir besoin. Cependant le gonflement, les douleurs augmentaient, et, pour prévenir l’'altération de l’autre œil, on le lavait aussi souvent avec les mêmes linges et la même décoction. Bientôt les deux yeux furent également affectés et par la suite entièrement perdus, La mère qui pleurait sur le malheur de son fils et s’essuyait les yeux avec les doigts qui avaient servi à le panser, contracta bientôt le même genre d’ophthalmie, et malgré toutes les lotions que l’on faisait à ces parties, les deux yeux furent également affectés et entièrement détruits de la même manière. Enfin cette malbeureuse femme me fut adressée par le curé de Pendroit, qui, en me faisant part des circonstances principales que j'ai rapportées, me priait de lexaminer et de lüi ordonner ce qu’il conviendrait de faire.

En examinant l’état de cette ferurae, dont les yeux étaient entièrement flétris, opaques et.réduits au volume d’une petite noisette, je fus frappé d’une odeur fétide qui s’exhalait de la bouche et des narines, et je reconnus dans ces parties des ulcères avec carie, qui dans ce temps-là me paru-

( 500 } surer s’ils représentaient deux ordres de phénomènes essentiellement différens , ou bien ayant entre eux de l’analogie et susceptibles de la même subdivision. Nul doute qu'au premier aspect les névroses ne se distinguent en actives et en passives, puisque les unes se présentent avec l’augmentation et les autres avec la diminution du sentiment et du mouvement. Il n est pas moins évident que la même distinction ne s'établit pas au premier abord entre les inflammations; car il est bien certain que, telles chroniques qu’on les suppose, on y rencontre toujours l'augmentation de la sensibilité avec celle de la chaleur et de la coloration. Je suppose que l'on n’est pas assez ignorant pour confondre, à l'imitation de plusieurs anciens, les effets de l’inflammation avec le phénomène lui-même; par exemple, une congestion de lymphe oudes concrétions dans les tissus cellulaires, un épanchément de pus ou de sérosité purulente dans une cavité séreuse ou synoviale, avec l’inflammation quia produitces désordres. Ces masses de liquides extravasées sont souvent froides, à la vérité, après la période aiguë ; mais elles sont toujours l’œuvre de la chaleur inflammatoire, et celle-ci, quoique éteinte à leur centre, peut encore être retrouvée dans

rent avoir le caractère syphilitique. Comme cette femme était déjà fort âgée, je me bornaï à prescrire un traitement, un régime adoucissant lacté, et à indiquer les différentes attentions qu’il fallait observer dans ce cas. Elle partit le lendemain avec ma consultation , et depuis ce temps); je n’en ai plus eu de nouvelles, .

Voilà, monsieur et confrère, une lettre peut-être déjà trop longue; mais je ne puis la terminer sans vous prier d’agréer l'assurance bien sincère de tous mes sentimens,

Cuaussipa.

{ 50 }) leur circonférence. Les inflammations chroniques et les subinflammations ne peuvent donc être conçues sans un surcroît d'irritabilité et même d'’irritation dans les parties qui en sont affectées : il n ya que du plus ou du moins dans ces maladies ; mais jamais on n’y voit une opposition de nature.

I n'en est pas ainsi , ai-je déjà dit, des névroses : si on les considère à l’extérieur, dans le lieu que le malade présenie au médecin comme la partie affectée, on peut y constater deux états diamétralement opposés l’un à l’autre. Tantôt la partie est ou trop sensible où convulsée, tantôt elle a perdu la sensibilité ou le mouvement. De là la double classe des névroses , reconnue et aûmise par la proposition.

Considérées à l'extérieur et jugées d’après le premier aspect, les névroses, en général, sont donc différentes des inflammations, et les passives semblent être d’un caractère entièrement opposé. Si pourtant nous cherchons à approfondir la nature physiologique de ces affections, cette différence , qui nous a si vivement frappés au premier abord, s’affaiblira peut-être ; mais la suite des propositions pourra fixer notre incertitude à cet égard.

Les névroses actives consistent dans l’exaltation de la sensibilité des uerfs de relation, et dans celle de la contractilité musculaire

et vasculaire, sous l’influence de ces nerfs ; 1. Path. 39

( 502) elles sont possibles dans fes muscles locomoteurs, dans les viscéraux et dans les capillaires où prédominent les nerfs de relation :

exemples, les névralgies.

Il est clair que cette proposition indique toutes les convulsions de l’appareil locomoteur, l’épilepsie, le tétanos, la chorée et ses variétés ; tous les mouvemens convulsifs irréguliers ; les crampes dans lesquelles la sensibilité des fibres contractées est si exaltée ; les névralgies , où l’on voit en même temps, lorsque les nerfs affectés communiquent avec des organes sécréteurs, tels que l’œii, convulsions, douleurs, injection des vaisseaux capillaires sanguins, turgescence , augmentation des phénomènes de sécrétion et d’excrétion. Cette réunion de symptômes retrace naturellement à lesprit l’idée de la phlogose; et si, au lieu de disparaître spontanément, les phénomènes persistaient, la névralgie se trouverait changée en inflammation, sorte de transmutation dont on possède plusieurs exemples. Voilà donc trois espèces de surexcitations nerveuses extérieures, ou de névroses actives. Rappelons-les: 1° exaltation de la contraction musculaire ; 2°exaltation de la sensibilité ; 3° exaltation des phénomènes de circulation capillaire, de sécrétion et d’excrétion. Comme on retrouve tous ces phénomènes daus les névroses idiopathiques des organes des sens, qui n’ont pas encore amené d’altération organique, ces névroses se rallient de droit à la première section des actives. Voyons pré-

( 505 ) sentement si les organes intérieurs offriront des phénomènes de même nature, et qui les fassent rentrer dans la proposition qui nous occupe.

Puisqu’il s’agitdes augmentations de la sensibilité, et des mouvemens musculaires et vasculaires, nous ne pouvons nous dispenser de reconnaître que toutes les névroses viscérales doivent être ici placées. Ces névroses, en nous conformant aux nosologies les plus en crédit, sont d’abord l'hypochondrie et l'hystérie, deux vastes genres de névropathie qui embrassent la presque totalité des phénomènes nerveux actifs ; ensuite les névroses du pharynx, du larynx, des poumons , du cœur; puis celles de chacun des viscères de l’abdomen en particulier et des organes sexuels, en tant qu'ils ne font pas partie des entités hystérie et hypochondrie.

Remarquez que toutes les névroses viscérales s’accompagnent plus ou moins des névroses actives extérieures, Les phénomènes de sensibilité et de mouvement commencent dans les viscères, et, lorsqu'ils s’y sont élevés à un certain degré d'intensité, on les voit se répéter dans les nerfs extérieurs de relation; ce qui veut dire que la névrose extérieure s'ajoute, au bout d’un certain temps, à l’intérieure.

Observez de plus que, pendant toute la durée des phénomènes nerveux internes, les trois exaltations déjà notées à l'extérieur sont aussi reproduites dans les appareils splanchniques': 1° l’augmentation de la sensibilité est évidente, quoiqu’elle se manifeste sous des forines qui ne ressemblent pas exactement

( 504 } aux douleurs de la périphérie ; 2° les mouvemens convulsifs se passent daus les fibres musculaires des viscères creux, et sont connus sous le nom de mouvemens spasmodiques ; où voit ou l'on sent ces viscères se contracter où se relâcher avec plus ou moins de promptitude ou de lenteur, sous les formes de palpitations, constrictions, étranglemens, suffocations, pressions plus ou méins fortes dans l’intérieur, comparées à une griffe, à une main de fer, etc. Alors les muscles du torse, qui sont associés aux mouvemens des fibres musculaires splanchniques, et que nous avons appelés céphalo-splanchniques , ne manquent jamais de se mettre à l’unisson ; 3° les augmentations d'action des tissus cellulaires et les altérations des sécrétions sont assez indiquées dans les névroses de l’intérieur par des sensations de chaleur et de froideur, par les variations de la coloration et de la température de la peau du visage, et surtoul des ouvertures des membranes muqueuses, variations qui correspondent toujours à des changemens analogues qui se passent dans les organes plus profondément situés ; par les augmentalions, diminutions, altérations des sécrétions qui se déchargent normalement à l'extérieur du corps, comme la sueur, la salive, l'urine, le sperme, le mucus des embouchures des membranes muqueuses; par les gaz qui se développent quelquefois subitement dans le centre des organes creux, tels que l’estomac, les intestins , la matrice et même la vessie, et par la condensation subite et la réduction en liquides de ces mêmes gaz dans une condi-

tion de lirritabilité différente de celle qui venait de donner lieu à leur formation ; enfin par l'expulsion anormale des produits de certains sécréteurs qui travaillent plutôt pour la résorption , que pour l’excrétion, On voit qu'il s’agit ici des vomissemens bilieux, séreux, ou glaireux, et des éructations et autres dégagemens subits de gaz que l’on observe si souvent par les différentes ouvertures chez les hystériques, les mélancoliques et les hypochondriaques Ge toute espèce.

Telle est la somme des phénomènes des névroses actives, tant internes, qu’externes : on voit que celles de relation peuvent exister seules et sans mélange, mais que les viscérales ne sauraient être conçues sans la complication des premières. Îl en est quelques unes qui, quoique rapportées exclusivement aux fonctions de relation par les nosologistes, ne peuvent être expliquées que par la combinaison des deux ordres de phénomènes; telles sont les vésanies qui accompagnent si souvent l’hypochondrie et l'hystérie ; telles sont aussi la catalepsie, l’epilepsie, l’apoplexie : mais indépendamment de ce que j'en ai dit, en parlant des phlegmasies cérébrales, je me trouvera bientôt forcé d'y revenir ; ainsi passons sur ce point pour nous occuper des névroses passives, afin que le rapprochement des tableaux de ces diverses maladies nous facilite la comparaison que nous devons en faire, et la recherche des modifications

physiologiques dont elles dépendent.

Les névroses passives consistent dans la diminution ou labotition de la sensibilité et de la contractilité musculaire ; elles ne peu-

vent être complètes que dans les appareils locomoteur et sensitif.

Qu'un nerf cesse de faire percevoir des sensations ou exécuter des mouvemens, c’est un fait très commun et qui constitue la névrose passive. Maïs ce fait général ne suffit pas au médecin qui sent la nécessité de se rendre compte de ce qu'il observe. Quelle est cette diminution ou cette perte de l’action nerveuse ? comment arrive-t-elle ? est-elle directe ou indirecte, primitive ou secondaire ? Toutes les branches nerveuses en sont-elles susceptibles? Voilà des questions qu'on esl forcé de se faire à soi-même pour ne pas tout confondre et se voir réduit au plus aveugle empirisme.

Cette diminution de l’action nerveuse, qui nous frappe dans la névrose passive, ne peul être expliquée que par ses rapporis avec les causes diverses qui l'ont produite. Or les causes organiques que l'observation nous a fait connaître les premières sont l'affection du cerveau ou de la moelle épinière, et l'affection des nerfs paralysés. Voilà déjà une première idée, mais elle ne nous mène pas assez loin. Nous désirons savoir en quoi consistent ces affections, c’est-à-dire,quels phénomènes physiologiques elles constituent.

( So3 )

Hé bien, recourons donc encore à l'observation : elle nous apprendra que les affections cérébrales et rachidiennes qui occasionnent des paralysies dans les muscles soumis à la volonté, rentrent dans les irritations de la substance blanche ou grise, et dans celle des membranes soit du cerveau soit de la moelle épinière, parceque les membranes ne peuvent être affectées sans que la pulpe Île soit; ainsi, sous ce premier rapport, la névrose passive viendra se placer comme effet, ou conséquence nécessaire de toutes les inflammations proprement dites et de toutes les irritations qui auront pu déterminer de l’engorgement et par suite de l'extravasation dans l’encéphale et dans son prolongement rachidien.

Les mêmes nerfs qui auront causé de la douleur et qui auront déterminé des convulsions dans un premier degré d'irritation du cerveau ou de la moelle, et qui, par conséquent, auront été dans un état de névrose active, n’exciteront plus ni l’un ni l’autre de ces phénomènes, et serent frappés de névrose passive, lorsque la mêmeirritation aura produit une désorganisation, une compression ou même un simple engorgement dans le tissu qu’elle attaque.

Voilà déjà quelque chose de satifaisant : l'esprit s'arrête avec plaisir sur l'explication qu'on lui présente ; il conçoit sans difficulté que, puisque la faculté de sentir et celle d’ordonner des mouvemens réguliers ont leur siège dans le cerveau, l'intégrité de ce viscère est nécessaire à leur exécution et que celte intégrité ne peut être lésée sans qu'elles en souffrent.

Fort bien! mais, puisque le défaut de mouvemeni n'est relatif qu'à la volonté, il n’est pas absolu, et d'autres agens que celte faculté peuvent déterminer l'action dans les muscles paralysés par affection cérébrale ou médullaire. C'est aussi ce que l’on peut constater en faisant parvenir le stimulus de l'électricité jusqu aux nerfs d'un membre paralysé. Au surplus la même preuve nous est souvent administrée par la maladie elle-même. L'irritation cérébrale ou rachidienne qui a produit l’engorgement ou l’épanchement d'où dépend la paralysie , prend quelquefois un nouveau degré d'intensité dans le pourtour où même dans le centre de la région affectée : alors , si cette région n'est pas désorganisée , si les nerfs paralysés sont encore en commurnication par Quelques unes de leurs fibres, avec ane partie du foyer de l'irritation cérébrale où rachidienne , celle-ci est propagée jusqu'à leurs extrémités: et ces nerfs, qui depuis long-temps ne déterminaient aucun mouvement, ne faisaient percevoir aucune sensation , excitent maintenant des convulsions ou des secousses convulsives plus où moins douloureuses dans les muscles jusqu'alors insensibles et immobiles. C’est de cette manière aussi que paraît produite la contracture des membres qui d’abord avaient été frappés de paralysie: la volonté n’y est pour rien. On voit que, dans la même irritation cérébrale, les nerfs extérieurs qui correspondent à la substance cérébrale sur-irritée, peuvent passer successivement de l’état aigu à l’état passif, puis revenir à ce pre-

mier et retomber encore dans le second.

Il est pourtant un terme à la résurrection du sentiment el du mouvement dans les parties paralysées : c’est lorsque leurs nerfs sont restés plusieurs années sans recevoir, soit du cerveau, soit d’ailleurs, aucune espèce d’excitation. Cette longue inertie les amène, ainsi que leurs muscles, à un degré d’atrophie qui les rend impropres à toute action. Ainsi, l’état passif, qui n était d’abord que relatif dans ces sortes de névroses, finit par être absolu: et, comme les nerfs sont les conducteurs de toutes les excitaons , celle des vaisseaux de Ja partie s’affaiblit de plus en plus, et l'atrophie porte définitivement sur tous les tissus qui la composent. Le petit nombre de nerfs détachés du grand sympathique qui parviennent avec les artères dans les tissus capillaires du lieu, ne suffisent pas pour empêcher cette flétrissure ; parceque telle est l’organisation des appareils locomoteurs, que la principale source de l'excitation qui les entretient vient des nerfs de relation et non de ceux du grand sympathique.

On croit être assuré que certains nerfs sont destinés au mouvement tandis que d’autres ne doivent servir qu'au sentiment, ou plutôt que chaque paire de nerfs a deux sortes de fibres qui s’insèrent en des lieux différens , soit du cerveau, soit de la moelle, et dont les uns sont pour le mouvement et les autres pour le sentiment. Cette découverte, que j'admets sans sucune difficulté, ne change rien à la théorie qui vient d’être exposée. Elle explique seulement pourquoi le sentiment et le mouvement peuvent être affectés isolément dans la même partie :

( Bret }

mais nous possédions déjà un fait analogue dans les névroses des organes des sens, et tout le monde en donnait la même explication; personne n’ignorait que la vision el le mouvement des yeux, le goût et les mouvemens de la langue ne sont dans certains cas isolément affectés que parceque les nerfs des sens sont différens de ceux des mouvemens musculaires. La même disposition était déjà plus que probable, d’après ces faits, dans le sens général du toucher. Toutes les fois que l'organe du sens est voisin de celui du mouvement, rien de plus simple que de renfermer les nerfs de l’un et de l’autre sous Ja même enveloppe, et c'est ce que la nature a fait dans toute l’étendue de la colonne vertébrale , où les racines postérieures sont pour le sentiment et les antérieures pour le mouvement.

Mais qu'importent ces différences à la doctrine physiologique? font-elles que les nerfs soient autre chose que des tissus destinés à transmettre la stimulation d’une partie du corps à d’autres? érigent-elles les fibres nerveuses sensitives et les fibres nerveuses motrices en des puissances particulières, indépendantes les unes des autres, et toutes ensemble de l'appareil encéphalique? Que peut un nerf sensitif isolé du cerveau? pas plus qu'un nerf moteur. Il est réduit à répandre dans le tissu où il se trouve circonscrit quelques faibles stimulations qu’ilreçoitpar ses anastomoses avec d’auires nerfs, et qui ne peuvent servir à donner des perceptions, nt à faire exécuter desmouvemens réguliers. Le peu de perceptions confuses que permettraitune faible communication avec

( Se le centre nerveux, et les mouvemens irréguliers, purement locaux , qui pourraient exister encore dans quelques cas, ne tardent pas à disparaître, et la partie à s’acheminer vers l’atrophie.

Quant aux cas où un membre, paralysé par cause cérébrale, conserve encore la faculté de sentir, ils prouvent seulement que la partie de l’encéphale où s’insèrent les fibres nerveuses destinées au sentiment, n’est pas malade malgré le voisinage du lieu affecté, c’est-à-dire que le foyer de l’irritation cérébrale n’est pas aussi étendu qu'il pourrait l'être et qu'il l’est en effet dans les cas les plus ordinaires. Aucun de ces faits ne peut constater ni l'isolement de plusieurs facultés sensitives ou moirices , n1 leur circonscriplion dans certaines paires de nerfs ou dans quelques fibres nerveuses. Cette manière d'expliquer est superficielle et ontologique. Mais, comme nous l’avons réfutée dans notre traité de Physiologie, il serait inutile d’y revenir.

Après l'affection du cerveau et de la moelle épinière, vient celle des nerfs eux-mêmes, considérée comme cause de névrôses passives. Nul doute qu’un tronc nerveux d’un gros volume ou un plexus de nerfs cérébro-rachidiens ne puisse être attaqué d’inflammation véritable. Le grand nerf sciatique, les nerfs axillaires et brachiaux en offrent des exemples assez fréquens. Nous ajouterons même ici, parceque e’est le lieu de le dire, qu'il faut avoir plus d’égard, sous le rapport de l’étiologie, au névrilème qu’à la substance nerveuse proprement dite, qui, d'ordinaire, n’estaffectée que d’une manière secondaire. En effet

( Axa

c'est comme tissus gélatineux, approchant de la nature des aponévroses, des ligamens et un peu des membranes séreuses, que le névrilème des grands nerfs recoit l'irritation rhumatismale sous l'influence du froid, et souvent en même temps que les autres tissus célatineux et celluleux qui l'entourent ou l’avoisinent. Sans doute plusieurs autres causes peuvent la lui transmettre : il s’affecite quelquefois à la suite de la suppression de quelque évacuation habituelle,soit sanguine, soit suppuratoire ; parfois aussi les stimulations médiates ou immédiates, les contusions, la pression d’un os déplacé, les ligatures, dilacérations, piqûres, pressions de quelques uns de ses cordons, développent l’inflammation dans le tronc même ; mais la cause la plus commune, des névralgies sciatiques surtout, estincontestablement l'impression du froid, etla formation de cette maladieest simultanée avec celle de l’irritation rhumatismale.

Au surplus, quelle qu’ait été la cause de l’état acuf des névroses des gros troncs nerveux, ce n’est pas cel état que nous examinons maintenant. Ce sont les conséquences d’une névrite qui, en détruisant le nerf d’un membre dans un point circonscrit, y produit une solution de continuité qui interrompt toute communication entre le cerveau et le reste du nerf. Or les conséquences dont il s’agit sont analoques, à quelques accidens près, à celles qui résulteraient d’une ligature, d’une compression ou d’une section : ce sont la paralysie du membre et par suite la flétrissure et l’atrophie. Ici les inflammations gangreneuses sont possibles, parceque l'inflammation

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qui désorganise le tronc ou le plexus, se propage plus ou moins le long de ses cordons et pénètre même souvent jusqu'aux vaisseaux capillaires cutanés. Les contusions violentes, non plus du nerf lui-même à travers l’enveloppe cutanée , mais du membre tout entier dans les chütes et les fortes commotions, peuvent être suivies d’une paralysie immédiate , sorte de névrose passive qui, bien que dépendante d’une cause des plus actives, n’est point consécutive à l’inflammation. Le système nerveux est susceptible de certains ébranlemens subits qui le paralysent tout à coup, indépendemment de tout mouvement inflammatoire. Cette modification est celle de la substance nerveuse elle-même : aussi est-elle plus fréquente dans le cerveau et dans le rachis, que dans les nerfs. De toutes les causes qui peuvent la produire , la commotion électrique est la plus puissante. Les vives affections morales , surtout quand elles sont tristes, douloureuses, produisent aussi de pareils effets, mais plutôt en agissant sur le cerveau, que sur les nerfs des extrémités, qui ne sont affectés que secondairement; de sorte que cette. paralysie est plus cérébrale que nerveuse. Îl est des cas où ces paralysies sont la suite d’un véritable épanchement. Mais il en est aussi dans lesquels la dGésorganisation, mère de la paralysie , n'existe que dans les molécules invisibles

de la subtance médullaire de lencéphale.

L’interception du cours du sang figure, comme chacun sait,au nombre des causes qui peuvent déterminer la paralysie d'une extrémité; mais alors la maadie principale appartient à l'appareil circulatoire, En

effet, une irritation des artères d’un membre, soit locale et accidentelle, soit propagée du cœur et répandue plus ou moins, dénature les vaisseaux, les oblitère, se communique quelquefois aux veines et peut occasioner des paralysies incurables. Mais lorsque les nerfs qui marchent de concert avec les vaisseaux participent à l'inflammation, il y a toujours d'atroces douleurs, et linflammation gangreneuse , dite gangrène spontaneé, de cause interne ou sénile, précède la paralysie, ou la prévient en amenant la destruction de l'individu. L’impression du froid sur une extrémité suffit aussi quelquefois pour en paralyser les mouvemens; mais, dans la plupart des cas, cette paralysie est rhumatismale.

Par paralysie rhumatismale, nous entendons celle

ui succède aux longues douleurs occasionées par le froid. Elles sont précédées et accompagnées d’un engorgement des tissus fibreux , aponévrotiques , tendineux et même cellulaires du membre malade , et quelquefois d’une dégénération graisseuse , avec disparition du tissu musculaire dont la fibrine paraît avoir été résorbée. Quoique les nerfs de l'extrémité atrophiée participent à cette altération organique, comme le prouvent les exsudations gélatineuses, albumineuses, les épaississemens et les ossifications qu’on y observe, cette maladie ne doit pas être toujours placée dans les névroses. I] est certain que le froid peut affecter primitivement et principalement les nerfs des muscles locomo- Leurs ; qu'il peut y occasioner , tantôt un état névralgique , résultant de la phlegmasie du névrilème,

en et tantôt une immobilité paralytiforme, soit immédiate, soit consécutive.

Nous avons déjà parlé de ces névralgies par le froid, sortes de névroses actives que nous avons observées à la face, dans les membres; dont nous avons plusieurs fois triomphé, lorsqu'elles étaientrécentes, par des saignées locales et des topiques émolliens et narcotiques , et nous avons fait voir comment elles dégénéraient en névroses passives; mais cela n’empêche pas qu’il ne faille encore admettre la paralysie locale consécutive au rhumatisme chronique, c’est-à-dire à une subinflammation qui a produit l’engorgement et la dégénération des tissus fibreux cellulaires et quelquefois lymphatiques du membre affecté.

Nous avons vu des paralysies d’un bras chez des nourrices quis’étaient épuisées par la lactation; mais, l’autopsie ne nous ayant rien appris sur la cause organique de cette névrose passive, nous nepouvons en parler que pour rattacher ces faits à ceux de même espèce déjà observés et qui tous laissent la même chose à désirer. [1 survient fréquemment des douleurs et par suite de véritables paralysies dans les membres, par l'influence des phlegmasies chroniques des viscères de la poitrine et du bas-ventre. Rien de plus commun que ces scries de névroses, et rien sur quoi le vulgaire médical commette plus d'erreurs. Presque tous ceux qui portent des pleurésies chroniques, des irritations du cœur, de vieilles affections de la rate, du foie, de la vésicule biliaire, des reins et des ovaires; un grand nombre de

{ 516 } gens affligés de gastrites et d’entérites, ou de colites chroniques, soit seules, soit accompagnées des affections ci-dessus, ont des douleurs dans les muscles locomoteurs, surtout dans ceux des membres, et quelques uns, des attaques de paralysie, qui peuvent devenir permanentes. Ces personnes attribuent les incommodités dont il s’agit à leur rhumatisme ; et les médecins dont elles réclament les soins sont d'autant plus portés à le croire, que lorsque la douleur prédomine dans Îles nerfs musculaires, elle diminue, ou disparaît même totalement, dans les viscères simultanément affectés.

Celui qui voudra se rendre compte de ces douleurs et des suites qu'elles peuvent entraîner, doit reporter son allention sur les lois primitives de l'organisme, et sur ce qu’on appelle les propriétés vitales. Îl est plus qu'évident que les douleurs, c’està-dire les sensations pénibles, ne peuvent résider que dans Île cerveau : il n’y a donc à observer dans les nerfs qui communiquent avec ce viscère, autre chose que les mouvemens organiques d’où résulte la sensation, et ces mouvemens se rapportent à l'irritalion; c’est celte espèce que nous avons appelée nerveuse, afin de la distinguer de l'érflammatotre et et de la sxbinflammaioire. Elle est placée entre ces deux espèces et le cerveau, qui n’en aurait point sans elle la perception. Mais, parlons sans figure, l'irritaüon inflammatoire, ou la subinflammatoire, existant dans les extréinites vasculaires d’un organe quelconque, däns les tissus celluleux diversement configurés qui leur servent de moyen d’union, et

dans la matière nerveuse qui s’ y trouve disséminée,

il faut nécessairement qu'il s’en développe aussi dans les cordons nerveux communiquant avec cette matière ; 1 faut que cette nouvelle irritation soit conduite jusqu’au cerveau, et que ce viscère jouisse des conditions propres à la perception, pour que le phénomène de la douleur soit ajouté à ceux de l’irritation orgänique , qui constituent l’inflammation ou la subinflammation. Or cette propagation d’irritation de la matière nerveuse d’un foyer dans les cordons nerveux qui communiquent avec elle, tend incessamment à se faire,etse fait sans interruption, même dans le temps où le moi n’est pas modifié dans ce mode qui fait prononcer les mots je souffre (1).

La première conséquence qui résulte de cette théorie, ou plutôt de ce fait général de physiologie pathologique , c’est que tous les nerfs qui avoisinent un foyer inflammatoire ou subinflammatoire , sont perpétuellement dans un état d'irritation.

Par nerfs qui avoisinent, nous m’entendons pas seulement ceux de l'organe malade qui sont dans le pourtour du foyer, nous voulons aussi désigner, pour les cas où le foyer est dans un viscère, les nerfs des sens et des muscles locomoteurs, qui communiquent par des filets splanchniques avec ceux des viscères, puisque l'expérience atteste qu'ils sont souvent douloureux etirrités, au point de provoquer de vives convulsions dans les fibres musculaires

(1) S'il faut propagation d’irritation à l’encéphale pour qu’il y ait sensation, la sensation n’est pas le résultat nécessaire de toute propagation d’irritation à l’encéphale.

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