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Les inflammations des membranes muqueuses ont des formes et des degrés plus multipliés que celles des séreuses , parceque, comme, sens internes et mobiles continuels
( 485 ) de sympathies , les muqueuses ont une sensibilité et une irritabilité plus varices et plus intenses que les séreuses, qui n’ont ni sensibilité, ni sympathies dans l’état sain.
D’après ce que nous venons de dire nous sommes dispensés de commenter celle proposition. Quelques médecins persistent encore à ne voir dans les membranes muqueuses que des organes de support et de progression pour les corps étrangers . destinés à fournir quelque chose à l’absorption, et pour les produits des sécréteur$ : nou snous contenterons de renvoyer ces confrères à notre traité
de physiologie appliqué à la pathologie. % CXCVET. |
Toutes les hémorrhagies qui ne dépendent pas d’une violence extérieure et qui sont spontanées , sont actives , quelle que soitla faiblesse du sujet.
Si toutes les phleogmasies sont actives, toutes les hémorrhagies doivent l'être : car 1l est clair que la modification anormale qui produit les premières ne diffère en rien d’essentiel de celle qui fait nattre. les secondes. Il n'y a point dans la débilité ou le relâchement des fibres de raison pour que le sang s’épanche hors des vaisseaux qu'il parcourt
(484 ) pour transsuder à la 2 0 libre des organes. On ne peut se rendre compile d'une pareille exlravasation qu’en concevant une force qui accumule le sang dans la partie dont la superficie se laisse pénétrer par les globules sanguins, et celle force varie selon les cas. Dans quelques uns, c’est un obstacle au retour du sang de la partie engorgée vers le cœur: telles seraient la Hgature, la coinpression , l’oblitération des veines. Dans d’autres, c'est une pression mécanique exercée sur un organe et qui tend à en exprimer le sang, ce qui peut encore être considéré comme un obstacle au retour du sang. Hors ce; cas de force étranotre, dont le mode peut d’ailleurs se diversifier beaucoup, et toutes les fois que la circu ation est libre, il faut bien que fa force qui accumule le sang dans le tissu où se fait le suiniement hémorrhagique soit rapportée à lirritation. C'est ici le moment de résumer les preuves que nous avons déjà données de celte assertion, et nous allons y procéder! le plus brièvement qu'il nous sera possible, | Prenons pour type l’hémorrhagie menstruelle : lorsqu'elle se prépare, il se développe dans l° HLérus une irritation qui y fait affluer le sang; c'est ce que prouvent les phénomènes locaux et°sy mpathiques qui ‘précèdent l'apparition du flux. La congestion étant formée, le sang qui la constitue natale ‘par la surface imterne de l'organe, et, dans l'éspaee de quelques jours, cétte hémorrhagie dissipe fa congés: üon. fl ya bien entre ces deux faits, l'afflux du sang et son évacuation par exsudation, quelque éhose
(485) qui ne nous est pas connu, quelques faits de modification organique dont le mode n’est pas encore saisi; mais ceux que l’on observe n’en sont pas moins réels : voyons s’ils se trouveront dans d'autres hémorrhagies.
Il survient de la chaleur à l'extrémité inférieure du rectum; la membrane muqueuse se remplit de sang, et lorsque cette plénitude est parvenue à un certain degré, le suintement sanguin s’opère et il dissipe la congesiion. :
Mêmes phénomènes dans la région nasale : sentiment de plénitude , rougeur, suintement sanguinolent ; le poumon, l'estomac et tous les autres organes intérieurs susceptibles de fournir des hémorrhagies, présentent constamment la même succession de phénomènes. Or, tant qu'on peut distinguer cette succession, l’hémorrhagie porte le nom d’active ; mais lorsque les sujets sont débilités, on ne la trouve pas aussi bien dessinée, et l’hémorrhagie est dite passive, comme si, après avoir dépendu de lirritaüon, elle pouvait être l'effet de la faiblesse ; ce ren-
versement est d'autant plus singulier que la faiblesse elle-même est atiribuée à l’hémorrhagie. Concevez donc une perte de sang qui est d’abord occasionée par l'excès de vitalité, et qui, quand elle a diminué cette surabondance de vie, devient l’effet de la faiblesse qu’elle a elle-même produite.
Quelque absurde que paraisse un tel raisonne- -ment, les médecins n’en ont point rougi : on les a vus alternativement appeler active, ensuite passive, puis, après un cerlain temps de restauration, qua-
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lifier une seconde fois du nom d’active la même hémorrhagie chez le même sujet.
Lorsque la débilité des malades était. extrême, als ne voyaient pas la congeslion préparatoire du flux, et pourtant elle ne manque jamais; elle est moins prononcée, mais un observateur attentif sait la reconnaître. Ces sortes d'hémorrhagies ne sont jamais continuelles , et l'instant qui précède leur retour est toujours marqué par une sensation de pesanteur et de chaleur quise dissipe par l’effusion spontanée du sang.
Pour rendre le caractère actif de l’hémorrhagie spontanée moins douteux, même chez les sujets les plus faibles, nous recourümes encore à l'inspection des organes, el nous prouvâmes que toutes les pertes de sang qui figurent au premier rang parmi les passives des auteurs, se font sur des surfaces dévorées par une inflammation chronique. Il en résulte évidemment que si ces hémorrhagies sont passives, les phlegmasies qui les fournissent le sontaussi; mais comment qualifier de passive une inflammation qui s’est déclarée pendant que le sujet était vigoureux , | phlétorique et surexcilé ? On la reconnaissait si bien pour active à celte époque, qu’on la combattait par le iraitement antiphlogistique : or c’est cette même inflammation que l’on n'a pu guérir qui fournit maintenant des hémorrhagies. Peut-on la su poser aujourd’hui produite par la débilité qui est son effet ?
Les sectateurs des hémorrhagies passives spontanées soutenatent qu elles dépendent d’une paralysie
des pores de la partie qui les fournit. On leur demande pourquoi les parties les plus vivantes de l’économie sonñt constamment le siége de ces effusions sanguines; pourquoi les foyers d’inflammation en fournissent plus facilement que. les autres tissus ; pourquoi les pertes ne sont pas continuelles praee la faiblesse l est, et puisque la circulation ne s’interrompt jamais ; pourquoi enfin les parties attaquées de paralysies, loin d’en offrir des exemples, offrent plutôt une diminution constante du calibre de leurs vaisseaux, la décoloration, la flétrissure, l’atrophie ou |’ sdtiegr ?
Certes, tout tissu qui fournit un écoulement hémorrhagique est surirrité : l'observation du mode d'action des agens qui l'ont fait dévier de l’état normal ne le prouve pas moins que les phénomènes locaux et sympathiques qu’il présente. Que ces tissus soient ulcérés, comme le poumon chez les phthisiques, le col de l’utérus chez les femmes cancéreuses, + qu'ils ne lesoient pas, comme le nez chez certains sujets que des épistaxis toujours renaïissantes produites par l'influence symphatique d’une phlegmasie intense on! épuisés, ces Lissus , nous le répétons, sont toujours le siége d’une irritation qui y fait continuellement affluer le sang, mais qui, prenant parfois un surcroît d'activité, l'y accumule à un tel point que son retour dans la circulation n’est plus possible, et qu'il faut qu'une partie s'échappe par les pores libres de la partie malade.
Il est bien vrai que lorsqu'un tissu modifié de la sorte à souffert depuis long-temps, il offre moins
de résistance à l'hémorrhagie ; il est vrai qu il s’affaiblit en effet et qu’il devient plus facilement béant au moment de la congestion , en un mot,ilest certain que l’affaiblissement de sa conti: Pé favorise le retour de l'hémorrhagie. Mais ce changement est toujours un effet de lirritation : il ressemble à à toutes les débilités consécutives aux surexcitation$, qui ne peuvent jamais être considérées comme la cause des maladies dont elles sont elles-mêmes le résultat. Autant vaudrait accuser l'épuisement qui succède à une péripueumonie d’avoir été la cause de cette affection inflammatoire , ou dire que l'injection sanguine et la tendance aux récidives, sortes de débilités que lon observe dans les portions de peau et de membrane muqueuse qui viennent d’être guéries de l’inflammation, sont la cause de ces mêmes inflammations. Tout ce qu’on peut avancer avec fondement, c’est que ces débilités , que l'on peut considérer comme une diminution, de la force de contractilité permanente ou tonicité, ou, si l’on aime mieux, comme une plus grande mobilité et une moindre résistance à l'extension, en un mot, comme une augmentation d’irritabilité avec diminution de force, ont besoin d'un certain temps pour se dissiper, à la suite des inflammations et des hémorrhagies : et que, pendant qu'elles persistent, elles favorisent l’action des causes qui tendent à reproduire ces maladies.
Cette manière d’exprimer les faits est bien différente de celle que l’on emploie lorsque l’on partage les hémorrhagies et les infiammations en actives et
en passives : une telle dichotomie suppose deux entités différentes et de natures entièrement opposées dans la même maladie, et par cette raison deux ordres d'indications diamétralement opposées, C'est en cela que consiste la grande erreur, l'erreur vraiment préjudiciable à l'humanité, parcequ'’eile conduit à une pratique extrêmement mauvaise. Eneffet autre chose est, lors d’une hémorrhagie chronique, de ne voir dans la partie qui donne Île sang qu'une débilité consécutive, purement locale, fournissant des indications particulières, sans préjudice de celles résultant de lirritation qui préside à l’état morbide du sujet; autre chose de ne voir chez celui-ci, localement et généralement, qu’une débilité fournissant à elle seule toutes les indications curatives. Nous partirons de cette distinction pour établir les indications thérapeuthiques des hémorrhagies.
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Les hémorrhagies spontanées dépendent d’uneirritation des capillaires sanguins, mais elles sont rendues plus faciles par l’hypertrophie du cœur.
Nous pensons en effet que tous les phénomènes tendent à prouver que l'irritation qui provoque la sortie du sang, a son principal siége dans les vaisseaux capillaires de la partie, et nous serions même porté à croire qu’elle réside dans les artérioles. En
effet, lorsque les artères sont parvenues à un certain degré de ténuité, les nerfs qui les accompagnent se sont en grande partie fondus dans leurs tuniques, et doivent leur communiquer une activité qu’elles n'avaient pas auparavant ; or, c'est dans ces sortes de tissus vasculaires nervoso-sanguins que retentissent les stimulations sympathiques, par exemple lorsqu'une partie richement pourvue de ces capillaires rougit et se gonfle subitement sous l’influence d’une vive affection morale, et lorsqu'une autre partie , pareillement organisée, s’injecte et, si elle est sécrétoire, éjacule tout-à-coup son fluide particulier par l'effet d’une pensée ou par l’infiuence sympathique d’un autre organe en élat d'irrilation, Dans tous ces cas, ne faut-il pas nécessairement reconnaître une influence nerveuse , et cette influence , Qui n’est qu’une innervation, pourrait-elle donner ne impulsion aux fluides s1 elle n’était, en définitive, lancée sur lesfibres mêmes qui composent les petits vaisseaux ?
Hé bien, nous osons l’avancer, ce ne peut être que cette activité des nn sanguins à parois composées de matière nerveuse fondue avec la matière propre des artérioles , ce ne peut être que cette activité qui accumule le sang dans un tissu, avec chaleur augmentée, perceptible au tact, perceptible à la conscience de l'individu, et sensation de tension, de plénitude, de démangeaison ou même d’une douleur cuisante; or, celte force ayant produit la congestion., le sort du sang qui la forme et quis’amasse dans les aréoles de la partie moins actives que les capillaires qui l’y ont poussé,
diffère d’après des conditions qui ne nous sont pas parfaitement connues : tantôt il reste et alimente une phlegmasie et cela est tellement vrai que si une saignée locale lui donne issue, la phlegmasie est arrêtée; tantôt il sort par la Te libre du lieu congesté, ce qui constitue le phénomène de l'hémorrhagie.
On voit que la disposition des pores de cette surface doit seule déterminer la différence qu 1 Y'a entre l’inflammation et l’'hémorrhacie. C’est donc cette disposition qu'il faudrait connaître à fond pour pouvoir raisonner d'une manière complètement saüsfaisante sur la cause prochaine de l’un et de l’autre résultat des congestions sanguines, et trouver les meilleures indications curatives. Nous n’entreprendrons point d'approfondir cette question; nous nous contenterons,endéveloppantla proposition suivante, de démontrer par les faits que les deux résultats se succèdent et se remplacent de manière à ne laisser aucun doute sur l'identité de l’action vitale qui les prépare ; je veux dire l’activité capillaire qui PE la congestion.
C'est maintenant que l’on peut comprendre sans peine comment l'excès d'énergie du cœur facilite la sortie du sang qui forme les congestions locales dont nous venons de parler. On conviendra, nous l’espérons, que cette énergie les facilite beaucoup; car l'irritation nerveuse subitement accrue des capillaires artériels étant donnée, plus ils trouveront de sang disponible dans les artères dont ils émanent, plus ils auront de facilité à le pousser dans les aréoles
( 492 | voisines, et plus sera rapide la tuméfaction sanguine de la partie.
Or voilà, ce nous semble, le fait tout ES si le sang, poussé par un cœur hypertrophié et vive- . ment stimulé, arrive vers un foyer d'irritation capillaire à ondées fortes et rapprochées, les artérioles surirritées auront bientôt produit la congeslion ; elle se feramême avec tant de promptitude que les poresde la partie seront forcés de s’ouvrir pour donner issue au sang, et l'hémorrhagie sera prompte et copieuse.
C’est ainsi que l'énergie du cœur rend les hémorrhagies faciles et communes dans la jeunesse, comme Ja faiblesse et la langueur de ce viscère les rendent rares et difficiles dans la vieillesse. C’est en vertu de cette loi que les hommes affectés de l’hypertrophie du cœur restent sujets aux hémorrhagies malgré les progrès de l’âge, et conservent cette aptitude jusque dans la vieillesse; enfin l’on explique par cette même loi pourquoi, lorsque la disposition aux bémorrhagies extérieures est entièrement détruite, celle aux hémorrhagies intérieures ne l’est pas. N'est-il pas clair en effet que cela dépend de ce que l'impulsion du cœur est mieux sentie dans les viscères qui en sent très rapprochés, que dans les ouvertures muqueuses et dans la peau?
Îl faudrait bien se garder de conclure de ce qui vient d’être dit, que l'hypertrophie du cœur suffise pour expliquer ces hémorrhagies. S'il en était ainsi, jamais les pertes de sang des sujets qui en sont affectés ne s’arrêteraient avant l’affaiblissement total du cœur, c’est-à-dire à peu près à la syncope; et
d’ailleurs il n’y aurait point de raison pour que le sang ne s’écoulât pas continuellement par les surfaces les plus rapprochées du cœur, c'est-à-dire par les porosités du poumon. Il est donc clair qu'il faut toujours une irritation locale pour opérer une congestion, mais que cetle congestion étant d'autant plus rapide que l’impulsion du cœur est plus grande, la sortie par transsudation , c’est-à-dire par hémorrhagie, du sang amassé, doit être plus commune “chez les sujets affectés d’hypertrophie du cœur que chez les autres.
On peut aussi comprendre, d’après ces considérations, comment l'obstacle que le sang éprouve à traverser le cœur dans les cas d’anévrisme, c’est-à-dire de dilatation avec faiblesse de ses parois, peut, en forçant le sang à séjourner dans les appareils veineux, favoriser les hémorrhagies du poumon et des voies gastriques, lorsqu'une irritation capillaire a produit une congestion dans un point de ces viscères; car il est sans exemple que ces sortes d'hémorrhagies se soient faites par toute l'étendue de leurs surfaces libres.
On voit quel est le sens de la proposition CXCIX et combien il importe aux progrès de la médecine physiologique qu'elle soit bien entendue des observateurs.