‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicalesChapitre 14 sur 34 · Partie de ces désordres nerveux peuvent égale · texte numérisé non relu

Partie de ces désordres nerveux peuvent égale

( 549 ) ment résulter d’une vive affection morale dans la Jeunesse, dans cet âge où l’irritabilité est portée si loin , et l'imagination si exaltable. C'est aussi le plus Souvent parmi les jeunes sujets, surtout du sexe féminin, que l’on observe les convulsions et les exlases d'irritation, telles que celles qui firent tant de bruit au tombeau du diacre Pâris. Enfin ce sont les mêmes personnes qui nous offrent des exemples du somnambulisme magnétique , pendant lequel les néophytes prétendent jouir d’une clairvoyance intérieure qui leur fait distinguer en elles, ou chez ceux avec qui on les à mis en rapport, les affections des viscères , ou qui leur donne la f1culté de lire dans l'obscurité, soit avec le bout des doigts, soit par l'application des caractères sur la région épigastrique, etc., etc.

Nous ne confondrons pas les désordres trop réels causés par le défaut du tribut périodique, avec ce qui dépend du prestige et du fanatisme; mais nous dirons que le siége principal de tous ces phénomènes est le cerveau. Tantôt cet organe paraît lui-même le plus affecté, comme dans les altérations de lintellect et des sens; tantôt il semble plutôt verser lPirrilation sur les nerfs musculaires, qu'il maintient dans un état convulsif permanent, ou qu’il agite de plusieurs manières bizarres: mais ces différences ne sont que celles du degré , ou celles des régions et des fibres nerveuses encéphaliques où prédomine l'irritation. Quelquefois la réaction de l’encéphale sur l’appareil nerveux viscéral, par le moyen de la huitième

paire,devient le phénomènele plus prononcé, comme 1. Path, 30

(. 5504.) on le voit par les effrayantes palpitations, les appétits extraordinaires , les longues abstinences, ou l’excessive sensibilité épigastrique dont ces maladies offrent l’exemple ; mais on ne peut aussi nier l’influence perpétuelle de l'utérus sur l’appareil encéphalique. Ce serait bien à tort que l’on se représenterait la matrice comme étrangère à tous ces désordres , parcequ'elle ne fournit plus le sang menstruel, et que l'on attribuerait à la déviation de ce liquide les phénomènes singuliers dont nous venons de parler. Les expliquer par le déplacement de l'irritation utérine habituelle, qui aurait pris une autre direction en abandonnant son ancien siége, ne serait pas lever toutes les difficultés, puisque les accidens nerveux dont il s’agit se déclarent quelquefois chez de jeunes filles où le flux rouge n’a point paru ou n’a fait que marquer, selon l'expression vulgaire. On ne peut, à notre avis, en prendre une juste idée qu’en admettant dans l'utérus un foyer perpétuel d'irritation, qui, agissant sur l’encéphale , imprimerait à la sienne des caractères particuliers que nulle autre influence ne serait capable de lui donner. Au reste, que les viscères composant le reste de l'appareil splanchnique reçoivent l’impulsion de l'utérus , à raison de la communauté de nerfs, ou qu’ils la tiennent du cerveau modifié par l’irritaüon utérine ; il reste toujours ici, comme dans toutes les névroses, des fonctions intérieures, deux foyers principaux plus ou moins rapprochés de l'inflammation, l’un placé dans un viscère, et l’autre dans l’encéphale. Ces névroses ne sont donc pas plus va-

(ht) gues que celles dont nous avons déjà donné l’exposition.

Quant aux névroses qu’il est possible de rapporter au prestige d’une imagination trop affectible , telles que les convulsions des fanatiques, et celles parfois non moins réelles que l’on observe chez les personnes délicates exposées aux atitouchemens et aux gesticulations des prétendus magnésiteurs, il est clair que leur mobile est dans la portion du cerveau qui correspond aux sens externes et qui préside à l'intelligence. L'irritation cérébrale qui provoque les convulsions dont il s’agit, n’est pas plus une inflammation dans son début, que celle qui fait paraître Îles phénomènes nerveux des jeunes filles non menstruées ; mais puisque les transports du fanatisme peuvent causer la folie aussi bien que la suppression du flux menstruel, et puisque la folie aboutit à l’encéphalite , ainsi qu'il est aujourd’hui surabondamment prouvé, qui pourrait hésiter à mettre ces névroses sur la ligne où toutes les autres ont été placées ?

Un phénomène nerveux encore plus singulier, s’il est possible, que les précédens, c’est celui que présentent certains névropathiques qui se plaignent d’une douleur fixe à l’épaule, par exemple, et chez qui cette douleur disparaît par l’apposition de la main, pour se porler dans un autre endroit, comme au genou, d’où l’on peut la chasser avec la même facilité ; de telle sorte quil est possible de lui faire ainsi parcourir presque tous les points de la périphérie. Cette expérience, bien constatée, tendrait à

faire croire aux personnes étrangères à la science de l’homme, que la douleur est une espèce de génie malfaisant qui tourmente selon son caprice les différentes régions du système nerveux; mais les médecins amis du vague, et qui répugnent à tout travail d'attention et de rapprochement, en conclueront que ce phénomène est un exemple frappant de névrose sans siége déterminé. Comme nous avons eu l’occasion d'observer de fort près plusieurs personnes affligées de cette bizarre indisposition, nous nous permeltrons de ne pas partager cette opinion. Les malades dont nous parlons étaient tous des névropathiques dont l'appareil digestif ou l'appareï génital étaient dans un état permanent de surexcitation ; ils joignaient à cette irritation fondamentale une irritabilité sympathique des nerfs des sens externes, de ceux des muscles et des articulations, chose assez ordinaire aux personnes nerveuses el faibles attaquées de gastrite chronique ou de toute autre phlegmasie viscérale prolongée. On en voit fréquemment chez qui tout l'extérieur du corps est douloureux à la pression; disposition qui cède, si l’on parvient à calmer l'irritation intérieure. Souvent aussi l’irritation rhumatismale ou la goutteuse concourent à augmenter l’endolorissement des parties extérieures tu corps. |

C'est dans cet éréthisme général de l'appareil sensitif, dans cette disposition dolorifique du manteau nerveux dont la nature a revêtu l'espèce humaine, que se manifeste la névrose qui nous occupe présentement. Nous n’entreprendrons pas de déterminer

la cause prochaine de la forme qu'elle affecte : tout ce que nous pouvons dire de plus plausible à ce sujet, c'est que, comme il est impossible à la faculté de perceptüon de sentir de la douleur dans tous les nerfs de relation qui sont alors disposés à lui en causer, elle n’en rapporte qu’à un seul point; mais, d'autre part, comme l'irritation qui lui donne cette perception n est pas intense, comme surtout elle ne tient pas à une congestion locale, et qu’elle n’est que sympathique , elle se dénature facilement par la stimulation que détermine le contact de la main; et c’est une autre région dont les nerfs sont pareillement disposés , qui appelle l'attention du m0 et lui donne l’idée de la douleur, ce qui se répète à chaque apposition des mains. Certes, si ces douleurs n’étaient pas de pures sympathies, si elles tenaient à une congestion quelque peu inflammatoire, soit du cerveau, soit des nerfs où elles sont perçues, soit des tissus qu’ils animent , une stimulation si légère ne pourrait pas les enlever; ou si elle les modifiait , comme le font quelquefois les manipulations des magnétiseurs, Ce ne serait que pour peu de temps.

Il est des douleurs produites par différentes causes, et dont l'opiniâtreté désespère quelquefois le praticien. Nous voulons en dire ici un mot en parüculier.

En traitant plus haut de la manière dont l'irritauon semble s'échapper d'un foyer viscéral d’inflammation dans les nerfs de relation qui lui correspondent de plus près, nous avons signalé une des causes de ces douleurs opiniâtres. {peut arriver,en effet, que

(554 ) maloré la cessation de l'affection viscérale, la sensibilité reste exaltée dans quelques muscles du torse , ou des membres qui.n’avaient été affectés d’abord que par sympathie, et qu'il en résulte une névrose idiopathique; sorte de transformation que nous avons constatée. Ces douleurs paraissaient fixées dans les cartilages des côtes asternales, ou bien dans les fibres musculaires voisines ; et nous les avons trouvées opimiâtres, bien que la gastrite ou la duodénite dont elles dépendaient fussent parfaitement guéries. Nous les avons également observées dans le muscle carré des lombes, dans les sacro-lombaires, dans les muscles du bassin, des cuisses, soit à la suite des phlegmasies intestinales, soit par celles des reins, des ovaires, de la vessie, du col utérin; et nous les avons vues persévérer ou se reproduire par la plus légère stimulation , bien qu'il n’existât aucun signe du foyer d'irritation qui les avait provoquées.

Les viscères eux-mêmes, quand ils ont été stimulés pendant long-temps, conservent un état de sensibilité extrêmement opiniâtre , lors même que l’état inflammatoire n'existe plus, ou du moins quoiqu'il soit réduit à un très faible degré, et fort circonscrit. J'ai maintenant sous les yeux plusieurs sujets qui ont contracté cette excessive sensibilité de tout l’abdomen, et même des muscles, après avoir pris des purgatifs d’une manière soutenue tous les deux ou trois jours , pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Cette exaltation vicieuse de la sensibilité est fréquemment l'effet des doses répétées coup sur coup du purgatif de Leroi. Il s’y ajoute souvent

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