COX VIE
L'irritation offre des intermittences naturelles dans l’état de santé.
Cette proposition est lirée de la physiologie nor-
male , parceque cette physiologie est la base de l’anormale ; l’homme ne peut pas être constamment dans le même degré d’excitation : mille causes la font varier, et pour le lieu , et pour le degré d’intensité. Les retours périodiques de certaines irritations , comme celles des règles, des hémorrhoïdes, du flux d'urine chez quelques personnes, servent à maintenir l'équilibre, et sont une preuve de cette intermitience d'irritation qui ne sort pas des limites de l’état normal. En rechercher la cause première serait une illusion : il faut se contenter d'observer, ct ne pas témoigner plus d’étonnement de l’intermittence morbide que de celle de l’état de parfaite santé.
GOX VIIL.
L'irritation morbide peut être intermittente dans tous les appareils et dans tous les systèmes organiques.
1] faut entendre dans les systèmes qui jouissent d’une certaine activité vitale; car les déplacemens fréquens de l’irritation ne sont guère possibles dans la substance des os durs. On voit bien quelquefois des périostoses se déplacer, mais non pas disparaître et revenir d’une manière périodique dans un court espace de temps. À plus forte raison, n’a-t-on garde d'observer l’intermittence d'irritation dans les os ; à peine même en peut-on remarquer le dépla-
cement et le transport d’un os à un autre. Les tissus où l'irritation est facile à se former sont aussi ceux où elle est susceptible de prompte disparition et de retour, selon certains types. Ces tissus sont ceux de consistance molle et qui sont riches en matière nerveuse et en capillaires sanguins. Ceux qui sont destinés à leur servir de point d’appui, de soutien et de rempart, ceux qui végètent dans une torpeur habituelle, sans prendre part aux ébranlemens primitifs et sympathiques qui entretiennent l'état de vie, sont d'autant moins exposés à l’intermittence d’irritation qu'ils se rapprochent davantage de l’état osseux ; c'est-à-dire que leur activité vitale est plus puissamment enchaînée par les molécules salines, métalliques ou terreuses qui leur donnent la résistance et la solidité. Les tissus où l’on peut observer l’intermitience d'irritation sont, en suivant l’ordre d’activité vitale, qui est à peu près celui d’aptitude au phénomène de lirritation, les expansions nervososanguines formant le cerveau et les membranes de rapport des grandes cavités viscérales ; l’ensemble viscéral lui-même , savoir, l’estomac avec le duodénum et leurs annexes; le cœur et les poumons avec leurs plèvres ; le reste des tissus muqueux et même séreux des viscères abdominaux ; les branches nerveuses des appareils locomoteurs et sensitifs ; la peau et les ouvertures des membranes muqueuses. ;
Quant aux tissus cellulaires, aux ligamens, aux cartilages , aux os , nous ne pouvons les comprendre dans cette énumération : en conséquence, nous pen-
( 629 ) sons qu'il convient de donner à la proposition la forme suivante : va de « L'irritation morbide peut être intermittente » dans presque tous les appareils et systèmes or- » ganiques Où l’inflammation aiguë peutse déve-
» lopper. » 2: | (OPITAT de
L'irritation morbide. peut: être continue dans un appareil à un degré modéré, et SV exaspérer périodiquement ‘pour retomber ensuite à son premier état. Dans ces cas, quand elle y est modérée, elle excite peu de sympathies; lorsqu'elle s’y exaspère, clle en développe un grand nombre : ce sont les fièvres rémittentes, subintrantes, etc. , des auteurs.
En effet, ce n’est qu’ainsi gue l'on peut se représenter les phénomènes alternatifs de l’exacérbation et de la rémission. Les fièvres rémittentes sont des phleomasies continues, aiguës, dontlesredoublemens sont plus prononcés que ceux des phlegmasies ordinaires, ets’annoncent par un refroidissement des extrémités ou de tout l'extérieur du corps, ayec Où sans
‘tremblement. À ce froid succède une chaleur sèche
avec augmentation de fréquence dans Îles pulsations du cœur et raideur du pouls ; ensuite le pouls s’assouplit et la peau s’humexte : une sueur plus ou moins