‹ Commentaires des propositions de pathologie, consigneés dans l'examen des doctrines médicalesChapitre 2 sur 34 · Path · texte numérisé non relu

Path

(458 ) qu’on le twuve rempli; ce qui n'empêche pas que quelquefois aussi lon n’y observe des tissus où des amas a!bumino-vélatineux. Or la doctrine physiologique réserve le nom de subinflammation à toutes les irrilations qui ont pour résultat une accumulation de matières secondaires, provenant des sécréons, exhalations ou absorptions diverses, qui ont élé altérées par le phénomène de l'irritation. En efiet, si l’on accorde des mouvemens particuliers aux tissus fabricateurs et excréteurs des humeurs secondaires, on peut admettre l’aberration de ces mouvemens, et chaque fois que ie médecin physiologisie à pu se convaincre que celte aberration est l'effet d’une modification 1irritative, 1l est en droit de la placer au-dessous de l’inflammation , et de lui donner un nom qui rappelle l’idée de ce phénomène.

Eien de plus commun en médecine pratique que de voir ces irritations sécréloires, excrétoires, absorbantes, nous ne disons plus succéder à l’inflammation dans le même organe , mais alterner avec elle dans des organes différens, c’est-à-dire la remplacer, et céder de nouyeau dès qu'elle reparaît, et cela dans des tissus souvent fort éloignés Îes uns des autres. La même réciprocité peut être observée entre ces deux modes d’irritation ( phlegmasies, subinflanmations ) et les hémorrhagies, aussi bien que les névroses : de sorte que, dans bien des cas, les phénomènes d’exaltauion d'action vitale, provenant d'une stimulation quelconque, peuvent se montrer successivement sous l’epparence de l’inflammation pourvue de ces quatre caractères, sous celle de l’hémorrhagie, sous celle de la sécrétion, de l’exhalation ou de labsorption augmeniées, et enfin sous celle d’exaltation de sensibilité ou de mouvement musculaire.

De même que l’irritation inflammatoire détériore les humeurs et les tissus de la partie qu’elle occupe, de même celle des vaisseaux secondaires tend à dénaturer la nutrition, de même enfin celle des nerfs conduit plus ou moins vite le névrilemme ou la substance médullaire à une désorganisation inévitable. On remarque dans tout cela beaucoup de variélés , soit pour le temps, soit pour le mode précis d’altération : ainsi, suppuration, induration rouge ou blanche, albumineuse ou lardacée, produit des sécréteurs plus fluide, plus épais, ou entièrement concret, altéré dans son aspect, altéré dans son odeur, dans sa saveur, etc., tout cela ne fait rien au fond de la chose : tant que le tissu qui donne ces divers produits n’est pas désorganisé par le mode vicieux de nutrition qu'il a contracté, l’irrilation peut l’abandonner et le laisser exécuter librement ses fonctions, pendant qu’elle agit sur un autre ; mais 1l doit arriver une époque où cette mé= tastase n'est plus possible : c’ést lorsque la désorganisation est commencée. On voit bien quelquefois alors des déplacemens momentanés de l'irritation , mais elle revient bientôt à son premier Siége , parcequ'elle est toujours rappelée par le vice organique, Il arrive aussi bien souvent qu'un nouveau point d'irritation, qui désorganise un nouveau tissu, fait oublier, pendant quelque temps, l’ancienne désorganisalion; mais le médecin attentif retrouve toujours les signes de celle-ci, et s’assure bientét qu'il n’y a qu'exiension et non révulsion réelle de la premuière maladie.

Cho )

Mais revenons aux subinflammations cutanées : dont cette discussion, tendant à prouver l'identité qui existe entre les diverses formes de l’irritation, nous avait éloigné pour un instant. Les dartres, les différentes affections pustuleuses chroniques et tes formes variées de l’éléphantiasis, ont manifestement leur siége dans les tissus sécréteurs, exhalans ou absorbans de la peau et du tissu sous-cutané. Ce sont des irritations, puisque nous les voyons naître sous l'influence des irritans:; et l'expérience prouve qu'elles peuvent alterner avec les inflammations et les névroses. Nous les considérons comme des subinflam: mations, parceque nous y voyons la détérioration des produits de la sécrétion, de l’exhalation ou de l'absorption ; produits qui se montrent à nous sous les formes d'exsudation plus ou moins épaisse, de croûtes, d’écailles, de concrétions diverses, de tissu lardacé; ce que nous n'observons pas dans les irritations purement inflammatoires de l’enveloppe cutanée et du tissu cellulaire. Elles ont d’ailleurs beaucoup de rapport avec les irritations du système absorbant ganglionnaire : elles les font naître d'ordinaire au bout d’un certain temps, et le praticien qui les à étudiées finit par se convaincre qu’elles sont, généralement parlant, d’autant plus tenaces et plus liées avec les affections glanduleuses que les sujets sont plus rapprochés de la disposition scrofuleuse. Quant à nous, qui avons eu l’occasion de les observer de près dans les diverses positions de l’état social, nous tenons pour certain que les constitulions entièrement éloignées de cette fà-

(4) cheuse diathèse peuvent supporter pendant longtemps l’irritation cutanée, sans qu’elle se transforme en subinflammation, tandis que les causes les plus légères font reparaître cette dernière chez les personnes prédisposées aux subinflammations ganglionnaires , et même, en général, chez presque tous les sujets, blonds, châtains et délicats, que nous avons considérés comme ayant plus d'irritabilité et moins de cohésion dans les tissus blancs

inertes que n'en ont les sujets plus vigoureusement constitués.

CLXXXIIT.

Les ganglions lymphatiques ne se tuméfient , ne s’endurcissent et ne se ramollissent jamais que par l’exaltation de leur irritabilité et de leur contractilité, c’est-à-dire par leur irritation, qui est une des subinflammations. :

Il suffit d'appliquer la main sur une masse de glandes engorgées à la région cervicale, chez les scrofuleux, pour ne conserver aucun doute à cet égard : on y sent une chaleur tellement supérieure à celle des parties voisines, qu’on est forcé d’y reconnaître une exaltation de l’action organique. Que l’on observe ensuite un bon nombre de ces sujets, on verra que les influences exercées sur le cœur sont en raison du volume et de la muluplicité des foyers de subinflammation ganglionnaire : un petit

nombre ne produit aucun effet; mais toutes les fois que les ganglions tuméfiés sont très nombreux, la fréquence et l’ardeur fébrile ne manquent jamais. Or, nous le demandons, n'est-ce pas ce qu’on observe aussi dans les furoncles, les anthrax, les érysipèles , les phlegmons, en un mot, dans toutes les phlegmasies visibles à l'extérieur ? Ces points d’irritation n’exercent-il pas sur les pulsations du cœur une influence proportionnée à leur étendue ? |

Nous avons fait l'application de cette loi aux phlegmasies viscérales ; mais cette matière est inépuisable, et nous aurons l’occasion d’y revenir.

Il y a donc dans les ganglions tuméfiés un travail inflammatoire très manifeste ; mais il diffère de ceux que nous venons de citer, en ce qu'il ne tend point rapidement à la suppuration ni à la gangrène : il tuméfie , il dénature avec lenteur les ganglions qu’il attaque; mais pendant qu’il agit ainsi à l'extérieur du corps, les influences sympathiques qu’il exerce sur les viscères y préparent une irritation qui finira par éclater avec une force bien supérieure à celle qui lui a donné naissance ; et lorsqu'elle aura pris toute son intensité, c'en sera fait du malade : aucune puissance humaine ne pourra Île soustraire à son sort, Si l’on détruit le foyer extérieur par l’ablation même complète des ganglions subenflammés , le foyer viscéral n’en aura que plus d’activité, la mort n'en deviendra que plus certaine et plus prompie. |

Tels sont les faits pour les ganglions de la péri-

phérie. Quant à ceux des viscères, on conçoit qu'ayant reçu l'impulsion des irritations des surfaces de rapport, qui très certainement se surirritent avant eux, ils ne doivent pas avoir plus de tendance à la perdre que les premiers. Disons plus, ils la conservent lors même que la phlegmasie des surfaces membraneuses qui les a rendus malades s’est complètement dissipée ; et tôt ou tard ils lui rendront l’impulsion inflaramatoire qu’ils en ont reçue. De là la haute importance, pour le médecin consciencieux, de ne conserver aucun doute sur le vrai caractère des tuméfactions glanduleuses et généra= lement de toutes celles des tissus blancs ; car elles se ressemblent sous une foule de rapports. En effet, c’est de la doctrine du médecin que dépend le sort du malade. S'il croit à l’irritation subinflammatoire, il travaillera dès le début à la détruire ; s’il ne pense qu à l’épaississement de la Iymphe ou à la débilité, il emploiera la stimulation. Sera-t-elle révulsive ou aggravative ? Nous traiterons cette question à sa place, c'est-à-dire à la thérapeutique.

Les tuméfactions d'apparence analogue à celle des ganglions subenflammés, maïs qui surviennent dans les tissus où lon n'apercoit pas, dans l’état sain , de glandes Iÿmphatiques, doivent être jugées de même nature que les ganglions fymphatiques dé-

( 444) veloppés par lirritation. Tout cela porte le nom de tubercules.

Soit que l’on considère les tubercules comme des ganglions Iymphatiques inappréciables dans l’état normal, et devenus sensibles par l'influence de l’inflammation; soit qu’on y voie des faisceaux lym- phatiques d'une organisation différente de celle des ganglions, mais tuméfiés et développés par lirritation sous la forme vasculaire, ce qui peut arriver dans tous les tissus du corps, le principal axiome de cette proposition leur sera toujours applicable. Elle ne le serait pas aux tubercules qui ne seraient que du pus concret ou de petites masses de ce que l'on appelle matière tuberculeuse , si en effet ces masses n'étaient autre chose que des collections de pus à la formation desquelles le moule qui leur donne la forme sphérique aurait été étranger. Maïs si l'on admet que la matière tuberculeuse est sécrétée par une petite vésicule, et que tout tubercule se développe à la manière des tumeurs enkystées plus volumineuses que nous trouvons dans le tissu cellu- laire et dans certains viscères comme le foie, le cerveau, etc., la proposition trouve également ici son application. Nous allons même plus loin : elle la trouve pour ces amas de malière tuberculeuse de : forme irrégulière que l’on rencontre dans le paren- ‘chyme pulmonaire, et pour les mêmes amas observés sur la surface libre des plèvres; en un mot, toutes les fois qu'on admettra une sécrétion morbide comme cause de tubercules, cette sécrétion ne pourra

(45) | qu'être rangée parmi les irritations, et ces sortes d’irritations se rapportent nécessairement à nos subinflammations.

Ainsi, comme nous l'avons exprimé plus haut, toutes les expérientes des anatomo-pathologistes et des vivisecteurs ne peuvent que venir à l'appui de la doctrine physiologique, qui la première a enseïgné à suivre l'irritation dans son berceau primitif, et qui a su la montrer y produisant une action morbide qui développe le tissu malade, le rend prédominant sur tous les autres, et le désorganise en créant une série de phénomènes sympathiques plus ou moins prononcés, et d’une physionomie tantôt spéciale, tantôt plus ou moins commune aux différens points d'irritation.

Pendant que les faisceaux absorbans, chroniquement irrités, dégénèrent en tubercules, quelques vaisseaux lymphatiques peuvent se dilater par un engorgement passif, produit par une pression qui fait obstacle au cours de la Iymphe. Cet état est aux absorbans ce que les varices sont aux veines.

C’est un fait d'observation sur l'existence duquel on ne peut hasarder aucune conjecture. Il s’agit seulement de vérifier si ces gros troncs absorbans, remplis de lymphe, que l’on trouve dans la peau de

( 446 ) certains éléphantiasiques, portent des traces d’inflammation, ou s'ils ne sont que simplement dilatés. Ce que l’on peut ajouter c’est que l’inflammation que l’on pourrait y trouver serait toujours un effet de la dilatation forcée du vaisseau, et que par conséquent ce serait une maladie active produite par une dilatation passive, Ces cas ne sont pas rares, parceque tout organe que lon distend au-delà L. son degré habituel contracte de l'irritation et par

suite une phlegmasie ou une subinflammation.

| L'irnitation est 1C1 mécaniquement produite par: une espèce de cause traumatique.

Page 1