Nous supprimons les formules ordinaires
(Condom, 8 octobre 1563.]
Sire, je receuz, le vingt liuictiesme du mois passé, une lettre de votre Majesté, escriteà Meullan, le vingt uniesme, nous estant, monsieur le cardinal d'Armaignac, monsieur Dampville, à Terride, et une grande compaignie de gentilzhommes , qui estoient venus veoir le diet seigneur Dampville^, par laquelle me discoures la blessure de la royne et sa convalescence*; et vous doubtiés qu' aucuns avoient faict courir nouvelles, plustost mauvaises que bonnes, par le pays, et que, si cela estoit veu à ma notice, vostre Majesté me vouloit bien advertir comme toutes choses estoient passées, affm que j'en advertisse tous vos bons sujects et serviteurs.
Sire, je ne vous veul\ celer que, troys jours auparavant avoir receu vostre lettre, et, nous estans au Port Sainte Marie, monsieur Dampville et moy, j'euz advertissement de Bourdeaulx , non seulement de la clîutte et blesseure, mais beaucoup pis, qui nous mist,
1 . Henri de Montmorency, seigneur de Damville, nommé gouverneur du Languedoc par lettres joalentes du 12 mai 1S63 (t. III, p. 25o, note 1). La note à laquelle nous renvoyons le lecteur contient deux erreurs. La première porte sur la date de l'entrée à Toulouse de Damville, qui se présenta avant le 8 octobre, et non le 16, dans cette ville, comme le prouve la présente lettre de Monluc. La seconde porte sur la durée de sa quasisouveraineté en Languedoc, qui dura plus d'un quart de siècle et non plus d'un demi-siècle.
2. La reine avait fait à la chasse une chute de cheval et s'était grièvement blessée.
non seulement la trouppe que nous estions, mais partout où ces nouvelles ont couru, en telle tristesse que nous ne scavions si nous estions mortz ou vifz ; congnoissant bien que les troubles ne seroient pas cessez. Or comme ceste-là nous avoit attristés, vostre lettre nous mist en telle joye que le vin et les viandes de monsieur de Terride n'y gaignèrent rien, où monsieur Strozzi* arriva lendemain, qui print sa part de la resjouyssanee. Et en ceste compaignie n'y avoit pas moins de trois à quatre cens gentilliommes, que, à partir de là, allasmes à Granade, là où s'est trouvé monsieur de Négrepelice et une bonne trouppe de gentilzlîommes davantaige. Et là avons demeuré cinq jours, où les premier et second président de Thoulouze, vostre procureur et advocat, se sont trouvés pour délibérer des afferes de vostre service, tant pour le Languedoc que pour Montauban, Sainct Anthonin et Millau*, qui sont de ce gouvernement de Guienne, afin de vous dépescher un gentilhomme pom' vous faire entendre comme voz afteres s'y portoient. Et, pour ce que ces troys villes n'avoient encores voulu obéyr, ilz ont commancé à prendre autre délibération.
Le sénéschal de Rouergue s'est trouvé à Sainct An-