‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 131 sur 158 · Philippe Strozzi · texte numérisé non relu

Philippe Strozzi

2. La ville de Millau appartenait entièrement à la réforme. (Voyez p. 184, note 1.) Une enquête dresse'e le 10 juin 1363 par le juge de Millau , à la réquisition des consuls et habitants , constate que toutes les églises sont aux mains des ministres du nouveau culte, que tous les prêtres et moines ont embrassé le calvinisme, et que persomie dans la ville ne réclame la restauration du culte catholique (copie; Bibl. imp., coll. Doat, vol. 145, r' 229).

thonin et y a faict laisser les armes, et faict accorder lout le peuple à vivre selon l'édict de la paix. Ceux de Millau m'ont mandé en vouloii' faire le semblable : je leur ay mandé le dict senneschal. Ceulx à Montauban pareillement m'ont accordé qu'ilz vouloient que monsieur de IMontauban* mesmes y allast, avec commission de moy, pour faire comme les autres, laquelle je luy ay baillée; toutesfois la peste y est si forte qu'il n'y demeure personne, mais il s'y fera selon la nécessité tout ce qu'il s'y pourra faille. Et avant que toute ceste assemblée s'est départie, monsieur Dampville a eu nouvelles de Castres qu'ils s'estoient délibérés et rézoulus d'obéyi' au dict sieur Dampville, en tout ce qu'il luy plaira commander pour vostre service et pour entretenir l'édict de paix. Monsiem' de Caylus l'a aussy asseuré de Béziers et des autres places , de sorte que nous pensons que, sans armes ny despence aucune, vostre Majesté sera obéy en ce cartier de deçà, s'ilz tiennent ce qu'ilz nous ont promis. Et de là monsieur Dampville s'en est allé passer dans la ville de Tholoze, seulement pour se monstrer au peuple , qui avoit une merveilleuse envye de le voir^, n'y pouvant arrester à

1 . Jacques Desprez de Montpezat, fils du maréchal de ce nom, était abbé de Locdieu et de Montpezat, lorsqu'il prit possession, le 19 novembre loo6, de l'évêché de Montauban, vacant par l'apostasie de son oncle , Jean de Lettes de Montpezat, qui avait embrassé la réforme et épousé Armande de Durfort. Le nouveau prélat, de mœurs irréprochables, avait indisposé les habitants de Montauban par sa hauteur; aussi de gré ou de force, vivait-il éloigné de son siège épiscopal. Il se consolait de son exil en se livrant avec ses familiers aux plaisirs de la chasse.

2. Damville fut reçu avec les plus grands honneurs à Toulouse.

cause de la grand peste qui y est. Et avons esté contrauicts nous séparer au dict Granade pour n'entrer dans la dicte ville avec si grande compaignie, craignant que quelque malheur nous en advint. Et s'en est allé à Buzet, quatre lieues de là^ pour y demeurer troys ou quatre jours et donner ordre aux affaires de Thoulouze, pour faire ensuyvre l'édict de la paix. Et de là s'en va à Alby^ pour en faire le semblable^ et de là à Béziers, là où il a arresté avec nous qu'il vouloit faire sa principale demeure.

Je m'en suis retourné en ceste ville de Condom pour estre plus près de monsieur d'Escars, aftîn d'estre adverty de ces navires angloys qui sont es environs de ce Cartier de Bourdeaulx et la Rochelle, comme le dict sieur d'Escars m'a mandé*.

Sire, je m'asseure que vous ne doubtés point que les postes, qui ont esté establies depuis Bourdeaulx jusques à Thoulouze, ne vous ayent faict un grand service durant les troubles, confuzions et désordres passés, et nous tous expérimentons de deçà qu'elles sont très nécessaires pour \ostre service et au public.

Le parlement avait décidé, le 5 octobre, que six conseillers, au nom de la cour, iraient au-devant du gouverneur, jusques entre les deux portes (Reg. du parlement de Toulouse ; urch. du Palais). 1 . Le roi avait écrit à Moulue quelques jours auparavant pour lui ordonner de saisir, à titre de représaille , tous les vaisseaux anglais qui entreraient dans le port de Bordeaux. Cette lettre, de juillet 1363, sans quantième, est conservée à la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg et a été rapportée par M. le comte de Laferrière. Monluc avait communiqué cette lettre à d'Escars, qui avait pris immédiatement les mesures nécessaires (lettre de d'Escars à la reine, du 14 juillet 1563; coll. Saint-Germain fr., vol. 689, 8, pièce 43).

en ce temps et à l'advenir : pour raison de quoy il est très nécessaire qu'il vous plaise faire pourvoir tant à la récompances des services passés qu'à leur entretenement ordinaire; ce que se fera aysément, s'il vous plais t envoyer commission au général Portai d'imposer ce que sera nécessaire pour leur dict entretenement, par mesme moyen, avec les deniers de la garde de monsieur de Burye et mienne * : et je mettray peine de faire que, aux prochains estats de ce gouvernement, le pays s'y consentira volontiers; les commisions desquels estats il vous plaira commander de faire envoyer et commander à voz secrétaires n'estre paresseux à faire des dépesclies : car le peuple se plainct merveilleusement, quant elles arrivent si tard, et disent qu'ilz n'ont assez de temps pour faire le deppartement et levée des deniers; car, à cause qu'il n'y a point d'élection en ce dict gouvernement, le peuple miesmes a accoustumé de faire le deppartement de ses deniers. Le général Portai est icy avecques moy, qui m'a prié vous en vouloir escrire.

Sire, je supplie nostre Seigneur que en très heureuse santé vous doinct très longue et très prospère vie.

A Condom, ce VHP* jour d'octobre 1563.

Vostre très humble et très obéissant suject et serviteur,

(Lettre rapportée de Saint-Pétersbourg et communiquée par M. le comte de Laferrière.)

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