‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 148 sur 158 · AUX CONSULS d'aUCH · texte numérisé non relu

AUX CONSULS d'aUCH

[Sanipiiy, 16 juin 156^.1

Messieurs les consuls, j'ay esté adverti que cy-devant vous avez faict murrer une porte de vostre ville, appelée la petite porte ; et, pour ce qu'elle est utile à plusieurs jjersonnes pour le service de leur bien, je vous prie la foire desmurrer et ouvrir et bailher la clef à qui bon vous semblera. Et, m'assurant que ny ferës foulte, ne vous en feray plus longue lettre, priant nostre Seigneur en ])onne santé vous donner ce que désirés*.

Au Saint Puy, ce XYP** jour de jun 1 564. Vostre bon cousin et amv.

De Monluc.

(Copie du temps; Arcli. miin. «l'Aucli, reg. cons., f" 478, a".)

lie. A LA ROYNE.

[16 juillet 1564.]

Madame, despuis la response que j'ay foicte au recepveur Laville, j'ay été adverty de plusieurs endroits que ceulx de la nouvelle religion se veulent eslever pour crainte qu'iîz ont que le roy les prive de leurs ministres; et niesmement monsieur de Lieux, mon frère, qui m' en est a enu advertir e\|>ressément,

1 . Sur cet ordre , les jurats de la ville d'Aiicli se l'uiinirent et arrêtèrent que les poiirtaulx de la ville seraient rouverts. (Délibération du îîOjuin lb64; registre consulaire, f" 178.)

venant de Xaintonge et Périgort. Et leur délibération est ^ que rien entreprendre^ s'essayer de me surprendre et me thuer, ayant oppinion que, moy mort, ilz feront ce qu'ilz vouldront en ce pays. Et toutes les entreprises se font au gouvernement de monsieur de Burye, là où tout est abandonné sans répréhen' tion aucune. Il leur est fort avsé à exécuter leur entreprise, car en premier je n'ay nulle maison fort, comme monsieur de Valence mesmes vous peult tesmoigner; d'autre part ma compaignie est hors de Cartier : et de les tenir auprès de moy, avec gaiges telz que le roy leur donne, mesmement si mal payés, comme nous sommes, il ne leur scauroit baster. Et faiilt que je me tienne souvent dans les villes pour la charge que j'ay, là où je suys plus aysé à estre thué sans comparaison que à la campaigne, à cause que l'on n'y fait aulcune garde, non pas seulement aux: portes, que deux ou trois paysans avecques des haiebardes pour tenir l'édict du roy. Et ainsy je suis contrainct souvent d'estre seul, fors des vallets qui me servent.

A ceste cause, Madame, je vous supplie très liumblemenl que, si ma vie vous est nécessaire pour le service de vos Majestés, qu'il vous plaise que ma garde des vingt cinq harquebuziers derniers, que j'avoys, me soit retournée, à tout le moyns pour quatre moys, dont le cappitaine Lasalle, présent pourteur, en estoit cappitaine, lequel expressément j'ay dépesché pour cest affaire. Et si ma vye ne vous est nécessaire, je me retireray en ung chasteau, là où je ne

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