‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 22 sur 158 · Jean de Monluc, évêque de Valence en · texte numérisé non relu

Jean de Monluc, évêque de Valence en

n'ait heu Farcevesché de Bordeaulx, mais que ce a esté pour ce que monsieiu' le cai^dinal du Bellay^ ne s'en est voulu defFere. Et me mandez aussi la bonne voulenté que mondit sieur le cardinal et vous avez envers nous , dont , Monseignem' ^ vous en remercie très humblement; et ne vous puys offrir aultre chose que ma vye et ce peu de bien que Dieu m'a donné poui' l'employer là où vous plaira me commander : mais c'est à peynne que ne m'estimez jamais homme de bien si ne me treuvez d'aultre voulenté ; et si meilleur gaige vous pouvez donner^ le ferez de bon cueur. Et vous supplye ne trouver maulvays ce que vous ay escript deans ma lettre; car j'aymeroys mieulx que mon fi^ère lieust ung peu de bien par vostre moyen et des vostres, que beaucoup par d'aultres, pour ce que nous sommes les très humbles et affectionnés servitem's, et aussi que mondit frère estoyt demeiu-é en arrière par le moyen de madame d'Estampes', et pai' le vostre a été employé. Et vous sçavez que si l'on s'adi-essoyt à d'aultres pour luy faire

1. Le cardinal du Bellay, archevêque de Bordeaux en 4S44, mort en 1560. Voyez la note 2 de la page 16o du tome II des Commentaires.

2. Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes, favorite de François I, ne'e ^n 1508, morte en lo76. Elle pai'ut à la cour pour la première fois en 1527, aussitôt après le retom' du roi de Madrid. Devenue la maîtresse de'clarée du roi, Anne conserva juscpi'à la mort de François I son crédit à la cour, qui se partageait entre elle et Diane de Poitiers. On voit pai' quelques mots de cette lettre de Monluc que l'auteur des Commentaires et son frère n'appartenaient pas au parti de la duchesse. Voyez à ce sujet le récit du duel de Jarnac et de la Chateigneraye et les notes (t. I, p. 465 et t. III, p. 138).

du bien, pourroyent dire qu'il s'adressât à ceulx qui l'ont faiet employer.

Et me tenant pour tout certain que vostre bonté est si grande que nous tiendi^ez en vostre protection, mettray fin à la présente, après vous avoir supplyé très humblement me tenir tousjours en vostre bonne grâce; et je pryeray toute ma vye nostre Seigneur qu'en très bonne et très heureuse santé vous veuille conserver et haulmente vostre prospérité.

De Moncallier, du XXIX'"® janvier.

Biaise de Monluc.

(Lettre originale; signature autographe; Bibl. imp., coll. Gaignières, vol. 34H, f" 41 .)

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