‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 5 sur 158 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

V Histoire de France au bas des documents qu'ils nous ont

communiqués.

Nous devons à nos lecteurs des explications sur les chiffres entre parenthèses qu'on trouve quelquefois dans l'indication des dates, en tête des lettres de Monluc ou dans les notes. Le premier chiffre est celui que porte le manuscrit ; le second représente la date exacte de la lettre d'après la chronologie actuelle. Il faut expliquer cette différence.

On sait que Charles IX, par l'article 39 de l'édit de janvier 1563, confirmé le 9 août suivant par la déclaration dite de Roussillon, décida que l'année commencerait au l*"" janvier. Quel était l'état du calendrier avant cette ordonnance et spécialement au milieu du seizième siècle? Il est impossible de poser une règle absolue : les usages changeaient d'une province à l'autre; les hommes de chaque état obéissaient à des traditions particulières. Les uns faisaient commencer l'année au 25 décembre, fête de Noël; d'autres au 1" janvier suivant la coutume romaine; d'autres enfin, en Poitou et en Saintonge, et plus généralement en Angoumois* et en Béarn, au 25 mars, fête de l'Annonciation; d'après la règle la plus répandue le jour initial de l'année était le samedi saint, quelle que fiât la date de la fête de Pâques. Mais, dès le miheu du seizième siècle, la coutume romaine, la règle ordinaire des corps ecclésiastiques, qui faisait commencer l'année au 1" janvier, tendait à se généraliser.

L'ordonnance de Charles IX ne fit pas disparaître entièrement cette diversité. Les officiers du roi, les villes, les

\ . Voyez l'intéressante étude publiée à Angoulême en 1867 sur le commencement de l'année en Angoumois, par M. Babinet de Rencogne, arcliiviste de la Charente.

INTRODUCTION. xi

corps de métier adoptèrent assez promptement le nouveau style ; mais certains corps restèrent longtemps encore attachés à leurs anciennes coutumes.

L'Espagne, l'Italie, l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne jouissaient déjà de la réforme introduite en France. L'année commençait au 1"^ janvier. Monluc lui-même, si fidèle aux pratiques françaises , obéissait à la coutume du pays, lorsqu'il écrivait en italien. On en trouvera une preuve dans la lettre du 25 janvier 1555 (t, IV, p. 30), écrite pendant le siège de Sienne.

Cette diversité dans le mode de commencer l'année offre de grandes difficultés pour le classement des lettres du seizième siècle . Nous avons apporté un soin spécial à cette partie de notre travail. Afin de ne rien changer aux documents publiés ou cités, nous avons conservé le chiffre que porte le manuscrit, mais nous nous sommes toujours efforcé de le rectifier avec exactitude au moyen d'une indication supplémentaire placée entre parenthèses.

Nous publierons à la fin du tome cinquième quelques pièces justificatives inédites, choisies parmi celles qui complètent le mieux les Lettres et les Commentaires. Chaque pièce sera accompagnée de notes explicatives. Une table analytique détaillée embrassera tout l'ouvrage, et permettra de suivre dans l'œuvre entière de Monluc tous les personnages dont il parle. Le tome cinquième sera le dernier volume de notre publication. En achevant cette introduction , il nous sera permis de remercier notre commissaire responsable, M. Servois, et les membres du conseil de la Société de V Histoire de France qui ont bien voulu nous aider de leurs conseils et de leurs encouragements.

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