A R0ME
[20 mars 1554 (1555).]
Monsiem' Boucher*, dernièrement s'en allant la Morlière avec la ... . rescriptions adressantes à monsieur de Selve', le priant de vouloir donner .... en faire envoyer yey les quictances à diverses foys,
1. Cette lettre est dans un fâcheux état de conservation. Une note qui y est ajoutée nous apprend qu'elle fut interceptée par les espions du duc de Florence.
2. Ai'nould Boucher, seigneur d'Orsay et de Piscopt, maître des requêtes de Ihôtel du roi , négociateur très-employé pendant les guerres d'Italie. Il devint premier président du grand conseil et mourut en 1d91. On conserve à la Bibliothèque impéi'iale dans les volumes 318 et suivants de la collection Gaignières, plusieurs lettres de Boucher relatives à ses négociations en Italie.
3. Odet de Salve, ambassadeur à Rome (p. 20, note 2). Une lettre du secrétaii'e d'Etat Breton Yillandry, du 1 3 septembre lo54, nous apprend qu'à cette date Odet de Selve était enfermé dans Sienne (coll. Gaignières, vol. 318, f" 20). Il y était encore à la date du 26 septembre [ibid., i° 23). Enfin il nous apprend luimême par une lettre au roi, en date du 27 octobre lo54, qu'il venait d'en sortii' pour se rendre à Rome [ihid., f"' 24 et 47).
jusques à trois ou quatre. Il . . . .les gentilshommes de ceste ville, qui ont fourni argent, et de retirer de quelques uns de ... . ballates. Le reste de ce qu'il doibt, qui ne veult payer, si premièrement il va
adress
ses deux reseriptions, montant deux mille cinq cents escus, soient acquittées et remboiu-sées ainsi qu'il est [porté par lesdites] rescriptions. Et pour cet avisj'ay entendu [que] vous avez la charge et puissance de faire acquitter .... rembourser du tout. Je vous ay bien voullu escrire la présente pour vous prier de fere acquitter toutes lesdites rescriptions pour Rome qui se trouveront signées de moy, et en faire retirer jusques aux tierces quittances, et en envoyer deux par diverses despéches à Montalcin pour les faire tenir après y . . . . que moyen. Car aultrement nous perdrons tout ce peu de crédit que nous y avons, et ne se trouvera d'icy en avant ung seul escu des susdicts gentilshommes ne autres, si premièrement ils ne sont seurez que les susdictz rescriptions portées par la Morlière soient acquittés. Mais je vous prie n'y manquer, car cella importe beaucoup.
Il y a encores cy ceste ville ung citadin Siennois, nommé messer Gabriel dy ser Bartholomeo Gonchy, appotlîicaire, qui m'a dict avoir comptant la somme de mille escus d'or, lesquelz il a envie de faire tenir à Rome es mains des héritiers de Bastian Montaguto et compaignons bancquiers. A ceste cause je vous prie estre content de voulloir faire rembourser les susdicts mille escus aux susdicts héritiers de Montaguto, au nom que dessus, du dict Gonchy, et en retirer jusques à triple quittance et en envoyer
deux par diverses dépescbes, et faire en sorte qu'il en puisse tomber ycy une en me le faisant savoir; et si tost qu'elle sera venue à la notice du diet Goncliv, il fournira comptant ladite somme de mille escus es mains du commis du trésorier de l'extraordinaire, qui est icy, nommé l'Espine, qui après en tiendra compte. Et encores y a ung autre gentilhomme Siennois, nommé messer Francisco Jantuchy, qui veult faire rembourser, ainsi que dessus dict, es mains de susdicts héritiers de Montaguto la somme de deux cens eseus d'or. Je vous prie aussi d'en faire le semblable, et m'advertir de tout, et envoyer incontinent les quittances; vous avisant que les susdicts deux parts ne seront poinct fournyes que premièrement les susdictes quittances ne soient envovées de Rome et advis des susdicts banquiers, par mesme moyen et sem]3lal3lement des autres parties portées par le susdict la Morlière. Mais il fault que en cecy vous y aydez, car nous n'avons pas grant moven de pouvoir avoir argent. Et sur ce je prye Dieu, monsieur Bouclier, après m'estre recommandé à vous, qu'il vous donne ce que plus désirez. De Sienne, ce XX""*" mars 1 554.
Votre bon amy.
Biaise de Monluc.
Les dessusdicts Jantuchy et Gonchy escrivent aux susdicts héritiers de Montaguto, bancquiers, pour cest effect. Vous leur ferez, s'il vous plaise, tenir les lettres.
(Florence, Archives Médicis, filza <8oîi; communication de M. Benoist.)
[Montalcin, 24 a\Til 1555.]
Sire, par monsieur le maréchal Strozzi entendrez la fin qui est succédée de voz affaires de Sienne^, qui me gardera vous en faire autre discours, estant bien asseuré qu'il n'en oublira chose du monde; et ne me reste autre sinon vous supplier très humblement estre certain que, si j'eusse sceu faire myeulx, je l'eusse faict. Je vous remercie très humblement du congé que m'avez donné pour m'en retourner en France, me faire guarir. Je m'en veois passer à Rome pour entendre si le marquis de Marignan aura peu avoir un sauf-conduit du Figrol^ pour m'en aller par le grand chemyn de Lombardie. Cependant je m'en veois supplier nostre Seigneur que en très heureuse et très longue sancté vous doinct. Sire, bonne vie et prospérité^
A Montalclîin, ce 24 avril 1555.
Vostre très humble et très obéissant subject et serviteur.
Biaise de Monluc.
(Copie; Bibl. imp., coll. Gaignières, vol. 341, f° 157.)
1. Monluc sortit de Sienne le 21 avril (tome II, p. 103). Voyez \ Errata général à la lin du dernier volume.
2. Jean de Suarez de Figueroa, gouverneur du Milanais pour l'empereur. Un memlîre de cette famille, peut-être le même, chevalier de l'oi'dre de Saint-Jacob, conseiller et avocat impérial à Gênes en 1 S52 , avait instruit le procès du comte Scipion de Fiesque (Arcli. de l'empire, K. 1499, n" 2).
3. Copie de la main du secrétaire de Gaignières. L'original, dit une note marginale, se trouvait dans les manuscrits Lamoignon, année loS5, vol. 1. Voyez la note de la page 8.
g8 LETTRES
2 3. — [au connétable de montmorency.]
[Paris, 25 juin 1555.]
Monseigneur, le porteur de la présente c'est monsieur de Caumont, parent du baron de Rabat*, lequel a esté porte-enseigne dudit baron durant ceste dernière guerre de Sienne, où il a faict autant bien son devoir que gentilhomme sçauroit faire, car il a esté prisonnier par deux, fois, où il a beaucoup souffert. Et ayant esté cassée la compagnie après la mort dudit baron, il s'en est voulu venir par deçà avec moy, espérant faire au roy et à vous. Monseigneur, autant ou plus de service qu'il eust sceu faire par delà. Et pour ce qu'il a volonté de vous aller faire la révérance, l'ayant congneu homme de bien et adroict aux armes, comme j'ay faict, je n'ay sceu faire de moins de l'accompaigner de ce petit mot pour vous rendre tesmoignage de sa valleur et vous supplier très humblement l'avoir pour recommandé. Qui sera l'endroict où je présenteray mes très humbles recommandations à vostre bonne grâce. Monseigneur, je supplie le Créateur vous donner en très bonne santé longue vie.
De Paris, le XXV'"*' de juin 1555.
Vostre très humble et très obéissant serviteur,
Biaise de Monluc^
(Copie; Bibl. imp., coll. Gaignières, vol. 341, f" loi.)