PER ET CONNETABLE DE FRANCE
[Montalcin*, 2U octobre 1556-]
Monseigneui', je vousay escript de Rome du XIIP® de ce moys comme sa Saincteté et les ministres du rov m'ont donné congé de venir icy pour huict jours seullement *, afin de veoir en quel estât sont les affaires de sa Magesté, où j'ay trouvé monsieur de Soubize', lequel m'a fort bien et deuement informé du tout^ et auxquelles il a donné si bon ordre que, quant je ne ferois sinon ensuivre ce qu'il a faict, j'aurois oppinion qu'il n'en adviendroit point d'inconvénient; vous assurant^ Monseigneur, qu'il s'est si bien porté que le Magistrat* est demeuré aussi satis-
i . Voyez le récit des circonstances qui déterminèrent le roi à renvoyer Monluc en Italie (t. II, p. 162). L'auteur des Commentaires était investi pour la seconde fois de la charge de gouverneur du Siennois et devait résider halDituellement à Montalcin. Il remplaçait Soubise qui avait montré peu de capacité militaire. Soubise dut lui céder, outre son gouvernement, le commandement de sa compagnie de chevau-légers (lettre du connétable; f. fr., vol. 86o6, f° 100). La nouvelle de l'arrivée du nouveau gouverneur fut annoncée aux Siennois par une lettre du roi pleine des éloges de Monluc. Cette lettre nous fait également connaître l'époque de sa nomination (lettre du 18 août 13o6; coll. Gaignières, vol. 341, f" 2o, copie du temps).
2. Monluc avait été nommé gouverneur de Montalcin au commencement de lu56. Voyez la note 4 de la page 163 du tome III.
3. Jean Larchevêque de Parthenay, baron de Soubise, t. II, p. 162, note.
4. Le magistrat, nom générique appliqué aux municipalités des villes d'Italie.
fait et content de luy que de ministre que le roy et vous y eussiez seeu envoyer. Il vous informera bien amplement de toutes choses. Je vous supplie très humblement, Monseigneur, vouloir remédier à ce qu'il vous dira estre nécessaire.
Je me partiray demain pour aller visiter la Maremne, et de là je m'en iray à Chiusi et à Badicosani, avec intention de retourner, s'il est besoin, à Rome, comme j'ay promis; mais premier que partyr je donneray ordre si bonne à tout que j'espère qu'il n'en viendra point de fautes. Incontinent que j'auray esté par toutes les forteresses, je ne fauldrav à vous advertyr en quel estât je les auray trouvées. Qui sera l'endroit où je présenteray mes très humbles recommandations à vostre bonne grâce, priant Dieu vous donner. Monseigneur, en très bonne santé très longue et très heureuse vie.
De Montalcin, le XX""" jour d'octobre 1 556.
Vostre très unbble et très hobéisant serviteur.
Biaise de Monluc.
(Lettre originale; ces derniers mots : vostre très unbble, etc., et la signature sont autographes; Bibl. imp., f. fr.. vol. 3H2, f° 11.)