A MONSEIGNEUR LE DUC DE GUISE, PER
GRAND CHAMBELLAN DE FRANCE ET LIEUTENANT GENERAL DE SA MAJESTE EN ITALIE *.
[Montalcin, 4 mars 1556 (1557).]
Monseigneur, le landemain après que vous ay eu dépesché le cappitaine Bartholony de Pesaro, je suis allé à Piance pour veoir désigner la fortification et regarder combien ledit lieu pourroit couster à le fortifFier, ainsi qu'il seroit nécessaire ^ J'ay trouvé, par la rellation de l'ingénieur et des aultres personnes, à ce congnoissant, qu'il y fauldroit despendre pour le moins vingt mil escus, ce dont je vous ay bien vouUu advertir, premier que de passer oultre à ladite forti-
1. Le duc de Guise avait passé les Alpes au commencement de 15S7, à la tête d'une armée qu'il conduisait au secours du pape. Voyez les Commentaires, t. II, p. 204 et suiv.
2 . La ville de Piance fut prise peu de temps après par les Impériaux. La reprise de cette place coûta les plus grands efforts aux Français et à Monluc (29 juin 1557). Voyez les Commentaires, t. II, p. 207 et suiv.
fication, [)ar le sieur de la Rivière', commissaire général d'icelles fortifications, lequel s'en va exprès par delà pom' vous faire la révérence et pour entendre de vous s'il vous plaist que ledit lieu soit fortilfié ou non. Il est de très grande importance pour ce pays, comme vous dira plus amplement de ma part ledit sieur de la Rivière; mais pour le regard de la despence, qui y convient faire, je n'ay vouUu y procéder plus avant sans en entendre premier vostre bonne volonté, de laquelle je vous supplieray très humblement m'advertir incontinant, affin que je me résolve à faire tout ainsi qu'il vous plaira me commander, comme il sera, et en cela et en toute autre chose tant que je vivray.
Et d'aultant. Monseigneur, que le cappitaine Venture d'Urbain, nostre ingénieur, est fort homme de bien, et qui a tousjours accoustumé avoir compaignie et faict plusieurs services soubz monsieur le mareschal Strozzi durant ces guerres, tant aiant ladite compaignie que despuis au faict desdites fortiffications, je vouldroys vous supplier très humblement de luy vouloir croistre son estât jusques à cent francs, car, de cinquante qu'il a de gaiges à présent, il ne s'en peult entrestenir, ou bien luy donner une compaignie de gens de pied, s'elle venoit d'avanture à vacquer ou qu'il se feist nouvelles levées. Et pour ccj, Monseigneur, que ledit sieiu^ de la Rivière est fort
1 . La Rivière , gentilhomme du Périgord , avait fait la guerre en Toscane sous les ordres de Strozzi. On le retrouve en loG3 en Guyenne sous les ordres de Monluc. L'auteur des Commentaires l'expédia au roi pour lui rendre compte des affaires du Périgord (lettre du 1^ mai 1503;.
IV — o
bien instruit et des fortifications et des autres affaii^es de deçà^ je lui ay donné charge vous en informer tièrement^ par quoy il vous plaira le croii^e de ce qu'il vous en dira de ma part, comme voudriés faire moy-mesme ; et, me remettant sur sa suffizence, ne vous feray plus longue lettre, sinon de mes très humbles recommandations à vostre bonne grâce, priant le Créateur vous donner. Monseigneur, en parfaite santé, très longue et très heureuse vie. De Montalcin, le IV™* jour de mars 1556.
Votre très unbble et très hobéisant serviteur, Biaise de Monluc.
(Lettre originale; ces derniers mots : votre très unbble, etc., et la signature sont autographes; Bibl. imp.,coll. Gaignières, vol. 341, f" 55.)
29. — A BIONSEIGNEUR LE DUC DE GUISE. [Montalcin, 8 mars 1556 (1557).]
Monseigneui', incontinent que monsieur de la Molle* a esté arrivé, j'ay dépesché mon secrétaire, présent portem^, pour vous faire entendre que je partiray à la minuict pour vous aller trouver. Et n'eust esté que j'avois prins médecine ce matin je me feusse party incontinant. Et, remectant le tout à quant je vous feray la révérance, je ne vous feray la présente plus longue, sinon de mes très humbles recommandations à vostre bonne grâce, priant le
1. Jacques de Boniface, seigneiu' de la Molle (t. 1, p. 397, note 1).
Créateur^ Monsei§neur, vous donner en très bonne santé longue et très heureuse vye.
De Montalcin, ce VHP' jour de mars 1556.
Votre très unbble et très hobéisant serviteur.
Biaise de Monluc.
(Lettre originale; ces derniers mots: votre très unbble, etc., et la signature sont autographes ; Bibl. imp., coU. Gaignières, vol. 341, f" 185.)
30. — ALL ILLUSTRISSIMO ET ECCELLENTISSIMO SIGNORE , IL SIGNOR DUCA DI FIRENZA.
[Montalcino, 24 marzo 1557.]
lUustrissimo et excellentissimo Signore, hieri alla tornata mia di Roma trovai qui una lettera di vostra Eccellenza per la quale ho cognosciuto il gran desiderio eh' ella ha, ch' io facci restituire certi mulli, che furono tolti alli giorni passati da questi soldati al portatore di questa, et ai suoi compagni nelle terre impériale tre miglia apresso Siena. Io lo farei più che volentiere : ma perché sono stati presi nella prefata gimùditione, et ch' il bando ch' io feci far già più giorni sono, consente che si possi predare ogni sorte di ruobba et di persuone di qualunque natione si voglia, se si ritrovaranno portando vetuaglie nelle terre impériale, non potrei fare restituire detti muUi sanza far torto alli prefati soldati. De l'altro canto il detto apportatore ha confessato corne vostra Eccellenza potrà vedere per l'esamen suo quivi inchiuso che li suoi ufïiciali l'hanno sforzato con i suoi compagni di condurre di Firenza a Siena il grano, del quale sono stati ritruovati i mulli
carichi; di modo che quela stessa p6 giudicare se sono presi di buona guerra o no : nondimeno ancor che siano ben presi, se qiiela vorrà ch' io gliene faci un présente, lo faro molto volontieri, et del mio vedero di contentare li soldati che l'hanno presi. Et in quanto a i suoi vassaU ho comesso a tutti i cappitani et soldati che stanno sotto la carica mia, che non li molestino, ne diano impacio alcuno, anzi li rispettino, corne se fussino habita nti in questo proprio stato, se non li ritruovaranno pero portando vetuaglie nelle prefate terre impériale; et sia certa vostra Eccellenza, che fuora di questo se quela non me ve darà occasione non li sarà dal canto mio fato torto ne dispiacere alcuno. Con questo non m'occorrendo altro pregaro Iddio la mantengha felice^ Di Montalcino, a di 24 marzo 1 557.
Di vostra Eccellenza affeetionnatissimo servitore.
Biaise de jNIonluc.
(Orig. i signât, autog. ; Arch. Médicis à Florence; fdza 4764; commuuicadun de M. Benoist.)
TRADUCTION