‹ Commentaires et lettres (volume 2)Chapitre 57 sur 158 · MONSEIGNEUR LE DUC DE FLORENCE · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR LE DUC DE FLORENCE

[Montalcin, 1k mars 1557.]

Très-illustre et très-excellent seigneur, hier à mon retour de Rome , j'ai trouvé ici une lettre de Votre Excel-

1 . A cette pièce est jointe une expédition authentique de l'interrogatoire de Ludovic d'Andréa da Colle , propriétaire des mules saisies. Cet interrogatoire dressé par Marco Landucci, habitant de Sienne, auditeur général du roi en Toscane, nous apprend que ces mules étaient au nombre de huit, plus un âne.

lence, par laquelle j'ai connu le grand désir que vous avez que je fasse restituer certaines mules, qui furent prises ces jours passés par les soldats à votre porte-enseigne et à ses compagnons, sur les terres impériales , à trois milles de Sienne. Je le ferai plus que volontiers. Mais comme elles ont été prises sur le susdit territoire et que Tordonnance que j'ai fait faire, il y a quelques jours, permet qu'on puisse s'emparer de toute sorte d'objets et de personnes, de quelque nation qu'elles soient, si on les retrouvait, chargées de vivres sur les terres impériales, je ne pourrais pas les faire rendre, sans faire de tort aux susdits soldats. D'autre part le dit porte-enseigne a confessé, comme Votre Excellence pourra le voir par son interrogatoire, qui est ci-inclus, que vos officiers l'ont forcé de conduire avec ses compagnons le grain de Florence à Sienne, duquel grain les mules ont été retrouvées chargées, de façon que vous pourrez juger vous-même si elles ont été prises de bonne guerre ou non. Néanmoins, encore qu'elles soient de bonne prise, si vous voulez que je vous en fasse présent, je le fei'ai très-volontiers et je tâcherai de contenter les soldats qui les ont prises avec ce qui m'appartient. Et quant à vos vassaux, j'ai ordonné à tous les capitaines et soldats, qui sont à ma charge, de ne pas les molester et de ne leur causer aucun embarras; ainsi ils les respectent comme s'ils étaient habitants de cet Etat, à moins cependant qu'ils ne les retrouvent portant des vivres sur les susdites terres impériales. Et que Votre Excellence soit certaine qu en dehors de ceci, si vous ne m'en donnez occasion, il ne vous sera fait de mon côté ni tort, ni déplaisir ; ne me souvenant de rien d'autre que de ceci, je prie Dieu qu'il vous conserve heureux.

De Montalcin, le 24'"'" jour de mars 1557.

De votre seigneurie le très-aifectionné serviteur,

Biaise de Monluc.

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