ITALIE
[Montalcin, 21 juin 1557.]
Monseigneur, seullement deçà hier soir arriva l'argent que vous avez envoyé, qui se trouve court
i . Lacune dans le manuscrit.
de iîuict ou neuf franez, comme vous eseript monsieur de Mesmes*, vous faisant entendre pai^ le mesme' comment celluy que vous aviez envoyé par cv-devant est dépendu et le désordre que l'on nous faict sur ledit argent, A la fin de ce mois vous deb- \Tez aux soldatz, qui sont icy, juing et juillet; et vous sçavez qu'ilz sont tousjours payés au commencement du moys; et il s'en fault de l'assignation de may, les huict ou neuf mille livres susdits. Et par deçà tout le monde est bien adverty que les soldatz que avez au camp sont très bien payez et que ne leur debvez rien^ de sorte que tout le monde me veult laisser, et n'oserois laisser sortii' les soldatz des places pour aller aux affaires nécessaires, craignans qu'ilz ne s'en aillent. Et encores pour tout cella ilz ne laissent de ce faire. Je vous supplie très humblement, IMonseigneur, considérer en quelle payne je me trouve. Les vivres sont presque de la moictié plus chers icy que en vostre camp, et vostre cavallerye ne despend rien poiu' les chevaulx; encores avez-vous assez d'afîliire de retenir les soldatz. Vous pouvez doncques pencer ce que je doiljz faire icy, n'estans poinct payez ^ et les vivres chers. Ce porteur vous informera bien au long du tout, à quoy je vous supplie encores un coup le croire et y remédier. Il vous dira d'autres choses que luy av donné charge de vous faire entendre de ma part, de toutes lesquelles je vous supplie le croii'e, comme vouldriez
1 . Henri de Mesmes , seigneur de Malassise et de Boissy. Voyez le tome II, p. 214, note i.