A MONSEIGNEUR LE DUC DE GUISE, PER DE
FRANCE, LIEUTENANT DE SA SAINTETE ET MAJESTE EN ITALIE, ET CAPITAINE GENERAL DE l'aRMÉE DE LA SAINTE LIGUE.
[Montalcin, 7 juillet 1557.]
Monseigneur, le cappitaine Pietro Paulo Thosinghi m'a prié vous escrire la présente, tant pour vous faire entendre son debvoir en bonne dilligence au service du roy par deçà, duquel, estant assez informé, je vous puis asseurer estre homme de service et lequel vous pourrez servir*, l'ayant auprès de vous, comme d'ung vaillant homme, que aussi pour vous supplier avoir esgard que, à la dernière monstre qu'il a faicte, pour le mois de may et juin, il ne luy a esté payé que cent quatre vingt dix hommes,
1 . Cette phrase doit être comprise ainsi : et duquel vous pourrez vous servir.
combien qu'il en eust deux cent quinze en bataille, et ce pour le mois de may. Et pour juing luy a esté preste deux cens escuz^ lesquelz^ maintenant que sa dite compaignie s'est desbandée, n'ont peu suffire à accommoder lesditz soldats, de sorte qu'il a esté constrainct à y despendre une bonne somme de deniers du sien, à quoy je vous supplie avoir esgard et considération. Qui sera l'endroict où, après vous avoir prié me tenir tousjom^s en vostre protection et bonne grâce, à laquelle très humblement me recommande, je prieray le créateur vous donner. Monseigneur, en bonne santé très heureuse et longue vye.
De Montalcin, ce VH"' jour de juillet 1 557.
Votre très unbble et très hobéisant serviteur.
Biaise de Monluc.
(Lettre original'); ces derniers mots: votre très unhble etc., et la signature sont autographes; Bibl. ixnp., coll. Gaignières, vol. 341, f" 215.)